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CRISE SYRIENNE:Des Engagements politiques s'imposent suite au choc de la photo de l'enfant noyé de 3 ans

Après la photo de l’enfant noyé, une cascade d’engagements politiques

La terrible photo d’un enfant syrien mort noyé et retrouvé échoué sur une plage turque a suscité une immense émotion en Europe et au-delà.

La terrible photo du petit garçon syrien, Aylan Kurdi, mort noyé et retrouvé échoué sur une plage turque a-t-elle « réveillé les consciences », comme se le demandait la presse européenne jeudi 3 septembre ? S’il est bien trop tôt pour juger les actes, le cliché aura, quoi qu’il arrive, suscité de nombreuses réactions et poussé les politiques à prendre des engagements.

 

Accueil de milliers de réfugiés supplémentaires, création de centres d’accueil, aide aux pays de transit… les dirigeants européens, et au-delà, ont rivalisé d’annonces destinées à enrayer le drame humain qui se déroule aux portes de l’Europe.

 

  • La France et l’Allemagne s’accordent sur des « quotas contraignants »

François Hollande refuse d’utiliser le terme de quotas, mais c’est bien de cela qu’il s’agit. L’Allemagne et la France ont lancé jeudi une initiative pour « organiser l’accueil des réfugiés et une répartition équitable en Europe » de ces familles qui fuient principalement la Syrie en guerre. La chancelière allemande, Angela Merkel, a évoqué des « quotas contraignants », le président français, François Hollande, un « mécanisme permanent et obligatoire ». L’accord franco-allemand demande aussi d’« assurer le retour des migrants irréguliers dans leur pays d’origine » et d’aider « les pays d’origine et de transit ».

Les ministres des affaires étrangères européens doivent se retrouver vendredi à Luxembourg autour de ce dossier, tandis que quatre pays de l’Est, réticents à ouvrir leurs frontières et opposés aux quotas, se réunissent de leur côté à Prague, risquant d’aggraver des divisions européennes sur les réponses à apporter à la crise migratoire.

 

  • Au Royaume-Uni, le premier ministre pressé d’agir

Critiqué pour son manque d’implication dans la crise, le premier ministre britannique, David Cameron, s’est dit « profondément ému » par la photo d’Aylan Kurdi. Vendredi matin, il a fait savoir que le Royaume-Uni est prêt à « en faire davantage » pour surmonter la crise des migrants en Europe et à accueillir « des milliers de réfugiés syriens supplémentaires », sans préciser toutefois le nombre. Le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU a, pour sa part, annoncé le nombre de 4 000 réfugiés syriens issus de camps de réfugiés au Moyen-Orient. En revanche, le cabinet de David Cameron n’a pas voulu confirmer ce nombre.

 

Les quatre candidats aux primaires du Parti travailliste britannique ont également demandé que la Grande-Bretagne fasse « beaucoup plus », lors de leur dernier débat télévisé jeudi soir.

  • En France, EELV veut accueillir « tout le monde », le PS créer des « villes solidaires », Les Républicains plus discrets

La scène politique intérieure n’est pas en reste pour presser la France d’agir. La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, a ainsi purement et simplement plaidé, sur i-Télé, pour l’accueil de tous les réfugiés, appelant le président de la République, François Hollande, à « aller plus loin » :

« Il faut que l’Europe, et la France et l’Allemagne en premier lieu, ait un discours plus fort : oui il faut accueillir tout le monde. »

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a de son côté lancé un appel à la « constitution d’un réseau de villes solidaires » qui s’engageraient à accueillir des réfugiés afin de répondre « concrètement » aux drames humains :

« [J’appelle] l’ensemble des élus locaux socialistes et apparentés à prendre leur part, aux côtés des villes qui s’y sont déjà engagées, dans une grande mobilisation pour les réfugiés, afin de structurer un réseau de villes solidaires prêtes à s’engager à accueillir des familles sur leur territoire. »

Dans une tribune publiée dans Mediapart, 34 députés PS exhortent la France et l’Union européenne à « réagir enfin » en mettant en « œuvre des politiques plus fortes pour protéger » les réfugiés et « renforcer leur capacité d’accueil ».

Plusieurs villes ont déjà apporté leur soutien. Ainsi, les maires de onze communes de Haute-Garonne se sont déclarés vendredi « prêts à accueillir »des réfugiés. Dans un appel intitulé « Nous sommes prêts à accueillir » à l’initiative de Christophe Borgel, député socialiste de Haute-Garonne, ces édiles locaux ont affirmé leur volonté de « réagir en êtres humains, en républicains ».

Du côté des Républicains, il n’y a en revanche pas eu de prise de parole du chef de parti, Nicolas Sarkozy. Plusieurs membres du parti ont toutefois pris la parole, notamment Frédéric Lefebvre, député des Français de l’étranger, qui a réclamé « la mise en place par l’Europe sur les côtes libyennes de camps de réfugiés et de postes-frontières pour secourir les familles fuyant la guerre » :

« L’Europe ne peut continuer de gérer sur son territoire l’arrivée de réfugiés fuyant la guerre dans des conditions inhumaines au péril de leur vie et de celle des plus jeunes d’entre eux. »
  • La Commission européenne réaffirme sa volonté de répartition équitable des réfugiés

La Commission européenne et son président, Jean-Claude Juncker, vont proposer un nouvel ensemble de mesures pour agir en urgence dans la crise des migrants. M. Juncker devrait évoquer, mercredi 9 septembre, à Strasbourg, l’accueil de 120 000 demandeurs d’asile supplémentaires arrivés en Grèce, en Italie mais aussi en Hongrie.

Lire aussi : La Commission européenne propose l’accueil de 120 000 réfugiés

  • L’Organisation des Nations unies appelle à la répartition d’au moins 200 000 réfugiés dans l’Union européenne

« C’est principalement une crise de réfugiés, pas seulement un phénomène migratoire », a prévenu le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) dans un communiqué, vendredi 4 septembre. Il a appelé à un vaste programme de réinstallation « avec la participation obligatoire de tous les Etats membres de l’UE. » Le Haut-Commissariat estime qu’au moins 200 000 réfugiés doivent être répartis. « Aucun pays ne peut agir tout seul, et aucun pays ne peut refuser de faire sa part », indique Antonio Guterres, le haut-commissaire.

  • Au Canada, la crise migratoire s’invite dans la campagne pour les législatives

Loin de l’Europe, le Canada, où vivent des membres de la famille d’Aylan Kurdi, les responsables des partis politiques ont également promis d’accueillir plus de réfugiés. En première ligne, le Québec s’est dit prêt à accueillir « des centaines, voire des milliers » de réfugiés syriens, a déclaré le premier ministre de la province, Philippe Couillard, en appelant les partis politiques canadiens à se prononcer clairement sur la question.

En date du 24 août, le Canada avait accueilli 1 074 des 10 000 réfugiés syriens qu’il s’est engagé en début d’année à recevoir sur trois ans, selon les données transmises jeudi par le ministère de l’immigration.

 

 

 

@le Monde

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04/09/2015
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