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Devoir de Memoire:Gérard Soete, le belge qui a coupé P.E. Lumumba en morceaux

Un peuple qui oublie son passé, se condamne à le revivre avait dit Winston Churchill. Cette citation vaut son pesant d'or pour le peuple congolais et sa jeunesse en particulier. Aujourd'hui où nous nous souvenons des martyrs de notre "indépendance" et nous regrettons le Colonel Mamadou Ndala, un vaillant défenseur de notre pays assassiné atrocement, il nous vient à l'esprit de rappeler qu'avant lui, de braves congolais, civils ou militaires, ont payé de leur sang, la lutte de la libération totale du pays des forces obscures tapies à l'intérieur et à l'extérieur du territoire national.


Gérard Soete, le belge qui a coupé P.E. Lumumba en morceaux
Gérard Soete, le belge qui a coupé P.E. Lumumba en morceaux
Le plus emblématique de ces Congolais valeureux reste sans doute Patrice E. Lumumba, ayant connu une mort dont le cynisme tel que relaté ci-dessous n'a d'égal que la cruauté animale. Pour que les Congolais n'oublient jamais, et en cette date du souvenir de nos martyrs, nous vous proposons un article de l'AFP de 2002, dans lequel le blege Gérard Soete se vante d'avoir coupé Lumumba en morceaux avant de faire disparaitre son corps dans de l'acide sulfurique. Aussi révoltant que cela puisse paraitre, l'assassin, pourtant connu, n'a jamais été poursuivi. 

BRUGES (Belgique), 15 mai 2002 (AFP) – Près de quarante ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, le Belge Gérard Soete vient enfin de se défaire d’un lourd secret : une nuit de janvier 1961, dans une puanteur d’acide sulfurique et de cadavres écartelés, il fit disparaître le corps du martyr congolais. 

« Est-ce que la législation me le permettait ? », se demande-t-il aujourd’hui, à 80 ans et en bonne santé, dans son pavillon d’un faubourg résidentiel de Bruges (nord-ouest) où l’AFP l’a rencontré. « Pour sauver des milliers de personnes et maintenir le calme dans une situation explosive, je pense que nous avons bien fait », ajoute-t-il, en dépit de « la crise morale » qu’il doit avoir traversée après cette nuit « atroce ». 

Le 17 janvier1961, sept mois après l’accession du Congo à l’indépendance, Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement du pays, était assassiné près d’Elisabethville (actuellement Lubumbashi, sud), capitale de la province alors sécessionniste du Katanga. Criblé de balles, son corps n’a jamais été retrouvé, pas plus que ceux de deux proches tués avec lui, Joseph Okito et Maurice Mpolo. 

Selon l’auteur, le but de l’élimination était, en pleine guerre froide, de maintenir le Congo dans la sphère d’influence occidentale. La thèse a connu un tel écho qu’une commission d’enquête parlementaire belge, chargée d’éclaircir « l’implication éventuelle des responsables politiques belges » dans l’assassinat, a entamé ses travaux le 2 mai. Une commission qui auditionnera Gérard Soete, commissaire de police chargé à l’époque de mettre en place une « police nationale katangaise ». 

Le Brugeois dut d’abord transporter les trois corps à 220 kilomètres du lieu d’exécution, pour les enfouir derrière une termitière, en pleine savane boisée. De retour à Elisabethville, il reçut cependant « l’ordre » du ministre de l’intérieur Katangais Godefroi Munongo de faire littéralement disparaître les cadavres. La popularité de Lumumba était telle que son cadavre restait en effet gênant. Le « pèlerinage » sur sa tombe pouvait raviver la lutte de ses partisans. 

« Petit Gérard Soete de Bruges, je devais me débrouiller tout seul avec trois corps internationalement connus », résume-t-il aujourd’hui. « Toutes les autorités belges étaient sur place, et elles ne m’ont pas dit de ne rien faire », ajoute-t-il, avec un fort accent flamand. Accompagné d’ »un autre blanc » et de quelques congolais, épuisés « d’une scie à métaux, de deux grandes dames-jeannes et d’un fut d’acide sulfurique », il leur fallut toute la nuit, du 22 au 23 janvier, pour accomplir leur besogne. 

« En pleine nuit africaine, nous avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté les corps. Le plus dur fut de les découper avant de verser l’acide », explique l’octogénaire. « Il n’en restait presque plus rien, seules quelques dents. Et l’odeur ! Je me suis lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare », ajouté-t-il. De retour en Belgique après 1973, Gérard Soete qui conserve toujours un doigt, une dent (empaillés) et l’Alliance de P. Lumumba, contera cette terrible nuit dans un roman, « pour (se) soulager », mais sans livrer son nom. 
Emmanuel Delouloy 

Les frères Soete
Les frères Soete
Quelques semaines avant cet aveu de G. Soete, le pasteur Pandy était condamné à perpétuité pour avoir tué et coupé en morceaux des membres de sa famille. 

BRUXELLES (AFP), le 06-03-2002 

Les assises de Bruxelles ont condamné mercredi à perpétuité, la peine maximale, le pasteur belgo-hongrois Andras Pandy, reconnu coupable de l'assassinat de six membres de sa famille, mais ont infligé une peine moindre à sa fille, sa complice, lui reconnaissant des circonstances atténuantes. 

Suivant le réquisitoire de l'avocat général Alain Winants, la Cour d'assises de Bruxelles a condamné à la perpétuité l'ancien professeur de religion protestante, âgé de 75 ans, qui avait assassiné à la fin des années 1980 ses deux femmes, deux de ses fils et les deux filles de sa seconde épouse avant de faire disparaître les corps dans de l'acide ménager. 

Sa fille Agnès, 44 ans, qui avait dénoncé en 1997 les crimes perpétrés à Bruxelles par son père mais qui avait simultanément avoué avoir participé à cinq de ces six assassinats, a pour sa part bénéficié d'une certaine clémence de la Cour. Alors que l'avocat général avait réclamé une peine de 25 ans de détention, les jurés, le président du tribunal et ses deux assesseurs l'ont finalement condamnée à 21 ans d'emprisonnement. 

Le président de la Cour, Karel Demyttenaere, a relevé dans son arrêt qu'Agnès Pandy avait subi durant pratiquement toute son existence les "pressions psychologiques" de son père, soulignant que, comme deux autres filles du pasteur, elle avait été violée durant plusieurs années par un père qui n'avait "aucun respect" pour la vie d'autrui. 

Durant les 20 minutes de la lecture de l'arrêt, rendu après deux heures et demie de délibération, Andras et Agnès Pandy sont restés impassibles. 

Les avocats d'Agnès Pandy avaient demandé qu'"un petit peu d'avenir, d'espoir et, peut-être, un petit peu de bonheur" soient accordés à leur cliente, qui avait exprimé ses regrets et son sentiment de culpabilité. 

Les corps de leurs victimes ayant été dissous dans de l'acide, le pasteur Pandy avait pour sa part pu clamer jusqu'au bout son innocence en affirmant qu'il n'y avait pas de preuves matérielles des meurtres qui lui étaient imputés. 

Pandy, arrogant tout au long de son procès, n'avait pas hésité à interrompre à plusieurs reprises le président de la Cour, affirmant que ses proches étaient toujours bien vivants et qu'il "communiquait avec eux via les anges". 

Agnès, qui a maintenu tout au long des audiences la version des faits qu'elle avait présentée aux enquêteurs dès 1997, a vu ses principales affirmations confirmées par les temoins, dont son demi-frère Andras Aaron et sa demi-soeur Marianna Reka, ainsi qu'une vingtaine d'enquêteurs belges et hongrois venus témoigner. 

Plusieurs personnes ont notamment affirmé que le pasteur avait engagé des acteurs pour jouer le rôle de ses proches disparus. Selon Agnès, Andras Pandy, décrit par les psychiatre comme un "paranoïaque asocial" contrôlant tous les faits et gestes des membres de sa famille, avait décidé d'élimer ses proches qui "osaient" s'affranchir de sa mainmise implacable. 

C'est parce que sa fille adoptive Timea, avec laquelle il avait conçu un enfant en 1984, avait fui la maison et parce qu'elle refusait que son père adopte l'enfant, qu'Andras Pandy avait poussé Agnès à l'assassiner. 

Cette tentative a échoué, mais le pasteur et sa fille "favorite" ont bel et bien réussi à "éliminer" les autres membres de la famille qui avaient pris parti pour Timea, selon la Cour. 

D'ici deux ans et demi, Agnès Pandy en préventive depuis quatre ans et demi aura purgé le tiers de sa peine et pourra demander sa remise en liberté. 

Le pasteur, qui a juré mercredi que la "deuxième phase de son procès allait maintenant pouvoir commencer", risque pour sa part de finir ses jours derrière les barreaux. 
 
Télétshangu

 

 


05/01/2014
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