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Devoir de Memoire:Afrique

DEVOIR DE MEMOIRE:AFRIQUE!

CONSCIENCE:

Connaissance plus ou claire de notre existence et du Monde.

Avoir la connaissance de son histoire; c'est comprendre le monde d'alors; pour prendre  

conscience sur le présent afin de remédier au futur...

Ici, nous archivons certains documents historiques pour notre memoire! Le Monde étant un tout, l'histoire nous aide à comprendre notre passé, présent et le sens à notre futur après avoir retenu instruction sur le passé. Devoir de Memoire, parle de l'histoire de l'Afrique dans cette Rubrique...

Eveil de la conscience incite à ce que l'on prenne connaissance de notre passé,présent et le Monde extérieur qui nous entoure.Ainsi,sondons notre passé historique et trouvons au travers ces histoires,ce que fût notre Monde d'Atan.

 

Ammafrica world ,la passion de l'histoire fait notre style  de comprendre le Monde d'alors...Le monde d'autrefois!


Hommage à Tata Diangenda Kuntima pour la fin de l'obscurantisme religieux!

A la Mémoire de Tata Diangenda Kuntima:

Notre prophète des Lamentations pour l'éveil de conscience Africain

C'est en ma fin qu'est mon commencement....

 

Le 8 Juillet 2019, la mémoire de son Éminence Diangenda Kuntima nous revient avec beaucoup plus de conscience sur le passé colonial, l'obscurantisme religieux et surtout  de l'ignorance qui nous caractérisait pendant leur temps de pèlerinage sur terre....

 

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C'est en date du 8 Juillet 1992 que nous quittait Tata Diangenda Kuntima que je surnomme "Prophète des lamentations"(bien qu'il était plus qu'un prophète) par ses nombreux messages interpellant le peuple Congolais ainsi que le peuple Noir dont il avait fait son champs de bataille! MOTO MOYINDO AWUTA WAPI?(D'où vient l'homme noir) Ce qu'il ne cessait de rappeler dans lors de ses nombreux sermons. Anciennement parlant, la naissance n'apportait que peu d'importance que la mort! Car, c'est la date du décès qui laisse commémorer la vie du défunt! Aussi la date du départ avait toute son importance, surtout lorsqu'elle rappelle les oeuvres accomplies de l'illustre disparu! Que peut-on retenir sur Tata Diangenda Kuntima? :Le messager incompris... Son nom symbolise la "Paix du Coeur"! Née le 22 Mars 1918 à #Nkamba (un Bethléem en quelque sorte) le village qui a vu naître Tata Kimbangu son Père ainsi que sa Mère Mama #Muilu Kiawanga Nzintani. Sa naissance sera précédée par une période foudroyante de la première guerre mondiale dont les ainés ont pu traversé l'horrible moment, et qui arrivait à son terme lorsqu'en 1918, le village de #Nkamba accueille encore un troisième fils de Tata KIMBANGU! Chose étrange, sa naissance apportera la paix au conflit mondial qui était déclenché en 1914. Soit, quelques mois après la naissance du premier Fils au nom de Kisolokele Charles. Serait-ce un signe annonciateur d'une nouvelle ère dans le monde?. En tout cas, c'est le moins qu'on puisse dire... En effet, son enfance ne sera pas épanouie comme tous les autres enfants! Très tôt à l'âge de 3 ans seulement, il assistera à l'arrestation de son Père sans trop comprendre le sens (ceci est vu du point de vue humain). Trop jeune, il sera témoin du courage de sa mère face aux combats divers qu'elle traversa par le pouvoir colonial. Son enfance sera dure pour un enfant de 3 ans. Il sera enfermé après l'emprisonnement de son Père dans une petite maison en brique, toiture de paille pendant 6 Mois sans manger ni boire et cela, sans avoir succomber avec sa Mère et son frère ainé Dialungana Kiangani! A l'âge de 16 ans, en 1934, il fut à son tour arraché des mains de sa mère par les autorités coloniales et relégué à la colonie pénitentiaire de BOMA où se trouvait déjà son frère ainé afin de lui convertir de force chez les religieux catholique. Durant toute sa vie, il sera appelé "Pacificateur"! C'est en découvrant son parcours qu'on arrive à l'admettre... Il a commencé son ministère à la fin de vie terrestre de sa Mère Mama Muilu en 1959 pour la continuité de l'oeuvre de son Père Tata KIMBANGU ! Car c'est de lui qu'il s'agit, pour un nouvel évangile concret pour le Kongo, l'Afrique et pour le Monde entier. D'ailleurs sa naissance ne sera-t-elle pas marquée par la fin de la première guerre mondiale?... QUI ETAIT DONC TATA DIANGENDA KUNTIMA? Sans trop bien lui connaître ni d'ailleurs n'avoir pu bénéficier de son éducation spirituelle comme Père pendant son ministère terrestre, je ne peux que me référer à l'église Kimbanguiste pour rappeler de ses oeuvres accomplies. En outre la directive de l'Eglise lui sera confiée par sa Mère, et selon les recommandations de son Père dont il le fera connaître de par le monde, il sera aussi l'Auteur de son premier livre intitulé "l'Histoire du Kimbanguisme". Parmi ses oeuvres accomplies, Tata Diangenda a apporté un développement spirituel imprégné des révélations profondes sur la création, l'origine de l'humanité et avoir pu relater une vérité qu'aucun des prédicateurs de nos jours n'a pu le dévoiler : "Que tous les Pharaons jusqu'à Ramses 2 furent des noirs et précisément Kongolais! Cette révélation trouve son sens lorsque dans l'année de sa naissance, les archéologues pour la toute première fois au Congo Belge précisément sur Lualaba, au Katanga, ont pu découvrir un vase en "OR" utilisé par tous les Pharaons de l'Egypte Antique, révélant donc par cette même découverte l'Origine Kongo du peuple Egyptien "antique"! Après la disparition physique de son Père le 12 Octobre 1951, Tata Diangenda Kuntima réalisera par la suite le poids de sa tâche pour parachever la mission salvatrice qui lui fut confiée, et entamera une série des démarches pour la libération de l'Afrique de son Joug colonial. D'ailleurs ne serait-ce donc pas la vraie cause de la mission de son Père?...

 

MUNDELE AKOKOMA MOTO MOYINDO, MOYINDO AKOKOMA MUNDELE....

 

La mission n'étant donc pas facile, mais il parviendra à faire reconnaître l'église Kimbanguiste à l'état colonial Belge en date du 24 Décembre 1959. Soit quelques mois après avoir perdu sa Mère le 27 Avril 1959. Il exhumera le corps de son Père en date du 20 Mars 1960 pour le rapatrier plus tard à Nkamba, dans son village natal. Du point de vue Social, Tata Diangenda réalisera beaucoup de choses pour le compte de l'église Kimbanguiste: Université, hôpital, dispensaires, centres agricoles, centre d'accueil, salle de conférences, temples ect...sans oublier beaucoup d'autres miracles qui lui vaut le titre d'un Thaumaturge comme son Père! Quant à son côté Spirituel, Tata Diangenda est la troisième personne dans la Trilogie divine (Trinité) selon la description de Genèse 18:2 dont les fidèles Kimbanguistes l'appellent "MFUMU'A NLONGO"( Mokonzi ya milimo, Saint Esprit). Le souvenir remonte en 1910 lorsque Tata Kimbangu alors 23 ans, déclarera renaître en 1918. Ce qui équivaut à l'année de sa naissance! Eh oui! Si vous ne le croyez pas, la réincarnation existe! Sinon l'on ne parlerait de "renaître" encore... C'EST EN MA FIN QU'EST MON COMMENCEMENT....(Marie reine des Ecossais). En effet, Tata Diangenda n'avait pas que réaliser le social et le développement spirituel dans la vie des ces fidèles et aux autres, mais il avait aussi prophetisé! En outre sa dernière prophétie à la nation #Zaïroise lors de la conférence nationale souveraine (CNS) où il fera clairement signifier au jounaliste MAKENDA VOKA en février 1992 en ces termes: "Aucun des politiciens présents à la conférence nationale souveraine ne succédera à Mobutu Joseph Désiré. Celui qui le remplacera viendra de loin avec des militaires de l'armée étrangère"! Et c'est ce qui se réalisera par la suite à l'arrivée de L'AFDL avec Laurent Kabila. Parmi ces prophéties, nous avons encore une autre qui vaut son pesant d'or: "LORSQUE LE MONDE SERA DANS UN SURPRENANT TOURMENT, VOUS ME CHERCHEREZ"! 

 
Cette parole lance un défi à l'humanité pour démontrer son éternité et son l'infaillibilité malgré sa disparition physique!
 
IL VIT PARMI NOUS!
 
 
 
La redaction
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08/07/2019
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KONGO: Que devient ancien empire Kongo après la Colonisation?

La Transformation de l'empire Kongo par les Colons: Le Kongo sous l'emprise des démons depuis le fameux baptême du roi Nzinga Nkuvu!!

 

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Malgré la christianisation de l'Afrique, le continent Africain ne fait que sombrer dans le gouffre! N'avons nous pas fait fausse route?...

 

J'ai pris l'engagement de me concentrer sur ce qui compte pour nous, et cela, même si les politiciens africains sont corrompus moralement et spirituellement au point de rétarder l'Afrique vers son émergence future selon le plan de notre Dieu, le créateur des toutes choses! C'est dans l'histoire que nous pouvons mieux comprendre ce qui s'est passé et ce qui se passe présentement!

Ne l'oubliez pas, le monde tend vers la fin d'un cycle! Les deux branches tombées en Angola le 11 Décembre 2018* (reste une date inoubliable) nous mette en éveil! La distraction actuelle veut nous le faire oublier afin d'être surpris! Mais nous qui sommes avertis (en ce qui me concerne), nous avons compris que le monde d'alors qui a dominé l'Afrique est appelé à disparaître de son mauvais système! Et tout passe par la République démocratique du Congo (RDC)!

 

Le POUMON de l'Afrique et l'espoir de la vraie paix pour toute l'humanité sous une nouvelle ère KIMBANGU, après la fameuse ère du "christianisme" (ancien fondement spirituel bientôt ébranlé) sous le guide "JESUS CHRIST"! Que les USA, l'Union Européenne ne nous le fassent pas oublier! L'Avenir du Monde se pointe sur le sol africain à partir de la RDC (un nom léopoldien qu'il faudrait à l'avenir démolir), autrefois faisant partie du royaume KONGO DIA NTOTELA! Bien que le mal ait atteint la planète terre il y a plus de 3500 ans avec la descente des anges déchus dont parle la Bible; Dieu s'est toute fois réservé une partie. Au Kongo, le pouvoir était sous contrôle direct du Tout Puissant NZAMBI MPUNGU TULENDO jusqu'à l’époque du Roi Nzinga Nkuvu au XVème siècle! Ce nom devrait être enseigné à la nouvelle génération, car c'est par lui que le KONGO perdra son éclat progressivement! Nzinga Nkuvu était en communication parfaite avec le Divin Nzambi Mpungu Tulendo, Nzakomba, Mwenyezi Mungu, Nvidi Mukulu, Wamba Wa Mpungu Tulendo Dezo, dans toutes nos langues, et aussi avec les Grands Esprits Kongo. Car, ne l'oubliez pas, nous sommes des esprits portant l'enveloppe "physique" (état charnel).

 

IL A PERDU SON CONTACT SPIRITUEL LE 3 MAI 1491* SUITE AUX PRATIQUES MAGIQUES OU FRANC-MAÇONNIQUES:

 

À cette date Nzinga Nkuvu fut baptisé au catholicisme sous le nom de Jean Ier du Kongo (portugais: João Ier). Toute fois, il n'avait pas totalement abandonné le culte traditionnel ni la croyance à son Nzambi a Mpungu Tulendo! Seulement avec ce Dieu jaloux, il s'était mis dans un terrain très glissant qui lui coûtera très cher! A la mort du roi Nzinga Nkuvu, son fils Alfonso Ier le succéda. Voyant dans le Christianisme un moyen de moderniser son pays, celui-ci encourageait les baptêmes et accueillir des Jésuites qui ouvrirent des écoles pour 600 élèves. Ces derniers devraient apprendre les maths, Sciences Physiques et surtout la Théologie. Mais en réalité, l'Egypte (Afrique) antique en était l'inspirateur de toutes ces inventions! Rien de nouveau sous le ciel. Tout n'est que recommencement. Il confia son fils Lukeni Lua Nzinga (Kanamobembo) au Vatican et celui-ci deviendra le premier évêque africain de l'histoire de l’Eglise catholique moderne sous le nom de Henrique (Don Eric). Après le baptême du Roi Nzinga Nkuvu, la majorité des rois qui le suivirent devinrent des Chevaliers des ordres étrangers. Alvare II ( Nimi a Nkanga) par exemple fut un Mani kongo du Royaume du Kongo de mars 1587 à 1614 et fut fait Chevalier de l’Ordre Portugais du Christ le 10 mars 1609. Par ces gestes, les dieux étrangers entrèrent officiellement dans le royaume divin Kongo Dia Ntotela. Chemin faisant, nos Rois ont tourné leurs dos à NZAMBI MPUNGU TULENDO pour se confier et entrainer toute la nation aux dieux étrangers. Dès lors, tout leur venait de l'étranger! Leurs armoiries et drapeaux provenaient de l’étranger. Plus rien n'était ne s'inspirait d'eux! Comme nous l'assistons actuellement où les dirigeants africains prennent la plus grande de leurs décisions touchant leurs nations à l'étranger! Spirituellement nous avons coupé tout contact avec le Dieu de nos ancêtres, c’est pourquoi en 1885 nos bourreaux ont facilement confisqué notre livret parcellaire dans l’acte signé à la conférence de Berlin. C'est un moment très important qui a marqué l'histoire de ce grand et immense royaume sous forme d'un empire qu'était donc KONGO DIA NTOTELA!

 

A l'acquisition du Congo-Belge par Léopold II à la Conférence de Berlin, les premiers expatriés venus au Congo pour sa mise en valeur, au bénéfice de l'Occident, n'étaient pas des Belges, c'était des agents recrutés surtout de la Grande Bretagne et de la Scandinavie. Et nous ne devrons pas le mettre à l'écart de notre pensée, les 3 pays (Kongo Angola, Kongo kinshasa, Kongo Brazza) ne s'appartiennent pas totalement! D'ailleurs dès lors qu'on ne s'exprime que dans les langues des colons, on est aussi spirituellement et intellectuellement connectés avec eux! Bien que parler plusieurs langues est une richesse culturelle, une nation ne peut se définir par rapport à l'étranger! Elle doit avoir son propre modèle qui lui est particulier! Autre point à retenir est que la plupart de ces précurseurs des colons furent britanniques, comme Henry Morton Stanley*, suédois, norvégiens, danois et allemands. Ces personnalités étaient recommandées au Roi des Belges par l'Establishment des confréries des sociétés secrètes, des sciences occultes. Voilà pourquoi lorsqu'on déclare haut et fort que les Kongo actuels, ce sont des regroupements des démons "congolisés", d'autres ne saisissent pas cet aspect de choses! Et pourtant la réalité ne peut le contredire! D'ailleurs pour votre mémoire, ce sont les Francs-Maçons qui étaient les plus nombreux. Et pour quels objectifs ? Là est toute la grande question!!!

 

AINSI, LE PARADIS TERRESTE A ÉTÉ ENVAHI PAR LES TÉNÉBREUX!

 

 

Pour sa restauration, chaque pays doit se ressourcer et retrouver une stabilité dans sa politique interne par des femmes et hommes humanistes dotés de l'amour véritable de leurs terres et de leurs semblables! C'est un renouvellement de la classe politique par l'inspiration de Nvuluzi KIMBANGU qui, d'ailleurs bosse spirituellement pour atteindre ce moment! C'est lui qui donnera l'envol et qui libérera spirituellement le Kongo et toute l'Afrique du son Joug colonial! A condition biensûr que nous coopérons avec lui! Ne sommes nous pas "ouvriers avec Dieu"?. Sans notre accord, les divinités se cachent et ne peuvent rien faire! Mais avec notre accord, ils se manifestent! Comprenne qui pourra...

 

CELUI QUI OUBLIE SON HISTOIRE, NE S'ÉTONNE PAS DE NE PLUS SE RETROUVER DANS CETTE BOUSSOLE QUI NOUS CONDUIT VERS LE FUTUR...

 

Vouloir ou pas, l'Afrique, c'est l'avenir de toute l'humanité! Et celui qui la libérera de son humiliation n'est autre que la personne de Nvuluzi KIMBANGU!

 

Une vérité certaine et digne d'être cru avec foi et détermination! Car c'est lui qui se bat spirituellement pour que ces trois pays soient purifiés et enfin restaurés pour influencer toute l'Afrique, et ensuite le Monde! La vraie paix que soupire ce monde sera inaugurée par la personne de Nvuluzi KIMBANGU!

 

OBOYI, OSALI MOKILI NAYO!

 

 

 

FGD

Militante pour un éveil de conscience

 

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07/07/2019
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Mémoire: Les Astronautes d'Appollo 11 ont vu un homme noir sur la Lune

Quand les astronautes d'Appollo 11 ont vu un homme Noir sur la Lune...Le saviez vous?


Voici une partie de l'histoire connue par des éléments "branchés" sur des informations utiles pour le Monde! Par la folie des hommes désirant franchir le ciel à la recherche de la LUNE, les astronautes d'Appollo 11 étaient surpris de voir que quelqu'un d'autre les avait devancé! Et pas seulement un homme, mais surtout un NOIR! De surcroit, le fils cadet de Tata KIMBANGU en personne de Tata Diangenda KUNTIMA!

Cette partie de l'histoire mérite d'être enseigné et introduite dans les établissements scolaires pour la prise de conscience collective d'une nation! Lisez l'aventure d'Appollo 11 et vous en serez si fiers d'avoir pu bénéficier de cette présence divine sur le sol #ZAÏROIS à l'époque, mais qui n'était qu'une partie du #Kongo_Dia_Ntotela jadis oublié et effacé par la méchanceté des hommes!

DÉCOUVERTE DES ASTRONAUTES D'APPOLLO 11:

Deux mois après leur mémorable voyage sur la lune les astronautes d’Apollo 11, Armstrong, Aldrin et Collins ont commencé un autre voyage de découverte, cette fois à travers la terre. Un voyage à travers le monde connu sous le nom de « Giants Step Tour ». C’est dans le cadre de ce voyage que les premiers hommes sur la lune ont effectué du 22 au 25 octobre 1969 une visite officielle en République démocratique du Congo. L’évènement valait bien son pesant d’or, car en juillet 1969, les Congolais ont suivi en direct, depuis le centre culturel américain de Kinshasa, l’épopée historique d’Apollo 11, du décollage du Cap Kennedy à la marche de Neil Armstrong sur la lune.

A Kinshasa, les trois héros de l’espace ont eu droit à un accueil chaleureux et délirant leur réservé par les Congolais. Armstrong, Collins et Aldrin seront reçus ont Mont Ngaliema, alors Mont Stanley, par le président de la République, le Général Joseph-Désiré Mobutu, au cours d’une cérémonie riche en couleurs agrémentée par la fanfare de la garde républicaine et les cavaliers de la Présidence de la République. Neil Armstrong va offrir au président Joseph- Désiré Mobutu un caillou lunaire. En retour, le président Mobutu a décoré les trois astronautes de l’Ordre National de Léopard, la distinction honorifique la plus haute de la nation, avant de décorer leurs épouses de l’Ordre national du Zaïre. Selon le Journal Courrier d’Afrique, pendant les festivités qui ont suivi, Edwin Aldrin a dansé avec Miss Congo la musique de Tabu Ley « Rochereau », Grand Kallé, Tu Zaina et Franco.

Mais que cachait réellement cette visite en RDC dont personne ne semble donner une raison valable?
Nous aurons les éléments de réponse dans les lignes qui suivent.

La leçon sur la lune, dans le Cosmos:

Selon des témoignages bien connus, les astronautes américains d’Apollo 11 avaient rencontré Papa Diangienda Kuntima sur la lune. Les astronautes furent extrêmement surpris et Papa Diangienda Kuntima se laissa filmer sur la lune par les astronautes américains. Revenus sur terre avec les clichés et l’information gardée secrète, les astronautes américains ont circulé sur la planète. Ils voulaient connaître dans quel pays vivrait la personne, vue sur la lune. Les investigations les conduisirent à Kinshasa, en RDC (Zaïre à l’époque.)

En écrivant ces lignes, l’auteur observe la photo de cette rencontre de Kinshasa: sur cette photo des médias, le feu Président Mobutu, en tenue militaire, entouré des astronautes d’Apollo 11, répond aux honneurs dus à son rang. Derrière eux, il y a une foule de corps constitués et de journalistes. Au bas de cette photo, on peut lire: « Les astronautes conquérants de la lune, ont amené la gloire de l’espace à Kinshasa, le seul pays africain qu’ils ont visité pendant leur périple. » L’objectif de la visite des astronautes américains à Kinshasa fut de voir physiquement celui qu’ils avaient rencontré sur la lune, et ce en présence de feu Président Mobutu. Le feu Président Mobutu ne tarda pas à téléphoner et faire venir S.E. Diangienda Kuntima.

L’ayant vu en personne, les astronautes américains posèrent la question suivante à Papa Diangienda Kuntima: « Comment t’es-tu retrouvé sur la lune ? Voici ta photo que nous avions prise sur la lune.»

Papa Diangienda Kuntima répondit brièvement, en ces termes:

« Vous êtes allé explorer la lune à bord de vos engins sophistiqués, enveloppés dans vos scaphandres, mais moi, je n’en avais pas. C’est pour vous dire que Dieu est NOIR et il peut se trouver où il veut. »

Ce fut une réponse courte, mais très riche d’enseignements.

Au temps d’Apollo 11, plusieurs Africains se posaient effectivement la question de savoir si les astronautes avaient vu Dieu au ciel.

Certains pessimistes de ces temps s’étaient vite découragés, car selon eux, les Américains venaient de démasquer le mystère divin et il faudrait désormais aller chercher Dieu ailleurs, pas au ciel.

Mais, beaucoup d’Africains ne savaient pas encore la grande information scientifique et spirituelle qui circulait déjà en secret dans les officines occidentales, de continent en continent.

La question logique que l’on pourrait aussi se poser est la suivante: Est - ce que le drapeau américain planté par les astronautes sur la lune existe toujours en place ? Si c’est oui, le monde prendra acte. Sinon, comment expliquer la disparition, puisque les scientifiques confirment qu’il n’y a pas de vent sur la lune ?

Comment pourrions-nous expliquer cela ?


Papa Diangienda aperçu sur la lune , en l'absence d'un scaphandre, revêtu d'un costume .

Diangienda Kuntima , le mystère du très haut , seul les initiés véritable comprendront.

N'oubliez pas que , au moment où les astronautes quittèrent le sol américain pour l'aventure extravéhiculaire ils étaient convaincu d'être les premières personnes à avoir le contact direct avec la lune , mais à leur plus vaste surprise , ils découvrirent un noir , un congolais et extraordinaire que cela peut être , il était sans scaphandre .

Qui est alors le véritable astronaute ?

TEMOIGNAGE DE PAPA DITELE Bueyivova Maurice. (EX MUSICIEN DE LA FA.KI & GARDE DU COPRS DE PAPA DIANGIENDA)

LIKAMBO YA BA ASTRONAUTES
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Na banzi biso banso to yokaki lisolo ya ba astronautes oyo ya Apollo 11. Bango ba kutanaka na mutu na sanza (lune). Ba yaki awa na Kinshasa, pona ko kutana na Mfumu’a Nlongo (Diangienda). Tangu ba luki ko yeba soki mutu oyo ba kutanaki na ye na lune azalaka penza wapi, President Mobutu, ayebisi bango que moto bo zali ko luka azalaka awa na mboka na ngai. Nde koya ba yaki awa na Zaire pona ko kutana na Papa Diangienda Kuntima, pamba te, ezalaki ye nde ba monaka kuna na sanza. Yango wana bo monaki ba tambolaki mokili mususu te, ba yaki kaka awa.

Mukolo bokutani wana bosalamaki, ngai na zalaki pembeni ya Papa Diangienda. President Mobuu a inviter Papa na Mont Ngaliema, to keyi to vandi na salon oyo ya munene. Sima na yango, to yoki protocole a anoncer que, ba astronautes bayei. Mobutu alobi ba kotisa bango.

Tangu ba koti ba moni Papa Diangienda ba lobi na anglais: « Ezali ye, ya solo ezali ye». Bayei, ba fukami liboso ya Papa. Ba sengaki oyo ba sengaki.

Ba zali ko loba na anglais, ambassadeur na bango, azali ko traduire na francais. Bango na bango ba zali ko loba boye : « Ezali ye, tala kutu dikosi (nuque) na ye. Ezali kaka ye nde to monaki kuna, mutu mususu te ».

Tangu ba zali ko loba boye, Papa atali ngai na mama Bibi, alobi na biso : « E, mama Mvete, Ditele, ngai na vandaka na ngai na Monkoto, tangu nini na kendeki ko monana kuna na sanza ? »

Ba tata na ba mama, wana makambo na yokaki na matoyi na ngai. Makambo mususu, na yokaki te, pamba te, ngonga moko boye, ba longolaki biso esika ba zalaki ko solola, ngai na garde du corps ya Mobutu. Ba lobi na biso mibale : « Bo kende ko lia ».

Ekendaki biso, bango sima ba continuer masolo na bango. Kasi lokola na zalaki pembeni ya mokonzi, na zalaki ko tuna ye mituna mususu soki to tikali biso mibale. « Papa, esika bo tikalaki, masolo na bino ezalaki ndenge nini ? »

Nde ko loba Papa Diangienda alobaki na ngai mama ya likambo ya masolo na bango. Papa, alobaki na ngai été : « Ezalaki ko sololana biso, ba mbuta muntu wana, ba astronautes ba lobaki na President Mobutu : « Mutu oyo azalaka solo awa na mboka na yo ? Kasi motindo nini amonanaki na biso kuna na sanza ? ».


Ngai na lobaki na bango : « Bo bosana te été, na Nzambe tout est possible ».

Suka na yango, ba astronautes ba kangisaki ba photos na Papa Diangienda. Kutu ba tindelaki Papa Diangienda ba photos wana. Kasi Papa abomba yango. Alakisaki yango kaka na Papa Kisolokele, pe Papa Dialungana.

Source: Kimbanguisme info, Forum de Ditele Mafuana témoin oculaire quand les astronautes ont visité Papa Diangienda).

LA REDACTION

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29/06/2019
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CONGO BELGE:Un mercenaire Belge s'empare de Bukavu et se proclame Président

Le 5 juillet 1967, le mercenaire belge Jean Schramme, s'empare de la ville de Bukavu et se proclame président de la République démocratique du Congo  

 

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Le 5 juillet 1967, le mercenaire belge Jean Schramme, secondé par son compère français Bob Denard, s'empare de la ville de Bukavu. Et se proclame, pour paraphraser Mobutu, «pince-sans-rire, président de la République démocratique du Congo» Il va résister jusqu'au 5 novembre de la même année avant de se retirer au Rwanda.   

 

 

Le Colonel Schramme et la guerre de Bukavu 1967

 

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 Jean Schramme (25 mars 1929, Bruges, Belgique-14 décembre 1988, Rondonopolis, Brésil) était un chef de mercenaires belge.    Naissance à Bruges, en 1929, sous le signe des Poissons. Fils cadet d'une famille honorablement connue dans la ville. Profession du père: avocat. Hobby: le scoutisme. Signe distinctif: parfait bilingue. Début d'une biographie linéaire et sans histoire? Voire. A dix-huit ans à peine, le virus de l'aventure, qui l'a saisi au fil de ses longues heures de lecture solitaire de récits de voyages, le pousse, avec l'appui de ses parents, à tenter la «grande expérience coloniale». Et, sitôt le pied mis sur le continent africain, ce sera le coup de foudre: «Voici ma patrie», dira-t-il à ses amis lorsqu'il gagne la province orientale du Congo pour y entrer au service d'un négociant en café et en caoutchouc, Joseph Dobbelaere, originaire lui aussi de la Venise du Nord. Il ne quitte pas le Congo lors de l'indépendance du pays, en 1960. Il s'implique dans les guerres civiles du Congo, avec l'aide de ses miliciens, et abandonne sa plantation.  Ainsi, en 1967, il participe au coup d'état de Moïse Tshombé contre Mobutu, en collaboration avec les mercenaires de Bob Denard. Le putsch est un désastre, les populations de Kinshassa restant fidèles au président. Schramme, qui a rang de colonel dans l'armée kantangaise, fait retraite vers l'Est, à Stanleyville (aujourd'hui Kisangani), puis vers Bukavu, à la frontière rwandaise, qu'il occupe le 10 août. Là, son armée composée de cent vingt-trois mercenaires et de six cents gendarmes katangais affronte du 29 octobre au 5 novembre 1967 les troupes de l'Armée nationale congolaise, vingt fois supérieure en nombre. Pliant sous le nombre, manquant de munitions, trahie par Denard, épaulée par des soldats katangais complètement épuisés, l'armée de Schramme se replie au Rwanda où elle est démobilisée.  À partir de ce moment, l'itinéraire personnel entre de plain-pied dans les chaos de l'histoire. Et la légende, souvent, vient brouiller les pistes de la réalité. Recruté pour défendre le régime sécessionniste, le «léopard», comme l'ont surnommé ses hommes, devient instructeur dans l'armée katangaise. Sous-lieutenant, il se distingue particulièrement dans la guerre de mouvement. Spécialité: l'aptitude à tenir tête à des forces largement supérieures en nombre. Elle lui sera utile plus tard...   L'offensive Léopard L'échec de la première tentative katangaise l'oblige toutefois à se replier sur l'Angola. Mais il ne renonce pas: avec de soi-disant «volontaires internationaux», il reforme une mini-armée et, lorsque Tshombé devient Premier ministre du Congo en 1964, il prend la tête d'un «bataillon Léopard», conglomérat de gendarmes katangais et de mercenaires européens. Fort de cette troupe d'élite chargée de réprimer les rébellions les plus graves, il «pacifie» les régions de Manono, Kongolo et Kabambare, avant, objectif suprême, de reconquérir «sa» province du Maniéma. Investi d'un prestige immense, il s'y arroge aussitôt la totalité des pouvoirs, militaire et civil. La chute de Tshombe et la montée en puissance de Mobutu vont bientôt mettre un frein à cette course à la gloire. Trahi par un autre spécialiste du mercenariat, le Français Bob Denard, avec lequel il a conclu une alliance de circonstance, Schramme, par reculs successifs, est bientôt acculé, avec moins d'un millier d'hommes, à Bukavu, sur la frontière burundaise. Face à l'armée congolaise déchaînée, appuyée de surcroît par des avions de chasse de fabrication américaine, il y tient un siège sans espoir. A un contre cent, la lutte se prolonge pendant plus de trois mois. Elle s'achève en déroute lorsqu'il évacue le reste de son «bataillon» vers le Burundi.   L'«affaire Quintin» L'héroïsme abstrait de la lutte, cher aux amateurs d'épopées manichéennes, ne résiste toutefois pas aux dérapages individuels concrets. Car Jean Schramme, au cours de cette période troublée, s'est mué en meurtrier. En mai 1967, il reçoit, dans son poste de Yumbi, la visite d'un homme d'affaires tournaisien, Maurice Quintin. Qui se présente comme un émissaire de Moïse Tshombe. Faux, rétorque son hôte, qui y voit plutôt un agent provocateur envoyé par Mobutu. Bientôt, une mauvaise «querelle d'ivrognes» entre les deux hommes tourne mal: Schramme abat son interlocuteur d'un coup de fusil, puis ordonne à l'un de ses adjoints de l'achever avant de jeter le cadavre dans une rivière infestée de crocodiles. Episode tragique, de peu de poids peut-être au milieu des exactions commises dans les affres de la décolonisation, mais qui, même s'il est encore loin de s'en douter alors, le poursuivra des années plus tard jusqu'au bout de sa cavale éperdue..   En 1967, Schramme et Bob Denard attaquent l’Est du Congo 30 juin 1967 : le monde entier apprend avec stupéfaction l’enlèvement spectaculaire de l’ancien sécessionniste Moïse Kapend-Tshombe. Pris de panique au Congo, ses amis mercenaires, Schramme et Bob Denard, associés aux ex-gendarmes katangais, réagissent. Très rapidement, ils attaquent simultanément Kisangani, Kindu et Bukavu qu’ils vont occuper durant près de quatre mois.    En juillet 1967, au terme d'une sanglante odyssée à travers le Congo ex-Belge, les mercenaires de Jean Schramme se sont enfermés dans Bukavu. Bukavu ? Une sorte de Hollywood africain au bord d'un lac indéfiniment bleu. Des maisons somptueuses, entourées de parcs à la française, servent de campement à 123 mercenaires blancs et 600 gendarmes katangais. Des caves pleines de champagne et de whisky, des magasins bourrés de provisions, quatre banques aux coffres bien remplis fournissent aux besoins de l'intendance.   Échec à Kisangani   Après l’enlèvement de Tshombe en Espagne, ses amis sont en désarroi. Ils vont agir vite pour le sauver. Il faudra renverser le nouveau pouvoir du généralMobutu, quitte à improviser. Une semaine après ce rapt mémorable, va éclater, à Kisangani, la révolte des mercenaires. Ils sont dirigés Par Jean Schramme, le Belge et Bob Denard, le Français. Schramme commandait des mercenaires, des ex-gendarmes katangais et quelques ex-rebelles Simba ralliés à l’ANC. Bob Denard dirigeait le 6ème commando composé de la même manière. Déjà, au mois de juin 1967, Denard avait averti Schramme que le Haut-Commandement de l’ANC se préparait à dissoudre ses unités pour les fondre dans l’Armée nationale. Cela allait compromettre leur avenir personnel, mais aussi toute reconquête du pouvoir par Tshombe. Tous ces mercenaires n’avaient pas rompu leurs liens avec Tshombe, malgré son exil. Dans le courant juin 1967, il avait déjà été convenu que les mercenaires puissent attaquer. Venant de Umbi vers le Sud-Est, Schramme devait attaquer Kisangani pour y rejoindre Denard. Une aide extérieure, venant de l’Angola, leur était déjà assurée pour attaquer par la suite le Katanga. Le mercenaire sud-africain Puren, commissionnaire en matériel de guerre, leur avait aussi garanti une puissante aide aérienne, qui clouerait au sol les unités de l’ANC ; et aussi de leur amener dès la prise de la ville, 200 volontaires rhodésiens (zimbabwéens). Au lever du soleil du 5 juillet 1970, le 10ème commando de Schramme attaque et atteint Kisangani par la rive droite. Ils ouvrent un feu nourri sur le camp Ketele abritant une partie de la garnison de l’ANC. Les soldats de l’Armée régulière, réunis pour le salut au drapeau, vont compter beaucoup de morts. En frappant ainsi par surprise, Schramme comptait sur la débandade de l’ANC : il se trompe. L’ANC n’est plus celle qui, en 1964, fuyait et détalait piteusement devant les rebelles. La contre offensive de l’ANC est violente, précise et professionnelle : Schramme décroche. Il a perdu beaucoup d’hommes et de véhicules. Il se replie alors vers le centre ville et vers l’aéroport toujours tenu par les hommes de Bob Denard qui, jusque là, n’ont pas réagi pour leur venir en aide. Denard paraît manger aux deux râteliers : Mobutu et Tshombe. Schramme va le rencontrer, fuyant dans sa Jeep vers Lubutu. Les deux hommes se résolvent de repartir à l’attaque sur Kisangani, où les hommes de Bob Denard se battront cette-fois plus sérieusement à l’aéroport. Là, Denard sera blessé à la nuque. Il est paralysé de deux jambes. C’est, étendu sur une civière, qu’il donne les ordres. Puis il gagne la Rhodésie (Zimbabwe) le 7 juillet en DC3 avec les autres blessés, en laissant tous les hommes valides à Schramme. Depuis lors, jusqu’à ce jour, Bob Denard en a gardé les séquelles en boitant. Tous les mercenaires restés sont intensément harcelés et bousculés violemment par l’ANC. Finalement, Schramme échoue dans sa prise de Kisangani.   Lors de l'évacuation de Stan, le 12 juillet 1967, Schramme réquisitionna sept camions à la brasserie Stanor pour renforcer son charroi dont une partie avait été détruite à coups de mortiers près du camp Ketele par l'ANC. Après la réoccupation de Stan par l'ANC, le directeur de Stanor fut arrêté et battu comme plâtre alors qu'il n'en pouvait rien. Le 8 août, Schramme se dirigea vers Bukavu et les sept camions de Stanor furent du convoi. Cette photo a été prise lors de l'arrivée dans le chef-lieu du Kivu le 8 août 1967. Photo du "Patriote Illustré" de août 1967. (Source : Jean-Pierre SONCK)    Occupation de Bukavu Le commandant mercenaire Hendriechs qui devait prendre Kindu, échoue face à la forte résistance de l’ANC. Il décroche et se replie. Seule réussite du plan des mercenaires, le commando dirigé par Noël s’empare de Bukavu dès le 5 juillet, en attaquant par surprise le camp Saïo où beaucoup de Congolais (civils et militaires) furent massacrés. Très vite, Noël et ses hommes vont laisser Bukavu à l’ANC, pour aller secourir Schramme. Les deux hommes se rencontrent en cours de route et remontent sur Bukavu qu’ils attaquent et occupent le 7 août. L’ANC fait le siège de Bukavu avec des C130 prêtés par Washington, des renforts et des avions T28, pilotés soit par des Congolais fraîchement formés soit par des Cubains anticastristes. Les mercenaires contre attaquent avec succès. Pire, un T28 de l’ANC, tire par erreur sur des militaires congolais, en plus, deux avions congolais se perdent. La démoralisation qui se répand dans l’ANC provoque des mutineries et même des ralliements aux mercenaires. Heureusement, l’ANC s’obstine et se requinque par des renforts dotés d’un punch particulier. La plupart de ces jeunes soldats étaient formés au centre d’entraînement commandos (CECODO) à Kota-Koli que dirigeait un vieux commando belge, le major Gaston Bebrone. Ancien mercenaire, ce copain de Bob Denard avait rejoint Mobutu, alors que les autres embrasaient l’Est du Congo. J’ai personnellement connu, longtemps après, en 1982 ce vieux baroudeur Bebrone quand j’étais incorporé au sein des Forces armées zaïroises avec d’autres étudiants meneurs des manifestations sur le campus, deux semaines avant la création de l’UDPS par les 13 parlementaires. Nous y avions retrouvé quelques militaires ayant participé à l’épopée de Bukavu. Ils avaient ramené comme butin de guerre le poignard de Schramme. Ce poignard sera incrusté au-dessus de la tombe du colonel Tshibangu écrasé dans sa voiture en 1977 vers le Mont-Ngaliema, après la guerre du Shaba. Feu colonel Tshibangu, qui fut commandant du CECODO au début des années 70, avait participé aussi au siège de Bukavu en 1967, où, avec d’autres, ils avaient contraint Schramme et ses hommes à fuir en catastrophe Bukavu le 3 novembre, vers le Rwanda.   Tractation à l'OUA Durant l’encerclement de Bukavu par l’ANC en août, se voulant y laver la piteuse image du Congo depuis l’indépendance, Mobutu mobilise des moyens colossaux pour donner un éclat particulier à l’événement. La cité de l’OUA est construite au Mont-Ngaliema. L’avenue OUA à Kintambo est construite. Le boulevard Lumumba est électrifié jusqu’à l’aéroport de N’djili. Mobutu compte sur la solidarité africaine pour réduire les mercenaires. Du fait, l’OUA votera une résolution pour aider le Congo à se débarrasser des mercenaires. Un comité spécial est institué pour obtenir le départ des mercenaires par tous les moyens de Bukavu. Présidé par le chef de l’Etat soudanais, Ismaël Azhri, il comprend les chefs d’Etat du Burundi (Michombero) et de l’Ethiopie (Empereur Hailé Selassie). Les tractations s’ouvrent entre ce comité et Jean Schramme. Il est prévu que, si les mercenaires n’acceptent pas de déguerpir, l’OUA usera de la force, en lançant contre eux une armée interafricaine. Mais s’ils acceptent de vider les lieux, ils pourraient gagner le Rwanda, et s’y réfugier sous la protection de ce pays, en attendant d’être évacués vers leurs pays respectifs par les soins de la Croix-Rouge internationale. Schramme accepte la proposition de l’OUA par l’entremise d’un médecin de Bukavu, Charles Schyns. Toutefois, il exige que ses combattants congolais puissent aussi bénéficier d’une protection internationale. Le Zambien Kenneth Kaunda s’offre alors pour accueillir chez lui les ex-gendarmes katangais comme réfugiés politiques.   Fuite au Rwanda Pendant toutes ces tractations, les combats se poursuivent à Bukavu. La pression est tellement forte, que Schramme et ses hommes n’attendent pas la mise au point du Plan de l’OUA et de la Croix-Rouge internationale. Ils seront contraints de fuir vers le Rwanda. Ils y déposent les armes le 3 novembre 1967 et seront accueillis par les autorités du Rwanda. Sous le contrôle de la Croix-Rouge. Là, à Cyangungu au Rwanda, il y aura 129 mercenaires et 2500 Katangais. Tous avec leurs familles. (Congo-autrement)

 

 

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13/03/2019
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Devoir de mémoire: Les martyrs de la Pentecôte Kimba, Mahamba, Bamba, Anany

COMPRENDRE LES MARTYRS DE LA PENTECÔTE(Stade des martyrs)

Celui qui ne retient de l'histoire, ignore son propre chemin! Nous devrons apprendre de l'histoire pour conditionner notre futur! Ammafrica.

 

Les photos d’Alexandre Mahamba et de Jérôme Anany

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Ils avaient été pendus dans l’emplacement de l’actuel Stade des Martyrs de la Pentecôte en 1966. Le temple du football congolais porte désormais ce nom en leur mémoire. Les suppliciés étaient quatre personnalités politiques de premier plan. Les demandes faites par le Pape Paul VI, le président américain Lindon Johnson, le roi Baudouin de Belgique, la reine Elisabeth d’Angleterre et Amnesty International sollicitant la grâce présidentielle en faveur des condamnés, au moins de commuer la peine de mort en emprisonnement à vie, n’eurent aucun effet sur Mobutu.

Kimba

 

- Évariste Kimba :

 

CONAKAT, né le 16 juillet 1926 à Nsaka dans le territoire de Bukama dans le Nord-Katanga, journaliste à l’Essor du Congo à partir de 1954 ; vice-président de l’Association Congolaise de Presse (1960) ; sénateur du Katanga (juin 1960) ; ministre du Commerce et de l’Industrie dans le gouvernement provincial du Katanga en 1960 puis ministre des Affaires étrangères de l’Etat sécessionniste du Katanga d’août 1960 à janvier 1963 ; député national BALUBAKAT en avril 1965 ; il adhère en octobre 1965 au Front démocratique congolais (FDC) de Nendaka qui s’oppose à la Conaco de Tshombe ; premier ministre de la RDC du 13 octobre au 24 novembre 1965 sous Kasa-Vubu ; auteur de "Mes opinions sur les problèmes du Congo pré-indépendant " paru en 1960 aux Editions de l’Essor du Congo à Elisabethville (Lubumbashi) et de "Mémorandum sur la position du gouvernement du Katanga" paru sous les auspices du Ministère katangais des Affaires étrangères en juin 1962. Ressortissant du Katanga.

 

- Emmanuel Bamba :

 

ABAKO, né en 1920, prisonnier à Elisabethville où il devient le confident de Simion Kimbangu, libéré en 1959, ministre des Finances dans le gouvernement Adoula de mai 1962 à juin 1964; ministre de la Fonction publique dans le gouvernement Kimba en 1965 ; sénateur (1965) ; fils spirituel de Simon Kimbangu ; dissident de l’Eglise kimbanguiste et fondateur en 1961 de l’église "Le salut en Jésus-Christ par le Témoin Simon Kimbangu" qui estreconnue officiellement par l’ordonnance n°313 du 30 décembre 1963 signée par le président Kasa-Vubu mais interdite après sa pendaison par une ordonnance du général Mobutu datée du 7 juin 1966. Cette église est aussi appelée "Eglise congolaise" ("Dibundu dia Kongo" en kikongo). Ressortissant du Bas-Congo.

 

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Léopoldville février 1963. Pour marquer la fin de la rébellion katangaise et le réintégration des foreces katangaise dans l’armée congolaise, le général Norbert Moke commandant en chef de la Gendamerie katangaise prête le serment d’allégeance au Président de la république. On reconnaît assis autour de la table de g à d : général Louis Bobozo, nouveau commandant militaire au Katanga (caché), Cyrille Adoula (premier ministre), Joseph Kasa-Vubu (président) et Jérôme Anany(ministre de la Défense) ; debout derrière J.D Mobutu (commandant en chef de l’ANC)

 

Jérôme Anany :

 

PNP, délégué de son part à la Table ronde de Bruxelles (1960) ; ministre de la Défense dans le gouvernement Adoula de mai 1962 à juin 1964. Il prit la charge des opérations du Kwilu où il se rendit en janvier 1964 accompagné de Mobutu pour mâter la rébellion de Pierre Mulele. L’histoire retiendra de lui qu’il plaça un jour Mobutu aux arrêts de rigueur en sa qualité de ministre de la Défense et qu’il aurait aussi qualifié le futur Guide de scout lors d’une offensive échouée de l’ANC pendant la rébellion. Ressortissant de l’Equateur.

 

 

Alexandre Mahamba :

 

MNC Lumumba, juriste de formation, juge à Bukavu ; délégué du Collège exécutif général à la Conférence de la Table ronde économique à Bruxelles (avril-mai 1960) ; candidat à la présidence du Sénat mais battu par Joseph Ileo au troisième tour du scrutin (1960) ; ministre des Affaires foncières dans les gouvernements Lumumba (juin-septembre1960) et Ileo I (septembre 1960); ministre des Mines et énergie dans le gouvernement Ileo II (février-août 1961) ; ministre des Affaires foncières, mines et énergie dans le gouvernement Adoula (août 1961- juillet 1964) ; secrétaire général de l’Ordre des avocats (fin 1964). Ressortissant du Kivu.

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Foreign Office à Londres, 24 juillet 1963 de g à d : Thomas Kanza (chargé d’Affaires à Londres), Cyrille Adoula (Premier ministre), Lord Home (ministre anglais des A.E), Auguste Mabika-Kalanda (ministre des A.E) et Alexandre Mahamba (ministre des Mines).

 

Mbokamosika a déjà publié à plusieurs reprises les photos d’Emmanuel Bamba et d’Evariste Kimba. Par contre, celles d’Alex Mahamba et de Jérôme Anany manquaient à l´appel. Nous pouvons aujourd´hui voir les figures de ces deux illustres fils du Congo. Les quatres martyrs avaient servi la nation congolaise avec abnégation avant d’être sacrifiée sur l´autel de la politique politicienne, de l’arbitraire, de l’absurde et de la folie des hommes. C´était il y a 47 ans.

 

 

Source: Samuel Malonga

@mbokamosika.com

 

 

 PS: Toute personne disposant plus d'informations sur ces martyrs de la démocratie, prière de nous contacter! Remerciement anticipé!

 

 

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13/07/2018
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MEMOIRE POLITIQUE:La Crise Gouvernementale Congolaise de 5 Septembre 1960 à Juillet 1961

I - LA CRISE GOUVERNEMENTALE CONGOLAISE. (5 septembre 1960 ‒ Juillet 1961

 

1-Le 5 septembre 1960, M. Kasa-Vubu, Chef de l’État, révoquait le Premier Ministre Lumumba et une partie du gouvernement : MM. Bolamba, Gbenye, Gizenga, Kashamura, Lumbala et Mwamba, ouvrant ainsi une crise gouvernementale que l’investiture de M. Adoula par les deux chambres réunies le 3 août 1961 à Lovanium, allait clôturer onze mois plus tard.

 

2-Pendant ces onze mois, trois pouvoirs centraux revendiquent l’autorité au Congo : le gouvernement Gizenga, le gouvernement Iléo et le Collège des Commissaires généraux ; et deux pouvoirs régionaux : le gouvernement Tshombe et le gouvernement du Sud- Kasaï, se sont partagé, parfois simultanément, l’exercice de l’autorité effective au Congo.
 
3-Outre ces cinq pouvoirs de fait, en compétition presque permanente, il faut tenir compte de fractionnements mineurs et d’oppositions internes qui limitaient d’autant le champ d’autorité réelle de chacun de ces pouvoirs.
 

Le 2 décembre 1960, Antoine Gizenga met en place le “Gouvernement de Stanleyville”.

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MEMOIRE:LE 2 SEPTEMBRE 1960 ANTOINE GIZENGA MET EN PLACE LE GOUVERNEMENT DE STANLEYVILLE (Kisangani actuelle) VOIR PHOTO CI-DESSUS....
 
Ce jour-là, au lendemain de l’arrestation de Patrice-Emery Lumumba dont on attendait l’arrivée à Stanleyville (Kisangani) et conscient qu’il ne le reverra plus, Antoine Gizenga, qui avait réussi à quitter Léopoldville (Kinshasa) après le premier coup d’état de Mobutu de septembre 1960, s’autoproclama Premier ministre de la République Populaire du Congo (séparatiste). Si Patrice Lumumba avait réussi à atteindre Stanleyville, sûrement que l’histoire du Congo (et probablement celle de l’Afrique Centrale) aurait pris une autre direction. Très vite, le gouvernement séparatiste d’Antoine Gizenga gagna du terrain. Il parvint à conquérir le Kivu, une partie du Katanga (Manono), rafla le Sankuru et s’empara même de Luluabourg (Kananga) pour un temps : des représentants du gouvernement de Stanleyville s’établirent dans ces fiefs, tels Laurent-Désiré Kabila dans le territoire de Fizi, Marandura et Casimir Mbagira dans la plaine de la Ruzizi, Kashamura à Bukavu, Soumialot et Nicolas Olenga au Sankuru et au Maniema. Ce gouvernement fut reconnu par 21 pays d’Afrique, d’Asie, et d’Europe de l’Est. Des pays frontaliers comme le Burundi, le Soudan, l’Ouganda, le Congo-Brazzaville, la Tanzanie accueillirent des représentants du gouvernement de Stanleyville et autorisèrent l’ouverture des ambassades et consulats dans certaines de leurs villes. Mais très vite, les lumumbistes seront caractérisés par des luttes intestines, parfois sanglantes et une désunion remarquée. En février 1961, certains leaders des partis lumumbistes (dont Kamitatu Cléophas et Gbenye) exigèrent que soit organisée une assemblée générale pour désigner un “successeur légal” de Lumumba. Mais à l’issue du “Conclave de Lovanium” (auquel Gizenga n’avait pas pris part) organisé en août 1961, la plupart de lumumbistes portèrent leur choix sur Antoine Gizenga. C’est ainsi qu’il fut nommé (dans le nouveau gouvernement d’union nationale de l’après Lumumba), vice-premier ministre du gouvernement de Cyrille Adoula. Mais il fut destitué quelques temps après, puis emprisonné jusqu’en 1964 sur l’île de Bula Mbemba à l’embouchure du fleuve Congo. Il ne fut libéré qu’en juillet 1964 par le nouveau Premier ministre, Moïse Tshombe. C’est aussi à ce moment-là qu’il créa le Parti lumumbiste unifié (Palu). Mais quelques mois après, il fut de nouveau arrêté, puis placé en résidence surveillée pendant 14 mois jusqu’au coup d’Etat de Mobutu du 24 novembre 1965. C’est là qu’il prit le chemin de l’exil et resta pendant 27 ans (de 1965 à 1992) en dehors du pays; tour à tour à Moscou, en Angola, puis au Congo-Brazzaville.

Le gouvernement Tshombe

4-se trouva aux prises avec la guerre civile et la "sécession" du Nord-Katanga et avec la constitution d’un gouvernement de la Lualaba à Manono [1][1] C.A.H. n° 2 ? janvier 1961.. Il fut de plus en butte à l’opposition d’une grande partie de l’opinion internationale et à celle des Nations-Unies.

Le gouvernement du Sud-Kasaï

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connut une existence plus précaire ; oscillant de l’autonomie provinciale dans le cadre d’un Congo uni à l’indépendance plus ou moins totale, il eut à subir successivement : l’occupation militaire par les troupes du gouvernement Lumumba, la guerre civile, la guérilla sur les frontières contestées, la famine et l’anarchie. Des coups d’état successifs transformèrent les institutions politiques d’un régime semi-parlementaire en une monarchie constitutionnelle d’abord, absolue et de "droit divin" ensuite. Les frontières de l’État varièrent de la superficie de deux territoires à celle d’une demi province, sans se stabiliser définitivement.

Le gouvernement Gizenga

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s’organisa définitivement à Stanleyville à partir de la fin du mois d’octobre. Il étendit peu à peu son autorité aux régions limitrophes et put prétendre à certains moments couvrir les provinces du Kivu et de la P.O., le Nord-Kasaï, jusqu’à Lusambo, le Nord-Katanga jusqu’à Manono. L’autorité du gouvernement de Stan sur le Kivu et le Nord-Katanga fut cependant, sauf durant de brèves périodes, fort théorique. Au Kivu, seules les autorités militaires de Stanleyville parvinrent à s’implanter de manière constante et à empêcher les gouvernements de Léo ou d’E’ville de contrôler les institutions provinciales.

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Le gouvernement Gizenga eut à partager le pouvoir, d’une part, avec le gouvernement provincial de M. Manzikala (remplaçant de M. Finant, tué à Bakwanga), ce qui se fit sans difficultés majeures étant donné la fidélité commune à P. Lumumba et, d’autre part, avec les groupes de pression constitués par les jeunesses M.N.C. dirigées par B. Salumu et par l’aile radicale de l’armée nationale. L’influence de ces groupes fut non négligeable et, à certains moments de crise, suffisante pour paralyser les gouvernements Gizenga et Manzikala. L’arrestation des ministres provinciaux Guestan et Badjoko et de M. Mandi fut un épisode de ces tensions.

Le gouvernement Iléo

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de septembre 1960 à février 1961, dut abandonner le pouvoir de fait au Collège des commissaires et se contenter d’une existence presque complètement théorique. Réinstallé le 9 février 1961, le gouvernement Iléo étendit son pouvoir sur les provinces de Léopoldville et de l’Equateur et sur une partie, d’ailleurs variable, de la province du Kasaï. Il ne put se faire admettre ou s’imposer, ni au Katanga, ni au Kivu, ni en Province Orientale.

Le Collège des commissaires

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mis en place et soutenu par le Général Mobutu d’abord, par le Chef de l’État ensuite, exerça pendant cinq mois le pouvoir de fait à Léopoldville, mais ne put se faire reconnaître ni par le parlement congolais, ni par les instances internationales.

10

Enfin, les Nations-Unies constituèrent également une autorité de fait pendant ces onze mois. Se substituant aux autorités congolaises lorsque celles-ci faisaient défaut ou étaient en difficulté, les Nations-Unies finirent, après la mort de P. Lumumba, par peser sur l’évolution politique générale du Congo et contribuèrent d’une manière déterminante à l’installation du nouveau gouvernement qu’elles jugeaient nécessaire à la réussite de leur plan d’assistance et de réorganisation.

11

Ces cinq pouvoirs de fait se partagèrent de manière fort inégale et avec des fortunes diverses l’ensemble du potentiel de ressources internes et de relations externes du Congo.

12

Le Katanga, et le Sud-Kasaï dans une moindre mesure, bénéficièrent de ressources financières d’origine provinciale. Le montant de ces ressources qui représentait plus de 40 % du budget ordinaire du Congo fut utilisé en grande partie pour couvrir des dépenses militaires extraordinaires et des frais politiques et ne put pallier la détérioration des finances et de la monnaie katangaise.

13

Sur le plan des relations extérieures, la position du Katanga fut ambiguë. Ne jouissant d’aucune reconnaissance officielle, le Katanga bénéficia cependant de l’appui effectif de certains pays occidentaux, au premier rang desquels la Belgique, et de la sympathie personnelle du président Youlou de Brazzaville. L’assistance technique et militaire de nature bilatérale, dont bénéficia le gouvernement Tshombe, fut supérieure à l’ensemble de l’assistance fournie aux gouvernements de Léopoldville et de Stanleyville.

14

Le gouvernement de Léopoldville bénéficia de l’appui conditionné des Nations-Unies. D’une collaboration de fait prudente et partielle avec le Collège des Commissaires, l’assistance des Nations-Unies devint d’une efficacité croissante avec le gouvernement Iléo, sans pour autant s’intégrer pleinement avec un gouvernement qui manquait aux yeux d’une grande partie de l’opinion internationale de légitimité et avec lequel les heurts ne manquèrent pas (ex. : l’affaire de Matadi).

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Le gouvernement de Léopoldville bénéficia en outre d’une reconnaissance de facto et de jure de la part des pays occidentaux qui lui accordèrent, le plus souvent par l’entremise des Nations-Unies, une aide technique et financière appréciable.

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Le gouvernement Gizenga fut effectivement le moins favorisé malgré la reconnaissance et la sympathie dont il bénéficia de la part de certains pays afro-asiatiques et européens depuis la morte de P. Lumumba (Ghana ? Mali ? R.A.U. ? République Populaire de Chine ? Guinée ? Yougoslavie ? Maroc ? G.P.R.A. ? Mongolie ? Albanie ? Cuba ? Hongrie ? Irak ? Bulgarie ? Pologne ? Tchécoslovaquie ? U.R.S.S. ? Allemagne de l’Est ? Roumanie.)L’assistance technique dont il bénéficia fut nulle, si on excepte les techniciens belges demeurés en place (cinq d’entre eux furent expulsés fin mai en application de la résolution du Conseil de sécurité du 21 février).

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On peut conclure qu’un an après la proclamation de l’indépendance, le Congo était démembré en quatre fractions :

  • sur le plan monétaire : deux monnaies différentes plus une monnaie de compte à Stan ;

  • sur le plan des finances publiques : deux budgets séparés ayant leur propres ressources ;

  • sur le plan économique[2][2] Notre prochain Courrier sera consacré à la situation... : trois zones et un blocus de la P.O. et du Kivu ;

  • sur le plan militaire : au minimum, quatre armées, dont deux appelées "gendarmerie", sans compter les unités militaires plus ou moins autonomes.

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Enfin, sur le plan international et des relations extérieures : deux gouvernements : Léopoldville et Stanleyville, partiellement légitimés, mais pas suffisamment pour recevoir une assistance étrangère inconditionnée, et deux pouvoirs de fait bénéficiant d’appuis extérieurs considérables, mais sans base légale, donc éphémères.

II - LES TENTATIVES DE REUNIFICATION ET DE LEGITIMATION

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Les négociations qui se succédèrent presque sans interruption durant ces onze mois, devaient résoudre essentiellement deux contradictions :

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La première, celle de la sécession katangaise, datait du 11 juillet 1960. Elle opposa, sauf durant de brèves périodes, le gouvernement d’E’ville à ceux de Stan et de Léo. Les rapprochements entre Léopoldville et E’ville coïncidèrent avec certains moments de tension extrêmes entre Stan et Léo. Cependant, à Léopoldville, certains partisans du fédéralisme étaient enclins à s’appuyer sur la sécession katangaise pour faire triompher leur politique.

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La seconde contradiction résidait dans le conflit entre le gouvernement de Léopoldville et celui de Stanleyville quant à la succession du gouvernement Lumumba. Le premier avait été investi par le Chef de l’État et reconnu par la partie occidentale de l’opinion mondiale, mais l’assassinat de M. Lumumba lui enleva une partie de son crédit ; le second, héritier spirituel du lumumbisme, bénéficia de la reconnaissance de plusieurs pays afro-asiatiques.

22

Cette double contradiction entre les trois protagonistes principaux de la crise congolaise se révéla, à travers trois conférences de la Table Ronde, insurmontable sans arbitrage extérieur.

Les tentatives de 1960

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Entreprises durant l’emprisonnement de M. Lumumba et pendant que se constituait à Stanleyville le gouvernement de M. Gizenga, les négociations du dernier trimestre de 1960 se déroulèrent exclusivement sur l’axe Léopoldville-Elisabethville. Les autorités de Léo escomptaient l’appui militaire et financier du Katanga et, dans ce but, sa réintégration dans un Congo fédéral à créer. Le Katanga, en butte à la méfiance internationale, avait comme objectif de faire légitimer son indépendance par une modification de la loi fondamentale et par une reconnaissance de Léopoldville et acceptait en contre-partie d’aider financièrement les autres États.

24

La Conférence de Brazzaville (15 décembre 1960), où les leaders de Léopoldville et du Katanga se rencontrèrent sous les auspices du président Youlou, marqua l’incompatibilité profonde des positions respectives et l’échec des négociations bilatérales Léopoldville ? Elisabethville.

25

En effet, le 22 décembre, M. Tshombe annonçait qu’une Conférence de la Table Ronde se tiendrait à Elisabethville le 15 février 1961, tandis que M. Kasa-Vubu convoquait le 2 janvier une Table Ronde à Léopoldville pour le 25 janvier, sous la présidence du formateur désigné, M. Iléo.

La Conférence de la Table Ronde de Léopoldville (25 janvier ? 16 février 1961)

26

Malgré les concessions importantes faites par Léopoldville au gouvernement Tshombe et l’envoi d’une délégation à Elisabethville conduite par l’actuel président du Sénat, M. Kumoriko, le président Tshombe refusa de se faire représenté à la Conférence de Léo.

27

La conférence fut dominée, en l’absence de représentants katangais, par les personnalités réputées modérées comme M. Lihau ou favorables à une négociation avec Stanleyville comme MM. Adoula et Kama (P.S.A.).

28

Les thèses suivantes, adoptées à une forte majorité en conclusion de la conférence, dénotent une ouverture très nette des participants à l’égard des positions du gouvernement de Stanleyville et un premier pas vers la convocation du Parlement :

29
  • "Libération de tous les détenus politiques y compris M. Lumumba." Seuls, les délégués du Sud-Kasaï firent opposition.

  • "Réouverture du Parlement et participation de tous les parlementaires à la Table Ronde."

  • "Constitution d’un gouvernement provisoire." (seul le porte-parole du P.S.A. protesta)

  • "Maintien de l’unité du Congo dans des structures fédérales" [3][3] Voir au sujet de la Conférence de Léopoldville : B.....

La Conférence de Tananarive (8-12 mars 1961)

30

La Conférence de Tananarive se solda par une victoire des thèses katangaises et un rapprochement complet entre Léo et E’ville.

31

Ce revirement, à un mois de la conférence de Léopoldville, s’explique par trois séries d’événements :

  1. l’annonce de la mort du premier ministre Lumumba et des massacres de Bakwanga fit échouer toutes les tentatives de rapprochement entre Léo et Stan ;

  2. la menace des troupes de Stanleyville sur Luluabourg précipita la conclusion immédiate d’un accord militaire entre Léo-E’ville et Bakwanga ;

  3. la résolution du Conseil de Sécurité du 21 février fut considérée par les gouvernements de Léopoldville et d’Elisabethville comme une menace commune contre leur indépendance.

32

Les résolutions de la Conférence [4][4] Publiées dans le Courrier Africain du 28 mars 1961 s’écartaient complètement de celles de Léopoldville et rejetaient en fait la réunion du Parlement et la formation d’un gouvernement responsable devant les Chambres. En annonçant la formation d’une confédération d’États souverains et la création d’un Conseil d’États, les délégués disqualifiaient en fait le parlement congolais. Jamais, on ne fut aussi éloigné d’une reprise du processus parlementaire et de la formation d’un gouvernement parlementaire.

La Conférence de Coquilhatville (23 avril ? 28 mai 1961)

33

Après une brève période d’euphorie, l’opinion publique congolaise et les dirigeants politiques de Léopoldville commencèrent à désavouer les conclusions de Tananarive. L’Essor du Katanga ayant attribué le "succès complet de Tananarive" à M. Tshombe, le Ministère de l’Information de Léopoldville (M. Bolikango) publia une mise au point déclarant que le "succès obtenu à Tananarive est le fruit du travail en commun de l’ensemble des membres ayant fait partie de la conférence" [5][5] Le Courrier d’Afrique, 17 mars 1961..

34

Le 29 mars, M. Bomboko, qui, bien que Ministre des Affaires Étrangères du gouvernement de Léopoldville, n’avait pas pris part à la conférence de Tananarive, sortit de sa réserve. Il affirma, au cours d’une conférence de presse qu’il incombait au parlement de légaliser les résolutions de Tananarive [6][6] Le Courrier d’Afrique, 30 mars 1961.. Cette prise de position équivalait en fait à un rejet des thèses de Tananarive car il était exclu que le parlement puisse les entériner.

35

Le 1er avril, le porte-parole du Ministre Bomboko précisa qu’aucune décision n’avait été prise au sujet de la participation du gouvernement central à la conférence de Kamina, qui devait, d’après les accords de Tananarive, préluder à une Table Ronde générale et définitive à Elisabethville.

36

Le même jour, M. Gizenga, dont le chef du service d’information avait qualifié Tananarive de "Rendez-vous des Assassins" [7][7] Uhuru, Stanleyville, 6 mars 1961., déclarait également refuser d’aller à Kamina.

37

Une coalition de plus en plus importante et de plus en plus décidée allait se former pour faire échouer les résolutions de Tananarive. Dans cette coalition figuraient, en plus des adversaires déclarés de la sécession katangaise, tels MM. Bolikango, Sendwe, Bomboko, les dirigeants lumumbistes de Stanleyville et de Léo et les pays afro-asiatiques, un nombre croissant de personnalités congolaises modérées, favorables à un certain fédéralisme, mais qu’effrayaient la prolifération anarchique des États et des Chefs d’États et les échéances financières, administratives et économiques qui s’imposeraient inévitablement aux jeunes États.

38

Au Gouvernement central de Léopoldville, des difficultés croissantes d’ordre financier et économique et l’absence d’aide concrète de la part du Katanga, renforçaient la conviction que seule une réintégration du Katanga et un partage équitable des ressources pourraient résoudre l’impasse des finances publiques.

39

Enfin, dès le début avril, les négociations reprirent entre Stanleyville et Léopoldville par l’intermédiaire de M. Kamitatu (leader P.S.A. et président du gouvernement provincial de Léopoldville), qui rencontra M. Gizenga à Stanleyville le 4 avril.

40

La Conférence de Coquilhatville s’ouvrit donc le 23 avril sous des auspices défavorables aux thèses de M. Tshombe. C’est le moment que choisit M. Tshombe, le lendemain de son arrivée à Coquilhatville, pour exiger du président Kasa-Vubu la dénonciation de l’accord signé par lui avec l’O.N.U. Une fois M. Tshombe et ses conseillers européens arrêtés et transférés à Léopoldville, l’abandon des thèses confédérales de Tananarive et le recours au parlement (résolution n° 18) s’inscrivirent facilement dans les conclusions de la Conférence [8][8] Courrier Africain du C.R.I.S.P. n°s24, 25 et 29 de....

41

Ces positions étaient en fait l’aboutissement d’une évolution discernable dès la fin de la conférence de Tananarive. La réunion du parlement à Louvain, la formation d’un gouvernement central unique et la réconciliation entre Stanleyville et Léopoldville découleront des positions acquises à la conférence de Coquilhatville et notamment de la rupture brutale entre Léopoldville et Elisabethville.

42

Ce retournement définitif de la politique congolaise n’aurait cependant pas été possible sans l’action consciente, systématique et pressante d’une force d’arbitrage : l’organisation des Nations-Unies au Congo.

III - LA NOUVELLE POLITIQUE DES NATIONS-UNIES AU CONGO (février-août 1961)

43

La résolution du Conseil de sécurité du 21 février 1961 marque le début d’un tournant dans l’action des Nations-Unies au Congo.

44

Elle fut précédée par certains faits qui permettent de mieux la comprendre :

45

1. Les délégués africains à la conférence de Casablanca (4-7 janvier 1961) apportèrent leur soutien au gouvernement légal de M. Lumumba et menacèrent de retirer les troupes de leurs pays respectifs du cadre de l’O.N.U.C. au cas où M. Hammarskjöld ne parviendrait pas à rétablir l’autorité du premier gouvernement central, à obtenir la convocation du parlement congolais et à "disperser les bandes illégales de Mobutu" [9][9] Courrier Africain n° 3 du 25 janvier 1961..

46

2. Le 17 janvier, ?. Lumumba fut transféré de sa prison de Thysville à Elisabethville dans des conditions que l’opinion mondiale connut et réprouva sévèrement. L’O.N.U.C., bien que présente sur l’aérodrome d’Elisabethville au moment du débarquement de M. Lumumba et de ses compagnons Mpolo et Okito, s’abstint de toute intervention directe et s’exposa de ce fait aux critiques violentes de la part de l’U.R.S.S. et de pays afro-asiatiques. Le principe de la non-intervention dans les affaires intérieures du Congo fut mis en cause.

47

3. L’annonce, le 13 février, de la mort de P. Lumumba eut sur l’action des Nations-Unies au Congo un double effet : les critiques qui lui furent adressées par l’U.R.S.S. d’abord (memorandum du 14 février) [10][10] Courrier Africain ? C.R.I.S.P. ? 21 février 1961, p...., par les pays afro-asiatiques ensuite, firent pression sur le secrétariat général et sur l’appareil exécutif de l’O.N.U. au Congo afin qu’ils sortent de leur réserve et prennent des initiatives politiques et militaires. Par ailleurs, la mort de M. Lumumba, dont la forte personnalité pouvait (et avait déjà dans le passé) fait échec au plan d’assistance des Nations-Unies, laissait à l’O.N.U.C. le champ libre pour développer son assistance selon ses propres normes et dans un climat politique plus neutre, sinon plus favorable à l’O.N.U.

48

Le massacre de six personnalités "lumumbistes" à Bakwanga vint renforcer la force de pression afro-asiatique sur l’O.N.U. dans le sens d’une intervention directe au Congo.

49

4. Résolution du 21 février du Conseil de Sécurité :

50

Le point 1 de la résolution marque le tournant de la politique des Nations-Unies au Congo, puisqu’il admet le recours à la force "pour empêcher le déclenchement d’une guerre civile au Congo". La paralysie des forces des Nations-Unies au Congo prenait fin et, par le fait même, une politique d’intervention directe devenait possible.

51

Le sens de cette intervention était précisé au point 2 qui demandait que des mesures soient prises pour "l’évacuation immédiate de tous les personnels militaires et para-militaires et conseillers politiques belges et d’autres nationalités ne relevant pas du commandement des Nations-Unies".

52

Ces deux textes étaient suffisamment vagues pour autoriser une intervention directe des Nations-Unies avec recours à la force dans n’importe quelle circonstance, puisque l’ensemble du Congo était en état de guerre civile latente ; et pour expulser n’importe quel étranger du Congo, dont on pouvait toujours soupçonner une action politique.

53

Toute la politique des Nations-Unies au Congo allait, dans les six mois à venir, s’appuyer sur ce texte. Encore fallait-il qu’à New-York, le secrétariat général et les milieux qui le conditionnent, et qu’au Congo, le représentant du secrétaire général et l’a pareil exécutif, acceptent effectivement les objectifs tracés par la résolution du Conseil et mettent en œuvre les moyens nécessaires à leur réalisation.

54

A New-York, le secrétariat général reçut une confirmation de l’orientation de son mandat lors de l’assemblée générale le 21 mars par le dépôt du rapport de la Commission de conciliation et par les débats qui suivirent.

55

Par ailleurs, le gouvernement américain avait inauguré en matière congolaise une nouvelle politique, concrétisée dans le "Plan américain" du mois de janvier [11][11] Courrier Africain, C.R.I.S.P., 21 février 1961, p...., qui rejoignait sur plusieurs points les thèses afro-asiatiques (neutralisation de l’Armée, gouvernement d’Union Nationale avec participation de M. Lumumba, ….). Cet aval des États-Unis fut, pour le secrétariat général, un soutien indispensable.

56

Au Congo, la nouvelle politique des Nations-Unies fut rendue possible, d’une part, par un changement de son personnel de direction, d’autre part, par l’ouverture de plus en plus grande que les dirigeants de Léopoldville témoignèrent à l’égard des Nations-Unies.

57

Il faut signaler enfin que le changement de gouvernement en Belgique fut également un facteur favorable à la coopération entre Nations-Unies et gouvernement congolais.

Les positions du Chef de l’Etat

58

Le 6 mars, le lendemain des incidents sanglants de Matadi entre forces de l’O.N.U.C. et l’A.N.C., M. Kasa-Vubu faisait une première ouverture au secrétaire général concernant l’application des résolutions du Conseil de sécurité.

59

Cinq mesures de réorganisation de l’armée étaient proposées :

60
  1. "- L’armée nationale reste sous le commandement du Président de la République qui, de par ses fonctions, est le mieux à même de l’isoler de toute politique et à lui assurer que le travail de réorganisation n’aboutira pas à priver le pays de l’armée essentielle de sa souveraineté. Cette condition est fondamentale, elle seule permettra de garantir que la réorganisation, une fois annoncée, ne provoquera pas des fuites vers le maquis et des perspectives de longues luttes de guerillas.

  2. - La réorganisation doit s’étendre à tout le pays, y compris la Province Orientale, le Kivu, le Sud-Kasaï et le Katanga. Le gouvernement est prêt à faire commencer l’opération immédiatement dans les unités qui dépendent du commandement du général Mobutu, sans attendre nécessairement qu’elle soit entamée simultanément dans les autres unités. Mais ceci à la condition qu’un accord suffisant soit intervenu à ce sujet avec les chefs militaires de Stanleyville, de Bakwanga et d’Elisabethville, et en outre qu’il soit bien entendu qu’en cas d’impossibilité de réorganiser ces troupes dissidentes, l’opération puisse être aussitôt suspendue dans les unités loyales.

  3. - Un conseil national de la défense sera institué par le Président de la République et sous son autorité. Il comprendra des chefs militaires congolais, des délégués de la Force des Nations-Unies et il pourrait être présidé par un officier supérieur neutre qui relèverait uniquement du Président de la République. Ce conseil sera chargé d’élaborer un programme précis d’entraînement, de formation et de réorganisation de l’A.N.C. Il fera toutes les propositions nécessaires pour l’aboutissement heureux de sa mission et recevra l’appui et des autorités congolaises et de la Force des Nations-Unies pour mettre son programme à exécution.

  4. - Un timing de travail peut être proposé, mais il risquerait de ne pas se fonder sur des données suffisamment étudiées que pour être valable. En tout état de cause, le gouvernement ne verrait aucun inconvénient à ce que l’opération soit entamée immédiatement, dès qu’un accord aura pu se faire sur les propositions émises ci-dessus.

  5. - Il reste entendu que le Gouvernement congolais conserve le droit d’accepter ou de refuser les techniciens qui seront proposés par le Conseil national de la défense et qui seront recrutés par le canal de l’O.N.U. Le gouvernement congolais entend en effet sauvegarder rigoureusement la neutralité de l’armée et il ne pourra admettre que des officiers ou sous-officiers chargés de l’encadrer et de la former se servent de leur situation pour y amener des influences subversives ou contraires à l’intérêt national."

61

Le 22 mars arrivaient à Léopoldville MM. Gardiner et Nwokedi, membres de la mission de l’O.N.U. chargée de vérifier l’application de la résolution du Conseil de Sécurité du 21 février. Ces deux représentants des Nations-Unies allaient avec l’appui de M. Mekki Abbas d’abord, de M. Khiari ensuite, mettre en application effective la nouvelle politique des Nations-Unies.

62

Le 12 avril, M. Gardiner déposait un Memorandum auprès du Ministre des Affaires Étrangères, M. Bomboko, concernant la Résolution du Conseil de Sécurité [12][12] Courrier Africain du C.R.I.S.P., n° 15, 18 avril 1....

63

Après avoir affirmé que la souveraineté de la République du Congo concernant la réorganisation et le choix du personnel civil et militaire devait être reconnu, M. Gardiner suggérait la création de deux comités mixtes Congo-O.N.U. chargés de l’élimination des conseillers civils étrangers, d’une part, des conseillers militaires et de la réorganisation de l’armée d’autre part.

64

Ce memorandum constituait une proposition très nuancée de mise en application de la résolution du Conseil de sécurité, interprétée dans un sens favorable au Gouvernement de Léopoldville dont on reconnaissait la souveraineté et la compétence, tant en principe que dans les modalités pratiques d’exécution.

65

Ces propositions furent cependant rejetées par le gouvernement congolais qui déclara dans sa réponse datée du 11 avril s’en tenir "au plan de réorganisation de toutes les forces armées, avec la collaboration de l’O.N.U., qu’il a proposé" et "rester seul maître dans le choix de ses techniciens étrangers" [13][13] Agence Belga, 14 avril 1961. Il s’agit du plan du 5 mars.... Cette réponse était signée par le Premier Ministre Iléo et par M. Bomboko.

66

Une semaine plus tard, le 17 avril, un accord de principe était conclu entre le Président Kasa-Vubu et MM. Gardiner et Nwokedi.

67

L’accord contenait une acceptation de la résolution du 21 février par la République du Congo. Les Nations-Unies accordaient leur assistance au Président de la République "pour que tous les fonctionnaires étrangers, civils, militaires, paramilitaires, mercenaires et conseillers politiques qui n’ont pas été engagés ou rappelés sous l’autorité du Président de la République soient renvoyés du Congo dans les plus brefs délais". La République du Congo reconnaissait "la nécessité de réorganiser l’Armée Nationale …. avec l’assistance des Nations-Unies" [14][14] Courrier Africain du Crisp n° 16, 25 avril 1961. Dans....

68

Ce texte était signé par MM. Nwokedi et Gardiner d’une part, par MM. Kasa-Vubu et Bomboko d’autre part.

69

Il n’est pas exagéré de considérer cet accord comme le tournant essentiel de la politique congolaise en 1961. Ce que la résolution du Conseil de sécurité du 21 février avait signifié sur le plan de la mission du secrétaire général et de l’appui international qu’il pouvait escompter, l’accord du 17 avril le confirma sur le plan intérieur congolais et manifesta concrètement le soutien et la coopération du président de la République aux projets du Secrétaire général.

70

Il faut noter en outre que l’accord concernait directement le Chef de l’État ? la signature de M. Bomboko ne servant que pour couvrir constitutionnellement le président ? et non le gouvernement de M. Iléo. Celui-ci avait, la semaine précédente, rejeté les propositions Gardiner et par le fait même perdu la dernière occasion de se faire accepter comme interlocuteur légitime par l’O.N.U. On pouvait en conclure que les Nations-Unies accorderaient, d’une part, leur soutien total au Chef de l’État et, d’autre part, chercheraient à tout prix la formation d’un gouvernement légitime, c’est-à-dire approuvé par une majorité parlementaire.

71

Il est probable qu’à cette occasion, des garanties furent données au Chef de l’État, concernant le remplacement ou du moins le retrait de M. Dayal, avec lequel les rapports du Chef de l’État étaient devenus très difficiles.

72

À l’égard du problème katangais, aucun accord explicite ne fut pris ; cependant l’autorité du Chef de l’État sur le Katanga était affirmée très nettement dans le domaine essentiel de l’engagement des fonctionnaires étrangers civils et militaires, tandis que les Nations-Unies étaient chargées de faire respecter les décisions du Chef de l’État en la matière. En clair, cela signifiait, étant donné que la sécession katangaise était inviable sans l’assistance du personnel civil et militaire étranger que le Katanga réintégrerait bientôt, de gré ou de force, le Congo sous l’autorité du Chef de l’État.

73

Ainsi se précisaient pour la première fois depuis la crise gouvernementale de septembre, les grandes lignes d’une politique des Nations-Unies au Congo :

  • Soutien complet au Chef de l’État après que celui-ci eut décidé de coopérer avec les Nations-Unies.

  • Les décisions et accords politiques importants sont traités directement avec le Chef de l’État et non plus avec le Gouvernement de Léopoldville.

  • En conséquence, la formation d’un nouveau gouvernement approuvé par le Parlement apparaît nécessaire, sans que ceci puisse remettre en cause les accords pris avec le Chef de l’État, dont le maintien à la présidence est la garantie de ces accords.

  • La sécession katangaise sera résorbée avec l’accord du Chef de l’État par le retrait des fonctionnaires civils et militaires étrangers.

74

Cette nouvelle politique ne tarda pas à être mise en application : le 24 avril, M. Tshombe exige à la Conférence de Coquilhatville que M. Kasa-Vubu dénonce solennellement l’accord signé avec l’O.N.U. Le jour même, M. Mekki Abbas, remplaçant a.i. de M. Dayal, confère avec le président Kasa-Vubu à Coquilhatville. Le 25, M. Tshombe déclare quitter la conférence. Le 26, il est arrêté par l’Armée Congolaise. Ses conseillers européens sont expulsés du Congo à la demande du Chef de l’État par les soins de l’O.N.U.

75

Pendant toute la conférence de Coquilhatville, un fonctionnaire des Nations-Unies, M. Poujoulat, assista les délégués congolais de ses conseils et joua un rôle considérable dans l’orientation des résolutions.

76

Durant les trois mois qui séparèrent la conférence de Coq de la réunion du Parlement à Lovanium, un groupe de hauts fonctionnaires des Nations-Unies, composé en ordre principal de MM. Gardiner, Nwokedi et Khiari, et bénéficiant de l’appui de M. Mokki-Abbas d’abord, de M. Linner ensuite, unirent leurs efforts pour réaliser le plan des Nations-Unies. Celui-ci devait aboutir par des moyens non-violents, après la réconciliation des pouvoirs de Stanleyville et de Léopoldville et la réintégration du Katanga, à la formation d’un gouvernement approuvé par le Parlement. Il n’est pas douteux que ces hauts fonctionnaires furent persuadés jusqu’au dernier moment que la double contradiction séparant le Katanga du restant du Congo et Stanleyville de Léopoldville pouvait être résolue dans une réconciliation générale. Ce n’est qu’au dernier moment, devant le refus du gouvernement du Katanga d’assister à la réunion du Parlement, que les représentants de l’O.N.U. se décidèrent à utiliser pleinement les pouvoirs que leur accordaient la résolution du 21 février et l’accord du 17 avril.

 

COMPOSITION DU GOUVERNEMENT ADOULA

 

NOTICE BIOGRAPHIQUES [15][15] Ces notices sont reprises du tome III de CONGO 1960....

1 - ADOULA Cyrille

77

Né en 1923 à Léopoldville. Mongala. Employé à la Banque Centrale.

78

En 1956, entre à la F.G.T.B.-Congo. A été successivement vice-président de l’Action socialiste, membre et vice-président du bureau provisoire du M.N.C. lors de sa création en octobre 1958, secrétaire général de la F.G.T.B.

79

Adhère au M.N.C.-Kalonji (dans lequel il préside la commission économique et sociale) en juillet 1959. Vice-président du Cartel formé par l’Abako, le M.N.C.-K., le P.S.A., le Parti du Peuple, la F.G.C. et l’Alliance des Bayanzi. Membre de la délégation de ce cartel à Bruxelles en 1959 ; participe à la même époque au congrès de la C.I.S.L. Membre de la délégation du Cartel à la conférence de la Table Ronde politique. Observateur à la Table Ronde économique pour la F.G.T.K. devenue la C.S.L.C. Confédération des Syndicats Libres Congolais, par fusion avec l’A.P.I.C. et le S.N.T.C. en avril 1961.

80

Président du conseil d’administration de l’Institut politique congolais (I.P.C.), Sénateur Puna (province de l’Equateur), Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Iléo (septembre 1960 et février 1961). Signe avec M. Iléo le protocole d’accord militaire avec MM. Tshombe et Kalonji le 28.2.61.

81

Participe à la conférence de Tananarive (mars 1961). Chef de la délégation congolaise à l’Assemblée générale de l’O.N.U. (mars 1961). Entame la négociation avec le gouvernement Gizenga de Stanleyville en avril 1961. Participe à la conférence de Coquilhatville (avril 1961). Négocie la réunion du Parlement avec les délégués de Stanleyville en juin 1961, à Léopoldville. Premier Ministre en juillet 1961. Participe à la conférence de Belgrade des pays non-engagés le 4.9.61.

2 - GIZENGA Antoine

82

Né à Congo, le 5.10.1925. Bambala. Termine ses études au grand séminaire de Kinzambi. Moniteur à l’enseignement catholique à Léopoldville. Président du Parti solidaire africain (P.S.A.). Élu député national P.S.A. avec 52.442 voix de préférence (Kwilu). Vice-premier Ministre du gouvernement Lumumba. Révoqué par l’ordonnance du 5.9.1960 de M. Kasa-Vubu. À reconstitué un gouvernement central à Stanleyville où il arriva à la mi-octobre 1960. Ce gouvernement fut reconnu en février 1961 par 21 pays afro-asiatiques et d’Europe orientale. Le 31.3.1961, M. Gizenga publie un arrêté, contresigné par ses Ministres, "mettant M. Kasa-Vubu, Chef de l’État, dans l’impossibilité d’assumer ses fonctions". Il négocia, en avril 1961, avec M. Kamitatu (Léo). Vice-premier Ministre du gouvernement Adoula (juillet 1961). Participe à la Conférence de Belgrade le 4.9.1961.

3 - SENDWE Jason

83

Né en 1917 à Kabongo. Muluba du Katanga. 6 années primaires chez les Méthodistes de Kabongo. 4 années d’école normale à la mission méthodiste de Kanene. 5 années de cours d’infirmier à Stanleyville et à l’École officielle pour Infirmiers à E’ville. Infirmier diplômé, il achève ses études à l’École des Assistants Médicaux Indigènes de Léopoldville. Membre du Conseil protestant du Congo. Président général de la Balubakat et du cartel Balubakat-Atcar-Fedeka. Chef de la délégation de ce cartel à la Conférence de la Table ronde politique. Délégué du cartel à la Conférence de la Table ronde économique. Effectue en mai 1960 un voyage d’information aux E.U. à l’invitation du gouvernement américain. Député national élu sur la liste du Cartel avec 20.283 voix de préférence dans le district d’E’ville. Proposé au poste de commissaire du gouvernement central de la province du Katanga. Commissaire du gouvernement central de la province de Lualaba (le 20.10.1960). Séjourne une nouvelle fois en Belgique en février 1961. Participe à la Conférence de Coquilhatville en mai 1961.

4 - BOMBOKO Justin-Marie

84

Né le 22.9.1928, originaire de Bolomba (province de l’Equateur). Mongo. Études primaires, six années d’études à l’école normale de la mission des Pères du Sacré-Coeur, à Bamanya (Coquilhatville). De 1945 a 1951, élève à la section administrative de Lovanium-Kisantu. De 1952 a 1955, commis à l’administration provinciale, à Coq. Inscrit en 1956 à la section des Sciences politiques et administratives de l’U.L.B. Membre du cercle du Libre-Examen. Affilié au parti libéral belge. Président de l’Union générale des étudiants du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Participe comme observateur au Congrès de l’Union congolaise, à Stanleyville en octobre 1959. Membre de l’Union Mongo. Membre de la commission politique près du Ministre du Congo. Porte-parole de cette Commission à la Conférence de la Table Ronde économique. Chargé de recherches à l’Institut de sociologie Solvay. Élu avec 10.101 voix de préférence, député national Unimo de la ville de Coq. Pressenti comme Ministre de la Jeunesse et des Sports dans le projet de gouvernement Lumumba du 17 juin, puis comme Ministre des Affaires étrangères dans le projet Kasa-Vubu du 18 juin. Il occupa ce ministère dans le gouvernement Lumumba. Président du Collège des Commissaires et Commissaire général aux Affaires étrangères (29.9.1960 au 9.2.1961). Ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur dans le gouvernement Iléo (février 1961). S’opposa à l’accord militaire avec Elisabethville et aux résolutions de la Conférence de Tananarive. Reçu par le Pape Jean XXIII le 20.3.1961. Joue un rôle de premier plan à la Conférence de Coquilhatville. Ministre des Affaires Étrangères. Participe à la Conférence de Belgrade le 4.9.1961 [16][16] avec MM. Adoula, Gizenga et T. Kanza..

5 - GBENYE Christophe

85

Né à Bagbe en 1927. Mubua. Clerc au Service des Finances à Stan. Ex-vice-président du Comité de la F.G.T.B. fédérale de l’Est. Ex-premier bourgmestre adjoint de Stan. Directeur du bureau politique du M.N.C. Élu député national M.N.C.-L. du district du Bas-Uélé (Prov. Orientale). Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Lumumba. Révoqué par M. Kasa-Vubu par l’ordonnance du 5.9.1960. Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Gizenga à Stanleyille. Président du M.N.C.-L. après la mort de M. Lumumba.

6 - ILEO Joseph

86

Né le 15.9.1921 à Léopoldville. Mongo. 4 années de comptabilité en cours du soir. Deux années de culture générale (philosophie et sociologie). Comptable à l’Office des cités africaines. Participe à la rédaction du "Manifeste de Conscience Africaine" en 1956. Membre du Comité provisoire du M.N.C., en octobre 1958. Un des artisans de la scission de ce parti en juillet 1959. Collaborateur de la "Voix du peuple", organe du M.N.C.-Kalonji. Président du Bureau du Congrès du cartel Abako à Kisantu (décembre 1959). Membre effectif de la délégation du M.N.C.-Kalonji à la Conférence de la Table ronde politique. Administrateur de l’Institut Politique Congolais. Administrateur du "Courrier d’Afrique". Sénateur Unimo de la province de l’Equateur. Élu député provincial (ville de Léo) sur la liste du cartel M.N.C.-Kalonji ? P.S.A. Président du Sénat congolais (élu par 41 voix sur 80). Nommé premier Ministre par M. Kasa-Vubu, après la révocation du gouvernement Lumumba en septembre 1960. Chargé par le chef de l’État d’organiser la Table ronde de janvier 1961 à Léopoldville. Participe à la conférence de Tananarive (du 8 au 12.3.1961) comme premier Ministre de la République du Congo, fonction qu’il occupe à nouveau depuis le 10.2.1961. Participe à la Conférence de Coquilhatville (mai 1961).

7 - PINZI Arthur

87

Né le 23 mars 1922 à Boma, Muyombe (Mukongo). Agent de l’Administration (pendant 18 ans). Assure pendant de longues années la présidence de l’A.P.I.C. Bourgmestre de Kalamu (Léopoldville). Joue un rôle important dans les incidents de janvier 1959 (du fait qu’ils eurent lieu sur le territoire de sa commune). En mars 1960, il effectue un stage au Ministère belge des Affaires étrangères. Élu député national sur la liste de l’Abako, dans le district du Bas-Congo. Participe à la conférence parlementaire eurafricaine (Marché Commun) à Rome en janvier 1961. Ministre des relations inter-états dans le gouvernement de l’État du Kongo Central (mars 1961).

8 - MWAMBA Rémy

88

Né en 1921, 6 années d’école primaire, 4 années d’école moyenne (à St-Boniface), deux années de cours supérieurs. Commis-chef au parquet d’E’ville. Membre du Conseil communal de la commune de Kenya. Co-fondateur et secrétaire général de la Balubakat. Membre de la délégation du cartel Balubakat à la Conférence de la Table ronde politique. Membre du Collège exécutif général. Élu sénateur non coutumier de la province du Katanga. Ministre de la Justice dans le gouvernement Lumumba et ensuite dans le gouvernement Gizenga à Stan. Avait été révoqué par Kasa-Vubu le 5.9.1960.

9 - ELEO Ambroise

89

Bourgmestre de Lubunga à Stan. Membre du M.N.C.-L. Ministre de l’Économie et des Classes moyennes dans le premier gouvernement de la Province Orientale.

10 - KABANGI Aloïs

90

Né le 7.8.1922 à Lusambo. Musonge. Commis de l’administration (Direction des affaires politiques). Attaché au Cabinet du Gouverneur de la province du Kasaï en 1959. Membre de la délégation belge à une réunion de la C.C.T.A., tenue à Monrovia (Libéria) en février 1959. Membre du Conseil d’administration de l’I.P.C. Élu député national du cartel M.U.B. (Mouvement Unité Basonge) ? M.N.C.-Lumumba, avec 12.480 voix de préférence dans le district de Kabinda, province du Kasaï. Ministre de la Coordination économique et du Plan dans le gouvernement Lumumba. A refusé le même ministère dans le gouvernement Iléo de septembre 1960 ; accepte ce poste dans le gouvernement provisoire issu de la Conférence de la Table Ronde de janvier 1961 à Léopoldville. Membre du comité de rédaction d’"Études congolaises". Assiste à la Conférence de Tananarive en tant que Président de l’État du Lomami (mars 1961) ainsi qu’à la Conférence de Coquilhatville.

11 - KISOLOKELE Charles

91

Né en 1914 à Kamba. Mukongo. Fils aîné de Simon Kimbangu. Six années d’École primaire, trois ans d’École moyenne à la Colonie scolaire de Boma. Après avoir été deux ans moniteur à la Colonie scolaire de Boma, il fut pendant trente ans agent au Service des travaux publics à Maduda (Tshela). Membre de l’Abako. Élu député national avec 733 voix de préférence sur cette liste (dans le district des Cataractes). Se désiste de son mandat de député le 20.7.1960. Pressenti comme Ministre de l’Intérieur dans le projet du gouvernement Kasa-Vubu du 18 juin. Nommé Ministre d’État dans le gouvernement Lumumba. Également Ministre d’État dans le gouvernement Iléo (sept. 1960). Ministre des Parastataux dans le gouvernement provisoire de février 1961. Vice-Président de l’État et du gouvernement de l’État du Kongo Central en avril 1961.

12 - MONGALI Michel

92

Né en novembre 1915. Élu député national sur liste individuelle, district du lac Léopold II (province de Léo). Rédacteur en chef de l’hebdomadaire "Émancipation" (Parti du Peuple). Président de la Commission de la Justice à la Chambre et Vice-Président de la Commission des Affaires économiques. Participe à la Conférence Eurafricaine de Strasbourg (juin 1961).

13 - KAMANGA Grégoire

93

Né le 20.10.1927. Mukete. Assistant médical à l’Université Lovanium. Député national (Coaka), élu avec 20.050 voix de préférence dans le district de Lulua au Kasaï. Ministre de la Santé publique dans le gouvernement Lumumba. Révoqué par l’ordonnance du 12.9.1960 de ses fonctions ministérielles. Participe à la Conférence de la Table ronde de Léopoldville en janvier 1961. Arrêté le 14.2.1961 et transféré à Bakwanga le 16. Condamné à 5 ans de prison le 17 février. Libéré mi-mars 1961. Chef de l’État de l’Unité Kasaienne (avril 1961) qu’il crée dès son retour à Léo. Participe à la Conférence de Coq en mai 1961.

14 - WEREGEMERE Jean-Chrysostome

94

Né le 5.9.1919 dans le territoire de Kabare. Muhavu. Études primaires à Bukavu. 4 années au petit séminaire du Katanga, cours de comptabilité par correspondance. Secrétaire général du Centre de Regroupement Africain (Céréa). Participe à la Conférence de la Table ronde politique. Créée une dissidence Céréa-Weregemere. Député national, élus sur la liste Reko, dans le district du Sud-Kivu. Pressenti comme ministre de l’Agriculture dans le projet Kasa-Vubu du 18 juin. Dirigea la délégation économique envoyée par M. Lumumba aux États-Unis en août 1960. Membre de la Commission parlementaire de conciliation (septembre 1960) en vue d’un règlement du conflit entre le Chef de l’État et le Premier Ministre. Nommé Ministre de l’Information du gouvernement central de Stanleyville (1961).

15 - ILUNGA Alphonse

95

Né en 1931 au Kasaï (territoire de Dibaya). Lulua. Président de l’Union Nationale Congolaise (U.N.C.). Membre effectif de la délégation de ce parti à la Table ronde politique. Ministre des Travaux publics dans le gouvernement Lumumba. Ministre des Arts, de la Culture et des Sports dans le gouvernement Iléo de septembre 1960. Ministre des Travaux Publics dans le gouvernement Iléo de février 1961. Conseiller communal à la commune de Ndesha à Luluabourg.

16 - RUDAHINDWA Edmond

96

Né le 28.8.1928. Employé à l’administration des Mines. Conseiller communal à la commune de Kadutu. Député national, élu sur la liste Reko, dans le district du Sud-Kivu. Ministre des Mines dans le gouvernement Lumumba. Révoqué le 12 septembre 1960 par le Chef de l’État. Rejoint le gouvernement Gizenga à Stanleyville.

17 - MASIKITA Pierre

97

Né en 1919. Élu député national avec 8.333 voix de préférence sur la liste LUKA dans le district du Kwango (Léo). Premier vice- président de la Commission de la Défense nationale en juillet 1960.

18 - BISUKIRO Marcel

98

Né en novembre 1929, près de Rutshuru, Kivu. Banyarwanda. Études moyennes à Nyangezi. Clerc à l’OPAK (Office dès produits agricoles du Kivu). Directeur commercial de la "Vérité", organe du Céréa. Élu communal à Kadutu (Bukavu) en décembre 1959. Président du Centre de regroupement africain (Céréa). Délégué de ce parti à la Conférence de la Table ronde politique. Délégué à la Table Ronde économique où il aligne ses positions sur celles de M. Nguvulu. Élu Sénateur dans la province du Kivu. Pressenti comme Ministre du Travail dans le projet Kasa-Vubu du 18.6.1960. Ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement Lumumba. Il garde ce ministère dans l’équipe gouvernementale de M. Iléo en septembre 1960, mais retourne ensuite au Kivu où il rallie le gouvernement Gizenga avec la même fonction. Il fonde (le 19.3.1961) à Bukavu, le journal "Dignité Nouvelle".

19 - MUNGAMBA Ferdinand

99

Né le 29.9.1922. Député national après le désistement de M. Finant.

20 - MAHAMBA Alexandre

100

Employé au Parquet et Juge au Tribunal du Centre extra-coutumier à Bukavu. Clerc à l’IRSAC à Luisa. Membre de la Commission De Voghel pour la préparation de la Conférence de la Table ronde économique, à laquelle il assiste comme délégué du Collège exécutif général. Sénateur de la province du Kivu, il se désiste de son mandat de député provincial. Présente sa candidature à la présidence du Sénat mais est battu par Iléo au troisième tour de scrutin par 41 voix contre 39. Ministre des Affaires foncières dans le gouvernement Lumumba, il figure au même poste dans le gouvernement Iléo de septembre 1960 et dans le gouvernement de février 1961.

21 - KAMA Sylvain

101

Né le 3.10.1922 à Kamba (territoire de Kikwit). Bambala. Études primaires et secondaires complètes à Leverville (Kikwit). Commis aux services urbains de Léopoldville. Membre du Comité central du Parti Solidaire Africain. Assiste au Congrès du cartel Abako à Kisantu. Participe à la Conférence de la Table ronde politique. Membre de la Commission politique auprès du Ministre du Congo (mars-juin 1960). Député national P.S.A. du district du Kwilu, Proposé par M. Lumumba au poste de commissaire du gouvernement central dans la province de Léo. Participe à la Conférence de Coquilhatville en mai 1961. Participe à la Conférence Eurafricaine de Strasbourg (juin 1961).

22 - ASUMANI Augustin

102

Sénateur M.N.C.-L. de la province Orientale. Également élu comme député provincial dans le territoire de Banalia, district du Haut-Congo. Se désiste de ce dernier mandat. Secrétaire du bureau du Sénat.

23 - NGALULA Joseph

103

Né le 12.12.1928 à Lusambo. Muluba. 6 années primaires. 5 années de cours professionnels. Rédacteur au "Courrier d’Afrique", Rédacteur en chef de "Présence congolaise". Participa à la conférence Panafricaine d’Accra en décembre 1958. Un des membres fondateurs du M.N.C. Lors de la scission, il opte pour la tendance Kalonji. Membre suppléant de la délégation de ce parti à la Conférence de la Table ronde politique. Invité en février-mars aux États-Unis. Élu député provincial avec 63.346 voix de préférence dans le territoire de Bakwanga, district de Kabinda. Premier ministre de l’"État autonome du Sud-Kasaï jusqu’en avril 1961. Vice-président du "Royaume fédéré du Sud-Kasaï". (1.6.1961). Ministre du gouvernement Iléo en juin 1961.

24 - BADIBANGA Samuel

104

Né le 24.12.1912. Négociant. Membre du Conseil de Province (Kasaï) de 1956 à 1959. Membre suppléant du Conseil de gouvernement. Membre élu du Conseil économique provincial du Kasaï, institué en 1959. Député national M.N.C.-Kalonji, district du Lulua. Pressenti comme Ministre de la Coordination et du Plan dans le projet Kasa-Vubu du 18.6.1960. Président de la Commission des Affaires Étrangères de la Chambre. Depuis septembre 1960, délégué personnel du Chef de l’État à l’O.N.U.

25 - LUMANZA Albert

105

Né le 14.4.1927. Élu député national sur liste PUNA (Ass. Ngwaka-Minagende) du district de l’Ubangi, province de l’Equateur. Participe à la pré-conférence de la Table ronde de Léopoldville en janvier 1961.

26 - LUTULA Joseph, Bonaventure

106

Né le 6.10.1927. Otetela. Secrétaire du Congrès de Lodja (mars 1960). Membre du bureau politique du M.N.C.-L. Élu députée national dans le district de Sankuru (Kasaï), Ministre de l’Agriculture dans le gouvernement Lumumba. Révoqué le 12.9.1960. Après les exécutions de Bakwanga en février 1961, il rejoint Stanleyville.

Secrétaires d’État

1 - KABANGI-NUMBI Ferdinand (ou Fortunat)

107

Ne en 1934. Député national Balubakat du Haut-Lomani.

2 - MUHUNGA Ambroise

108

Né en 1920. Député national. Président de l’Atcar (Défense des intérêts Tshokwe), parti qui fera ensuite cartel avec la Fedeka et la Balubakat. Le 20.10.1960, dans la proclamation de la province du Lualaba, il est désigné comme Administrateur d’État aux Sociétés.

3 - KAPONGI Sébastien

109

Né en 1913 à Demba. Lulua. Études au Petit Séminaire de Kabwe (1927-1933) et de philosophie au Grand Séminaire de Kabwe (1933-1938). Commis. L’un des promoteurs de l’association des "Lulua-Frères". Membre de la Commission politique auprès du Ministre du Congo (mars-juin 1960). Élu député national P.N.P. dans le district de Lulua, et député provincial dans le territoire de Demba, district de Lulua, province du Kasaï. Président de la Commission des Affaires économiques de la Chambre. Membre de la Commission compromissoire parlementaire du 7.9.1960.

4 - TSHISHIKU Marcel

110

Né le 12.10.1928. Député national du P.N.P. district du Kasaï.

5 - KIHUYU Etienne

111

Né en 1930 à Tente-Ngoma, secteur des Basambala (Katako-Kombe). Mukela. Trois ans d’études au Petit Séminaire de Kabwe. Rédacteur au journal "Communauté" de Luluabourg. Organisateur du Congrès M.N.C.-L. au Kasaï (avril 1960). Élu député national M.N.C.-L. avec 24.199 voix de préférence dans le district de Sankuru au Kasaï. Élu secrétaire du Bureau de la Chambre des Représentants. Membre de la délégation de Stan envoyée à Léo en juin 1961 pour négocier la réunion du Parlement.

6 - ANEKONZAPA André

112

Né le 17.9.1924 près de Banzyville (Equateur). Ngwandi. 6 ans d’école primaire. 3 ans d’école normale à la Mission catholique de Molegbe (Ubangi). Comptable. Correspondant officiel du périodique "Mbandaka" (Equateur), Membre du Conseil de province pour l’Equateur de 1957 à 1959. Président du Mederco. Membre effectif de la délégation P.N.P. à la Conférence de la Table ronde politique.

113

Élu député national Mederco-P.N.P. dans le district de Mongala, province de l’Equateur. Participe à la pré-conférence de la Table ronde de Léopoldville en janvier 1961. Participe à la Conférence Eurafricaine de Strasbourg en juin 1961.

7 - LENGEMA Marcel

114

Né le 3.1.1931. Études primaires à Stanleyville, secondaires administratives chez les Frères Maristes à Buta. Employé de l’Administration à Stanleyville. Chef de poste de la station de Météo. Membre du comité du M.N.C.-L. pour la province Orientale. Effectue un stage à l’École d’administration à Bruxelles. Nommé avec M. Mobutu directeur du bureau du M.N.C.-L. à Bruxelles. Participe à la conférence de la Table ronde politique.

8 - UKETWENGU Désiré

115

Né le 4.1.1934. Député national M.N.C.-L., district de Kibali-Ituri, province Orientale.

9 - BONDHE Théodore

116

Né en 1917. Député national M.N.C.-L., district du Haut-Congo. Province Orientale. Il est également élu député provincial dans le territoire de Basoko, du même district.

10 - KAMBALE Alphonse

117

Né en 1934. Député national sur liste du Céréa-Butembo, dans le district du Nord-Kivu. Également élu député provincial dans le territoire de Béni, district du Nord-Kivu. Secrétaire du Bureau de la Chambre. Se désiste de son mandat de député national.

11 - MATITI Justin

118

Né en 1920 à Banningville dans le Kwango. Muyanzi. Diplômé d’École normale chez les Jésuites de Kikwit. Membre de la délégation du Parti Solidaire Africain à la Conférence de la Table ronde politique. Élu sénateur sur la liste P.S.A. dans la province de Léo. Secrétaire du Bureau du Sénat. Participe à la Conférence Eurafricaine de Strasbourg. (juin 1961)

12 - ZOLA Emile

119

Né le 5.4.1932. Député national, élu sur la liste Abako dans le district des Cataractes, province de Léopoldville.

13 - BOLYA Paul C.D.

120

Né le 10.10.1924 à Bengale (Province de l’Equateur). Mongo. Diplôme d’assistant médical en 1948. Effectue un stage de perfectionnement à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers. Moniteur répétiteur à l’École des Assistants médicaux de Léopoldville jusqu’en janvier 1959. Président de la Fédéqualac (Fédération de l’Equateur et du Lac Léopold II), Président national du P.N.P. dès le Congrès constitutif de novembre 1959 à Coquilhatville. Membre de la délégation P.N.P. à la conférence de la Table ronde politique. Membre du Collège Exécutifs auprès du Gouverneur général de mars à juin 1960. Sénateur Unimo de la province de l’Equateur.

121

Pressenti comme ministre de la Santé publique dans le projet de gouvernement Lumumba du 17 juin et dans le projet Kasa-Vubu du 18 juin. Ministre d’État dans le gouvernement Lumumba. Ministre de la Santé dans le gouvernement Iléo (septembre 1960). Fit un séjour en 1960 à Caux en Suisse, au Réarmement moral. Participe au Congrès Mongo de Boende en janvier 1961. Ministre de la Fonction publique du gouvernement Iléo de février 1961.

14 - BARIKO Laurent

122

Délégué du P.N.P. à la Conférence de la Table ronde économique. Membre de la LUKA-Léo. Secrétaire général du Parti de l’Unité Congolaise (P.U.C.). Participe à ce titre au Congrès des partis politiques à Luluabourg (Avril 1959). [17][17] suite. Sous-secrétaire à l’Intérieur dans le gouvernement...

Les Présidents des Chambres

KASONGO Joseph-Georges

123

Né le 25.12.1919 à Dar-es-Salam (Tanganyika). Otetela. Trois années d’études commerciales et quatre années de droit. Agent d’affaires et défenseur auprès des juridictions indigènes de Stan. Membre de la délégation du M.N.C.-L. à la Conférence de la Table ronde politique. Député national. M.N.C.-L. dans le district du Haut-Congo. Élu président de la Chambre des Représentants par 74 voix contre 58 à Bolikango. Président de la Commission de la Constitution à la Chambre. A joué un rôle important dans les tentatives de conciliation entre MM. Lumumba et Kasa-Vubu en septembre 1960. Participe par une délégation à la Conférence de la Table ronde de Léopoldville (janvier 1961). S’est réfugié ensuite au camp des N.U. à Léo. Réélu président de la Chambre à Lovanium, en juillet 1961.

KUMORIKO V

124

Élu sénateur coutumier (tendance Unilac) de la province de Léopoldville. Également élu député provincial dans le territoire d’Oshwe du district du Lac Léopold II. Se désiste de ce dernier mandat. Participe à la Conférence de Coquilhatville en mai 1961. Il est le doyen d’âge du Sénat congolais. Élu président du Sénat à Lovanium en juillet 1961.

Notes

[1]

C.A.H. n° 2 ? janvier 1961.

[2]

Notre prochain Courrier sera consacré à la situation économique et financière du Congo en 1961.

[3]

Voir au sujet de la Conférence de Léopoldville : B. Verhaegen ? Histoire des Tables Rondes Congolaises. Études Congolaises, (revue de l’I.P.C. ? Léopoldville), n° 2, mai-juin 1960.

[4]

Publiées dans le Courrier Africain du 28 mars 1961.

[5]

Le Courrier d’Afrique, 17 mars 1961.

[6]

Le Courrier d’Afrique, 30 mars 1961.

[7]

Uhuru, Stanleyville, 6 mars 1961.

[8]

Courrier Africain du C.R.I.S.P. n°s24, 25 et 29 de juin 1961.

[9]

Courrier Africain n° 3 du 25 janvier 1961.

[10]

Courrier Africain ? C.R.I.S.P. ? 21 février 1961, p. 3.

[11]

Courrier Africain, C.R.I.S.P., 21 février 1961, p. 7.

[12]

Courrier Africain du C.R.I.S.P., n° 15, 18 avril 1961.

[13]

Agence Belga, 14 avril 1961. Il s’agit du plan du 5 mars proposé par le président Kasa-Vubu. Voir Courrier Africain du Crisp, n° 16, 25 avril 1961.

[14]

Courrier Africain du Crisp n° 16, 25 avril 1961. Dans une conférence de presse, M. Kasa-Vubu rendait l’accord public et préconisait la coopération avec les Nations-Unies.

[15]

Ces notices sont reprises du tome III de CONGO 1960. Annexes et 600 biographies, (90 F.B.) dans la collection Dossiers du C.R.I.S.P.

[16]

avec MM. Adoula, Gizenga et T. Kanza.

[17]

suite. Sous-secrétaire à l’Intérieur dans le gouvernement Iléo (septembre 1960). Assiste à la préconférence de la Table Ronde de Léo en janvier 1961. Participe à la Conférence eurafricaine de Strasbourg (juin 1961).

Plan de l'article

  1. I - LA CRISE GOUVERNEMENTALE CONGOLAISE. (5 septembre 1960 ‒ Juillet 1961)
    1. Le gouvernement Tshombe
    2. Le gouvernement du Sud-Kasaï
    3. Le gouvernement Gizenga
    4. Le gouvernement Iléo
    5. Le Collège des commissaires
  2. II - LES TENTATIVES DE REUNIFICATION ET DE LEGITIMATION
    1. Les tentatives de 1960
    2. La Conférence de la Table Ronde de Léopoldville (25 janvier ? 16 février 1961)
    3. La Conférence de Tananarive (8-12 mars 1961)
    4. La Conférence de Coquilhatville (23 avril ? 28 mai 1961)
  3. III - LA NOUVELLE POLITIQUE DES NATIONS-UNIES AU CONGO (février-août 1961)
    1. Les positions du Chef de l’Etat
  

SOURCE: Courrier hebdomadaire du CRISP

Onze mois de crise politique au Congo

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23/02/2018
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BERCEAU DE L'HUMANITE:L'Afrique terre de la civilisation, des sciences et des religions!

Bon à Savoir surtout pour cette génération! Tout a commencé en Afrique Subsaharienne

 

Si les africains ont pu développé cette attitude paresseuse qui consiste à tout attendre des autres, et sans fournir ses propres efforts pour atteindre la connaissance de ses origines, certaines personnes ne font que cela! Des nombreux chercheurs se sont donnés corps, âmes et esprit pour découvrir ce que notre monde actuel est devenu et surtout d'où il était venu dans son commencement! Avec ce que vous allez lire avec attention, et avec l'appui de la Bible, qui semble être insuffisante pour bien identifier les origines, après maintes analyses, je crois que le temps est venu de faire reparler de la BIBLE! La "Genèse" par exemple n'a pas précisé sa localité géologique! Les Auteurs de la Bible (ces écrivains bibliographes) n'ont jamais voulu préciser exactement la localité géologique de premier homme appelé "Adam" de la Bible. Est-ce par une mauvaise intention?. Cependant, les réalités des événements les attestent clairement que tout l'espoir de l'humanité se tend vers l'Afrique SUBSAHARIENNE et cela précisement sur la terre "Kongo"! Rien n'est un hasard!  En lisant l'article si dessous, vous vous en rendrez compte! Le reste, notre organisation Ammafrica worldse bat en collaboration avec d'autres partenaires pour éclairer la lanterne de beaucoup parmi vous! Bonne lecture à tous!

Bon weekend chez vous, et surtout Paix chez tout le monde!

Ammafrica world Redaction

 

L'Afrique berceau de l'Humanité, de la civilisation, des sciences et des religions

"Nous sommes des échangeurs et des brasseurs de temps
Michel Serres

L'Afrique : berceau de l'humanité et de la civilisation, des sciences et des religions

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 En l'état actuel des connaissances scientifiques, on doit bien reconnaître que le continent africain a vu naître les premiers hommes, les premières grandes civilisations, les premières sciences ainsi que les premières croyances religieuses allant du polythéisme au monothéisme. 


Afrique : berceau de l'humanité


 « L'homme anatomiquement moderne s'est développé il y a un peu plus de 100 000 ans en Afrique subsaharienne, à partir d'une lignée évolutive facile à suivre. Cet homme moderne s'est répandu dans le Nord et au Proche-Orient ».  Günter Brauer, Paléo-anthropologue de l'Université de Hambourg. 

Force est de constater, selon les dernières découvertes des paléo-anthropologues, des archéologues, des généticiens et de linguistes que c'est sur le continent africain que les premiers hominidés ont été découverts et notamment l'homo sapiens dont nous sommes issus. Les travaux d'Yves Coppens, Luigi Luca Cavali-Sforza, Bryan Sykes, de Pascal Picq, de Christopher Stringer documentent abondamment cette théorie de l'origine africaine de l'humanité. En l'état actuel des connaissances, la chaîne d'hominisation africaine est la plus ancienne et la plus complète. Les paléontologues Günter Braüer, Reneir Protsch, Christopher Stringer considèrent que l'homme moderne a une origine africaine monogénétique. Ces travaux sont confirmés par les recherches combinées de généticiens, de paléo-anthropologues et de linguistes. Ainsi la technique de l'ADN mitochondrial a permis de mettre en évidence que nôtre ancêtre le plus ancien vivait il y a 150 000 ans en Afrique. «Le mérite de l'arbre des gènes fondé sur l'étude de la mitochondrie est d'avoir pour la première fois introduit dans l'équation une échelle chronologique objective. Il a établi très clairement que l'ancêtre de la mitochondrie commune de tous les humains modernes vivait il y a quelques 150 000 ans seulement. » (Bryan Sykes, Les sept filles d'Eve, Paris Albin-Michel, 2001, p.67-68). Deux études publiées par des équipes de chercheurs généticiens états-uniennes et chinoises parues dans la célèbre revue Science en 2001 (African Origin of Modern Humans in East Asia : A tale of 12 000 chromosomes) et dans la revue états-unienne Proceedings of The National Academy of Sciences en 1998 font état de l'origine africaine des Asiatiques. L'appellation indo-européen n'a pas de raison d'être et relève du mythe occidental. En l'état des découvertes scientifiques, les plus anciennes gravures au monde ont été retrouvées dans la grotte de Blombos à 200 km du Cap en Afrique du sud et datent d'environ 77.000 ans avant notre ère précédent de près de 40.000 années l'art pariétal du Sud de l'Europe (grotte Chauvet en France, site Altamira en Espagne). 

 « Les découvertes de la grotte de Blombos et l'étude de A.S. Brooks et S. Mc Breasty se confortent. La ''révolution symbolique'' n'est pas un phénomène européen mais africain. Elle n'a pas eu lieu il y a 35.000 ans, mais a débuté des dizaines de milliers d'années plus tôt. C'est un nouveau scénario de l'évolution culturelle qui nous est proposé. » (Sciences humaines n°126 cité par Cheikh M'Back Diop, Cheikh Anta Diop.L'homme et l'oeuvre.  Présence Africaine, p.179).

 


Qui dit Hommes dit Cultures et dit aussi Civilisations.

 

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Intégralité sur l'Afrique Berceau de l'Humanité et de la civilisation

 


02/12/2017
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RDC:Souvenir des événements après l'indépendance du Kongo Démocratique

 

 

 

30 juin 960-30 juin 1961: 1er anniversaire de l'indépendance de la RDC. Cinq mois après l'assassinat de Patrice Lumumba. Plus de sept mois après l'installation des commissaires généraux, sous la primature de Joseph Iléo.

 

Notre recherchiste Dom Munsiensi nous fait revivre ce tout premier anniversaire de notre indépendance grâce aux coupures du "Courrier d'Afrique" du 29 juin et 4 juillet 1961. Nous y découvrirons beaucoup d'informations sur ces cérémonies, entre autres: la participations des unités du Katanga, conduites par le Major Moke; la victoire de la sélection de Léopoldville sur celle de Luluabourg, et le triomphe de Massamba devant Mandjambi en cyclisme. .

MSG

 

1.

Numériser0002

2.

Numériser0025

3.

programme de fete 2

4.

L'armée

5.

Numériser0017

6.

Numériser0005

7.

Sport. 1

8.

Sport.2

9.Numériser0002 (3)

 

@Mbokamosika

 

UCDRDC


01/09/2017
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Flash:Dossier sur le système criminel du Mobutisme et la Bourgeoisie Compradore

Devoir de Mémoire: Dossier sur le système criminel Mobutiste

Comprendre la classe politique Rd. Congolaise dans la pratique de gouvernance!

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La RD Congo est le théâtre d’une lutte des forces contradictoires à intérêts opposés et inconciliables. Les forces anti-populaires se battent pour maintenir le Congo sous la domination étrangère avec son cortège de misère. Les forces progressistes, quant à elles, se battent pour arracher l’indépendance réelle du pays, passage obligé pour construire le bonheur populaire. En tant que logique aboutissement de cette lutte sans pitié, la victoire finale reviendra au camp qui aura rempli toutes les conditions exigées pour écraser l’ennemi. Parmi ces nombreuses conditions impératives de la victoire finale, il y a celle qui exige que l’ennemi soit clairement identifié sous tous ses aspects.

 

Foncièrement impitoyable et inconvertible, le mobutisme est un ennemi du bonheur de notre peuple. Son héritage au peuple congolais est très lourd à supporter :

 

  • Notre pays est classé depuis un bon moment parmi les pays les plus pauvres du globe. Il est aujourd’hui la synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité : vivant dans l’insalubrité, les populations congolaises sont dangereusement exposées à de stupides maladies. Or certaines de ces maladies avaient déjà disparu. Aujourd’hui elles sont revenues. C’est le cas de la lèpre, la maladie du sommeil et autres. La vulnérabilité de ces populations est encore accentuée par la sous-alimentation escortée par une précarité intolérable. La conséquence en est que les Congolais meurent comme des mouches : l’espérance de vie n’est que de 46 ans. Pourtant le Congo dispose d’innombrables atouts pour que ses populations vivent dans la dignité. Cette situation n’est pas un accident de l’histoire, ni une malédiction : au nom de l’authenticité, les 37 ans du mobutisme triomphant ont pratiquement retourné le Congo à l’age de la pierre et empêcher son peuple de profiter de gigantesques progrès de la science. Tout en sacrifiant des générations congolaises, le mobutisme a laissé au peuple une dette extérieure de 15 milliards $. Soit 3 fois la richesse créée chaque année par le pays. Celle-ci est de 5 milliards. C’est effroyable ! 

Toute l'histoire du mobutisme, de sa naissance jusqu’aujourd’hui, peut donc être analysée comme la persistance de la domination économique et financière occidentale, de même que la continuité de l'appareil d'Etat colonial. Cette continuité de l'appareil d'Etat colonial et cette domination économico-financière ont eu une influence déterminante sur la formation d'une grande bourgeoisie noire.

 

Celle-ci était le point d'appui obligatoire pour la domination étrangère dans les conditions historiques nouvelles. Car l’issue de la deuxième guerre mondiale avait modifié le rapport de forces sur le plan international. Les intérêts de la haute finance occidentale ne pouvaient plus qu’agir sous des masques des colons noirs, qu’ils paient en tant que intermédiaires, pour réaliser leurs objectifs.Système néocolonial d’exploitation au service des puissances occidentales. Voilà ce que c’est le mobutisme.

 

Il est vrai que cette grande bourgeoisie indigène s’est développée en opprimant le peuple et en utilisant à son profit l'appareil d'Etat pour s'attribuer des revenus considérables, tant légaux qu'illégaux. Mais cet enrichissement scandaleux des mobutistes n’était que le prix que les groupes financiers de l’Occident devaient payer pour rendre possible le néocolonialisme : ces groupes avaient besoin des colons noirs par qui passer pour camoufler l’exploitation économique des Congolais. Quant à l’oppression politique, elle était un moyen pour imposer cette exploitation. Pour sa part, l’idéologie du mobutisme, qui s’appelait « authenticité », ne servait qu’à aveugler le peuple pour qu’il ne voit pas ce qui se passait devant ses yeux : la liaison abominable entre les mobutistes et la haute finance occidentale qui étranglait le Zaïre.

 

Il est indispensable de tracer le tableau d’ensemble du mobutisme. Un tableau dans lequel il faut intégrer tous les éléments et toutes les données de ce système : crimes, idéologie, fonctionnement, appuis extérieures, etc. Il ne faut pas traiter ces données d’une manière isolée pour en tirer des conclusions. Car le mobutisme a plusieurs aspects. Cela implique que, pour le comprendre, il faut tenir compte de sa complexité. Une analyse qui n’en tient pas compte, conduit inévitablement à l’erreur. Car la complexité d’un phénomène permet toujours de trouver des données et des éléments isolés pour appuyer n’importe quelle thèse. Malheureusement, nous adoptons souvent cette démarche dans nos analyses.

 

Le Bureau d’étude pour le Congo (BEC) tient à rompre avec cette démarche erronée.

 

Dans cette rubrique, il veut donc apporter sa contribution à la connaissance du Mobutisme sous tous ses aspects. Le but est donc de tracer le tableau d’ensemble du Mobutisme avec toutes ses données, dégager le lien interne qui existe entre toutes ces données. Ce travail exige une démarche scientifique. Celle-ci tient à ce que l’on parte des faits objectifs et crédibles pour déterminer – par une méthode d’analyse rigoureuse – l’essence cachée du phénomène étudié. C’est un travail complexe et difficile. Mais il est d’une nécessité cardinale dans la lutte du peuple congolais pour sa liberté. Car on ne combat pas victorieusement un ennemi que l’on connaît très mal. Pour donc vaincre les malheurs qui s’abattent sur le peuple congolais, il faut intégralement les connaître dans leur complexité, c’est-à-dire sous tous leurs aspects.

 

 

 

 

pour le BEC,

Mani Junior Kisui

 

AMMAFRICA WORLD


10/08/2017
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(VIDEO)La Mémoire de Kimpa Nvita:L'héroïne du royaume kongo et ses adeptes dispersés de par le monde

2 Juillet 1706-2 Juillet 2017

Kimpa Vita, Héroïne de Kongo: Elle a devancée plusieurs pour dénoncer ce que beaucoup dénoncent dans notre temps!

 

Pour elle, Christ ainsi que les saints apôtres étaient tous des noirs. Dans le temps, elle était considérée d'une hérésiarque!  De nos jours, plusieurs langues se délient pour confirmer ces propos jadis controversés! Si l'on veut y croire, la terre "Kongo" semble être une terre sacrée, et le peuple "Kongo" semble être le peuple ayant une destinée prophétique. Je vous invite à la réflexion générale de tous avec cette vidéo extrait montée par Ammafrica world.

 

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Le Rôle Déterminant de Dona Kimpa Vita dans les Révolutions Américaines

 

L’Amérique centrale et australe célèbre Simon Bolivar comme étant le Révolutionnaire ayant mené avec succès la lutte de libération de la plupart des pays latino-américains. Ainsi, la Bolivie, pays de sa naissance, a-telle été ainsi nommée en honneur de ce grand homme. Cependant, peu de monde sait que sans une grande Dame, une Africaine, une jeune fille kongo du 17e siècle, le destin de Simon Bolivar n’aurait sans doute pas été celui qui est célébré dans le monde entier aujourd’hui.Nous avons choisi, pour ce premier article dans la rubrique « Stolen Legacy » de remettre les pendules à l’heure et de rendre à Dona Kimpa Vita, sa juste place dans le panthéon des grands révolutionnaires du monde, de ceux dont l’action a influé sur le cours de l’histoire de l’humanité.

 

Nous vous invitons à faire un bond en arrière de trois siècles, en 1704 plus exactement. Voilà pour l’espace temps. Pour l’espace géographique, nous nous retrouvons au Royaume Kongo, cet immense territoire du centre de l’Afrique, « découvert » par les caravelles portugaises à la fin du 15e siècle. Pour vous donner une idée de l’importance de ce royaume, il s’étendait de l’Angola au Gabon actuels, en passant par les deux Congo. S’il devait renaître de ses cendres aujourd’hui, ses richesses seraient incommensurables, ne serait-ce que par la manne pétrolifère dont regorge son sous-sol.   Nous y retrouvons une jeune fille belle, mince, élancée, aux yeux de braise, reconnue par tous comme une authentique prophétesse. Elle s'appelle KIMPA VITA alias Dona BEATRICE do Kongo, de son nom européen. Elle est âgée de 20 ans à peine mais elle a mis le feu de la révolte contre les Portugais et les missionnaires décadents du Vatican sur des kilomètres à la ronde, autour de la ville capitale, Mbanza Kongo.  D’après les annales, − elle serait possédée par l’esprit de Saint Antoine, d’où le nom donné au mouvement de révolte qu’elle dirige : « La Secte des Antoniens ». Toujours d’après les annales, Kimpa Vita, avant son délire mystique antonien, aurait fait partie d’une société secrète traditionnelle, le « Kimpassi »*, honnie par les missionnaires qui n’avaient de cesse de le faire disparaître....(Lire la suite voir lien ci-dessous la vidéo).

 

VIDÉO REFLEXION SUR LA "SOUFFRANCE D'UN CONTINENT":

 


 

LIRE LA SUITE DE L'ARTICLE(CLIQUEZ CE LIEN CI-DESSOUS ):

La mémoire de kimpa Nvita l'héroïne de royaume Kongo


05/07/2017
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Mémoire Culturelle:La Sacralisation du Pouvoir chez les Mongo

Nkumi et nkumu: 

La sacralisation du pouvoir chez les Mongo (RDC-ex-ZAIRE)

Nkumi and nkumu. Making Power Sacred among the Mongo (Zaire)
Luc de Heusch
 
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Chez les Mongo de la cuvette centrale du Zaïre, la comparaison des aires sud-orientale et sud-occidentale fournit un cas de figure exemplaire pour la compréhension du phénomène de la chefferie sacrée. Dans la première aire (Tetela), l’autorité des aînés de lignage (nkumi), liée à la fois à leur position généalogique et à leur générosité, est totalement dépourvue de signification magico-religieuse. En revanche, chez les Mongo du sud-ouest (Ekonda, Ntomba et Bolia), des chefs sacrés (nkumu) émergent en marge de l’organisation lignagère. Ils contribuent au contrôle de l’ordre social et de l’ordre naturel. C’est sans doute dans ce milieu culturel que s’est élaborée la royauté sacrée des Kuba, qui s’est développée plus au sud, au Kasaï.
 
Le pays MONGO, dans la Cuvette centrale du Zaïre, est un cas de figure pour l’anthropologie politique. La région sud-ouest présente diverses formes de chefferies sacrées, totalement inconnues ailleurs. Le contraste est particulièrement frappant avec la région sud-est, où j’ai effectué une enquête durant deux ans, en 1953 et 1954.
 
Dans le nord du Kasaï, à la lisière de la grande forêt, les TETELA se caractérisent par une forte organisation lignagère où le pouvoir appartient aux aînés des divers segments ; à l’échelle d’une tribu autonome, c’est l’aîné de la branche aînée qui exerce l’autorité sur l’ensemble du lignage maximal. L’aîné du lignage maximal aîné est le chef d’une tribu tout entière, mais les divers segments constitutifs de la société jouissent d’une grande autonomie. Ces aînés, tous appelés nkum' ékanga, ne sont investis d’aucun pouvoir rituel et leur prestige dépend essentiellement de leur générosité. Lors de leur investiture, les chefs des lignages maximaux, comme les aînés de segments inférieurs, acquièrent le droit de danser en public avec une peau de léopard sur le dos, au prix d’un vaste potlatch que j’ai décrit autrefois (de Heusch, 1954). Mais un proverbe affirme que le travail de chef (le devoir de générosité) ne finit jamais. Pour faire face à cette exigence, Kokolomami, le grand chef des Yenge, qui jouissait d’un prestige considérable dans la région, possédait un grand nombre de femmes. Chez les Tetela, le mariage fait du mari le débiteur permanent de son beau-père et de ses beaux-frères. Aussi bien est-ce à l’aide des aînés de son lignage que Kokolomami réussissait à remplir ses nombreuses obligations matrimoniales. Le chef de tribu n’est pas en droit d’exiger un tribut (sinon une part de tout gros gibier abattu) mais il bénéficie d’un certain nombre de dons perçus à titre d’hommage. Il reçoit un cadeau lorsqu’il est invité à se rendre en visite, lorsqu’il arrive chez son hôte ou s’en va. Tout chef de lignage maximal perçoit théoriquement « la chèvre de la tombe » lors des funérailles ; il est obligatoirement gratifié d’un don lorsqu’un léopard est abattu par un chasseur dépendant de lui, etc. Mais, de l’avis général, les chefs se dépensent pour les leurs et le principe de la générosité est au premier plan de la définition du pouvoir.
 
Celui-ci se manifeste principalement dans le domaine judiciaire ; c’est un conseil d’aînés qui tranche les différends locaux ; seuls les cas graves sont évoqués devant le tribunal constitué par l’ensemble des chefs de lignage.
 

2Les chefs de lignage maximaux sont entourés chez les Yenge d’un corps de guerriers, les ahuka, qui exercent aussi la fonction de messagers. Leur comportement quelque peu matamoresque effraie les enfants. Ils participent aux enterrements et étaient jadis les exécuteurs des hautes oeuvres. Ils ont mauvaise réputation. Ce petit groupe remuant s’agite autour des étrangers de marque lors de leur arrivée au village : le visage barbouillé de noir, ils brandissent une lance menaçante. Ce comportement amuse l’assistance qui n’est pas dupe du jeu. Cette petite troupe est mixte : elle est composée des descendants, hommes ou femmes, de guerriers qui peuvent s’enorgueillir d’avoir tué un ennemi au combat. Ces guerriers saluent aussi bruyamment le chef de lignage le jour de son investiture lorsqu’il surgit de la forêt, accompagné de ses femmes et de ses proches parents, tacheté de blanc pour imiter le pelage de l’animal. Dans ce cortège, les uns portent la peau du léopard sur le dos, les autres exhibent seulement un collier de dents de léopard. Cette assimilation du chef et des siens à l’animal le plus fort et le plus redoutable de la forêt est d’ordre métaphorique. Le rite ne confère en aucune façon au chef confirmé dans sa fonction le pouvoir de se transformer en fauve, ce qui est notamment le cas du roi sacré des Kuba lorsqu’il désire se venger d’une offense. Mais la métaphore est suffisamment forte pour qu’elle interdise au chef et aux membres de son segment de lignage de consommer la chair de cet animal.

 

Le pouvoir est investi dans l’ordre familial chez les Tetela ; il n’est que l’extension au niveau du lignage (plus ou moins étendu) du pouvoir du père. Il n’implique aucune mainmise sur les hommes et les produits de leur travail. Il se monnaie dans une économie de potlatch où il importe de se dépenser sans arrêt. Tout est affaire de prestige ici. Il existe chez les Yenge des chefs de lignage maximaux fort peu considérés mais l’autorité de Kokolomami, l’aîné de tous les Yenge, dont la devise proclamait : « le tonnerre du ciel, tous les hommes l’entendent », était considérable.4Maître théorique de la terre (owandji wa nkete), le chef de tribu, pas plus que le chef de lignage, ne détient de pouvoir magico-religieux. Seuls les devins-guérisseurs, regroupés dans la même association que les forgerons, ont la faculté d’entrer en rapport avec les esprits errants de la nature (edimu) qui constituent l’une des sources majeures du malheur et de l’infortune.5La configuration politique est fort différente dans la région forestière avoisinante, dans les tribus hamba, qui sont étroitement apparentées aux Tetela au sein d’une même généalogie. Hamba et Tetela de la savane affirment tous descendre du même ancêtre, Ankutshu a Membele. Dans la forêt les grands lignages se sont émiettés et l’on a vu surgir une institution originale, la société fermée des nkum’okuna (maîtres de la forêt). Celle-ci s’oppose de manière évidente au désordre des guerriers ahuka et tend à vider le pouvoir de toute connotation violente. Le symbole par excellence du nkumi c’est la cloche elundja, symbole de paix. Lorsqu’un nkumi bat l’elundja, la querelle s’apaise. Cette association fermée qui s’est imposée au-delà de l’horizon tribal, comporte de multiples grades, variables d’une région à l’autre. Ils s’obtiennent grâce à des paiements distribués aux membres. Lorsque chez les Djumbusangaa ou les Djembu, le candidat sollicite le droit de battre l’elundja, on le met en présence d’un choix décisif entre les armes et la cloche. On adjure alors le candidat de se soumettre aux règles morales et de se montrer généreux envers les autres nkumi d’abord, mais aussi envers tous les hommes. On voit prendre corps ici une certaine image du nkumi comme big-man : il se promène avec une espèce de gibecière à l’épaule ou un panier de femme sur le dos, dans lesquels se trouve symboliquement de la nourriture ou des richesses qu’il est censé distribuer. L’entrée dans l’association et l’acquisition des divers grades ultérieurs s’obtient elle-même par la générosité en distribuant des monnaies de cuivre aux autres nkumi.
 
Le nkumi se déplace avec une lance de prestige (en fer rehaussé d’un fil de cuivre) qui s’oppose explicitement à la lance de guerre : lorsque le premier emblème est planté dans le sol, il met fin aux querelles et aux disputes. L’assemblée des nkumi constitue le tribunal du village ou d’une région.
 
Les nkumi partagent à cet égard le pouvoir avec les chefs de lignage qui font partie généralement de l’association. Ceux-ci y occupent le plus souvent des fonctions éminentes. Chez les Djembu ils contrôlent les rites d’initiation, ils ont le dernier mot dans les palabres.7Cette organisation supra-familiale crée un réseau de solidarité entre les villages et les tribus : tout nkumi en voyage bénéficie en effet de l’hospitalité de ses pairs et participe pleinement aux réunions de ses hôtes avec des droits égaux. Les nkumi se réservent un certain nombre d’animaux, dont la liste varie d’une région à l’autre. Ils interviennent parfois auprès des ancêtres en cas d’insuccès de la chasse au titre de « maîtres de la forêt », mais ils n’exécutent aucun rituel proprement religieux. Ils forment plutôt un club récréatif où l’on prend plaisir à chanter et à danser en imitant le comportement des animaux.8Ce pouvoir acquis par des dons s’oppose symboliquement à l’ordre familial et lignager. Au moment où il reçoit la cloche elundja, dont le son appelle la concorde, le récipiendaire rompt un interdit significatif : chez les Djumbusanga comme chez les Djembu, il évoque le sexe de son père et de sa mère. Le nkumi, dit-on, doit être au-dessus de la honte. Mais le nkumi est le défenseur patenté de la morale et du droit et à ce titre il n’est plus solidaire de sa famille au cas où un proche parent serait impliqué dans un conflit. Il doit juger les siens avec la même impartialité que les membres des autres lignages.9La société intertribale des nkumi exerce son pouvoir sur l’ensemble du territoire. C’est pourquoi chez les Yenge, où l’institution commençait à pénétrer il y a une trentaine d’années, le nouveau nkumi « achète » les forêts et les plaines. Chez les Udjangi ces paiements se multiplient de manière fantasmatique : le candidat « achète » tour à tour le droit de franchir un arbre abattu, d’écraser les termitières, etc. Tout se passe comme si, au niveau du langage au moins, les nkumi tentaient d’empiéter symboliquement sur le pouvoir des chefs de lignages maximaux, maîtres de la terre. Nkumi signifie d’ailleurs « chef ». Mais leur domaine est plus spécialement la forêt, réserve inépuisable de gibier.10Ce pouvoir ne cesse d’être associé au léopard. L’acquisition d’un collier de dents de fauve constitue partout l’un des grades majeurs. Mais ce n’est plus la violence du léopard qui est exaltée ici : au contraire, dans les rites, les nkumi imitent la démarche réservée et prudente de cet animal. Ils créent ainsi un espace de paix qui contraste avec l’agitation des guerriers qui, dans la savane, se démènent bruyamment autour des grands chefs de lignages, métaphoriquement assimilés à de dangereux fauves. Il est significatif que l’institution des nkumi ait provoqué la disparition du corps constitué des guerriers héréditaires chez les Hamba de la forêt. Lorsqu’ils se réunissent à quelque distance du village, dans une enceinte interdite, protégée par un mur de feuillage, les nkumi doivent déposer sur le sol leurs couteaux, affirmant ainsi leur vocation pacifique. Mais ce lieu de paix est aussi celui où, théoriquement, les maîtres de la forêt exercent collectivement leur droit de vie et de mort. Chez les Djembu on peut y voir notamment une petite potence miniature qui rappelle que les criminels étaient pendus jadis en vertu d’un jugement rendu par la confrérie.11La société des maîtres de la forêt investit donc totalement l’espace du pouvoir dévolu chez les Tetela de la savane aux seuls chefs de lignage. Il s’agit là d’une transformation récente et toutes les traditions des Hamba disent clairement que le berceau de l’institution se trouve chez une population septentrionale, les Ankuthsu. Cette révolution politique pacifique n’a pas altéré profondément le sens même de l’autorité : c’est toujours par la générosité que le nkum’okunda (maître de la forêt) comme le nkum’ekanga (chef de lignage) maintiennent leur prestige et acquièrent ainsi une relative autorité. A l’inverse du second, le premier est impuissant à imposer le contrôle de l’ordre à titre individuel : il ne peut agir qu’au sein d’une confrérie, qui tire une partie de son autorité du secret dont s’entourent les rites d’initiation. Ceux-ci sont variables d’une région à l’autre et ne s’accompagnent d’aucun enseignement mythique. La sphère des maîtres de la forêt est indépendante du domaine magico-religieux, comme l’est la définition du pouvoir dans l’ordre lignager.
 

Nkumu

A. Ntomba

12Tournons-nous à présent vers les Mongo du sud-ouest. Nous nous trouvons en présence d’une véritable révolution idéologique ; le passage du nkumi au nkumu se marque en effet par l’émergence du pouvoir sacré. Celui-ci est désigné du terme ekopo, qui désigne la peau de léopard (Müller, 1955 : 3 et Sulzmann, 1959 : 393). Un article datant de 1930 (publié en 1939) nous décrit cette étrange figure chez les Ntomba méridionaux (Stas, 1939 : 109-123). Stas se limite à la description des nkumu de haut rang de la région de Bikoro (Müller, 1955 : 3)

13Le nkumu cumule les fonctions de juge et de magicien-guérisseur, toujours soigneusement distinctes chez les Hamba-Tetela. C’est par son intermédiaire que les hommes communiquent avec les ancêtres et les esprits de la nature (elima). A ce titre, il préside aux destinées du groupe. C’est notamment lui qui désignera l’emplacement des nouveaux villages. Il dirige les cérémonies funéraires au cours desquelles des libations de vin de palme sont répandues sur les tombes. C’est là aussi que le nkumu intervient auprès des ancêtres lorsqu’un fléau s’est abattu sur le territoire. Exorciste, il a le pouvoir de chasser l’esprit elima qui empêche une femme d’accoucher, ou de l’apaiser lorsqu’il entrave le succès de la chasse. Mais il peut aussi paralyser cette activité par ses sortilèges si la part du gibier abattu qui lui est dû au titre de tribut ne lui est pas apportée.

14Ces pouvoirs considérables s’acquièrent par des dépenses ostentatoires suivies d’une initiation qui porte la marque de la rupture. Le nkumu est véritablement un big-man investi d’un pouvoir rituel. Le candidat, le corps barbouillé de noir de charbon, commence par rendre visite à l’ensemble de sa parenté pour rassembler les nombreuses monnaies de cuivre qu’il devra distribuer pour acquérir la dignité de nkumu : celle-ci s’acquiert donc par une démonstration de générosité, comme la qualité de nkumi chez les Hamba. Mais la dignité de nkumu diffère radicalement de celle-ci. Alors que les nkumi agissent toujours collectivement, le nkumu est seul face à son groupe ; en outre, et la différence est de taille, les nkumi hamba (pas plus que les chefs de lignage tetela) ne se voient attribué de pouvoir rituel.
 
15Or, le nkumu, quant à lui, fait véritablement figure de chef sacré. Au début de la cérémonie d’investiture, il se rend la nuit dans le cimetière où reposent ses ancêtres, accompagné de sa parenté et des gens importants du village, pour obtenir l’agrément des défunts. Les épouses du candidat le débarrassent de la couleur noire qui le recouvrait et le fardent en rouge. Il demeure enfermé dans sa maison durant un mois. L’accès en est interdit au moyen d’une barrière et le nkumu doit acheter le droit de sortir de chez lui. Au terme de cette période de réclusion, tous les chefs de famille sont invités à recevoir leur part du prix de l’investiture. Le candidat dépense « une fortune » (Stas, 1939 : 115). Le nouveau nkumu acquiert dès lors le droit de prélever des tributs sur la chasse et la récolte.16Etrange marché à vrai dire. Il ne s’agit évidemment pas d’un acte de pure réciprocité car le potlatch, fût-il exorbitant, ne compense évidemment pas la créance perpétuelle que le nkumu détient sur le groupe. En fait, le nouveau chef est censé apporter par la voie des rites d’immenses bénéfices à la société. Et ce pouvoir est d’un ordre particulier, il ne prend pas sa source dans l’ordre familial. Au contraire, il lui est extérieur, il est d’ordre transcendant. Le premier des nkumu, Mungu-Mpembe, était une créature d’origine céleste, munie d’une petite queue. Il relève donc de l’ordre supra et infra-culturel (il ressemble à un animal). L’on ne connaît rien de sa famille ni de sa patrie (Stas, 1939 : 118-121). C’est un être solitaire et déraciné qui s’est imposé par sa magie. Cet étranger prit possession de la terre de Ntomba par un acte de souveraineté magique. Il planta son pied dans le rocher où son empreinte s’inscrivit comme s’il s’enfonçait dans de la terre molle. Il fut aperçu quelques temps après par une femme qui prit peur à la vue de ce « géant ». Mais Mungu-Mpembe la retint et se présenta comme un seigneur doté d’une grande puissance. La femme s’en retourna annoncer la nouvelle à son mari. Celui-ci refusa d’accueillir l’étranger mais son frère y consentit. Mungu-Mpembe lui fit présent de sept cents barres de cuivre. Mais les hommes n’étaient pas disposés à recevoir cet inconnu et sa suite. Celui-ci accomplit alors un prodige : en un instant une petite termitière se mit à grandir pour atteindre la hauteur d’un arbre. Les autochtones furent impressionnés par cet exploit et se montrèrent plus accommodants.17Ce court mythe est fort instructif. Il rend compte de la nature ambiguë du pouvoir nouveau, l’ekopo : introduit par un potlatch, il s’impose par une démonstration de puissance magique. Le mythe rappelle complaisamment l’efficacité des médecines et des sortilèges de Mungu-Mpembe, héros culturel qui apprit aux Ntomba l’art de fabriquer des pots de cuisine et des pirogues. Ce portrait quasi frazérien d’un chef qui s’impose par l’exercice de sa magie ne retrace évidemment pas un processus historique ; il rend compte de la nature rituelle d’un pouvoir sacré venu d’ailleurs. Ce big-man généreux et protecteur est censé avoir réuni autour de sa personne un nombre considérable d’hommes ; il distribua l’ekopo à d’autres, et c’est ainsi que les nkumu se multiplièrent. Il prit le titre de Yeli et percevait des droits importants lors de l’investiture d’un nouveau titre. Tous les villages furent ainsi dotés d’un nkumu. Au village principal de Mpasha, l’on compte une douzaine de successeurs de Mungu. Celui qui régna entre 1850 et 1880 fit régner la terreur.18Un second article datant de 1944 apporte des précisions complémentaires sur la « chefferie rituelle » des mêmes Ntomba (Tumba), institution aujourd’hui disparue. Cette étude, due à H.D. Brown, porte plus spécialement sur l’un des sous-groupes ntomba de Bikoro, les Bonginda (cf. Müller, 1955 : 3).19La société ntomba se compose de familles étendues placées sous l’autorité de patriarches, maîtres du sol. L’institution politique de l’ekopo rompt avec ce système patriarcal car le nkumu, choisi par un village ou un quartier, est toujours un étranger riche, capable d’effectuer les nombreux paiements liés à l’acquisition de sa charge. L’insigne principal de sa fonction est un chapeau de vannerie, orné de deux grands disques de cuivre. Curieusement, lorsque ce couvre-chef est présenté au nouveau nkumu, l’on assiste à un véritable marchandage. Le candidat commence par offrir un nombre dérisoire de barres de cuivre ; on le presse alors d’en donner davantage et la scène se répète jusqu’à ce qu’une centaine d’unités aient été livrées. Durant la retraite d’un mois, la femme rituelle du nouveau nkumu, la nsono, est accapareuse de nourriture. Assise sur le siège du nkumu, silencieusement, elle dépouille de leur charge tous ceux qui passent devant elle avec des vivres. Font exception à cette règle les membres du groupe qui a appelé le nkumu. Désigné du terme molembe, ce groupe fera figure collectivement de « mari » du nkumu. Celui-ci et les membres de sa famille doivent partager avec les membres du molembe le léopard, l’éléphant et d’autres animaux abattus à la chasse. Mais les membres du molembe font de même vis-à-vis du nkumu et des siens. Lorsque ce dernier sort de sa retraite, à la fin des rites d’investiture, il doit se dépenser largement en honorant par un don tous ceux qui viennent lui rendre hommage. Le poids économique de la charge est donc considérable. Comme le chef de lignage tetela, le nkumu ntomba accède à sa dignité par un véritable potlatch. A cet égard les deux institutions sont structurellement apparentées, bien que la seconde se sépare radicalement de la première par la nature même de la fonction.20Un trait caractéristique apparente le nkumu aux chefs sacrés frazériens : il ne peut mourir de mort naturelle. Lorsque sa fin approche, les pygmées twa qui sont à son service viennent l’étrangler. De nombreux esclaves sont tués et mangés à l’occasion de ses funérailles.

B. Ekonda

21La même tradition relative à la mort rituelle du nkumu a été rapportée chez les Ekonda (Van der Kerken, 1944 : 640). Ici le nkumu est l’intermédiaire entre le village et un génie local (elimaresponsable de la fécondité des femmes et du succès à la chasse (Müller, 1955 : 7). Cet esprit est essentiellement bienveillant, mais il est susceptible de se courroucer ; un feu brûle en son honneur dans la maison du nkumu. Aux yeux des mêmes Ekonda, le nkumu est dangereux pour la communauté durant la retraite qui précède l’investiture car l’esprit protecteur elima n’est pas encore fixé dans la maison rituelle qui ne sera construite qu’à l’occasion de l’installation. Après son investiture, un contact permanent s’établit avec l’elima protecteur par l’intermédiaire de l’anneau de fer que le nkumu porte au poignet gauche. Tout contact avec sa personne est prohibé. Le nkumu ne prenait jamais part à la guerre. Durant les combats, il demeurait assis sur sa chaise. La fonction d’intermédiaire entre le village et l’elima place le nkumu « dans une situation tout à fait exceptionnelle » (Müller, 1957 : 281-283).22Chez les Ekonda, le nkumu perçoit un tribut de chasse. L’aigle et le léopard lui appartiennent et on lui remet obligatoirement une part d’un certain nombre d’animaux de grande taille. Il exerce aussi des droits sur la personne des pygmées. Ceux-ci « appartiennent » au titre de dépendants à des chefs de famille particuliers, mais le nkumu a le droit d’exiger des corvées de tous les Twa du village où il exerce son autorité morale. Enfin, il est investi d’une autorité judiciaire (Müller, 1955 : 12) : il préside le tribunal villageois (Müller, 1957).C. Bolia23L’ekopo est une forme embryonnaire de pouvoir royal. Le mythe d’origine des Ntomba méridionaux relate qu’Ilanga, la soeur du premier nkumu Mungu Mpembe, régna sur les Bolia matrilinéaires. Or ceux-ci développèrent un véritable appareil d’Etat autour de la figure d’un chef sacré qui porte le nom même d’Ilanga. Vansina estime que cette formation politique se serait développée entre le XlVe et le XVIe (Vansina, 1965 : 80). Le royaume comprenait quatre provinces, gouvernées par des chefs héréditaires, issus du même ancêtre féminin Mpata. Ces quatre lignages assumaient la royauté à tour de rôle (Sulzmann, 1959).24E. Sulzmann ne doute pas que Vekopo est chez les Bolia le fondement d’un pouvoir politique appuyé sur le système religieux (idem, p. 394). Le prétendant au trône qui surgit dans le lignage qualifié doit affronter un certain nombre d’épreuves magiques pour être désigné. Les ancêtres, qui lui apparaissent en rêve, lui confèrent le don de prédire les prochains événements. Ils l’entraînent aussi auprès du souverain des esprits de la nature, Mbomb’Ipoku. Pour arriver à sa demeure souterraine le candidat doit marcher sur un long tronc d’arbre glissant au risque de tomber dans l’abîme (idem, p. 404). Le pacte conclu avec ce grand génie est l’élément essentiel du pouvoir sacré (Gilliard, 1925 : 229). Il situe celui-ci d’emblée dans la zone inquiétante de la sorcellerie car le candidat doit livrer au maître du monde surnaturel un certain nombre de victimes humaines choisies dans sa parenté. « Si j’avais encore mon père, ma mère, et mes frères et mes sœurs, serais-je encore en vie » déclare étrangement le chef suprême des Bolia à Gilliard. Durant son investiture, le candidat rend visite à divers génies au cours d’un long périple. L’un de ceux-ci, à qui il doit livrer une femme, lui procure le pouvoir de contrôler la pluie. Pour prouver la réalité de ces contacts avec le monde des esprits de la nature, le candidat doit pouvoir soulever une formidable tempête. Le jour de son intronisation, il communique directement avec la nature : lorsqu’il reçoit le pot rituel contenant du kaolin, symbole de souveraineté, tous les animaux de la forêt le saluent de leur chant ou de leur cri (Gilliard, 1925 : 230-234). E. Sulzmann présente une version légèrement différente : à la fin des épreuves préliminaires, le candidat appelle les animaux nocturnes qui lui répondent, attestant ainsi la bénédiction de Mbomb’Ipoku. C’est lorsque ces voix se font entendre que les autres prétendants au pouvoir abandonnent la partie. Aussitôt après la réponse des animaux, le candidat perd connaissance. Lorsqu’il revient à lui, il personnifie désormais Iyebelo i Mbomba, l’ancêtre de la dynastie, le plus jeune des triplés nés de la mère originelle Mpata qui épousa son frère utérin (Sulzmann, 1959 : 406 & 396). On ne pourrait dire plus clairement que le pouvoir royal s’enracine dans un univers naturel, marqué notamment par l’inceste et une fécondité naturelle excessive.25Cette sphère du pouvoir magique, je viens de le souligner, est aussi celle de la sorcellerie. Je développerai à présent cet aspect des choses, sans doute le plus surprenant. Le rôle central de Mbomb’Ipoku dans l’acquisition du pouvoir sacré est précisé par Nestor Van Everbroeck (1961). Ces indications précieuses établissent clairement que tout pouvoir se construit, chez les Bolia, sur une transgression.26Mbomb’Ipoku, le chef des esprits de la nature elima, ne fraie qu’avec les grands chefs. Ceux-ci n’entrent en contact avec lui qu’une seule fois dans leur vie, au moment de leur investiture. Ils entretiennent ensuite des rapports plus familiers avec les elima subalternes qui sont leurs épouses. Tout homme est susceptible de communiquer avec un elima à condition de lui être présenté par un ancêtre. Le prix de cette rencontre est toujours une vie humaine. L’ancêtre apparaît en songe à l’un de ses descendants et lui fait part de son désir de l’initier au pouvoir rituel iloki en l’avertissant qu’il devra offrir préalablement la vie d’un proche (neveu utérin, soeur, mère, enfant, épouse) à un esprit elima (Van Everbroeck, 1961 : 77 et 87). Le forfait est accompli par l’ancêtre en personne, assisté de l’ombre (esisa) de l’intéressé.27Cette initiation à la sorcellerie de clan (iloki i bokundi) confère de dangereux pouvoirs destructeurs mais son bénéficiaire ne pratiquera pas nécessairement cet art redoutable. En tout état de cause, ce n’est qu’après avoir bénéficié de cette connaissance que l’on peut ambitionner d’accéder à une charge politique, forme spécialisée de la sorcellerie. Van Everbroeck distingue deux formes de l’iloki : l’iloki i loboko, le pouvoir sur le sol, et l’iloki y ekopo, le pouvoir politique royal. Il est indispensable d’acquérir auprès d’un esprit elima, moyennant une vie humaine, le pouvoir sur la terre (nkumu e loboko). Cet échange confère la faculté de « connaître tout ce qui se passe aussi bien dans le monde visible qu’invisible », sur l’étendue du domaine dont il est propriétaire. L’esprit sollicité se montre bienveillant : il explique au nouveau chef de terre comment il doit s’y prendre pour assurer la prospérité générale, comment combattre l’action criminelle des sorciers. Il lui confère aussi le pouvoir de maudire le sol et ses habitants pour asseoir son autorité. L’iloki y ekopo désigne l’essence du pouvoir politique supérieur (littéralement la « sorcellerie » de l’ekopo). L’aïeul initiateur transporte le candidat chef dans les ruines de son ancienne résidence. Il convoque tous les esprits du village qui, moyennant la promesse d’une vie humaine, leur confèrent à tous deux la force de se rendre auprès de leur chef Mbomb’Ipoku. A celui-ci le candidat chef devra livrer plusieurs victimes, choisies dans sa parenté, pour être investi « du pouvoir sur les hommes, les animaux et les poissons de sa future chefferie » (Van Everbroeck 1961 : 92-95).28On aimerait évidemment en savoir davantage sur les rapports entre les chefs du sol et les détenteurs de l’ekopo, cette puissance supérieure venue d’ailleurs, transmise à l’origine par un géant venu du ciel (Ntomba) ou par Mbom’Ipoku « le seigneur de l’abîme » (Bolia).29Cette brève incursion chez les Mongo du sud-ouest montre comment la figure du big-man, est susceptible d’incorporer des valeurs qui sont fondamentalement étrangères aux Mongo du sud-est (Tetela-Hamba) pour donner naissance à une conception radicalement différente du pouvoir. Qu’elle soit d’essence purement magique ou qu’elle s’enracine au moins partiellement dans la sorcellerie, l’autorité associée au concept ekopo se situe à un point de rupture. L’ordre politique des chefs de lignage chez les Tetela, ou l’association intertribale des maîtres de la forêt chez les Hamba, maintiennent fermement le pouvoir à l’intérieur de l’ordre social : quels que soient les droits matériels secondaires dont il bénéficie, le détenteur de l’autorité (à titre individuel ou collectif) est théoriquement le débiteur du groupe qui assure un débouché à sa vanité. En revanche lorsque, chez les Ntomba, un homme ambitieux dépense avec ostentation pour devenir nkumu, il acquiert des droits considérables ; il perçoit un tribut en vertu des pouvoirs surnaturels qu’il se voit conféré avec un mélange ambigu de crainte et d’admiration. C’est par le détour de la magie que le big-man se trouve au fondement de la royauté bolia.30On ne s’étonnera pas dès lors de voir Vansina attribuer une origine mongo à la royauté kuba. Rappelons la dernière position de cet auteur. De nombreux rapprochements permettent d’affirmer que les ancêtres des Kuba étaient apparentés aux Mongo du sud-ouest. En particulier le concept d’autorité sacrée ekopo doit être rapproché du principe fondamental de la royauté kuba : il ne dérive pas de la séniorité dans l’ordre familial mais s’enracine dans le contrôle d’un territoire. L’ekopo des Bolia transcende l’ordre familial dans la mesure où il se réfère à des esprits du sol.31Le terme ekopo apparaît sous des formes diverses dans la tradition orale kuba et le complexe de la royauté sacrée pourrait fort bien dériver du pouvoir mystique que certains chefs territoriaux (kum) acquièrent en pays mongo auprès des esprits de la nature, dont dépend leur légitimité. (Vansina, 1978 : 97). Le roi kuba, assimilé à un esprit de la nature, maître absolu de la fécondité et de la fertilité, est à la fois magicien et sorcier. Il ne livre aucun membre de sa famille à une divinité cannibale mais il s’unit incestueusement (et en secret) à une soeur, puis épouse une petite nièce de son lignage au moment de son investiture. Le roi, tel un sorcier, a la faculté de se transformer en léopard pour se venger de ses ennemis. Tel un sorcier, il s’identifie à l’ordure (Vansina, 1964 : 100, 103 & 110).32Au-delà de ces liens historiques directs, il existe entre la problématique de la chefferie sacrée telle que la posent les Ntomba et la geste de fondation du royaume luba du Zaïre méridional des liens structuraux. On se souviendra que le mythe d’origine de l’ekopo attribue à un étranger, d’origine céleste, Mongu Mpembe, l’introduction des mystérieux pouvoirs de l’ekopo. C’est encore un étranger, un chasseur cette fois, qui introduit le principe de la royauté sacrée (bulopwe) chez les Luba. (de Heusch, 1972, chap. I).33Prince du monde d’en haut, homme de belle prestance, séducteur, Mbidi Kiluwe octroie généreusement aux autochtones qui l’accueillent le gibier, comme Mongu Mpembu le géant leur distribue des monnaies de cuivre. Le chasseur et le big-man se trouve occuper la même position de donneur par rapport à un groupe d’accueil auquel ils apportent le principe magique de la royauté.34Dans les deux cas le pouvoir sacré fait irruption de l’extérieur, sans violence. Etre déterritorialisé, le chef venu d’ailleurs impose un nouveau type de relation politique par la voie retorse de la séduction. On mesure dès lors la valeur exemplaire de l’opposition que nous avons tracée d’entrée de jeu entre les Mongo du sud-est, qui ignorent toute espèce de sacralisation du pouvoir, et les Mongo du sud-ouest, où celle-ci fait irruption au sein d’un système de pensée également fondé sur la prééminence du big-man. L’Afrique centrale offre un modèle de transition entre deux formes de pouvoir qui se trouvent dans un rapport d’incompatibilité en Océanie. Il semble bien en effet exister là-bas un hiatus insurmontable entre les sociétés mélanésiennes à big-man et les formes polynésiennes de la royauté sacrées. Pierre Clastres a mis l’accent sur cette opposition dans son introduction à l’oeuvre de Marshall Sahlins. Il a bien montré qu’il existe une opposition radicale entre la position du big-man mélanésien, qui se trouve perpétuellement en dette vis-à-vis du groupe qui maintient en laisse son ambition effrénée, et celle du chef polynésien, qui a la capacité d’imposer le tribut (Clastres, 1976).

 

35Si en Afrique Centrale, le big man réussit parfois à opérer le renversement de la dette, en imposant le tribut à ceux envers lesquels il s’est d’abord montré généreux, c’est en vertu d’une nouvelle idéologie, celle-là même qui se trouve au fondement de la royauté sacrée : l’efficace du pouvoir se trouve dans l’exercice ambigu de la puissance magique. Sur ce point fondamental, Frazer ne s’était pas trompé. Il n’a pas aperçu cependant que la royauté magique se situe à un tournant décisif des transformations structurales du pouvoir. Le big-man généreux ne peut transformer son prestige en autorité qu’à la condition de prolonger dans le monde imaginaire sa fonction de donateur. Il doit faire alliance avec le monde des esprits pour que sa générosité apparente devienne le ciment de la royauté. Ce nouveau consensus, fondé sur une feinte suprême, n’a cessé d’être l’idéologie du pouvoir sacré ou divin dans les sociétés historiques, jusqu’au jour, récent, où émergea, sans grand succès à l’échelle planétaire, l’idée que le souverain serait soumis à un Etat de droit où il cesserait d’être le représentant incontrôlable d’une fonction magico-religieuse prétendument garante de la prospérité générale — ou du destin de l’histoire.

 

 

SOURCE:Span.revues.org

AMMAFRICA WORLD


16/06/2017
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(VIDEO)Devoir de Mémoire:Toute la Vérité sur les conflits LUBA/LULUA et l'obscurantisme sous Mobutu!

L'INDEPENDANCE DU CONGO  ET L'OBSCURANTISME POLITIQUE 

POURQUOI LA HAINE DES LUBA CONTRE LUMUMBA?...

LES CONFLITS AU KASAI EXPLOITES PAR LA BELGIQUE ET LA COMPLICITÉ DES ÉLITES CONGOLAISES CORROMPUES!
L’Obscurantisme est le meilleur moyen de gouvernement qui ait jamais été imaginé. Il consiste à plonger le cerveau humain dans un état spécial, dans une sorte de stupeur ou d’atrophie. L’Obscurantisme est plus néfaste encore que l’Ignorance. L’ignorant est un homme qui ne sait pas, qui manque de connaissances. L’obscurantisme ne se borne pas à laisser en friche l’intelligence humaine, il cherche à l’asservir et à l’émasculer. L’Obscurantisme est la doctrine qui prétend que le peuple n’a pas besoin d’éducation et qu’il n’est pas nécessaire de s’instruire pour faire son salut.
Le seul remède de l’obscurantisme religieux(ou politique) c’est le Libre Examen. La RAISON est vraiment libératrice!
Les cléricaux le sentent si bien qu’ils refusent systématiquement de laisser toucher à leurs mythes et à leurs dogmes. « Les croyances doivent être respectées », répètent-ils à l’envi. Par conséquent pas de discussion, pas de recherche, pas de critique. Excellent moyen pour maintenir sous la tutelle de l’Église quantité de cerveaux paresseux et rebelles à l’effort, qui continuent de croire et de pratiquer par habitude, par tradition (et souvent aussi par calcul ou par hypocrisie). Pour sortir de l’obscurantisme, il suffit d’avoir la volonté de voir clair et de s’émanciper.
Dixit André Lorulot 

 

Toujours dans notre souci pour un éveil de la conscience afin de pulvériser la nation pour cette mauvaise odeur qui emprisonne les esprits tout en les maintenant dans "l'obscurantisme" et en l'empêchant de vivre en  harmonie ce peuple appelé plutôt à vivre ensemble comme un seul pour un avenir glorieux prophétisé par des hommes épris de paix et de justice depuis très longtemps!

 

Ammafrica a voulu comprendre la haine viscérale que la plupart des "LUBA" manifeste à l'égard de feu LUMUMBA ainsi que ses principaux lieutenants qui sont morts à Bakwanga (Mbuji-Mayi actuelle), et les découvertes nous feront alors comprendre à quel point ceux qui, pour le goût du pouvoir et des intentions machiavéliques ont pu utiliser leur propre peuple pour le sacrifier sans aucune pitié sur les conséquences dans la suite des temps, en les maintenant tous dans un obscurantisme politique dont on constate le résultat de nos jours! Et pour se faire, ils colleront toutes ces fautes criminelles sur la mémoire de LUMUMBA alors que cela ne visait que tout simplement à affaiblir son gouvernement!

 

La vérité de l'histoire, même longtemps "étouffée", elle finira par triompher coûte que coûte!

 

Nous appelons le peuple Congolais de partout ainsi que le peuple "LUBA" de bien vouloir se libérer de tous ces mensonges utilisés pour leur manipuler afin de servir sans le savoir, aux intérêts égoïstes d'un petit groupe de gens pour la cause de leur "Bourgeoisie"!

 

Puisse le Bon Dieu de lumière guide vos coeurs!

 

Ammafrica

 

CONFLITS  "LUBA/LULUA" OU LA TRAGEDIE D’UN MEME PEUPLE?: L'HEURE DE LA VERITE A SONNEE!

 

Arbre des palabres :

Lieu où se réunissaient les sages et les anciens pour débattre des problèmes de la société. En ce lieu, on parlait, entre autres sujets, de jeunes pousses qui étaient l’espoir du clan ou de la tribu. On soulignait aussi les cancres du clan. Ceux à qui il ne fallait pas confier la garde du poulailler. De peur qu’ils ne vendent et les œufs et les poules ruinant ainsi tout le clan ! Nous pensons que Mbokamosika est un arbre à palabres.



Nous avons choisi de revenir sur un des épisodes douloureux de l’histoire de notre pays, le Congo. Ceci pour apporter notre modeste contribution. Nous sommes persuadés qu’il y a des compatriotes qui savent plus que nous. Le Congo dit belge, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne fut jamais un écoulement d’un fleuve tranquille pour la Belgique. La région centre du pays a donné son lot de tumultes dans l’écoulement de ce fleuve de la colonisation. Nous allons voir les drames qui découlèrent de cette situation. Notre souci est de parler de l’histoire de notre pays loin de toute agitation partisane. Les faits que nous allons relatés ont été connus et vécus par plusieurs d’entre nous. 

 


Nous sommes en 1958.

 

 

La Belgique, état colonial en République Démocratique du Congo, organise des élections aux assemblées provinciales. C’est la première fois que les Belges convient les « indigènes » à cet exercice. Il faut préciser que la Belgique a créé une classe sociale dans sa colonie. C’est la classe dite des évolués : des Congolais et des Congolaises qui, après un temps d’apprentissage des us et coutumes des Europpéens, se voyaient confié un numéro d’assimilés qui faisait d’eux des évolués, une sorte de classe sociale proche des blancs et pouvant être assimilée à ceux-ci...(sic) Lors de ces élections, la grande majorité de candidats était issue de cette classe. A l’époque, s’exprimer en français était déjà une grande référence dans l’échelle sociale. Parler le français, pour nos grands pères, signifiait être apte à discuter et traiter d’égal à égal avec le Blanc. Du moins, nos grands pères pensaient qu’une personne s’exprimant en français pouvait bien les représenter auprès du Blanc, le « muzungu ou mbula matadi ». Voyons comment ces élections provinciales se déroulèrent dans le Kasai et à quelle tragédie elles aboutirent…



La province du Kasaï, d’après le découpage des Belges, occupe le centre du Congo. Cette province est l’une des six qui constituaient l’ex Congo belge. Elle avait, à cette époque, quelques grandes villes comme Kabinda, Luebo, Muene-Ditu, Tshikapa, Luluabourg, Lusambo, Tshimbulu, Luiza Kambayi, (Sentery) actuel Lubao, Port Franqui ou Ilebo etc…Le chef-lieu de la province, fut Lusambo, dans le pays tetela. Dans cette province, comme partout au Congo, on retrouvait le règne absolu de la trinité belge « colon-administrateur-mumpe ».

 

Après la deuxième guerre mondiale, il y eut beaucoup d’effervescence au sein de la Force Publique (armée coloniale) de la part des autochtones, c’est-à-dire des soldats congolais. Cette agitation était conforme à l’éveil de nos grands pères. En effet ceux-ci avaient bataillé pour le compte de la Belgique jusqu’au Moyen Orient. De cette expérience, naquit une certaine maturité et un esprit de revendication. Cette révolte se solda par une répression sans pitié de la part du colonisateur. La garnison la plus concernée par ces faits fut celle de Luluabourg. Mais ceci est une autre histoire. Mais ces faits furent parmi les éléments qui firent comprendre aux Belges que les Congolais de cette région ne se laisseront plus faire longtemps.



La ville de Lusambo, en tant que chef-lieu de la province, fut un centre de brassage de tous les peuples de la province. On y trouvait des Luba, des Tetela, des Songue, des Lulua, des Babindi, des Kuba, des Kanioka, des Tshokwe etc…C’est ainsi que Monsieur Joseph Ngalula Mpanda Njila est né dans cette ville. Le colonisateur selon ses impératifs du moment, estima que le chef lieu de la province devait être transféré de Lusambo à Luluabourg, actuel Kananga Malandji wa Nshinga. A cet effet, les Belges organisèrent des festivités et un tournoi de football. Les équipes de Luluabourg et Lusambo croisèrent les fers. L’équipe de Luluabourg remporta ce match. Ce qui fit dire à beaucoup que les Belges avaient mis comme enjeu de ce match, le chef lieu de la province. Et que c’est suite à cette victoire que Kananga devint le chef lieu de la province. Ce qui n’est pas conforme aux faits. Les Belges n’en avaient cure des colonisés qu’étaient nos grands pères à ce moment là. Seuls leurs intérêts politiques, économiques et religieux primaient.



Nous devrons dire ici que tout Belge était un agent informateur pour son pays sur tout ce que pouvait dire ou faire les autochtones. En premier lieu sur tout comportement pouvant amener à la mise en question de l’autorité coloniale belge. Dans toute la contrée du Kasaï, la classe moyenne est à majorité belge. Et les rapports entre les commerçants belges et les autochtones ne cessaient de se dégrader. L’esprit revendicatif des Congolais devenait de plus en plus fort. C’est dans cet esprit qu’il y eut des incidents à Kanyuka. Incidents entre Mr Maurice Benoît, agriculteur éleveur de son état, et les autochtones. Il y en eût encore d’autres en septembre 1959 à Tshibambula et à Ndemba. Incidents qui firent des morts. Jusque là, ces affrontements opposaient Belges et Congolais.



Nous arrivons en 1959, année des élections au Conseil de législation de la province. Il faut rappeler ici que ces élections furent organisées partout au Congo. Elles étaient une réponse à la montée nationaliste dans tout le pays. Il faudrait dire que suite à l’esprit revendicatif dans la province, les Belges avaient mis au point une bonne stratégie pour affaiblir les Congolais : « diviser pour mieux régner ». C’est ainsi qu’il fut répandu les bruits du Muluba Lubilanji qui est venu dominer le Muluba Lulua. Le Muluba Lubilanji occupe les grandes et belles maisons de Kananga...il faut le chasser et prendre ainsi sa maison. C’est le Muluba Lubilanji qui est commis, clerc ou agent comptable du blanc. Il faut le chasser pour occuper ses emplois qu’il domine etc…



C’est dans ce climat qu’arrivent ces élections de 1959. Il faut souligner que le conflit personnel de leadership au sein du MNC, entre Albert Kalonji et Emery Patrice Lumumba, était déjà latent. Aux aspirations à l’autonomie, s’ajoute un climat de suspicion et de méfiance entre Luba et Lulua. Comme en toute période électorale, chaque candidat avait mobilisé ses partisans. Mais très vite, il apparut deux camps bien antagonistes entre Lulua et Luba. La visite de Lumumba à Kananga ne fut pas pour calmer les choses. A savoir qu’Albert Kalonji briguait le poste de gouverneur. L’appui de la grande communauté tetela aux Lulua fut interprété par Kalonji comme une manœuvre de Lumumba contre sa personne dans leur affrontement pour le leadership du MNC. Pour le plus grand bonheur des Belges, le climat entre les deux communautés ne faisait qu’empirer. Le verdict des urnes ne fut pas favorable à Kalonji et aux siens. Monsieur Barthélemy Mukenge Shabantu et sa coalition avait remporté la majorité.

 

Les représentants politiques des deux communautés décidèrent de se rencontrer pour la composition du gouvernement provincial. Les Luba Lubilanji demandèrent à ce qu’un des leurs, en l’occurrence Joseph Ngalula, soit vice-gouverneur. Mais le jeu des alliances politiques fit que ce poste échut à un Mutetela et Ngalula fut nommé au ministère de l’intérieur. Chose que les Luba Lubilanji rejetèrent bien entendu. N’ayant obtenu que 3 ministres, les Luba lubilanji s’estimèrent lésés ! Et sous l’instigation de Ngalula, Kalonji et d’autres leaders, le mot d’ordre du retour fut lancé. Il faut dire que Joseph Ngalula était revenu au Kasaï, sur le plan politique avec et en appui de Albert Kalonji. Une question fondamentale se posa aux Luba Lubilanji.

 

Retour ? Mais Où ?

 

 

 

De Kananga à Tshikapa, de Ilebo à Muene-Ditu, on ne s’est jamais chamaillé pour ce genre de sujet.

 

Les Luba, toutes tendances confondues, ont toujours habité le Kasaï. Et ce depuis des temps immémoriaux où ils avaient quitté Mutombo Mukulu et Nsanga Lubanga. Et voici qu’il faille partir…Nous devons nous interroger sur cette habitude qui prévaut encore. Celle de penser que parce qu’on a trois, quatre ou cinq ministres de son patelin dans son gouvernement, on est mieux. Si cela était positif et bénéfique pour le Congo, on l’aurait vu et su depuis longtemps…Un syllogisme condamnable et nuisible.



Et voici que dans ce climat fort tendu, un événement aux conséquences incalculables se produisit. Un sujet belge, avec ses domestiques autochtones Luba Lubilanji surprit un notable, Lulua, de notoriété publique à la campagne. Il s’agit du regretté Modeste Kambala Ka Mudimbi. Sous la conduite de ce belge, Modeste Kambala fut assassiné dans des conditions ignobles et innommables. Le lendemain de ce forfait les belges répandirent le bruit que les Baluba de Kalonji avaient tué Modeste Kambala. Ce qui, en partie, n’était pas faux. Mais les maitres à penser de ce crime, c’était bien la communauté belge. Cet assassinat fut l’étincelle qui mit le feu aux poudres. Ainsi donc les mariages contractés, les amitiés, les origines communes furent oubliées…et les enfants utérins du Kasaï s’entretuèrent. Kalonji et Ngalula demandèrent aux Luba Lubilanji de rentrer à chez eux…Mais où ? A cette époque, l’actuelle ville de Mbuji-mayi n’était qu’une bourgade, Bakwanga.

 

C’est ainsi qu’une cohorte s’ébranla pour plusieurs destinations : Muene-Ditu, Tshibata, Bakwanga, Ngandajika, Luputa etc…Nous déplorons ici les pertes humaines de ce conflit. Au nom de toutes les victimes, nous ne citerons que deux noms pour les deux communautés :

 

Modeste Kambala et David Odia Tshimankinda.

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Modeste Kambala



Mais une fois le forfait commis, l’apaisement revenu, les deux ailes luba se rendirent vite compte de la manipulation dont elles furent victimes de la part des belges. Cela se caractérisa par nombre de chansons populaires qui stigmatisèrent ce comportement félon du blanc belge…Mais cela ne ressuscita personne. Il faut d’abord réfléchir avant d’agir.Le gouverneur Barthélemy Mukenge, apprenant la situation sociale désastreuse des femmes et des enfants à Bakwanga, par solidarité avec ses frères, organisa une assistance humanitaire d’urgence. Les services de l’ONU de l’époque furent pour beaucoup dans le soulagement de cette souffrance.



Les notables, les chefs coutumiers du Kasaï décidèrent rapidement de s’assoir autour d’une table. De mettre la paix dans les cases et les chaumières, de se tendre la main et se tourner vers le futur. C’est ainsi qu’il se tint à Ntenda une assemblée basée sur les coutumes Luba de réconciliation et de pardon. Ils scellèrent un pacte de sang et firent des sacrifies et élevèrent une malédiction éternelle sur quiconque, dans le futur, opposerait encore les Luba Lubilanji et les Luba Lulua. Ce fut le pacte de Ntenda ou « Ndondu wa ku Ntenda ». Ce pacte se tint à Ntenda et non à (lac) Munkamba, comme beaucoup de gens le pensent. Parmi les personnes présentes à Ntenda, il y eut entre autres : chef Lutonga, chef Kalamba, Albert Kalonji, Barthélemy Mukenge, Luakabuanga François, Ilunga Alphonse, le président Joseph Kasa-Vubu et d’autres.

Le sens du pacte de Ntenda : plus jamais les enfants de Ilunga Mbidi et de Muluba wa Kabamba ne devraient s’étriper entre eux.



Les Luba Lulua restèrent donc à Kananga. Les Luba Lubilanji se retrouvèrent donc à Bakwanga. Nous ne pensons pas que l’esprit du pacte de Ntenda fut tout de suite respecté. A notre avis, c’est pour la simple raison que ce conflit et d’autres, avaient pour cause les ambitions politiques des hommes. Or le pacte de Ntenda était basé sur l’organisation politique de l’empire Luba dans sa culture et sa gestion des conflits. Jusqu’aujourd’hui, il sert encore de référence comme ligne rouge à ne pas franchir. Bien souvent, même actuellement, on retrouve les mêmes reflexes et ambitions personnelles derrière beaucoup de tentatives d’opposer les Luba. Par exemple monsieur Mobutu Joseph Désiré dans sa guerre contre Etienne Tshisekedi. Après le départ des Luba Lubilanji, Luluabourg ne connut pas la paix…Pour les mêmes raisons de pouvoir, le conflit entre Mutombo et Katawa jeta encore la désolation, « mvita ya Mutombo ne Katawa ». Et ceux qui partirent à Bakwanga, n’échappèrent pas, non plus, à cette même malédiction…



Sangayi… ! Wabo. Anishayi… ! Kolayi. Badiano… ! Eyooooo.



Kasaï wa balengela, par le groupe Sankayi

Folklore Lulua

 

Modeste-Kambala-1.JPG

 

 

Claude KANGUDIE

 

 

À qui de droit,

 

 

Ceci n’est pas la première fois où je vous écris pour vous féliciter de la qualité des documents qui, parfois, circulent dans votre site Mobakamosika.com. Je suis sincère à chaque fois. Permettez-moi d’insister aujourd’hui sur le texte de M. Claude Kangudie (que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam) relatif à Kalonji et Ngalula.

 

Non, je ne ferai pas la critique de ce document d’histoire de première force. Je dis plutôt que son auteur DOIT se considérer comme un VEILLEUR de nos cultures. Il a reçu de ses parents et grands-parents, qu’il nous transmette ce qu’il sait. Car je suis convaincu que M. Kangudie en sait beaucoup plus qu’il n’a écrit sur cette question. Car je suis certain qu’il possède le savoir originel de la question luba-lulua. Alors, pourquoi ne pas aller au-delà d’un texte somme toute timide et produire un livre (même en plusieurs tomes)?

 

Oui, monsieur; je fais partie de la minorité qui croit que personne ne connaît mieux que nous l’histoire de notre pays. Mais je ne comprends pas pourquoi ceux qui, comme vous, ont des choses à nous apprendre ne le font pas. Je vous demande ce sacrifice (à côté de vos occupations certainement multiples) au nom de vos propres ancêtres qui vous ont choisi pour recevoir leur héritage. Je vous le demande pour notre descendance de plus en plus coupée de ses racines vraies, voire qu’elle a tendance à mépriser. Monsieur, ne tolérez plus que nos enfants et nos prétendus intellectuels à titres ronflants se gavent des écrits des vainqueurs de nos pères, pendant que VOUS, vous êtes là, vous qui savez.

 

Je pourrais continuer comme ça, car ma passion pour mon pays s’emballe rapidement. Je m’arrête ici, dans l’espoir de lire un jour un livre signé Claude Kangudie sur Kalonji et Ngalula (car j’en ai assez du seul point de vue des colonialistes, missionnaires, ethnologues et autres intellectuels qui reproduisent aveuglément le discours des premiers cités).

 

Fraternellement,

 

Lomomba Emongo,

Professeur de philosophie et écrivain

 

@Mbokamosika.com

 

*******************************************

 

MOBUTU PARLE DE L'INGRATITUDE DES POLITICIENS OPPOSANTS PENDANT LA CNS:

L'explication en détail de l'opération contre les LUBAS dont on lui collera sur la tête de LUMUMBA!

(A partir de 17ème minutes, le feu Mubutu parle de ce fameux génocide étant lui-même le chef de l'opération) SUIVEZ, la vérité à l'appui!

 


Le feu Mobutu sera mandaté par LUMUMBA afin de mater la rébellion de Kalonji Mulopwe au sud Kasai. Pendant la CNS, se sentant rejeté et trahi, il trouvera son occasion pour tout dévoiler car il était lui-même le commandant militaire pour combattre cette rébellion de Kalonji dont son ministre de la justice se trouvait être  Mr. Tshisekedi wa Mulumba. Ce que le feu Mobutu raconte sur la vidéo archive, n'est autre que la pire vérité de cette partie de l'histoire qui déclenchera plus tard, les conflits LUBA-LULUA! Selon nos sources, le génocide de Kasaiens devrait être inculqué sur la tête de Patrice LUMUMBA dans le seul but de l'anéantir! De nos jours, nous assistons à ces genres de "conspiration"! La Belgique exploitera cette thèse avec la complicité de ceux des élites Congolaises "corrompues" comme le feu Mobutu lui même, qui plus tard, fera tout en son pouvoir d'étouffer son propre nom dans l'opération afin de renvoyer tout sur la tête de LUMUMBA!  Ce sont donc une sorte de combat "Diabolique" que la race Bantu devra condamner pour vivre des jours meilleurs ou l'étouffer pour vivre des jours sombres encore!

 

Ainsi, LUMUMBA mourra comme un agneau qu'on amène à la Boucherie! Comme une brebis "muette" devant ceux qui la "tondent"!

On a pas que le "JESUS" des chrétiens comme  innocent dans sa condamnation, le Kongo de Lumumba aussi en a de ces innocents dont leur Sang parle et parlera toujours jusqu'à ce que la vraie justice soit faite et que réparation leur soit accordée!

Et nous réclamerons à la Belgique de faire sa vraie réparation dont elle a l'habitude de fuir alors que l'Allemagne venait de reconnaitre sa part de responsabilité dans le génocide des NAMIBIENS et en a payé en guise de dommages causés dans leur mémoire!

 

 

Connaitre la source de vos malheurs vous aidera à ne plus revivre le passé!

 

 

 

 

Que Dieu bénisse la RDC

Et que vive l'Afrique!

 

 

 

 

AMMAFRICA WORLD

Amour-Conscience-Réparation

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08/02/2017
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RDC-REVELATIONS EPOUSTOUFLANTES:LES CADAVRES DANS LE PLACARD DE LEON KENGO WA DONDO

REVELATIONS EPOUSTOUFLANTES:

LES CADAVRES DANS LE PLACARD DE LEON KENGO WA DONDO

Révélations: les cadavres dans le placard de Kengo wa Dondo

18 ans après la chute de la deuxième République et le départ des « mouventiers », l’opinion congolaise doit savoir comment tous les fonds amassés par ces dignitaires mobutistes, ces criminels économiques… sont allés renflouer des comptes bancaires privés en Afrique du Sud, au Canada, en Suisse et dans bien d’autres pays occidentaux. Retour sur les dossiers noirs  de Léon Kengo wa Dondo durant la 2ème République: dévoire de mémoire oblige.

En juin 2003, Le quotidien belge « La Libre Belgique » a publié une information faisant état de la probable implication de Léon Kengo wa Dondo dans une affaire de blanchiment d’argent. Premier Ministre à trois reprises ( 1981-1986, 1988-1990, 1994-1997) durant le régime Mobutu, Léon Kengo wa Dondo a été un véritable dignitaire de la Deuxième République oů il a exercé beaucoup d’autres fonctions, męme en dehors du gouvernement.

Le dossier judiciaire dont il est question ici fut ouvert au lendemain de la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila le 17 mai 1997.

 

Selon Mme Estelle Arpigny, porte-parole du Parquet de Bruxelles à l’époque, Léon Kengo wa Dondo aurait comme co-inculpé, un ancien gouverneur de la Banque du Zaďre dont l’indentité n’a pas été révélée. Pourtant, selon « Africa n°1 », captée le jeudi 26 juin 2003 à Kinshasa, il s’agirait de l’un des anciens dignitaires dont les noms figuraient sur la liste des gens dont les biens étaient saisis à l’avènement de Laurent-Désiré Kabila. Parmi ces personnes dont certaines ont été déjà acquittées le 30 juin 1998, faute de preuves suffisantes, deux anciens gouverneurs de la Banque centrale seulement figuraient sur la liste : Pierre Pay-Pay wa Siaghasigué.

 

Pour M. Kengo wa Dondo qui n’a voulu faire aucune déclaration avant d’avoir rencontré son avocat, « ce sont les męmes griefs lui reprochés il y a cinq ans ». L’affaire remonte à juillet 1997, lorsque le nouveau gouvernement de Laurent-Désiré Kabila arrivé au pouvoir en mai de la męme année, avait demandé à la Belgique de geler les comptes bancaires de 83 dignitaires de l’ancien régime renversé dont ceux du Maréchal Mobutu et de sa famille.
Cette affaire qui avait fait autant de bruits n’était que la partie visible de l’Iceberg.

 

En effet, l’un de ceux qui ont travaillé avec lui aux côtés du « Maréchal du Zaďre », à savoir le Professeur Vunduawe Te Pemako, dernier directeur de cabinet de Mobutu, n’a-t-il pas accusé Kengo de s’enrichir illicitement et d’asphyxier l’économie nationale ?

Dans son livre « A l’ombre du Léopard : Vérités sur le régime de Mobutu Sese Seko », le professeur Vunduawe Te Pemako écrit notamment : « Bien qu’il s’évertue à renier Mobutu et le mobutisme, Kengo wa Dondo est un des anciens hauts cadres du MPR-Parti-Etat devenu millionnaire en dollars. Il faisait partie de ceux qui ont amassé des richesses ostentatoires. Des richesses mal acquises, fruit d’un véritable enrichissement sans cause et qui ont asphyxié l’économie nationale et réduit le peuple congolais à l’état de quasi sous-hommes ».

 

Le magazine « Cśur d’Afrique » de son côté, dans sa rubrique « LES DOSSIERS NOIRS DE LA IIème REPUBLIQUE » avait consacré ses colonnes au cas Kengo, notamment dans les parutions : n° 002 de la mi-aoűt/mi-oct 2000, n° 005 de janvier-février/février-mars 2002, n° 006 aoűt-sept 2002 et n°007 février-mars 2003. Ces dossiers que nous nous permettons de republier, pourront certainement éclairer la religion de ceux qui chercheraient à en savoir plus sur ce qu’il est convenu d’appeler « le cas Kengo ».

 

La destruction du pays est si profonde que des voix s’élèvent encore aujourd’hui pour se demander si en succédant à Mobutu qu’il a renversé à la satisfaction générale du peuple congolais. Laurent Désiré Kabila avait conscience de l’étendue du désastre qu’il héritait du régime déchu”. C’est par cette réflexion que nous avons dans notre précédent numéro, ouvert un important dossier sur tes Réserves Stratégiques Générales” (RSG), un organisme créé par le Président Kabila aussitôt après avoir pris le pouvoir. Cet organisme, rappelons-le, a pour mission de constituer, distribuer et réguler les stocks de produits stratégiques pour faire face à des situations de crises, de calamités naturelles ou de catastrophes.

 

La réflexion mérite d’ętre approfondie dans la mesure oů les auteurs ce cette destruction se découvrent aujourd’hui le rôle de donneurs de leçons, alors que par leur cupidité et leur gestion calamiteuse, ils ont mis ce pays par terre. Oui ne se souviendra pas d’ailleurs que leur responsabilité a été relevée à la Conférence Nationale Souveraine, et cela dans tous les domaines: politique, économique, social et culturel Mais sans s’ętre amendés pour les avoir commis ni avoir réparé le grave préjudice cause au peuple congolais, ils se permettent de violents réquisitoires contre le Président KabiIa et le Gouvernement de salut public: ils s’agitent et se livrent à des acrobaties tout aussi criminelles pour revenir au pouvoir. Sans froid aux yeux’

UN DEVOIR DE MEMOIRE

 

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Etant donné que ces crimes ont complètement ruiné le pays, le peuple et opinion internationale qui s’est souvent montrée complaisante à l’endroit de ces pilleurs, doivent savoir qui a fait quoi, pourquoi et comment. C’est un devoir de mémoire. Ils doivent savoir, en effet pourquoi, alors que le pays n’était pas en guerre comme aujourd’hui, la population vivait déjà dans une misère indescriptible : pourquoi et se sur les richesses du pays, sur les entreprises publiques et sur le patrimoine national. Ils doivent savoir comment ces anciens responsables avaient accaparé l’import et rexport, détenu le monopole du commerce du café, du bois, du diamant, etc.: comment ils pompaient tous les services générateurs des recettes; comment l’appât

du gain, la corruption, la fraude et la concussion avaient suscité de véritables vocations de pilleurs. Le peuple et l’opinion internationale doivent savoir enfin, comment tous les fonds amasses par ces criminels allaient renflouer des comptes bancaires privés en Afrique du Sud, au Canada, en Suisse et dans bien d’autres pays occidentaux: comment ces fonds avaient également été investis dans des sociétés et dans l’immobilier à l’étranger.

KENGO ET SES EXPLOITS

Ayant dirigé le gouvernement de l’ex-Zaďre pendant plus de six ans le Premier ministre Léon Lobitch Kengo Wa Dondo a battu tous les records de longévité à la tęte de l’Exécutif congolais. Sous-tendue par sa politique de rigueur qui tranchait apparemment avec les fastes de l’ancien régime, cette longévité qui a permis de se constituer un réseau important d’adresses à l’extérieur et un groupe de fidèles, pour la plupart des technocrates dont l’expertise tant vantée a malheureusement servi à l’enrichissement illicite de tous les membres du groupe. Enrichissement qui a largement contribué à la ruine du pays.

Il faut du reste noter que sur ce plan de Kengo s’est révélée tellement sélective et suicidaire quelle a provoqué le limogeage de son initiateur en 1986. Ce dernier revient toutefois à la Primature à deux reprises, respectivement de 1988 à 1990 et lors de a transition, de juin 1994 à avril 1997.

En attendant de revenir bien d’autres méfaits commis par Kongo dont notamment la recherche effrénée des commissions qui devaient lui procurer sa politique de rigueur et son programme de privatisation. Les manipulations sur les chiffres dans la passation des marchés et dans la gestion des comptes du Trésor, nous épinglerons deux de ses tout derniers et triste exploits: le bradage du Domaine agricole industriel et présidentiel de la N’sele et la vente à l’Etat d’une villa inachevée à 5 millions de dollars alors que la valeur réelle de celle-ci était de + 200 mille dollars.

UN FABULEUX PATRIMOINE

 

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Situé à quelque 60 Km de Kinshasa le domaine agro-industriel et présidentiel de la N’sele est un vaste site de 5.000 ha qui comme l’indique son nom, abrite des activités agricoles et industrielles le secteur agricole est essentiellement constitué de vastes étendues de terre cultivables. Tandis que la partie industrielle comprend deux fermes avicoles, une ferme porcine, une ferme laitière, un immense couvoir, une usine d’aliments pour bétail, une usine de lait, une ferblanterie, deux conserveries tomate et ananas), un complexe technique etc. A cela s’ajoutent un grand pavillon au marché central de Kinshasa des bureaux du personnel un camp de travailleurs et une station service (carburant).

 

C’est ce fabuleux patrimoine présenté comme délabré et obsolète qui cinq mois avant la chute de l’ancien régime a été bradé par Kengo et ses hommes de main au profit du groupe anglais Lonrho et des associés zaďrois jamais identifies

 

DE QUOI S’AGIT-IL?

A la suite des mesures de zaďrianisation prises en 1973 par Mobutu, les sociétés du groupe Lonrho nationalisées à savoir, cosmetic, plantadem et Vici-Zaďre, représentaient une créance de l’ordre de 1.093.011.646 FB, sait près de 34 millions de dollars us.

Pour récupérer sa créance, Lonrho présenta le projet de création d’une société privée à responsabilité limitée sous la dénomination de “Nouveau Domaine agro-industriel présidentiel de N’sele” (N’DAIPN). La République approuve le projet, qui va aboutir par la signature d’un protocole d’accord, le 31 janvier 1997.

 

Aux termes dudit protocole, l’Etat libère 99% et Lonrho 1% des parts socialos. L’Etat consent, par ailleurs à céder 59% de ses parts en compensation de sa dette envers Lonrho. D’oů 60% des parts devraient désormais revenir à Lonrho et 40 % à l’Etat congolais.

Le 3 février 1997, les deux parties mettent sur pied la SPRL N’DAIPN pour laquelle l’Etat souscrit et libère 990 parts sociales et Lonhro 10 parts. Le męme jour l’Etat congolais cède effectivement 59% de ses parts à Lonrho.

A la libération du pays, Lonrho demande l’aval des nouvelles autorités pour, selon lui, démarrer immédiatement ses activités.

 

LE GRAIN DE SABLE

Dans un premier temps, la requęte de Lonrho a impressionné les nouvelles autorités qui ne cherchaient pas mieux que de trouver des partenaires disposés à les accompagner dans l’oeuvre de reconstruction nationale, qu’elles venaient de lancer.

Seulement voilà : à l’analyse des éléments du contrat et des statuts de la N’DAIPN, il est apparu cinq points qui ont suscite la suspicion. Il s’agit de:

1. L’inexistence des conclusions d’une assemblée générale extraordinaire sous l’autorité de laquelle auraient dű ętre modifiés les statuts en ce qui concerne les dispositions relatives aux parts sociales. Cela conformément à la cession consentie par l’Etat ;

 

2. L’absence de preuve de libération de l’apport par Lonrho;

 

3. L’impossibilité de faire démarrer les activités de la nouvelle société étant donné que męme si le 1% de Lonrho était libéré, il n’aurait nullement suffi du fait que l’apport de l’Etat était essentiellement immobilier;

 

4. Les nombreuses exonérations exigées par Lonrho et lui accordées abusivement par l’Etat à savoir: exonération des droits d’entrée fiscal douanier, et de CCA sur les importations; exonération de la contribution sur la rémunération versée au personnel expatrié; exonération sur la superficie des propriétés foncières; exonération de la contribution cédulaire sur le revenu; exonération du droit proportionnel en cas de transformation de la SPRL en SARL et en cas d’augmentation du capital; exonération de toutes nouvelles taxes et non application de toute augmentation de taxes…

 

5. Lonrho qui prétendait attendre les avis des nouvelles autorités avait, curieusement, fait enregistrer déjà en juillet et aoűt 1997, les apports du gouvernement congolais au nom de la SPRL “N’DAIPN” alors que ces apports étaient une propriété de l’Etat. Ce qui aurait entraîné la privatisation pure et simple des biens de l’Etat.

 

Tous ces points constituent le grain de sable qui a tout bloqué et qui a permis de découvrir le pot aux roses. Car, il a suffi quelques jours d’investigations aux experts pour se rendre compte du plan monte par Kengo et ses hommes, sous le couvert de Lonhro, pour s’approprier le DAIPN.

L’ODIEUSE SUPERCHERIE

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La supercherie a éclaté au grand jour quand le gouvernement s’est retire de la N’DAIPN provoquant de ce fait la dissolution pure et simple de la nouvelle SPRL.

 

Ayant repris en main le DAIPN, les pouvoirs publics n’ont déboursé, par exemple, que près de 100 mule dollars US pour réhabiliter l’usine d’aliments pour bétail, qui fonctionne parfaitement depuis un an. Or, pour la remise en marche de la męme usine, Kengo et ses enfants terribles avaient établi un devis de 2 millions de dollars.

 

Il en est de męme de toutes les autres unités de production du DAIPN, qui avaient été délibérément maintenues en inactivité pendant plus de dix ans et dont le projet financier de remise en état était exagérément surévalué dans le but d’amener l’Etat démuni a les céder à vil prix à des partenaires qui n’étaient en fait qu’eux-męmes apparus sous des pręte-noms.

Découvert de justesse, l’odieux montage a été démantelé et le DAIPN totalement repris en main par l’Etat qui continue à le réhabiliter avec bonheur.

5 MILLIONS DE DOLLARS POUR UNE VILLA QUI VAUT 200 MILLE DOLLARS

Pour ceux qui le connaissent Kengo est un homme prévoyant. Il l’a prouvé à sa manière peu avant de quitter la Primature pour la dernière fois.

En effet, juste avant de partir, l’ancien Premier ministre a vendu à l’Etat, par le canal de la Banque centrale et sans aucune expertise, sa villa de Binza Méteo pour une bagatelle de 5 millions de dollars. Or, selon des exports, cette villa ne vaut męme pas 200 mille dollars.

 

D’après des sources dignes de foi, cette transaction immobilière s’était déroulée avec la complicité d’un haut responsable de la banque centrale de l’époque. Epoque oů, par ailleurs Kengo Wa Dondo avait fait main basse sur la cagnotte de l’effort de guerre souscrit par toutes les forces vives de la Nation. Evalué à plus de 50 millions de dollars, ce fonds devait contribuer à enrayer la rébellion de…Kabila.

 

Comme à ses habitudes, l'ancien premier ministre connait seul la destination de cette importante somme d'argent, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle avait mystérieusement disparu sans laisser des traces.

 

 

 

 

 

@Direct.cd et partenaires

 

AMMAFRICA WORLD




09/12/2015
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(Vidéo)DEVOIR DE MEMOIRE LE 24 NOVEMBRE DANS L'HISTOIRE DU CONGO EX-ZAIRE, MOBUTU PRENAIT LE POUVOIR

24 NOVEMBRE 1965-24 NOVEMBRE 2015

Combien parmi le peuple Congolais (RDC) se souvienne de cette date historique?

Si le peuple sur qui appartient cette histoire ne saisisse pas son passé, il aura toujours à le revivre faute de leçons qui n'ont pas été tirée!

L'analyse que nous dépeint le magazine "Jeune Afrique" nous pousse à réfléchir sur l'histoire politique de cette nation dont son peuple ne s'y focalise, mais s'étonne de revivre à chaque fois le passé! La prise de conscience sur le passé, nous épargne des erreurs sur ce passé!

 

Sondons l'histoire chers Congolais, elle nous instruit sur beaucoup de choses....

 

@Ammafrica

RDC : il y a 50 ans, le 24 novembre 1965, Mobutu prenait le pouvoir

Quelques mois seulement après l'indépendance du pays en 1960, Joseph Mobutu était propulsé commandant en chef de l'armée congolaise. Cinq années et quelques crises politiques plus tard, le colonel s'empare du pouvoir le 24 novembre 1965.

Et le conservera pendant plus de 30 ans.

« Il manquait de discipline chez nos hommes politiques. Pendant cinq ans, nous allons l’instaurer dans tous les domaines : politique, économique, financier », soutient Joseph-Désiré Mobutu devant la presse belge pour justifier son (nouveau) coup d’État du 24 novembre 1965. Six jours plus tôt il accédait aux plus hautes fonctions de la hiérarchie militaire avant de destituer ainsi le chef de l’État, Joseph Kasa-Vubu, et son Premier ministre, Évariste Kimba.

 

Déjà en 1960, à peine 76 jours après l’indépendance du Congo, le 14 septembre 1960, Mobutu s’imposait comme l’homme fort du pays.

Il ne s’agit pas d’un coup d’État militaire, mais plutôt d’une simple révolution pacifique.

« Chers compatriotes, ici c’est le colonel Mobutu Joseph, chef d’état-major de l’armée nationale congolaise, qui vous parle de Léopoldville [aujourd’hui, Kinshasa, NDRL]. L’armée nationale congolaise a décidé de neutraliser le chef de l’État [Joseph Kasa-Vubu, premier président du pays, NDRL] jusqu’à la date du 31 décembre 1960 […]. Il ne s’agit pas d’un coup d’État militaire, mais plutôt d’une simple révolution pacifique. L’armée va aider le pays a résoudre ses différents problèmes qui deviennent de plus en plus aigus », avait-il lancé pour annoncer la « neutralisation » de l’exécutif.

 

Mais Mobutu ne prend pas – officiellement – le pouvoir à ce moment-là. Il place en résidence surveillée le Premier ministre Patrice Émery Lumumba, pourtant son mentor politique (celui-ci avait nommé Mobutu secrétaire d’État à la présidence au sein du premier gouvernement congolais). Ce dernier, après avoir tenté une évasion, sera arrêté, puis transféré le 17 janvier 1961 dans le Katanga où il sera assassiné.

 

Mobutu, seul maître du Zaïre

 

Après la mort de Lumumba, Mobutu réhabilite Kasa-Vubu à la tête du pays mais garde lui le commandement de l’armée qui fait face à une rébellion menée par les fidèles du Premier ministre assassiné… jusqu’à sa prise de pouvoir officielle, le 24 novembre 1965.

C’est le début d’un régime autocratique dirigé d’une main de fer. Éliminant au passage tout potentiel opposant au nouveau pouvoir. À l’instar d’Évariste Kimba, Premier ministre déchu et trois autres politiciens, accusés de comploter contre les nouvelles institutions avant d’être pendus début juin 1966. Le ton est donné.

 

L’année suivante, le « citoyen-président » crée le Mouvement populaire de la révolution (MPR), le parti-État. Il en devient le « père fondateur ». Tous les Congolais sont de fait membres de la formation politique. Un monopartisme qui durera jusqu’en 1990.

Cette année-là, les larmes aux yeux, le chef de l’État et président du MPR annonce qu’il quitte la tête du parti, autorisant en même temps le multipartisme.

 

 

 Vidéo archive du 24 Avril 1990:annonce de la démocratie précoce:

 
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RDC : la nostalgie Mobutu 

 

 

Le 7 septembre 1997, l'ex-président du Zaïre décédait à Rabat, au Maroc, loin des siens. Cette mort en exil était l'épilogue d'une lente agonie. Aujourd'hui, le jugement des Congolais oscille entre indulgence, regret d'un orgueil perdu et souvenir cauchemardesque d'une dictature à bout de souffle.
Quinze années déjà que sa dépouille, rongée par le cancer, s’en est allée reposer au fond d’une sépulture d’exil à Rabat, au Maroc. Quinze années pendant lesquelles son ombre, sa toque, ses lunettes fumées, sa canne sculptée, sa gestuelle et sa voix métallique n’auront cessé de hanter ses concitoyens. Beaucoup de Congolais ont avec celui qui les dirigea de 1965 à 1997 une relation qui s’apparente au syndrome de Stockholm. Il fut leur dictateur, mais ils ont fini, après sa disparition, par tout (ou presque) lui pardonner. De Mobutu, ils ont effacé l’image d’un homme assimilé dans le monde à l’archétype de la mal-gouvernance à l’africaine. Ils ont oublié le chaos sécuritaire des dix dernières années de son règne, la corruption, l’asphyxie économique, l’article 15, la police politique, les disparitions, l’agonie d’un pays saigné à blanc, pour ne retenir qu’une seule chose : la nostalgie d’un orgueil perdu.
 

Et il est vrai qu’au cours des décennies 1970 et 1980, à l’époque de l’« authenticité » et du boom du cuivre, de l’abacost et des pagnes obligatoires, de la rumba triomphante et des exploits des Léopards, les Zaïrois avaient la conviction de vivre dans un grand pays courtisé, différent des autres, dont le chef d’État savait s’imposer par sa seule présence lors des sommets internationaux. À eux que la colonisation avait infantilisés, Mobutu avait su donner une estime de soi, une manière d’être et de vivre, un soin à paraître reconnaissables entre tous. Il avait su cimenter le sentiment national en les faisant rêver sur leur richesse potentielle, lui qui martelait à longueur de discours que le Zaïre était un « scandale géologique ».

 

Indulgence

 

Bien sûr, tout cela n’était qu’un mirage, car l’éléphant aux pieds d’argile, dépecé de l’intérieur par cette catastrophe que fut la zaïrianisation, ne pouvait que s’effondrer, à l’image d’une armée de parade qui ne gagna aucune guerre mais dont le maréchal était si fier, avec ses Mirage et ses C-130 aux ventres aussi rebondis que ceux de ses généraux. De ces temps d’illusion, où il était permis de croire que l’on pouvait gagner sa vie sans travailler en multipliant les « coups » en haut comme en bas de l’échelle sociale, est pourtant née une identité qui a jusqu’ici résisté à la destruction de l’État.

 

De Mobutu à Kabila père, le Zaïre devenu Congo est passé de la captation de l’usufruit au bradage des actifs, sans que cesse la prédation mais sans que s’interrompe non plus le fil d’un rêve de grandeur que seul Mobutu avait donné l’impression de tutoyer. Constamment déçus de ce qu’ils sont, les Congolais vivent dans le rêve de ce qu’ils pourraient être. Griot cathodique, kitsch et mystique, un certain Sakombi Inongo l’avait bien compris, lui qui imagina de faire apparaître l’effigie subliminale du dernier « dinosaure » chaque soir en ouverture du journal télévisé, perché dans les nuages tel Dieu en son paradis. Nul doute que pour panser leur peine, entretenir leur don unique pour la survie et croire en leur revanche sur le destin, les Congolais aiment qu’on les berce d’espoir. C’est pour cela que, en dépit de tout, ils ont fini par regretter Mobutu, le magicien.

 

 

@Jeune Afrique
 

Analyse de Filip Reyntjens Sur le feu Joseph Mobutu

RDC: un héritage économique accablant pour Mobutu

Il y a 50 ans jour pour, le général Mobutu arrivait à la tête de la République démocratique du Congo par un coup d'Etat. Il règnera pendant près de 32 ans, jusqu’en 1997. Que reste-t-il de son bilan économique ?
 
Après sa prise effective de pouvoir en 1965, le général Mobutu demande cinq ans pour remettre le Congo debout. Promesse tenue pour l'unification de l'immense pays de plus de 2,3 millions de km², mais ses engagements de développement n’ont pas dépassé le stade des simples slogans.« Avant son arrivée au pouvoir, le Congo était dans une situation comparable à celle qu’on connaît aujourd’hui. Le Congo de l’époque, entre 1960 et 1965, avait vécu des guerres civiles, des rébellions, des sécessions. Et au moment où Mobutu a pris le pouvoir, il a était accueilli chaleureusement par tout le monde, les Congolais et la communauté internationale, retrace Filip Reyntjens, professeur à l'Institut de politique et de gestion du développement à l'université d'Anvers et spécialiste de la zone des Grands Lacs. Dans un premier temps, entre 1965 et 1975, Mobutu avait d’une certaine manière remis le pays sur les rails. »
 
A la tête d'un pays au sous-sol très riche, le dirigeant a lancé des projets pharaoniques, parfois des éléphants blancs, qui ont permis des détournements à tous les étages. En 1973, il décrète une mesure appelée « zaïrianisation ». « Toutes les entreprises ont été reprises par des nationaux zaïrois et je crois que c’est là qu’il faut situer le début de la disparition en partie de l’Etat congolais, estime Filip Reyntjens. […] Mobutu a carrément détruit l’Etat par des politiques de prédation, de clientélisme, d’utilisation de moyens publics à des fins privées, etc. Et ce qu’on observe encore aujourd’hui et en particulier à l’est du Congo, c’est l’impossibilité pour l’Etat de contrôler son territoire national. »
 
Chantiers inachevés
 
Ouverte en 1974, l'usine sidérurgique de Maluku est une illustration parmi d’autres de ces chantiers inachevés du pouvoir. Elle n'a fonctionné que pendant cinq ans et à 10 % de sa capacité. Après plusieurs tentatives de relance sans succès, elle est en réhabilitation depuis 2012. Autre exemple emblématique, le barrage d'Inga, qui peut fournir de l'électricité à une grande partie du continent, n'est encore exploité aujourd'hui qu'à moins de 10 % de son potentiel. Et les Congolais souffrent toujours de pénurie d'énergie.Sous le régime de Mobutu, l'économie du pays est restée marquée par l'extraction et l'exportation des mines, sans aucune valeur ajoutée. Bref, après des débuts prometteurs, le général a laissé un pays croulant sous le poids de la dette et où des secteurs comme l'agriculture, l'éducation ou la santé étaient dégradés.Mais Mobutu, c'est aussi la mystification d'une authenticité et d'un nationalisme africains triomphants. « S’il a un mérite, alors qu’il a détruit l’Etat, il a dans une large mesure construit la nation zaïroise ou congolaise. Le sentiment d’être congolais ou zaïrois sous Mobutu a été une politique menée avec un certain succès », concède Filip Reyntjens.
 
 
 
 
 
@La RFI
 
AMMAFRICA WORLD

26/11/2015
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REGARD SUR LE PASSE:LE LYNCHAGE DES NOIRS EN AMERIQUE DU NORD

Quand ils lynchaient les noirs, les blancs aussi se croyaient soldats de Dieu

Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public

Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public

 

A l’instar des barbaries de l’Etat islamique, le lynchage et la torture des noirs américains pendant la ségrégation n’étaient pas seulement des actes de racisme mais aussi des actes empreints de signification religieuse, justifiés par le christianisme de l’époque.

 

Si, selon un certain cliché, les Américains ont la mémoire courte, cela n’empêche pas, depuis le samedi 7 février, un bon nombre d’entre nous de débattre au sujet des guerres de religion médiévales et de l’idée que nous puissions en tirer quelques leçons sur la violence qui règne aujourd’hui au Moyen-Orient.

Ce qu'a dit Obama

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, ce débat fait suite aux commentaires du président Obama lors du National Prayer Breakfast annuel, où –après avoir condamné le groupe radical Etat islamique et l’avoir qualifié de «culte de la mort»– il a proposé une réflexion appelant à la rationalisation.

«Avant de monter sur nos grands chevaux et de penser que le phénomène est l’apanage d’un lieu différent du nôtre, souvenons-nous que pendant les croisades et l’Inquisition, les gens ont commis des actes atroces au nom du Christ. Dans notre patrie, l’esclavage et les lois [ségrégationnistes] Jim Crow ont trop souvent été justifiés au nom du Christ (...) Par conséquent, cela n’est pas l’apanage d’un seul groupe ou d’une seule religion. Il existe une tendance en nous, une tendance immorale qui peut pervertir et déformer notre foi.»

Ce point simplissime –«aucune foi n’a le monopole de l’arrogance religieuse»– est devenu un point d’ignition partisan incitant les conservateurs à sermonner le président en l’accusant de «mettre sur le même pied» chrétiens croisés et radicaux islamiques, à l’accuser d’entretenir des croyances anti-chrétiennes et à se demander pourquoi il évoque un conflit vieux de plusieurs siècles, quand bien même on relèverait quelques analogies entre celui-ci et l’époque actuelle.

 

Ce qui nous manque dans l’argument sur les croisades cependant, c’est la mention par Obama de l’esclavage et de Jim Crow. Dans The Atlantic, Ta-Nehisi Coates choisit de souligner les justifications religieuses de l’esclavage américain, et il vaut la peine d’en faire autant pour son successeur d’après la guerre de Sécession. Et puisque nous en sommes à réfléchir en termes de violence religieuse, nous nous devons de nous pencher sur le spectacle le plus brutal du règne de Jim Crow: le lynchage.

 

Pendant pratiquement tout le siècle entre les deux Reconstructions américaines, la plus grande partie du Sud blanc a fermé les yeux et approuvé la violence terroriste exercée contre les noirs. 

 

Un nouveau rapport de l’Equal Justice Initiative, basée en Alabama, signale presque 4.000 lynchages de noirs dans 12 Etats du Sud –en Alabama, en Arkansas, en Floride, en Géorgie, dans le Kentucky, en Louisiane, dans le Mississippi, en Caroline du Nord et du Sud, au Tennessee, au Texas et en Virginie– entre 1877 et 1950, ce qui, note l’organisation, représente «au moins 700 lynchages de plus dans ces Etats que ce qui avait été signalé auparavant».

 

 

 

@Slate.fr

 

AMMAFRICA WORLD


17/11/2015
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