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LE PORTRAIT DU NOUVEAU ROI DES PAYS BAS:WILLEM ALEXANDER

Willem-Alexander, nouveau roi des Pays-Bas

Christian Laporte/Belga

Mis en ligne le 30/04/2013

Willem-Alexander:

nouveau roi des Pays-Bas

Les Pays-Bas sont en ébullition en ce jour historique.

Le prince-héritier Willem-Alexander, est devenu mardi à 10h10 le nouveau roi des Pays-Bas après la signature par sa mère Beatrix de l'acte d'abdication. Willem-Alexander, 46 ans, devient le premier d'une nouvelle génération de souverains européens à monter sur le trône ainsi que le premier héritier masculin à accéder au trône néerlandais depuis 1890.

L'acte d'abdication a ensuite été signé par le nouveau roi et les représentants du gouvernement, dont le Premier ministre Mark Rutte. La cérémonie a été retransmise par des écrans géants en direct sur la place du Dam, située juste devant le palais royal. La foule présente, près de 25.000 personnes, chantait "Merci Bea" et une immense clameur s'est fait entendre quand Beatrix est apparue à l'écran.

La fille aînée du couple royal, Catharina-Amalia, 9 ans, est désormais la princesse-héritière du royaume. Willem-Alexander est le premier d'une nouvelle génération de monarques européens, dont la moyenne d'âge est actuellement de 71 ans, à régner après la signature de l'acte d'abdication.

Le jeune souverain devrait adopter un style plus détendu que celui de sa mère: dans une interview diffusée par la télévision publique deux semaines avant son intronisation. Il veut être un "monarque de XXIe siècle" conciliant tradition et modernité et, surtout, ne pas être un "fétichiste du protocole".

Di Rupo adresse ses chaleureuses félicitations au couple royal

Le Premier ministre Elio Di Rupo a adressé mardi, au nom du gouvernement belge, ses chaleureuses félicitations au nouveau roi des Pays-Bas Willem-Alexander et à la reine Máxima. Il souhaite au nouveau chef de l'Etat beaucoup de succès dans l'exercice de sa tâche et réaffirme à cette occasion "l'amitié et la sympathie qui lient les citoyens belges et néerlandais". Dans un communiqué, Elio Di Rupo rend également hommage "à la Princesse Beatrix pour l'engagement et le dévouement avec lesquels elle a servi son pays durant tant d'années".

Willem-Alexander: portrait d'un roi du 21e siècle

Ce mardi, Willem-Alexander troque son titre de Prince d’Orange contre celui de Roi des Pays-Bas. A 46 ans et 3 jours, le fils aîné de la reine Beatrix devient le premier Roi depuis 1890 après les reines Emma, Wilhelmine, Juliana et Beatrix.

Une succession en douceur après que sa mère ait annoncé fin janvier dernier sa décision de renoncer au trône. Cette fois, ni problème politique ni raison de santé qui puissent expliquer le retrait de la Reine mais le constat que le moment était venu à l’occasion de ses 75 ans de céder le sceptre à "la nouvelle génération" qui pourra dignement fêter avec le bon peuple hollandais les 200 ans du royaume contemporain.

Une succession sans discussion ni débats ? Que nenni car comme dans toutes les monarchies constitutionnelles dignes de ce nom, on a exprimé des réserves sur l’héritier. Et de rebobiner les 45 années bien remplies de sa vie pour en épingler des épisodes parfois très lointains qui ont pu jeter le trouble sur les capacités de Willem-Alexander à reprendre le gouvernail.

Une certitude : les républicains aussi minoritaires que dans les autres monarchies du nord de l’Europe n’ont pas de quoi se réjouir à en croire Frans Boogaard, correspondant en Belgique de l’"Algemeen Dagblad" car l’immense majorité de la population d’outre-Moerdijk est derrière Willem-Alexander. Et on ne devrait pas, selon lui, revivre la guérilla urbaine qui avait marqué l’ascension au trône de Beatrix mais plutôt une rare communion d’esprit entre les Néerlandais et leur famille royale.

Il faut dire que depuis son mariage voici onze ans avec Maxima Zorreguieta, le fils aîné de Beatrix n’a cessé de marquer des points même si au passage il a dû négocier des virages difficiles comme son projet finalement abandonné d’acquérir une maison de vacances au Mozambique en pleine crise financière ou certains soubresauts sous son mandat de membre du Comité olympique international surtout lorsque la politique se mêla un peu trop de sport.

Ajoutez à cela un passé scolaire agité, une réputation de "Prins Pils" qu’il n’est besoin de traduire et un caractère bien trempé et on aura compris que le nouveau chef de l’Etat néerlandais imprimera une marque fort personnelle à son règne. A commencer par le choix de ne pas devenir Willem IV mais de rester Willem-Alexander et même Alex pour ses plus intimes

Après une enfance heureuse sans problèmes, Willem-Alexander montra à l’âge de l’adolescence qu’un prince peut avoir du caractère et se dire que dans la vie il y a bien plus à vivre que d’aller à l’école. Ce fut le début d’une période turbulente où le successeur de Beatrix eut bien du mal à intégrer les nouvelles fonctions de sa mère alors que son père, son modèle par excellence, sombrait dans la dépression.

Le drapeau d’Heineken sur l’Atlantic College

De quoi prier ses parents à prendre le large pour poursuivre sa formation scolaire secondaire. Cela l’amena à rejoindre l’Atlantic College au Pays de Galles, une école des fameux United World Colleges. Certainement pas pour rentrer dans les rangs car l’adolescent y mit à profit toutes les occasions pour souffler et s’amuser loin des regards insistants de son pays natal. Willem-Alexander n’en resta pas moins fier de sa famille même s’il fit froncer les sourcils de la direction de l’école en hissant le jour de l’anniversaire de sa mère un drapeau d’Heineken.

Mais l’héritier du trône y renforça aussi ses convictions. Dans un livre-interview publié à l’occasion de ses 18 ans, Willem-Alexander affirma qu’il épouserait vraiment l’élue de son cœur même si cela devait lui coûter sa couronne La presse néerlandaise avait accueilli diversement le résultat de ces entretiens : pour "De Telegraaf", c’était on ne peut plus superficiel alors que "Trouw" parlait d’" un drôle de Prince" .

Willem-Alexander, à peine diplômé, rejoignit la Marine pour entamer sa formation militaire. Un choix personnel de plus, bien calculé : pareille formation l’éloignerait encore de chez lui et il serait plus libre que s’il rejoignait la force terrestre ou la force aérienne Et de fait, sans verser dans les excès débridés qu’on redoute loin du havre familial, le jeune prince fut adoubé par les siens même s’ils lui firent sentir qu’il devait mieux ranger ses vêtements dans la cabine partagée avec ses camarades ! Il apprit aussi qu’il devrait payer régulièrement sa tournée, ce qu’il finit par anticiper à la grande joie de ses compagnons dont il partagea les affrontements au pistolet à eau.

Une formation "normale" que le Prince ne regretta jamais, estimant sept ans plus tard dans une interview que c’était là qu’il était devenu un homme. Mais le marin se doubla d’un pilote avisé comme son grand-père le prince Bernhard. Ce qui l’amena à survoler pendant trois semaines un parc naturel kenyan aux prises avec des voleurs d’ivoire qui risquaient d’exterminer les éléphants sur place. Ou encore à piloter et à aider une femme-médecin admirable, Anne Spoerry qui loua ses talents de pilote ainsi que de pharmacien et d’infirmier !

Willem-Alexander toujours épris de liberté espérait ne pas devoir faire ses études universitaires à Leiden. Cette fois, il dut s’incliner ce qui ne l’empêcha pas de vivre pleinement sa vie de "student" et de réussir honorablement une licence en histoire. Certes, elle prit un peu plus de temps que prévu (six ans) mais entre-temps il fut de plus en plus souvent associé aux activités de la Cour et même aux visites d’Etat. Qu’à cela ne tienne, Willem-Alexander combina ces activités en étant à la fois un étudiant joyeux et actif sur tous les terrains de la vie académique, de jour comme de nuit, proche d’un cercle d’amis qui s’appelèrent les "Mosselmannen" - et pas uniquement parce que les moules étaient au menu de leurs agapes - et membre très actif d’une "bande des douze", d’un Bijbelclub qui réunit des étudiants de tous bords réfléchissant aux dimensions plus spirituelles de la vie. Deux cercles de relations qui sont demeurés les siens dans un esprit de tolérance à l’image des Pays-Bas modernes Il y renforça sa foi chrétienne même s’il ne fut jamais très pratiquant.

 

A l’issue de ses études, le Palais et le gouvernement lancèrent un ambitieux programme de formation économique et social dont l’efficacité fut d’autant plus grande que Willem-Alexander a pu s’y initier de manière souvent discrète.

Mais ce n’était pas cette dimension-là qui intéressait la presse "people" Elle pensa bien avoir décroché le gros lot suite à un accident de voiture du Prince en janvier 1995 au nord de Munich. L’intérêt se porta moins sur le fait qu’il en sortit indemne que sur la présence à ses côtés d’une jeune femme, Emily Bremers

Comme on ne prête qu’aux riches, on souligna que le Prince n’était pas insensible au charme féminin mais les "vautours" durent se rendre à l’évidence : ce n’était pas encore la bonne. Car elle manquait de personnalité et n’était pas de noble extraction mais en outre ses parents s’étaient installés chez nous à Brasschaat pour d’évidentes raisons fiscales !

Pour ses 30 ans, le Prince eut droit à une interview télévisée d’une heure d’où émergea une personnalité décidée. Pas question, par exemple, de revenir sur l’abolition de la peine de mort. Il froissa aussi un brin sa mère en disant préférer le style du règne de la reine Juliana à celui de l’auteure de ses jours !

Réaliste aussi, l’héritier : "On n’est jamais tout à fait prêt, notre formation est constante et plus tard, on peut s’y lancer, mieux cela vaut " Il s’en prit aussi à une erreur de perception sur sa personnalité : "Je déplore qu’une photo où je lève un verre marque plus les esprits que mes années de formation"

Dans les années suivantes, Willem-Alexander s’attela personnellement à se profiler par le haut en s’investissant dans la politique de la gestion de l’eau. Au pays des Polders mais aussi sur le plan international des Nations unies. Il y prit de plus en plus d’assurance n’hésitant pas à remettre publiquement à leur place des Femen d’avant la lettre qui protestaient contre l’érection d’un barrage au Pays basque

 

Dire qu’il ne défraya plus la chronique serait prendre quelque licence avec la vérité : au milieu des années 80, excellent patineur de fond, il avait participé au Elfstedentocht. Un bel exploit accompli en quatorze heures mais il fut vivement critiqué pour avoir porté une veste aux couleurs de Marlboro et des pantalons Playboy. Mais Willem-Alexander n’en eut vraiment cure. Pas plus qu’il n’adopta une attitude réservée lorsqu’il alla encourager avec un peu trop d’enthousiasme les Néerlandais(es) aux Jeux Olympiques Il resta un supporter acharné avec Maxima à ses côtés. Une union forte qui faillit bien ne pas avoir lieu car le père de la belle Argentine avait été secrétaire d’Etat sous la dictature de Videla. Mais pour Willem-Alexander, son beau-père n’avait pas de sang sur les mains et si on l’empêchait d’épouser l’élue de son cœur, il était prêt à renoncer à la couronne. C’eût été vraiment dommage pour les Pays-Bas car tout en donnant trois ravissantes petites princesses à leur pays, le futur couple royal montra au cours de la dernière décennie qu’il était prêt pour la relève. Notamment en intervenant sans vraiment y toucher de manière très ouverte et positive dans le débat de l’intégration qui avait empoisonné le climat politique chez nos voisins du Nord depuis Pim Fortuyn

Willem-Alexander est fin prêt à assumer sa fonction. Même si elle devrait être un peu plus protocolaire dans les années à venir. Pas grave : lors de la dernière interview télévisée, il a souligné que "couper des rubans peut aussi avoir du contenu "

On complétera utilement ce portraitpar "Willem-Alexander.

De biografie" publiéechez Atlas Contact par Jan Hoedeman et Remco Meijer.

 

LALIBRE.BE



30/04/2013
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