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LE PLAN DE VITAL KAMERHE SUR LA TABLE DE BAN KI-MOON



Vital Kamerhe a obtenu la consécration. Il a réussi à vendre son plan de sortie de crise même au Coréen Ban Ki-Moon, après en avoir donné connaissance au ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, de passage à Kinshasa et à bien d’autres grands du monde, notamment des chefs d’Etat africains, parmi les voisins aussi.

 

A la veille du sommet Kinshasa-Kigali à New-York, le secrétaire général des Nations-Unies lui en a exprimé la demande via son représentant spécial en RD-Congo, Roger Meece. L’Américain avait pris l’avion pour New-York, le 24 septembre, avec une copie du plan Ka¬merhe qu’il est supposé avoir remis à sa hiérarchie hier, le 25 septembre.

 

Ce plan n’est rien d’autre que le schéma Kamerhe élaboré, en octobre 2008, du temps de sa présidence à l’Assemblée nationale mais réactulisé en prenant en compte les évolutions sur le terrain. Il épingle d’abord les erreurs des différentes parties, approches malencontreuses mises en route depuis le génocide des Tutsi du Rwanda et qui durent dans le temps pour finir par plomber le proces¬sus de normalisation entre la RD-Congo et ses voisins de la région des Grands lacs. Il faudra donc remonter à l’origine pour cerner les premières erreurs.

 

A la survenue du génocide, l’Est de la RD-Congo connaît le déferlement de plus de 2 millions de réfugiés rwandais, principalement des Hutus auxquels sont mêlés des hommes en armes, les Interhamwe , l’armée défaite de Juvenal Habyarimana et ses multiples supplétifs.

 

Le Ma¬réchal Mobutu laisse toute ces forces s’installer dans les Kivu et la communauté in¬ternationale ne s’émeut pas outre mesure. Pourtant, rappelle Kamerhe de son plan, la tripartite Kinshasa-Kigali HCR arrive à la résolution pour éloigner ces réfugiés de la frontière avec leur pays d’origine.

 

Leon Kengo alors Premier ministre y est très favorable mais plu¬sieurs pesanteurs font que son action n’aboutira pas. Il se passe qu’à l’époque la communauté internationale a donné une sorte de blanc-seing à Kigali -et même à Kampala- pour soulager sa conscience de n’avoir rien fait pour prévenir le génoci¬de après le «plus jamais ça» post-deuxième guerre mon¬diale. Les erreurs originelles du Rwanda et de l’Ouganda, c’est d’avoir pensé depuis le départ qu’ils n’ont pas besoin de la RD-Congo pour venir à bout de leurs rebelles re¬tranchés dans les collines de deux Kivu jusqu’en Province Orientale. Ils ont encore péché dans leur malveillance à chercher à préférer trai¬ter avec un leadership faible à Kinshasa ou à chercher à maintenir celui-ci tel quel. En pecheur, la RD-Congo, résigné dans les jérémiades pour mettre tous nos malheurs sur le compte de la communauté internationale et de nos voisins.

 

Donc, aucune responsabilité de notre propre part comme si nous n’avions rien à dire ou à faire quant à la confection de notre destin en tant que nation. Pas n’importe quelle nation mais une nation pro¬mise à un grand avenir. Kamerhe trouve que notre res¬ponsabilité est à mettre en cause. 

D’abord avec Mobutu qui a accordé l’hospitalité à des forces rebelles étrangères dans la calcul d’un rebon¬dissement diplomatique sur fond de l’opération Turquoi¬se. Laurent-Désiré Kabila, à son tour, n’a pas compris qu’après sa victoire sur Mo¬butu, ses alliés attendaient de lui qu’ils les aident à anéantir les forces qui les déstabilisent à partir du sol congolais. A l’interne, il s’est complètement fichu des forces démocratiques qui avaient combattu Mobutu pendant de longues années. L’historique opposant Etien¬ne Tshisekedi wa Mulumba en tête. Antoine Gizenga Fundji aussi.

 

Conséquence:

 

il lui a manqué la cohésion nationale nécessaire quand est venu moment de faire face au péril extérieur. Une carence prévisible depuis le temps où M’Zee avait décidé d’humilier jusqu’à tuer à pe¬tit feu les ex-FAZ dans l’enfer de Kitona. L’histoire n’a pas encore dit combien d’hom¬mes périrent dans cette base militaire transformée en un camp de concentration.

 

Et Joseph Kabila? Première tare à mettre à son comp¬te, le laxisme. Quand Kigali sanctionne le Général Dan pour mise en cause dans le trafic illicite des minerais de la part du panel des experts des Nations-Unies, Kinshasa n’entreprend rien contre ses généraux devenus les plus grands propriétaires des mines partout à l’Est.

 

Quand Kigali sollicite et obtient de son Parlement l’envoi des hommes pour mener les opésations conjointes dans le Nord-Kivu, Joseph Kabila préfère agir secrètement dans le dos de ses parlementaires.

 

Pire, il décide un jour de faire du Général Bosco Ntaganda le pilier de la paix. L’unilatéralisme ka¬biliste se manifeste encore dans l’initiative de mettre fin aux opérations Amani leo et autres, décidées sans en dis¬cuter avec les voisins pourtant concernés.

 

A l’interne, bonnet blanc et blanc bonnet en comparaison avec l’ère Kabila. Deux faits majeurs à retenir.

 

D’abord, la fameuse révision constitutionnelle dont l’onde de choc a touché les équilibres fragiles établis avec le régime 1+4.

 

Ensuite, les calamiteuses élections de Daniel Ngoy Mulumba avec lesquelles il devient illusoire qu’un appel à l’unité nationale trouve un écho. Le pays court plutôt vers un pourrissement sans parler, de l’avis de VK, de l’armée qui «est une question prioritaire mais toujours prise en compte».

 

Ce topo planté, l’idée de Kamerhe s’oriente vers un arrêt immédiat des hostilités pour oeuvrer pour la paix au Congo comme chez ses voisins des Grands lacs. Il projette la RD-Congo et le Rwanda comme le cou¬ple franco-allemand, deux ennemis d’hier devenus le moteur du développement de l’Europe. Pour que la paix dure, il faudra un mécanisme de vérification des frontières appuyés par des moyens modernes, des satellites.

 

La perspective sera de créer une force régionale à l’ima¬ge de l’Ecomog. Kamerhe se bat pour la traçabilité des minerais du sang. Si des usi¬nes sont installées à Bukavu et à Goma pour les premiè¬res transformations, cela aiderait à aller vite dans ce processus. De là à passer à une intégration économique régionale, il n’y aura qu’un pas. Intégration à étendre au Sud-Soudan dans une zone de libre échange avec extension qu’à la Zambie voisine.

 

Que d’opportunités à partager avec tous nos voisins. Le pétrole à exploi-ter avec l’Ouganda, le gaz méthane avec le Rwanda, le poisson du lac Tanganyka avec le Burundi (création d’une société mixte du pois¬son), le Mobayi Mbongo avec la République centrafricaine, le littoral avec l’Angola. Au Sud-Soudan, la RD-Congo a également de l’expérience et de l’expertise à vendre à ce jeune Etat.

 

Le plan Kamerhe propose la mise en place d’une CVR -Commisson vérité et réconciliation-. Sa principale mission, résoudre la crise de légitimité.

 

A propos de ce qu’il y aura d’autres à mettre sur la table de dis¬cussions, la Cour constitutionnelle dont la mise en oeuvre est toujours attendue, le CESAC à restructurer, les élec-tions provinciales à préparer en toute transparence avec l’implication des autres forces, les droits de l’homme à remettre au centre des préoccupations du gouver¬nement...

 

Kamerhe implore les autres -la communauté internationale, les voisins comme l’ensemble de la planète, de comprendre qu’ils ont intérêt que la RD-Congo se mette debout. Il l’a toujours défendu sur la base de l’inventaire des richesses de la RD-Congo, à savoir ses 280 millions d’hectares de forêts, ses 120 millions de terres arables susceptibles nourrir plus de 2 milliards d’individus, donc de répondre conséquemment au fléau de la faim dans le monde, ses 53 pc des eaux de l’Afrique, ses réserves hydroélectriques estimées à plus de 100.000 mégawatts dont Inga avec 44.000 magawatts à lui seul, ses 110 substances minérales.

 

«Il n’y qu’un Congo fort avec une vision et un leadership qui peut transformer toutes ces potentialités pour le bien du monde», a toujours prêché le leader de l’UNC qui cite le Brésil en exemple.

 

 


H.M. MUKEBAYI NKOSO 

CONGONEWS



26/09/2012
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