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Devoir de Memoire:Afrique

DEVOIR DE MEMOIRE:AFRIQUE!

CONSCIENCE:

Connaissance plus ou claire de notre existence et du Monde.

Avoir la connaissance de son histoire; c'est comprendre le monde d'alors; pour prendre  

conscience sur le présent afin de remédier au futur...

Ici, nous archivons certains documents historiques pour notre memoire! Le Monde étant un tout, l'histoire nous aide à comprendre notre passé, présent et le sens à notre futur après avoir retenu instruction sur le passé. Devoir de Memoire, parle de l'histoire de l'Afrique dans cette Rubrique...

Eveil de la conscience incite à ce que l'on prenne connaissance de notre passé,présent et le Monde extérieur qui nous entoure.Ainsi,sondons notre passé historique et trouvons au travers ces histoires,ce que fût notre Monde d'Atan.

 

Ammafrica world ,la passion de l'histoire fait notre style  de comprendre le Monde d'alors...Le monde d'autrefois!


RDC:Souvenir des événements après l'indépendance du Kongo Démocratique

 

 

 

30 juin 960-30 juin 1961: 1er anniversaire de l'indépendance de la RDC. Cinq mois après l'assassinat de Patrice Lumumba. Plus de sept mois après l'installation des commissaires généraux, sous la primature de Joseph Iléo.

 

Notre recherchiste Dom Munsiensi nous fait revivre ce tout premier anniversaire de notre indépendance grâce aux coupures du "Courrier d'Afrique" du 29 juin et 4 juillet 1961. Nous y découvrirons beaucoup d'informations sur ces cérémonies, entre autres: la participations des unités du Katanga, conduites par le Major Moke; la victoire de la sélection de Léopoldville sur celle de Luluabourg, et le triomphe de Massamba devant Mandjambi en cyclisme. .

MSG

 

1.

Numériser0002

2.

Numériser0025

3.

programme de fete 2

4.

L'armée

5.

Numériser0017

6.

Numériser0005

7.

Sport. 1

8.

Sport.2

9.Numériser0002 (3)

 

@Mbokamosika

 

UCDRDC


01/09/2017
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Flash:Dossier sur le système criminel du Mobutisme et la Bourgeoisie Compradore

Devoir de Mémoire: Dossier sur le système criminel Mobutiste

Comprendre la classe politique Rd. Congolaise dans la pratique de gouvernance!

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La RD Congo est le théâtre d’une lutte des forces contradictoires à intérêts opposés et inconciliables. Les forces anti-populaires se battent pour maintenir le Congo sous la domination étrangère avec son cortège de misère. Les forces progressistes, quant à elles, se battent pour arracher l’indépendance réelle du pays, passage obligé pour construire le bonheur populaire. En tant que logique aboutissement de cette lutte sans pitié, la victoire finale reviendra au camp qui aura rempli toutes les conditions exigées pour écraser l’ennemi. Parmi ces nombreuses conditions impératives de la victoire finale, il y a celle qui exige que l’ennemi soit clairement identifié sous tous ses aspects.

 

Foncièrement impitoyable et inconvertible, le mobutisme est un ennemi du bonheur de notre peuple. Son héritage au peuple congolais est très lourd à supporter :

 

  • Notre pays est classé depuis un bon moment parmi les pays les plus pauvres du globe. Il est aujourd’hui la synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité : vivant dans l’insalubrité, les populations congolaises sont dangereusement exposées à de stupides maladies. Or certaines de ces maladies avaient déjà disparu. Aujourd’hui elles sont revenues. C’est le cas de la lèpre, la maladie du sommeil et autres. La vulnérabilité de ces populations est encore accentuée par la sous-alimentation escortée par une précarité intolérable. La conséquence en est que les Congolais meurent comme des mouches : l’espérance de vie n’est que de 46 ans. Pourtant le Congo dispose d’innombrables atouts pour que ses populations vivent dans la dignité. Cette situation n’est pas un accident de l’histoire, ni une malédiction : au nom de l’authenticité, les 37 ans du mobutisme triomphant ont pratiquement retourné le Congo à l’age de la pierre et empêcher son peuple de profiter de gigantesques progrès de la science. Tout en sacrifiant des générations congolaises, le mobutisme a laissé au peuple une dette extérieure de 15 milliards $. Soit 3 fois la richesse créée chaque année par le pays. Celle-ci est de 5 milliards. C’est effroyable ! 

Toute l'histoire du mobutisme, de sa naissance jusqu’aujourd’hui, peut donc être analysée comme la persistance de la domination économique et financière occidentale, de même que la continuité de l'appareil d'Etat colonial. Cette continuité de l'appareil d'Etat colonial et cette domination économico-financière ont eu une influence déterminante sur la formation d'une grande bourgeoisie noire.

 

Celle-ci était le point d'appui obligatoire pour la domination étrangère dans les conditions historiques nouvelles. Car l’issue de la deuxième guerre mondiale avait modifié le rapport de forces sur le plan international. Les intérêts de la haute finance occidentale ne pouvaient plus qu’agir sous des masques des colons noirs, qu’ils paient en tant que intermédiaires, pour réaliser leurs objectifs.Système néocolonial d’exploitation au service des puissances occidentales. Voilà ce que c’est le mobutisme.

 

Il est vrai que cette grande bourgeoisie indigène s’est développée en opprimant le peuple et en utilisant à son profit l'appareil d'Etat pour s'attribuer des revenus considérables, tant légaux qu'illégaux. Mais cet enrichissement scandaleux des mobutistes n’était que le prix que les groupes financiers de l’Occident devaient payer pour rendre possible le néocolonialisme : ces groupes avaient besoin des colons noirs par qui passer pour camoufler l’exploitation économique des Congolais. Quant à l’oppression politique, elle était un moyen pour imposer cette exploitation. Pour sa part, l’idéologie du mobutisme, qui s’appelait « authenticité », ne servait qu’à aveugler le peuple pour qu’il ne voit pas ce qui se passait devant ses yeux : la liaison abominable entre les mobutistes et la haute finance occidentale qui étranglait le Zaïre.

 

Il est indispensable de tracer le tableau d’ensemble du mobutisme. Un tableau dans lequel il faut intégrer tous les éléments et toutes les données de ce système : crimes, idéologie, fonctionnement, appuis extérieures, etc. Il ne faut pas traiter ces données d’une manière isolée pour en tirer des conclusions. Car le mobutisme a plusieurs aspects. Cela implique que, pour le comprendre, il faut tenir compte de sa complexité. Une analyse qui n’en tient pas compte, conduit inévitablement à l’erreur. Car la complexité d’un phénomène permet toujours de trouver des données et des éléments isolés pour appuyer n’importe quelle thèse. Malheureusement, nous adoptons souvent cette démarche dans nos analyses.

 

Le Bureau d’étude pour le Congo (BEC) tient à rompre avec cette démarche erronée.

 

Dans cette rubrique, il veut donc apporter sa contribution à la connaissance du Mobutisme sous tous ses aspects. Le but est donc de tracer le tableau d’ensemble du Mobutisme avec toutes ses données, dégager le lien interne qui existe entre toutes ces données. Ce travail exige une démarche scientifique. Celle-ci tient à ce que l’on parte des faits objectifs et crédibles pour déterminer – par une méthode d’analyse rigoureuse – l’essence cachée du phénomène étudié. C’est un travail complexe et difficile. Mais il est d’une nécessité cardinale dans la lutte du peuple congolais pour sa liberté. Car on ne combat pas victorieusement un ennemi que l’on connaît très mal. Pour donc vaincre les malheurs qui s’abattent sur le peuple congolais, il faut intégralement les connaître dans leur complexité, c’est-à-dire sous tous leurs aspects.

 

 

 

 

pour le BEC,

Mani Junior Kisui

 

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10/08/2017
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(VIDEO)La Mémoire de Kimpa Nvita:L'héroïne du royaume kongo et ses adeptes dispersés de par le monde

2 Juillet 1706-2 Juillet 2017

Kimpa Vita, Héroïne de Kongo: Elle a devancée plusieurs pour dénoncer ce que beaucoup dénoncent dans notre temps!

 

Pour elle, Christ ainsi que les saints apôtres étaient tous des noirs. Dans le temps, elle était considérée d'une hérésiarque!  De nos jours, plusieurs langues se délient pour confirmer ces propos jadis controversés! Si l'on veut y croire, la terre "Kongo" semble être une terre sacrée, et le peuple "Kongo" semble être le peuple ayant une destinée prophétique. Je vous invite à la réflexion générale de tous avec cette vidéo extrait montée par Ammafrica world.

 

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Le Rôle Déterminant de Dona Kimpa Vita dans les Révolutions Américaines

 

L’Amérique centrale et australe célèbre Simon Bolivar comme étant le Révolutionnaire ayant mené avec succès la lutte de libération de la plupart des pays latino-américains. Ainsi, la Bolivie, pays de sa naissance, a-telle été ainsi nommée en honneur de ce grand homme. Cependant, peu de monde sait que sans une grande Dame, une Africaine, une jeune fille kongo du 17e siècle, le destin de Simon Bolivar n’aurait sans doute pas été celui qui est célébré dans le monde entier aujourd’hui.Nous avons choisi, pour ce premier article dans la rubrique « Stolen Legacy » de remettre les pendules à l’heure et de rendre à Dona Kimpa Vita, sa juste place dans le panthéon des grands révolutionnaires du monde, de ceux dont l’action a influé sur le cours de l’histoire de l’humanité.

 

Nous vous invitons à faire un bond en arrière de trois siècles, en 1704 plus exactement. Voilà pour l’espace temps. Pour l’espace géographique, nous nous retrouvons au Royaume Kongo, cet immense territoire du centre de l’Afrique, « découvert » par les caravelles portugaises à la fin du 15e siècle. Pour vous donner une idée de l’importance de ce royaume, il s’étendait de l’Angola au Gabon actuels, en passant par les deux Congo. S’il devait renaître de ses cendres aujourd’hui, ses richesses seraient incommensurables, ne serait-ce que par la manne pétrolifère dont regorge son sous-sol.   Nous y retrouvons une jeune fille belle, mince, élancée, aux yeux de braise, reconnue par tous comme une authentique prophétesse. Elle s'appelle KIMPA VITA alias Dona BEATRICE do Kongo, de son nom européen. Elle est âgée de 20 ans à peine mais elle a mis le feu de la révolte contre les Portugais et les missionnaires décadents du Vatican sur des kilomètres à la ronde, autour de la ville capitale, Mbanza Kongo.  D’après les annales, − elle serait possédée par l’esprit de Saint Antoine, d’où le nom donné au mouvement de révolte qu’elle dirige : « La Secte des Antoniens ». Toujours d’après les annales, Kimpa Vita, avant son délire mystique antonien, aurait fait partie d’une société secrète traditionnelle, le « Kimpassi »*, honnie par les missionnaires qui n’avaient de cesse de le faire disparaître....(Lire la suite voir lien ci-dessous la vidéo).

 

VIDÉO REFLEXION SUR LA "SOUFFRANCE D'UN CONTINENT":

 


 

LIRE LA SUITE DE L'ARTICLE(CLIQUEZ CE LIEN CI-DESSOUS ):

La mémoire de kimpa Nvita l'héroïne de royaume Kongo


05/07/2017
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Mémoire Culturelle:La Sacralisation du Pouvoir chez les Mongo

Nkumi et nkumu: 

La sacralisation du pouvoir chez les Mongo (RDC-ex-ZAIRE)

Nkumi and nkumu. Making Power Sacred among the Mongo (Zaire)
Luc de Heusch
 
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Chez les Mongo de la cuvette centrale du Zaïre, la comparaison des aires sud-orientale et sud-occidentale fournit un cas de figure exemplaire pour la compréhension du phénomène de la chefferie sacrée. Dans la première aire (Tetela), l’autorité des aînés de lignage (nkumi), liée à la fois à leur position généalogique et à leur générosité, est totalement dépourvue de signification magico-religieuse. En revanche, chez les Mongo du sud-ouest (Ekonda, Ntomba et Bolia), des chefs sacrés (nkumu) émergent en marge de l’organisation lignagère. Ils contribuent au contrôle de l’ordre social et de l’ordre naturel. C’est sans doute dans ce milieu culturel que s’est élaborée la royauté sacrée des Kuba, qui s’est développée plus au sud, au Kasaï.
 
Le pays MONGO, dans la Cuvette centrale du Zaïre, est un cas de figure pour l’anthropologie politique. La région sud-ouest présente diverses formes de chefferies sacrées, totalement inconnues ailleurs. Le contraste est particulièrement frappant avec la région sud-est, où j’ai effectué une enquête durant deux ans, en 1953 et 1954.
 
Dans le nord du Kasaï, à la lisière de la grande forêt, les TETELA se caractérisent par une forte organisation lignagère où le pouvoir appartient aux aînés des divers segments ; à l’échelle d’une tribu autonome, c’est l’aîné de la branche aînée qui exerce l’autorité sur l’ensemble du lignage maximal. L’aîné du lignage maximal aîné est le chef d’une tribu tout entière, mais les divers segments constitutifs de la société jouissent d’une grande autonomie. Ces aînés, tous appelés nkum' ékanga, ne sont investis d’aucun pouvoir rituel et leur prestige dépend essentiellement de leur générosité. Lors de leur investiture, les chefs des lignages maximaux, comme les aînés de segments inférieurs, acquièrent le droit de danser en public avec une peau de léopard sur le dos, au prix d’un vaste potlatch que j’ai décrit autrefois (de Heusch, 1954). Mais un proverbe affirme que le travail de chef (le devoir de générosité) ne finit jamais. Pour faire face à cette exigence, Kokolomami, le grand chef des Yenge, qui jouissait d’un prestige considérable dans la région, possédait un grand nombre de femmes. Chez les Tetela, le mariage fait du mari le débiteur permanent de son beau-père et de ses beaux-frères. Aussi bien est-ce à l’aide des aînés de son lignage que Kokolomami réussissait à remplir ses nombreuses obligations matrimoniales. Le chef de tribu n’est pas en droit d’exiger un tribut (sinon une part de tout gros gibier abattu) mais il bénéficie d’un certain nombre de dons perçus à titre d’hommage. Il reçoit un cadeau lorsqu’il est invité à se rendre en visite, lorsqu’il arrive chez son hôte ou s’en va. Tout chef de lignage maximal perçoit théoriquement « la chèvre de la tombe » lors des funérailles ; il est obligatoirement gratifié d’un don lorsqu’un léopard est abattu par un chasseur dépendant de lui, etc. Mais, de l’avis général, les chefs se dépensent pour les leurs et le principe de la générosité est au premier plan de la définition du pouvoir.
 
Celui-ci se manifeste principalement dans le domaine judiciaire ; c’est un conseil d’aînés qui tranche les différends locaux ; seuls les cas graves sont évoqués devant le tribunal constitué par l’ensemble des chefs de lignage.
 

2Les chefs de lignage maximaux sont entourés chez les Yenge d’un corps de guerriers, les ahuka, qui exercent aussi la fonction de messagers. Leur comportement quelque peu matamoresque effraie les enfants. Ils participent aux enterrements et étaient jadis les exécuteurs des hautes oeuvres. Ils ont mauvaise réputation. Ce petit groupe remuant s’agite autour des étrangers de marque lors de leur arrivée au village : le visage barbouillé de noir, ils brandissent une lance menaçante. Ce comportement amuse l’assistance qui n’est pas dupe du jeu. Cette petite troupe est mixte : elle est composée des descendants, hommes ou femmes, de guerriers qui peuvent s’enorgueillir d’avoir tué un ennemi au combat. Ces guerriers saluent aussi bruyamment le chef de lignage le jour de son investiture lorsqu’il surgit de la forêt, accompagné de ses femmes et de ses proches parents, tacheté de blanc pour imiter le pelage de l’animal. Dans ce cortège, les uns portent la peau du léopard sur le dos, les autres exhibent seulement un collier de dents de léopard. Cette assimilation du chef et des siens à l’animal le plus fort et le plus redoutable de la forêt est d’ordre métaphorique. Le rite ne confère en aucune façon au chef confirmé dans sa fonction le pouvoir de se transformer en fauve, ce qui est notamment le cas du roi sacré des Kuba lorsqu’il désire se venger d’une offense. Mais la métaphore est suffisamment forte pour qu’elle interdise au chef et aux membres de son segment de lignage de consommer la chair de cet animal.

 

Le pouvoir est investi dans l’ordre familial chez les Tetela ; il n’est que l’extension au niveau du lignage (plus ou moins étendu) du pouvoir du père. Il n’implique aucune mainmise sur les hommes et les produits de leur travail. Il se monnaie dans une économie de potlatch où il importe de se dépenser sans arrêt. Tout est affaire de prestige ici. Il existe chez les Yenge des chefs de lignage maximaux fort peu considérés mais l’autorité de Kokolomami, l’aîné de tous les Yenge, dont la devise proclamait : « le tonnerre du ciel, tous les hommes l’entendent », était considérable.4Maître théorique de la terre (owandji wa nkete), le chef de tribu, pas plus que le chef de lignage, ne détient de pouvoir magico-religieux. Seuls les devins-guérisseurs, regroupés dans la même association que les forgerons, ont la faculté d’entrer en rapport avec les esprits errants de la nature (edimu) qui constituent l’une des sources majeures du malheur et de l’infortune.5La configuration politique est fort différente dans la région forestière avoisinante, dans les tribus hamba, qui sont étroitement apparentées aux Tetela au sein d’une même généalogie. Hamba et Tetela de la savane affirment tous descendre du même ancêtre, Ankutshu a Membele. Dans la forêt les grands lignages se sont émiettés et l’on a vu surgir une institution originale, la société fermée des nkum’okuna (maîtres de la forêt). Celle-ci s’oppose de manière évidente au désordre des guerriers ahuka et tend à vider le pouvoir de toute connotation violente. Le symbole par excellence du nkumi c’est la cloche elundja, symbole de paix. Lorsqu’un nkumi bat l’elundja, la querelle s’apaise. Cette association fermée qui s’est imposée au-delà de l’horizon tribal, comporte de multiples grades, variables d’une région à l’autre. Ils s’obtiennent grâce à des paiements distribués aux membres. Lorsque chez les Djumbusangaa ou les Djembu, le candidat sollicite le droit de battre l’elundja, on le met en présence d’un choix décisif entre les armes et la cloche. On adjure alors le candidat de se soumettre aux règles morales et de se montrer généreux envers les autres nkumi d’abord, mais aussi envers tous les hommes. On voit prendre corps ici une certaine image du nkumi comme big-man : il se promène avec une espèce de gibecière à l’épaule ou un panier de femme sur le dos, dans lesquels se trouve symboliquement de la nourriture ou des richesses qu’il est censé distribuer. L’entrée dans l’association et l’acquisition des divers grades ultérieurs s’obtient elle-même par la générosité en distribuant des monnaies de cuivre aux autres nkumi.
 
Le nkumi se déplace avec une lance de prestige (en fer rehaussé d’un fil de cuivre) qui s’oppose explicitement à la lance de guerre : lorsque le premier emblème est planté dans le sol, il met fin aux querelles et aux disputes. L’assemblée des nkumi constitue le tribunal du village ou d’une région.
 
Les nkumi partagent à cet égard le pouvoir avec les chefs de lignage qui font partie généralement de l’association. Ceux-ci y occupent le plus souvent des fonctions éminentes. Chez les Djembu ils contrôlent les rites d’initiation, ils ont le dernier mot dans les palabres.7Cette organisation supra-familiale crée un réseau de solidarité entre les villages et les tribus : tout nkumi en voyage bénéficie en effet de l’hospitalité de ses pairs et participe pleinement aux réunions de ses hôtes avec des droits égaux. Les nkumi se réservent un certain nombre d’animaux, dont la liste varie d’une région à l’autre. Ils interviennent parfois auprès des ancêtres en cas d’insuccès de la chasse au titre de « maîtres de la forêt », mais ils n’exécutent aucun rituel proprement religieux. Ils forment plutôt un club récréatif où l’on prend plaisir à chanter et à danser en imitant le comportement des animaux.8Ce pouvoir acquis par des dons s’oppose symboliquement à l’ordre familial et lignager. Au moment où il reçoit la cloche elundja, dont le son appelle la concorde, le récipiendaire rompt un interdit significatif : chez les Djumbusanga comme chez les Djembu, il évoque le sexe de son père et de sa mère. Le nkumi, dit-on, doit être au-dessus de la honte. Mais le nkumi est le défenseur patenté de la morale et du droit et à ce titre il n’est plus solidaire de sa famille au cas où un proche parent serait impliqué dans un conflit. Il doit juger les siens avec la même impartialité que les membres des autres lignages.9La société intertribale des nkumi exerce son pouvoir sur l’ensemble du territoire. C’est pourquoi chez les Yenge, où l’institution commençait à pénétrer il y a une trentaine d’années, le nouveau nkumi « achète » les forêts et les plaines. Chez les Udjangi ces paiements se multiplient de manière fantasmatique : le candidat « achète » tour à tour le droit de franchir un arbre abattu, d’écraser les termitières, etc. Tout se passe comme si, au niveau du langage au moins, les nkumi tentaient d’empiéter symboliquement sur le pouvoir des chefs de lignages maximaux, maîtres de la terre. Nkumi signifie d’ailleurs « chef ». Mais leur domaine est plus spécialement la forêt, réserve inépuisable de gibier.10Ce pouvoir ne cesse d’être associé au léopard. L’acquisition d’un collier de dents de fauve constitue partout l’un des grades majeurs. Mais ce n’est plus la violence du léopard qui est exaltée ici : au contraire, dans les rites, les nkumi imitent la démarche réservée et prudente de cet animal. Ils créent ainsi un espace de paix qui contraste avec l’agitation des guerriers qui, dans la savane, se démènent bruyamment autour des grands chefs de lignages, métaphoriquement assimilés à de dangereux fauves. Il est significatif que l’institution des nkumi ait provoqué la disparition du corps constitué des guerriers héréditaires chez les Hamba de la forêt. Lorsqu’ils se réunissent à quelque distance du village, dans une enceinte interdite, protégée par un mur de feuillage, les nkumi doivent déposer sur le sol leurs couteaux, affirmant ainsi leur vocation pacifique. Mais ce lieu de paix est aussi celui où, théoriquement, les maîtres de la forêt exercent collectivement leur droit de vie et de mort. Chez les Djembu on peut y voir notamment une petite potence miniature qui rappelle que les criminels étaient pendus jadis en vertu d’un jugement rendu par la confrérie.11La société des maîtres de la forêt investit donc totalement l’espace du pouvoir dévolu chez les Tetela de la savane aux seuls chefs de lignage. Il s’agit là d’une transformation récente et toutes les traditions des Hamba disent clairement que le berceau de l’institution se trouve chez une population septentrionale, les Ankuthsu. Cette révolution politique pacifique n’a pas altéré profondément le sens même de l’autorité : c’est toujours par la générosité que le nkum’okunda (maître de la forêt) comme le nkum’ekanga (chef de lignage) maintiennent leur prestige et acquièrent ainsi une relative autorité. A l’inverse du second, le premier est impuissant à imposer le contrôle de l’ordre à titre individuel : il ne peut agir qu’au sein d’une confrérie, qui tire une partie de son autorité du secret dont s’entourent les rites d’initiation. Ceux-ci sont variables d’une région à l’autre et ne s’accompagnent d’aucun enseignement mythique. La sphère des maîtres de la forêt est indépendante du domaine magico-religieux, comme l’est la définition du pouvoir dans l’ordre lignager.
 

Nkumu

A. Ntomba

12Tournons-nous à présent vers les Mongo du sud-ouest. Nous nous trouvons en présence d’une véritable révolution idéologique ; le passage du nkumi au nkumu se marque en effet par l’émergence du pouvoir sacré. Celui-ci est désigné du terme ekopo, qui désigne la peau de léopard (Müller, 1955 : 3 et Sulzmann, 1959 : 393). Un article datant de 1930 (publié en 1939) nous décrit cette étrange figure chez les Ntomba méridionaux (Stas, 1939 : 109-123). Stas se limite à la description des nkumu de haut rang de la région de Bikoro (Müller, 1955 : 3)

13Le nkumu cumule les fonctions de juge et de magicien-guérisseur, toujours soigneusement distinctes chez les Hamba-Tetela. C’est par son intermédiaire que les hommes communiquent avec les ancêtres et les esprits de la nature (elima). A ce titre, il préside aux destinées du groupe. C’est notamment lui qui désignera l’emplacement des nouveaux villages. Il dirige les cérémonies funéraires au cours desquelles des libations de vin de palme sont répandues sur les tombes. C’est là aussi que le nkumu intervient auprès des ancêtres lorsqu’un fléau s’est abattu sur le territoire. Exorciste, il a le pouvoir de chasser l’esprit elima qui empêche une femme d’accoucher, ou de l’apaiser lorsqu’il entrave le succès de la chasse. Mais il peut aussi paralyser cette activité par ses sortilèges si la part du gibier abattu qui lui est dû au titre de tribut ne lui est pas apportée.

14Ces pouvoirs considérables s’acquièrent par des dépenses ostentatoires suivies d’une initiation qui porte la marque de la rupture. Le nkumu est véritablement un big-man investi d’un pouvoir rituel. Le candidat, le corps barbouillé de noir de charbon, commence par rendre visite à l’ensemble de sa parenté pour rassembler les nombreuses monnaies de cuivre qu’il devra distribuer pour acquérir la dignité de nkumu : celle-ci s’acquiert donc par une démonstration de générosité, comme la qualité de nkumi chez les Hamba. Mais la dignité de nkumu diffère radicalement de celle-ci. Alors que les nkumi agissent toujours collectivement, le nkumu est seul face à son groupe ; en outre, et la différence est de taille, les nkumi hamba (pas plus que les chefs de lignage tetela) ne se voient attribué de pouvoir rituel.
 
15Or, le nkumu, quant à lui, fait véritablement figure de chef sacré. Au début de la cérémonie d’investiture, il se rend la nuit dans le cimetière où reposent ses ancêtres, accompagné de sa parenté et des gens importants du village, pour obtenir l’agrément des défunts. Les épouses du candidat le débarrassent de la couleur noire qui le recouvrait et le fardent en rouge. Il demeure enfermé dans sa maison durant un mois. L’accès en est interdit au moyen d’une barrière et le nkumu doit acheter le droit de sortir de chez lui. Au terme de cette période de réclusion, tous les chefs de famille sont invités à recevoir leur part du prix de l’investiture. Le candidat dépense « une fortune » (Stas, 1939 : 115). Le nouveau nkumu acquiert dès lors le droit de prélever des tributs sur la chasse et la récolte.16Etrange marché à vrai dire. Il ne s’agit évidemment pas d’un acte de pure réciprocité car le potlatch, fût-il exorbitant, ne compense évidemment pas la créance perpétuelle que le nkumu détient sur le groupe. En fait, le nouveau chef est censé apporter par la voie des rites d’immenses bénéfices à la société. Et ce pouvoir est d’un ordre particulier, il ne prend pas sa source dans l’ordre familial. Au contraire, il lui est extérieur, il est d’ordre transcendant. Le premier des nkumu, Mungu-Mpembe, était une créature d’origine céleste, munie d’une petite queue. Il relève donc de l’ordre supra et infra-culturel (il ressemble à un animal). L’on ne connaît rien de sa famille ni de sa patrie (Stas, 1939 : 118-121). C’est un être solitaire et déraciné qui s’est imposé par sa magie. Cet étranger prit possession de la terre de Ntomba par un acte de souveraineté magique. Il planta son pied dans le rocher où son empreinte s’inscrivit comme s’il s’enfonçait dans de la terre molle. Il fut aperçu quelques temps après par une femme qui prit peur à la vue de ce « géant ». Mais Mungu-Mpembe la retint et se présenta comme un seigneur doté d’une grande puissance. La femme s’en retourna annoncer la nouvelle à son mari. Celui-ci refusa d’accueillir l’étranger mais son frère y consentit. Mungu-Mpembe lui fit présent de sept cents barres de cuivre. Mais les hommes n’étaient pas disposés à recevoir cet inconnu et sa suite. Celui-ci accomplit alors un prodige : en un instant une petite termitière se mit à grandir pour atteindre la hauteur d’un arbre. Les autochtones furent impressionnés par cet exploit et se montrèrent plus accommodants.17Ce court mythe est fort instructif. Il rend compte de la nature ambiguë du pouvoir nouveau, l’ekopo : introduit par un potlatch, il s’impose par une démonstration de puissance magique. Le mythe rappelle complaisamment l’efficacité des médecines et des sortilèges de Mungu-Mpembe, héros culturel qui apprit aux Ntomba l’art de fabriquer des pots de cuisine et des pirogues. Ce portrait quasi frazérien d’un chef qui s’impose par l’exercice de sa magie ne retrace évidemment pas un processus historique ; il rend compte de la nature rituelle d’un pouvoir sacré venu d’ailleurs. Ce big-man généreux et protecteur est censé avoir réuni autour de sa personne un nombre considérable d’hommes ; il distribua l’ekopo à d’autres, et c’est ainsi que les nkumu se multiplièrent. Il prit le titre de Yeli et percevait des droits importants lors de l’investiture d’un nouveau titre. Tous les villages furent ainsi dotés d’un nkumu. Au village principal de Mpasha, l’on compte une douzaine de successeurs de Mungu. Celui qui régna entre 1850 et 1880 fit régner la terreur.18Un second article datant de 1944 apporte des précisions complémentaires sur la « chefferie rituelle » des mêmes Ntomba (Tumba), institution aujourd’hui disparue. Cette étude, due à H.D. Brown, porte plus spécialement sur l’un des sous-groupes ntomba de Bikoro, les Bonginda (cf. Müller, 1955 : 3).19La société ntomba se compose de familles étendues placées sous l’autorité de patriarches, maîtres du sol. L’institution politique de l’ekopo rompt avec ce système patriarcal car le nkumu, choisi par un village ou un quartier, est toujours un étranger riche, capable d’effectuer les nombreux paiements liés à l’acquisition de sa charge. L’insigne principal de sa fonction est un chapeau de vannerie, orné de deux grands disques de cuivre. Curieusement, lorsque ce couvre-chef est présenté au nouveau nkumu, l’on assiste à un véritable marchandage. Le candidat commence par offrir un nombre dérisoire de barres de cuivre ; on le presse alors d’en donner davantage et la scène se répète jusqu’à ce qu’une centaine d’unités aient été livrées. Durant la retraite d’un mois, la femme rituelle du nouveau nkumu, la nsono, est accapareuse de nourriture. Assise sur le siège du nkumu, silencieusement, elle dépouille de leur charge tous ceux qui passent devant elle avec des vivres. Font exception à cette règle les membres du groupe qui a appelé le nkumu. Désigné du terme molembe, ce groupe fera figure collectivement de « mari » du nkumu. Celui-ci et les membres de sa famille doivent partager avec les membres du molembe le léopard, l’éléphant et d’autres animaux abattus à la chasse. Mais les membres du molembe font de même vis-à-vis du nkumu et des siens. Lorsque ce dernier sort de sa retraite, à la fin des rites d’investiture, il doit se dépenser largement en honorant par un don tous ceux qui viennent lui rendre hommage. Le poids économique de la charge est donc considérable. Comme le chef de lignage tetela, le nkumu ntomba accède à sa dignité par un véritable potlatch. A cet égard les deux institutions sont structurellement apparentées, bien que la seconde se sépare radicalement de la première par la nature même de la fonction.20Un trait caractéristique apparente le nkumu aux chefs sacrés frazériens : il ne peut mourir de mort naturelle. Lorsque sa fin approche, les pygmées twa qui sont à son service viennent l’étrangler. De nombreux esclaves sont tués et mangés à l’occasion de ses funérailles.

B. Ekonda

21La même tradition relative à la mort rituelle du nkumu a été rapportée chez les Ekonda (Van der Kerken, 1944 : 640). Ici le nkumu est l’intermédiaire entre le village et un génie local (elimaresponsable de la fécondité des femmes et du succès à la chasse (Müller, 1955 : 7). Cet esprit est essentiellement bienveillant, mais il est susceptible de se courroucer ; un feu brûle en son honneur dans la maison du nkumu. Aux yeux des mêmes Ekonda, le nkumu est dangereux pour la communauté durant la retraite qui précède l’investiture car l’esprit protecteur elima n’est pas encore fixé dans la maison rituelle qui ne sera construite qu’à l’occasion de l’installation. Après son investiture, un contact permanent s’établit avec l’elima protecteur par l’intermédiaire de l’anneau de fer que le nkumu porte au poignet gauche. Tout contact avec sa personne est prohibé. Le nkumu ne prenait jamais part à la guerre. Durant les combats, il demeurait assis sur sa chaise. La fonction d’intermédiaire entre le village et l’elima place le nkumu « dans une situation tout à fait exceptionnelle » (Müller, 1957 : 281-283).22Chez les Ekonda, le nkumu perçoit un tribut de chasse. L’aigle et le léopard lui appartiennent et on lui remet obligatoirement une part d’un certain nombre d’animaux de grande taille. Il exerce aussi des droits sur la personne des pygmées. Ceux-ci « appartiennent » au titre de dépendants à des chefs de famille particuliers, mais le nkumu a le droit d’exiger des corvées de tous les Twa du village où il exerce son autorité morale. Enfin, il est investi d’une autorité judiciaire (Müller, 1955 : 12) : il préside le tribunal villageois (Müller, 1957).C. Bolia23L’ekopo est une forme embryonnaire de pouvoir royal. Le mythe d’origine des Ntomba méridionaux relate qu’Ilanga, la soeur du premier nkumu Mungu Mpembe, régna sur les Bolia matrilinéaires. Or ceux-ci développèrent un véritable appareil d’Etat autour de la figure d’un chef sacré qui porte le nom même d’Ilanga. Vansina estime que cette formation politique se serait développée entre le XlVe et le XVIe (Vansina, 1965 : 80). Le royaume comprenait quatre provinces, gouvernées par des chefs héréditaires, issus du même ancêtre féminin Mpata. Ces quatre lignages assumaient la royauté à tour de rôle (Sulzmann, 1959).24E. Sulzmann ne doute pas que Vekopo est chez les Bolia le fondement d’un pouvoir politique appuyé sur le système religieux (idem, p. 394). Le prétendant au trône qui surgit dans le lignage qualifié doit affronter un certain nombre d’épreuves magiques pour être désigné. Les ancêtres, qui lui apparaissent en rêve, lui confèrent le don de prédire les prochains événements. Ils l’entraînent aussi auprès du souverain des esprits de la nature, Mbomb’Ipoku. Pour arriver à sa demeure souterraine le candidat doit marcher sur un long tronc d’arbre glissant au risque de tomber dans l’abîme (idem, p. 404). Le pacte conclu avec ce grand génie est l’élément essentiel du pouvoir sacré (Gilliard, 1925 : 229). Il situe celui-ci d’emblée dans la zone inquiétante de la sorcellerie car le candidat doit livrer au maître du monde surnaturel un certain nombre de victimes humaines choisies dans sa parenté. « Si j’avais encore mon père, ma mère, et mes frères et mes sœurs, serais-je encore en vie » déclare étrangement le chef suprême des Bolia à Gilliard. Durant son investiture, le candidat rend visite à divers génies au cours d’un long périple. L’un de ceux-ci, à qui il doit livrer une femme, lui procure le pouvoir de contrôler la pluie. Pour prouver la réalité de ces contacts avec le monde des esprits de la nature, le candidat doit pouvoir soulever une formidable tempête. Le jour de son intronisation, il communique directement avec la nature : lorsqu’il reçoit le pot rituel contenant du kaolin, symbole de souveraineté, tous les animaux de la forêt le saluent de leur chant ou de leur cri (Gilliard, 1925 : 230-234). E. Sulzmann présente une version légèrement différente : à la fin des épreuves préliminaires, le candidat appelle les animaux nocturnes qui lui répondent, attestant ainsi la bénédiction de Mbomb’Ipoku. C’est lorsque ces voix se font entendre que les autres prétendants au pouvoir abandonnent la partie. Aussitôt après la réponse des animaux, le candidat perd connaissance. Lorsqu’il revient à lui, il personnifie désormais Iyebelo i Mbomba, l’ancêtre de la dynastie, le plus jeune des triplés nés de la mère originelle Mpata qui épousa son frère utérin (Sulzmann, 1959 : 406 & 396). On ne pourrait dire plus clairement que le pouvoir royal s’enracine dans un univers naturel, marqué notamment par l’inceste et une fécondité naturelle excessive.25Cette sphère du pouvoir magique, je viens de le souligner, est aussi celle de la sorcellerie. Je développerai à présent cet aspect des choses, sans doute le plus surprenant. Le rôle central de Mbomb’Ipoku dans l’acquisition du pouvoir sacré est précisé par Nestor Van Everbroeck (1961). Ces indications précieuses établissent clairement que tout pouvoir se construit, chez les Bolia, sur une transgression.26Mbomb’Ipoku, le chef des esprits de la nature elima, ne fraie qu’avec les grands chefs. Ceux-ci n’entrent en contact avec lui qu’une seule fois dans leur vie, au moment de leur investiture. Ils entretiennent ensuite des rapports plus familiers avec les elima subalternes qui sont leurs épouses. Tout homme est susceptible de communiquer avec un elima à condition de lui être présenté par un ancêtre. Le prix de cette rencontre est toujours une vie humaine. L’ancêtre apparaît en songe à l’un de ses descendants et lui fait part de son désir de l’initier au pouvoir rituel iloki en l’avertissant qu’il devra offrir préalablement la vie d’un proche (neveu utérin, soeur, mère, enfant, épouse) à un esprit elima (Van Everbroeck, 1961 : 77 et 87). Le forfait est accompli par l’ancêtre en personne, assisté de l’ombre (esisa) de l’intéressé.27Cette initiation à la sorcellerie de clan (iloki i bokundi) confère de dangereux pouvoirs destructeurs mais son bénéficiaire ne pratiquera pas nécessairement cet art redoutable. En tout état de cause, ce n’est qu’après avoir bénéficié de cette connaissance que l’on peut ambitionner d’accéder à une charge politique, forme spécialisée de la sorcellerie. Van Everbroeck distingue deux formes de l’iloki : l’iloki i loboko, le pouvoir sur le sol, et l’iloki y ekopo, le pouvoir politique royal. Il est indispensable d’acquérir auprès d’un esprit elima, moyennant une vie humaine, le pouvoir sur la terre (nkumu e loboko). Cet échange confère la faculté de « connaître tout ce qui se passe aussi bien dans le monde visible qu’invisible », sur l’étendue du domaine dont il est propriétaire. L’esprit sollicité se montre bienveillant : il explique au nouveau chef de terre comment il doit s’y prendre pour assurer la prospérité générale, comment combattre l’action criminelle des sorciers. Il lui confère aussi le pouvoir de maudire le sol et ses habitants pour asseoir son autorité. L’iloki y ekopo désigne l’essence du pouvoir politique supérieur (littéralement la « sorcellerie » de l’ekopo). L’aïeul initiateur transporte le candidat chef dans les ruines de son ancienne résidence. Il convoque tous les esprits du village qui, moyennant la promesse d’une vie humaine, leur confèrent à tous deux la force de se rendre auprès de leur chef Mbomb’Ipoku. A celui-ci le candidat chef devra livrer plusieurs victimes, choisies dans sa parenté, pour être investi « du pouvoir sur les hommes, les animaux et les poissons de sa future chefferie » (Van Everbroeck 1961 : 92-95).28On aimerait évidemment en savoir davantage sur les rapports entre les chefs du sol et les détenteurs de l’ekopo, cette puissance supérieure venue d’ailleurs, transmise à l’origine par un géant venu du ciel (Ntomba) ou par Mbom’Ipoku « le seigneur de l’abîme » (Bolia).29Cette brève incursion chez les Mongo du sud-ouest montre comment la figure du big-man, est susceptible d’incorporer des valeurs qui sont fondamentalement étrangères aux Mongo du sud-est (Tetela-Hamba) pour donner naissance à une conception radicalement différente du pouvoir. Qu’elle soit d’essence purement magique ou qu’elle s’enracine au moins partiellement dans la sorcellerie, l’autorité associée au concept ekopo se situe à un point de rupture. L’ordre politique des chefs de lignage chez les Tetela, ou l’association intertribale des maîtres de la forêt chez les Hamba, maintiennent fermement le pouvoir à l’intérieur de l’ordre social : quels que soient les droits matériels secondaires dont il bénéficie, le détenteur de l’autorité (à titre individuel ou collectif) est théoriquement le débiteur du groupe qui assure un débouché à sa vanité. En revanche lorsque, chez les Ntomba, un homme ambitieux dépense avec ostentation pour devenir nkumu, il acquiert des droits considérables ; il perçoit un tribut en vertu des pouvoirs surnaturels qu’il se voit conféré avec un mélange ambigu de crainte et d’admiration. C’est par le détour de la magie que le big-man se trouve au fondement de la royauté bolia.30On ne s’étonnera pas dès lors de voir Vansina attribuer une origine mongo à la royauté kuba. Rappelons la dernière position de cet auteur. De nombreux rapprochements permettent d’affirmer que les ancêtres des Kuba étaient apparentés aux Mongo du sud-ouest. En particulier le concept d’autorité sacrée ekopo doit être rapproché du principe fondamental de la royauté kuba : il ne dérive pas de la séniorité dans l’ordre familial mais s’enracine dans le contrôle d’un territoire. L’ekopo des Bolia transcende l’ordre familial dans la mesure où il se réfère à des esprits du sol.31Le terme ekopo apparaît sous des formes diverses dans la tradition orale kuba et le complexe de la royauté sacrée pourrait fort bien dériver du pouvoir mystique que certains chefs territoriaux (kum) acquièrent en pays mongo auprès des esprits de la nature, dont dépend leur légitimité. (Vansina, 1978 : 97). Le roi kuba, assimilé à un esprit de la nature, maître absolu de la fécondité et de la fertilité, est à la fois magicien et sorcier. Il ne livre aucun membre de sa famille à une divinité cannibale mais il s’unit incestueusement (et en secret) à une soeur, puis épouse une petite nièce de son lignage au moment de son investiture. Le roi, tel un sorcier, a la faculté de se transformer en léopard pour se venger de ses ennemis. Tel un sorcier, il s’identifie à l’ordure (Vansina, 1964 : 100, 103 & 110).32Au-delà de ces liens historiques directs, il existe entre la problématique de la chefferie sacrée telle que la posent les Ntomba et la geste de fondation du royaume luba du Zaïre méridional des liens structuraux. On se souviendra que le mythe d’origine de l’ekopo attribue à un étranger, d’origine céleste, Mongu Mpembe, l’introduction des mystérieux pouvoirs de l’ekopo. C’est encore un étranger, un chasseur cette fois, qui introduit le principe de la royauté sacrée (bulopwe) chez les Luba. (de Heusch, 1972, chap. I).33Prince du monde d’en haut, homme de belle prestance, séducteur, Mbidi Kiluwe octroie généreusement aux autochtones qui l’accueillent le gibier, comme Mongu Mpembu le géant leur distribue des monnaies de cuivre. Le chasseur et le big-man se trouve occuper la même position de donneur par rapport à un groupe d’accueil auquel ils apportent le principe magique de la royauté.34Dans les deux cas le pouvoir sacré fait irruption de l’extérieur, sans violence. Etre déterritorialisé, le chef venu d’ailleurs impose un nouveau type de relation politique par la voie retorse de la séduction. On mesure dès lors la valeur exemplaire de l’opposition que nous avons tracée d’entrée de jeu entre les Mongo du sud-est, qui ignorent toute espèce de sacralisation du pouvoir, et les Mongo du sud-ouest, où celle-ci fait irruption au sein d’un système de pensée également fondé sur la prééminence du big-man. L’Afrique centrale offre un modèle de transition entre deux formes de pouvoir qui se trouvent dans un rapport d’incompatibilité en Océanie. Il semble bien en effet exister là-bas un hiatus insurmontable entre les sociétés mélanésiennes à big-man et les formes polynésiennes de la royauté sacrées. Pierre Clastres a mis l’accent sur cette opposition dans son introduction à l’oeuvre de Marshall Sahlins. Il a bien montré qu’il existe une opposition radicale entre la position du big-man mélanésien, qui se trouve perpétuellement en dette vis-à-vis du groupe qui maintient en laisse son ambition effrénée, et celle du chef polynésien, qui a la capacité d’imposer le tribut (Clastres, 1976).

 

35Si en Afrique Centrale, le big man réussit parfois à opérer le renversement de la dette, en imposant le tribut à ceux envers lesquels il s’est d’abord montré généreux, c’est en vertu d’une nouvelle idéologie, celle-là même qui se trouve au fondement de la royauté sacrée : l’efficace du pouvoir se trouve dans l’exercice ambigu de la puissance magique. Sur ce point fondamental, Frazer ne s’était pas trompé. Il n’a pas aperçu cependant que la royauté magique se situe à un tournant décisif des transformations structurales du pouvoir. Le big-man généreux ne peut transformer son prestige en autorité qu’à la condition de prolonger dans le monde imaginaire sa fonction de donateur. Il doit faire alliance avec le monde des esprits pour que sa générosité apparente devienne le ciment de la royauté. Ce nouveau consensus, fondé sur une feinte suprême, n’a cessé d’être l’idéologie du pouvoir sacré ou divin dans les sociétés historiques, jusqu’au jour, récent, où émergea, sans grand succès à l’échelle planétaire, l’idée que le souverain serait soumis à un Etat de droit où il cesserait d’être le représentant incontrôlable d’une fonction magico-religieuse prétendument garante de la prospérité générale — ou du destin de l’histoire.

 

 

SOURCE:Span.revues.org

AMMAFRICA WORLD


16/06/2017
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(VIDEO)Devoir de Mémoire:Toute la Vérité sur les conflits LUBA/LULUA et l'obscurantisme sous Mobutu!

L'INDEPENDANCE DU CONGO  ET L'OBSCURANTISME POLITIQUE 

POURQUOI LA HAINE DES LUBA CONTRE LUMUMBA?...

LES CONFLITS AU KASAI EXPLOITES PAR LA BELGIQUE ET LA COMPLICITÉ DES ÉLITES CONGOLAISES CORROMPUES!
L’Obscurantisme est le meilleur moyen de gouvernement qui ait jamais été imaginé. Il consiste à plonger le cerveau humain dans un état spécial, dans une sorte de stupeur ou d’atrophie. L’Obscurantisme est plus néfaste encore que l’Ignorance. L’ignorant est un homme qui ne sait pas, qui manque de connaissances. L’obscurantisme ne se borne pas à laisser en friche l’intelligence humaine, il cherche à l’asservir et à l’émasculer. L’Obscurantisme est la doctrine qui prétend que le peuple n’a pas besoin d’éducation et qu’il n’est pas nécessaire de s’instruire pour faire son salut.
Le seul remède de l’obscurantisme religieux(ou politique) c’est le Libre Examen. La RAISON est vraiment libératrice!
Les cléricaux le sentent si bien qu’ils refusent systématiquement de laisser toucher à leurs mythes et à leurs dogmes. « Les croyances doivent être respectées », répètent-ils à l’envi. Par conséquent pas de discussion, pas de recherche, pas de critique. Excellent moyen pour maintenir sous la tutelle de l’Église quantité de cerveaux paresseux et rebelles à l’effort, qui continuent de croire et de pratiquer par habitude, par tradition (et souvent aussi par calcul ou par hypocrisie). Pour sortir de l’obscurantisme, il suffit d’avoir la volonté de voir clair et de s’émanciper.
Dixit André Lorulot 

 

Toujours dans notre souci pour un éveil de la conscience afin de pulvériser la nation pour cette mauvaise odeur qui emprisonne les esprits tout en les maintenant dans "l'obscurantisme" et en l'empêchant de vivre en  harmonie ce peuple appelé plutôt à vivre ensemble comme un seul pour un avenir glorieux prophétisé par des hommes épris de paix et de justice depuis très longtemps!

 

Ammafrica a voulu comprendre la haine viscérale que la plupart des "LUBA" manifeste à l'égard de feu LUMUMBA ainsi que ses principaux lieutenants qui sont morts à Bakwanga (Mbuji-Mayi actuelle), et les découvertes nous feront alors comprendre à quel point ceux qui, pour le goût du pouvoir et des intentions machiavéliques ont pu utiliser leur propre peuple pour le sacrifier sans aucune pitié sur les conséquences dans la suite des temps, en les maintenant tous dans un obscurantisme politique dont on constate le résultat de nos jours! Et pour se faire, ils colleront toutes ces fautes criminelles sur la mémoire de LUMUMBA alors que cela ne visait que tout simplement à affaiblir son gouvernement!

 

La vérité de l'histoire, même longtemps "étouffée", elle finira par triompher coûte que coûte!

 

Nous appelons le peuple Congolais de partout ainsi que le peuple "LUBA" de bien vouloir se libérer de tous ces mensonges utilisés pour leur manipuler afin de servir sans le savoir, aux intérêts égoïstes d'un petit groupe de gens pour la cause de leur "Bourgeoisie"!

 

Puisse le Bon Dieu de lumière guide vos coeurs!

 

Ammafrica

 

CONFLITS  "LUBA/LULUA" OU LA TRAGEDIE D’UN MEME PEUPLE?: L'HEURE DE LA VERITE A SONNEE!

 

Arbre des palabres :

Lieu où se réunissaient les sages et les anciens pour débattre des problèmes de la société. En ce lieu, on parlait, entre autres sujets, de jeunes pousses qui étaient l’espoir du clan ou de la tribu. On soulignait aussi les cancres du clan. Ceux à qui il ne fallait pas confier la garde du poulailler. De peur qu’ils ne vendent et les œufs et les poules ruinant ainsi tout le clan ! Nous pensons que Mbokamosika est un arbre à palabres.



Nous avons choisi de revenir sur un des épisodes douloureux de l’histoire de notre pays, le Congo. Ceci pour apporter notre modeste contribution. Nous sommes persuadés qu’il y a des compatriotes qui savent plus que nous. Le Congo dit belge, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne fut jamais un écoulement d’un fleuve tranquille pour la Belgique. La région centre du pays a donné son lot de tumultes dans l’écoulement de ce fleuve de la colonisation. Nous allons voir les drames qui découlèrent de cette situation. Notre souci est de parler de l’histoire de notre pays loin de toute agitation partisane. Les faits que nous allons relatés ont été connus et vécus par plusieurs d’entre nous. 

 


Nous sommes en 1958.

 

 

La Belgique, état colonial en République Démocratique du Congo, organise des élections aux assemblées provinciales. C’est la première fois que les Belges convient les « indigènes » à cet exercice. Il faut préciser que la Belgique a créé une classe sociale dans sa colonie. C’est la classe dite des évolués : des Congolais et des Congolaises qui, après un temps d’apprentissage des us et coutumes des Europpéens, se voyaient confié un numéro d’assimilés qui faisait d’eux des évolués, une sorte de classe sociale proche des blancs et pouvant être assimilée à ceux-ci...(sic) Lors de ces élections, la grande majorité de candidats était issue de cette classe. A l’époque, s’exprimer en français était déjà une grande référence dans l’échelle sociale. Parler le français, pour nos grands pères, signifiait être apte à discuter et traiter d’égal à égal avec le Blanc. Du moins, nos grands pères pensaient qu’une personne s’exprimant en français pouvait bien les représenter auprès du Blanc, le « muzungu ou mbula matadi ». Voyons comment ces élections provinciales se déroulèrent dans le Kasai et à quelle tragédie elles aboutirent…



La province du Kasaï, d’après le découpage des Belges, occupe le centre du Congo. Cette province est l’une des six qui constituaient l’ex Congo belge. Elle avait, à cette époque, quelques grandes villes comme Kabinda, Luebo, Muene-Ditu, Tshikapa, Luluabourg, Lusambo, Tshimbulu, Luiza Kambayi, (Sentery) actuel Lubao, Port Franqui ou Ilebo etc…Le chef-lieu de la province, fut Lusambo, dans le pays tetela. Dans cette province, comme partout au Congo, on retrouvait le règne absolu de la trinité belge « colon-administrateur-mumpe ».

 

Après la deuxième guerre mondiale, il y eut beaucoup d’effervescence au sein de la Force Publique (armée coloniale) de la part des autochtones, c’est-à-dire des soldats congolais. Cette agitation était conforme à l’éveil de nos grands pères. En effet ceux-ci avaient bataillé pour le compte de la Belgique jusqu’au Moyen Orient. De cette expérience, naquit une certaine maturité et un esprit de revendication. Cette révolte se solda par une répression sans pitié de la part du colonisateur. La garnison la plus concernée par ces faits fut celle de Luluabourg. Mais ceci est une autre histoire. Mais ces faits furent parmi les éléments qui firent comprendre aux Belges que les Congolais de cette région ne se laisseront plus faire longtemps.



La ville de Lusambo, en tant que chef-lieu de la province, fut un centre de brassage de tous les peuples de la province. On y trouvait des Luba, des Tetela, des Songue, des Lulua, des Babindi, des Kuba, des Kanioka, des Tshokwe etc…C’est ainsi que Monsieur Joseph Ngalula Mpanda Njila est né dans cette ville. Le colonisateur selon ses impératifs du moment, estima que le chef lieu de la province devait être transféré de Lusambo à Luluabourg, actuel Kananga Malandji wa Nshinga. A cet effet, les Belges organisèrent des festivités et un tournoi de football. Les équipes de Luluabourg et Lusambo croisèrent les fers. L’équipe de Luluabourg remporta ce match. Ce qui fit dire à beaucoup que les Belges avaient mis comme enjeu de ce match, le chef lieu de la province. Et que c’est suite à cette victoire que Kananga devint le chef lieu de la province. Ce qui n’est pas conforme aux faits. Les Belges n’en avaient cure des colonisés qu’étaient nos grands pères à ce moment là. Seuls leurs intérêts politiques, économiques et religieux primaient.



Nous devrons dire ici que tout Belge était un agent informateur pour son pays sur tout ce que pouvait dire ou faire les autochtones. En premier lieu sur tout comportement pouvant amener à la mise en question de l’autorité coloniale belge. Dans toute la contrée du Kasaï, la classe moyenne est à majorité belge. Et les rapports entre les commerçants belges et les autochtones ne cessaient de se dégrader. L’esprit revendicatif des Congolais devenait de plus en plus fort. C’est dans cet esprit qu’il y eut des incidents à Kanyuka. Incidents entre Mr Maurice Benoît, agriculteur éleveur de son état, et les autochtones. Il y en eût encore d’autres en septembre 1959 à Tshibambula et à Ndemba. Incidents qui firent des morts. Jusque là, ces affrontements opposaient Belges et Congolais.



Nous arrivons en 1959, année des élections au Conseil de législation de la province. Il faut rappeler ici que ces élections furent organisées partout au Congo. Elles étaient une réponse à la montée nationaliste dans tout le pays. Il faudrait dire que suite à l’esprit revendicatif dans la province, les Belges avaient mis au point une bonne stratégie pour affaiblir les Congolais : « diviser pour mieux régner ». C’est ainsi qu’il fut répandu les bruits du Muluba Lubilanji qui est venu dominer le Muluba Lulua. Le Muluba Lubilanji occupe les grandes et belles maisons de Kananga...il faut le chasser et prendre ainsi sa maison. C’est le Muluba Lubilanji qui est commis, clerc ou agent comptable du blanc. Il faut le chasser pour occuper ses emplois qu’il domine etc…



C’est dans ce climat qu’arrivent ces élections de 1959. Il faut souligner que le conflit personnel de leadership au sein du MNC, entre Albert Kalonji et Emery Patrice Lumumba, était déjà latent. Aux aspirations à l’autonomie, s’ajoute un climat de suspicion et de méfiance entre Luba et Lulua. Comme en toute période électorale, chaque candidat avait mobilisé ses partisans. Mais très vite, il apparut deux camps bien antagonistes entre Lulua et Luba. La visite de Lumumba à Kananga ne fut pas pour calmer les choses. A savoir qu’Albert Kalonji briguait le poste de gouverneur. L’appui de la grande communauté tetela aux Lulua fut interprété par Kalonji comme une manœuvre de Lumumba contre sa personne dans leur affrontement pour le leadership du MNC. Pour le plus grand bonheur des Belges, le climat entre les deux communautés ne faisait qu’empirer. Le verdict des urnes ne fut pas favorable à Kalonji et aux siens. Monsieur Barthélemy Mukenge Shabantu et sa coalition avait remporté la majorité.

 

Les représentants politiques des deux communautés décidèrent de se rencontrer pour la composition du gouvernement provincial. Les Luba Lubilanji demandèrent à ce qu’un des leurs, en l’occurrence Joseph Ngalula, soit vice-gouverneur. Mais le jeu des alliances politiques fit que ce poste échut à un Mutetela et Ngalula fut nommé au ministère de l’intérieur. Chose que les Luba Lubilanji rejetèrent bien entendu. N’ayant obtenu que 3 ministres, les Luba lubilanji s’estimèrent lésés ! Et sous l’instigation de Ngalula, Kalonji et d’autres leaders, le mot d’ordre du retour fut lancé. Il faut dire que Joseph Ngalula était revenu au Kasaï, sur le plan politique avec et en appui de Albert Kalonji. Une question fondamentale se posa aux Luba Lubilanji.

 

Retour ? Mais Où ?

 

 

 

De Kananga à Tshikapa, de Ilebo à Muene-Ditu, on ne s’est jamais chamaillé pour ce genre de sujet.

 

Les Luba, toutes tendances confondues, ont toujours habité le Kasaï. Et ce depuis des temps immémoriaux où ils avaient quitté Mutombo Mukulu et Nsanga Lubanga. Et voici qu’il faille partir…Nous devons nous interroger sur cette habitude qui prévaut encore. Celle de penser que parce qu’on a trois, quatre ou cinq ministres de son patelin dans son gouvernement, on est mieux. Si cela était positif et bénéfique pour le Congo, on l’aurait vu et su depuis longtemps…Un syllogisme condamnable et nuisible.



Et voici que dans ce climat fort tendu, un événement aux conséquences incalculables se produisit. Un sujet belge, avec ses domestiques autochtones Luba Lubilanji surprit un notable, Lulua, de notoriété publique à la campagne. Il s’agit du regretté Modeste Kambala Ka Mudimbi. Sous la conduite de ce belge, Modeste Kambala fut assassiné dans des conditions ignobles et innommables. Le lendemain de ce forfait les belges répandirent le bruit que les Baluba de Kalonji avaient tué Modeste Kambala. Ce qui, en partie, n’était pas faux. Mais les maitres à penser de ce crime, c’était bien la communauté belge. Cet assassinat fut l’étincelle qui mit le feu aux poudres. Ainsi donc les mariages contractés, les amitiés, les origines communes furent oubliées…et les enfants utérins du Kasaï s’entretuèrent. Kalonji et Ngalula demandèrent aux Luba Lubilanji de rentrer à chez eux…Mais où ? A cette époque, l’actuelle ville de Mbuji-mayi n’était qu’une bourgade, Bakwanga.

 

C’est ainsi qu’une cohorte s’ébranla pour plusieurs destinations : Muene-Ditu, Tshibata, Bakwanga, Ngandajika, Luputa etc…Nous déplorons ici les pertes humaines de ce conflit. Au nom de toutes les victimes, nous ne citerons que deux noms pour les deux communautés :

 

Modeste Kambala et David Odia Tshimankinda.

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Modeste Kambala



Mais une fois le forfait commis, l’apaisement revenu, les deux ailes luba se rendirent vite compte de la manipulation dont elles furent victimes de la part des belges. Cela se caractérisa par nombre de chansons populaires qui stigmatisèrent ce comportement félon du blanc belge…Mais cela ne ressuscita personne. Il faut d’abord réfléchir avant d’agir.Le gouverneur Barthélemy Mukenge, apprenant la situation sociale désastreuse des femmes et des enfants à Bakwanga, par solidarité avec ses frères, organisa une assistance humanitaire d’urgence. Les services de l’ONU de l’époque furent pour beaucoup dans le soulagement de cette souffrance.



Les notables, les chefs coutumiers du Kasaï décidèrent rapidement de s’assoir autour d’une table. De mettre la paix dans les cases et les chaumières, de se tendre la main et se tourner vers le futur. C’est ainsi qu’il se tint à Ntenda une assemblée basée sur les coutumes Luba de réconciliation et de pardon. Ils scellèrent un pacte de sang et firent des sacrifies et élevèrent une malédiction éternelle sur quiconque, dans le futur, opposerait encore les Luba Lubilanji et les Luba Lulua. Ce fut le pacte de Ntenda ou « Ndondu wa ku Ntenda ». Ce pacte se tint à Ntenda et non à (lac) Munkamba, comme beaucoup de gens le pensent. Parmi les personnes présentes à Ntenda, il y eut entre autres : chef Lutonga, chef Kalamba, Albert Kalonji, Barthélemy Mukenge, Luakabuanga François, Ilunga Alphonse, le président Joseph Kasa-Vubu et d’autres.

Le sens du pacte de Ntenda : plus jamais les enfants de Ilunga Mbidi et de Muluba wa Kabamba ne devraient s’étriper entre eux.



Les Luba Lulua restèrent donc à Kananga. Les Luba Lubilanji se retrouvèrent donc à Bakwanga. Nous ne pensons pas que l’esprit du pacte de Ntenda fut tout de suite respecté. A notre avis, c’est pour la simple raison que ce conflit et d’autres, avaient pour cause les ambitions politiques des hommes. Or le pacte de Ntenda était basé sur l’organisation politique de l’empire Luba dans sa culture et sa gestion des conflits. Jusqu’aujourd’hui, il sert encore de référence comme ligne rouge à ne pas franchir. Bien souvent, même actuellement, on retrouve les mêmes reflexes et ambitions personnelles derrière beaucoup de tentatives d’opposer les Luba. Par exemple monsieur Mobutu Joseph Désiré dans sa guerre contre Etienne Tshisekedi. Après le départ des Luba Lubilanji, Luluabourg ne connut pas la paix…Pour les mêmes raisons de pouvoir, le conflit entre Mutombo et Katawa jeta encore la désolation, « mvita ya Mutombo ne Katawa ». Et ceux qui partirent à Bakwanga, n’échappèrent pas, non plus, à cette même malédiction…



Sangayi… ! Wabo. Anishayi… ! Kolayi. Badiano… ! Eyooooo.



Kasaï wa balengela, par le groupe Sankayi

Folklore Lulua

 

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Claude KANGUDIE

 

 

À qui de droit,

 

 

Ceci n’est pas la première fois où je vous écris pour vous féliciter de la qualité des documents qui, parfois, circulent dans votre site Mobakamosika.com. Je suis sincère à chaque fois. Permettez-moi d’insister aujourd’hui sur le texte de M. Claude Kangudie (que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam) relatif à Kalonji et Ngalula.

 

Non, je ne ferai pas la critique de ce document d’histoire de première force. Je dis plutôt que son auteur DOIT se considérer comme un VEILLEUR de nos cultures. Il a reçu de ses parents et grands-parents, qu’il nous transmette ce qu’il sait. Car je suis convaincu que M. Kangudie en sait beaucoup plus qu’il n’a écrit sur cette question. Car je suis certain qu’il possède le savoir originel de la question luba-lulua. Alors, pourquoi ne pas aller au-delà d’un texte somme toute timide et produire un livre (même en plusieurs tomes)?

 

Oui, monsieur; je fais partie de la minorité qui croit que personne ne connaît mieux que nous l’histoire de notre pays. Mais je ne comprends pas pourquoi ceux qui, comme vous, ont des choses à nous apprendre ne le font pas. Je vous demande ce sacrifice (à côté de vos occupations certainement multiples) au nom de vos propres ancêtres qui vous ont choisi pour recevoir leur héritage. Je vous le demande pour notre descendance de plus en plus coupée de ses racines vraies, voire qu’elle a tendance à mépriser. Monsieur, ne tolérez plus que nos enfants et nos prétendus intellectuels à titres ronflants se gavent des écrits des vainqueurs de nos pères, pendant que VOUS, vous êtes là, vous qui savez.

 

Je pourrais continuer comme ça, car ma passion pour mon pays s’emballe rapidement. Je m’arrête ici, dans l’espoir de lire un jour un livre signé Claude Kangudie sur Kalonji et Ngalula (car j’en ai assez du seul point de vue des colonialistes, missionnaires, ethnologues et autres intellectuels qui reproduisent aveuglément le discours des premiers cités).

 

Fraternellement,

 

Lomomba Emongo,

Professeur de philosophie et écrivain

 

@Mbokamosika.com

 

*******************************************

 

MOBUTU PARLE DE L'INGRATITUDE DES POLITICIENS OPPOSANTS PENDANT LA CNS:

L'explication en détail de l'opération contre les LUBAS dont on lui collera sur la tête de LUMUMBA!

(A partir de 17ème minutes, le feu Mubutu parle de ce fameux génocide étant lui-même le chef de l'opération) SUIVEZ, la vérité à l'appui!

 


Le feu Mobutu sera mandaté par LUMUMBA afin de mater la rébellion de Kalonji Mulopwe au sud Kasai. Pendant la CNS, se sentant rejeté et trahi, il trouvera son occasion pour tout dévoiler car il était lui-même le commandant militaire pour combattre cette rébellion de Kalonji dont son ministre de la justice se trouvait être  Mr. Tshisekedi wa Mulumba. Ce que le feu Mobutu raconte sur la vidéo archive, n'est autre que la pire vérité de cette partie de l'histoire qui déclenchera plus tard, les conflits LUBA-LULUA! Selon nos sources, le génocide de Kasaiens devrait être inculqué sur la tête de Patrice LUMUMBA dans le seul but de l'anéantir! De nos jours, nous assistons à ces genres de "conspiration"! La Belgique exploitera cette thèse avec la complicité de ceux des élites Congolaises "corrompues" comme le feu Mobutu lui même, qui plus tard, fera tout en son pouvoir d'étouffer son propre nom dans l'opération afin de renvoyer tout sur la tête de LUMUMBA!  Ce sont donc une sorte de combat "Diabolique" que la race Bantu devra condamner pour vivre des jours meilleurs ou l'étouffer pour vivre des jours sombres encore!

 

Ainsi, LUMUMBA mourra comme un agneau qu'on amène à la Boucherie! Comme une brebis "muette" devant ceux qui la "tondent"!

On a pas que le "JESUS" des chrétiens comme  innocent dans sa condamnation, le Kongo de Lumumba aussi en a de ces innocents dont leur Sang parle et parlera toujours jusqu'à ce que la vraie justice soit faite et que réparation leur soit accordée!

Et nous réclamerons à la Belgique de faire sa vraie réparation dont elle a l'habitude de fuir alors que l'Allemagne venait de reconnaitre sa part de responsabilité dans le génocide des NAMIBIENS et en a payé en guise de dommages causés dans leur mémoire!

 

 

Connaitre la source de vos malheurs vous aidera à ne plus revivre le passé!

 

 

 

 

Que Dieu bénisse la RDC

Et que vive l'Afrique!

 

 

 

 

AMMAFRICA WORLD

Amour-Conscience-Réparation

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08/02/2017
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RDC-REVELATIONS EPOUSTOUFLANTES:LES CADAVRES DANS LE PLACARD DE LEON KENGO WA DONDO

REVELATIONS EPOUSTOUFLANTES:

LES CADAVRES DANS LE PLACARD DE LEON KENGO WA DONDO

Révélations: les cadavres dans le placard de Kengo wa Dondo

18 ans après la chute de la deuxième République et le départ des « mouventiers », l’opinion congolaise doit savoir comment tous les fonds amassés par ces dignitaires mobutistes, ces criminels économiques… sont allés renflouer des comptes bancaires privés en Afrique du Sud, au Canada, en Suisse et dans bien d’autres pays occidentaux. Retour sur les dossiers noirs  de Léon Kengo wa Dondo durant la 2ème République: dévoire de mémoire oblige.

En juin 2003, Le quotidien belge « La Libre Belgique » a publié une information faisant état de la probable implication de Léon Kengo wa Dondo dans une affaire de blanchiment d’argent. Premier Ministre à trois reprises ( 1981-1986, 1988-1990, 1994-1997) durant le régime Mobutu, Léon Kengo wa Dondo a été un véritable dignitaire de la Deuxième République oů il a exercé beaucoup d’autres fonctions, męme en dehors du gouvernement.

Le dossier judiciaire dont il est question ici fut ouvert au lendemain de la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila le 17 mai 1997.

 

Selon Mme Estelle Arpigny, porte-parole du Parquet de Bruxelles à l’époque, Léon Kengo wa Dondo aurait comme co-inculpé, un ancien gouverneur de la Banque du Zaďre dont l’indentité n’a pas été révélée. Pourtant, selon « Africa n°1 », captée le jeudi 26 juin 2003 à Kinshasa, il s’agirait de l’un des anciens dignitaires dont les noms figuraient sur la liste des gens dont les biens étaient saisis à l’avènement de Laurent-Désiré Kabila. Parmi ces personnes dont certaines ont été déjà acquittées le 30 juin 1998, faute de preuves suffisantes, deux anciens gouverneurs de la Banque centrale seulement figuraient sur la liste : Pierre Pay-Pay wa Siaghasigué.

 

Pour M. Kengo wa Dondo qui n’a voulu faire aucune déclaration avant d’avoir rencontré son avocat, « ce sont les męmes griefs lui reprochés il y a cinq ans ». L’affaire remonte à juillet 1997, lorsque le nouveau gouvernement de Laurent-Désiré Kabila arrivé au pouvoir en mai de la męme année, avait demandé à la Belgique de geler les comptes bancaires de 83 dignitaires de l’ancien régime renversé dont ceux du Maréchal Mobutu et de sa famille.
Cette affaire qui avait fait autant de bruits n’était que la partie visible de l’Iceberg.

 

En effet, l’un de ceux qui ont travaillé avec lui aux côtés du « Maréchal du Zaďre », à savoir le Professeur Vunduawe Te Pemako, dernier directeur de cabinet de Mobutu, n’a-t-il pas accusé Kengo de s’enrichir illicitement et d’asphyxier l’économie nationale ?

Dans son livre « A l’ombre du Léopard : Vérités sur le régime de Mobutu Sese Seko », le professeur Vunduawe Te Pemako écrit notamment : « Bien qu’il s’évertue à renier Mobutu et le mobutisme, Kengo wa Dondo est un des anciens hauts cadres du MPR-Parti-Etat devenu millionnaire en dollars. Il faisait partie de ceux qui ont amassé des richesses ostentatoires. Des richesses mal acquises, fruit d’un véritable enrichissement sans cause et qui ont asphyxié l’économie nationale et réduit le peuple congolais à l’état de quasi sous-hommes ».

 

Le magazine « Cśur d’Afrique » de son côté, dans sa rubrique « LES DOSSIERS NOIRS DE LA IIème REPUBLIQUE » avait consacré ses colonnes au cas Kengo, notamment dans les parutions : n° 002 de la mi-aoűt/mi-oct 2000, n° 005 de janvier-février/février-mars 2002, n° 006 aoűt-sept 2002 et n°007 février-mars 2003. Ces dossiers que nous nous permettons de republier, pourront certainement éclairer la religion de ceux qui chercheraient à en savoir plus sur ce qu’il est convenu d’appeler « le cas Kengo ».

 

La destruction du pays est si profonde que des voix s’élèvent encore aujourd’hui pour se demander si en succédant à Mobutu qu’il a renversé à la satisfaction générale du peuple congolais. Laurent Désiré Kabila avait conscience de l’étendue du désastre qu’il héritait du régime déchu”. C’est par cette réflexion que nous avons dans notre précédent numéro, ouvert un important dossier sur tes Réserves Stratégiques Générales” (RSG), un organisme créé par le Président Kabila aussitôt après avoir pris le pouvoir. Cet organisme, rappelons-le, a pour mission de constituer, distribuer et réguler les stocks de produits stratégiques pour faire face à des situations de crises, de calamités naturelles ou de catastrophes.

 

La réflexion mérite d’ętre approfondie dans la mesure oů les auteurs ce cette destruction se découvrent aujourd’hui le rôle de donneurs de leçons, alors que par leur cupidité et leur gestion calamiteuse, ils ont mis ce pays par terre. Oui ne se souviendra pas d’ailleurs que leur responsabilité a été relevée à la Conférence Nationale Souveraine, et cela dans tous les domaines: politique, économique, social et culturel Mais sans s’ętre amendés pour les avoir commis ni avoir réparé le grave préjudice cause au peuple congolais, ils se permettent de violents réquisitoires contre le Président KabiIa et le Gouvernement de salut public: ils s’agitent et se livrent à des acrobaties tout aussi criminelles pour revenir au pouvoir. Sans froid aux yeux’

UN DEVOIR DE MEMOIRE

 

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Etant donné que ces crimes ont complètement ruiné le pays, le peuple et opinion internationale qui s’est souvent montrée complaisante à l’endroit de ces pilleurs, doivent savoir qui a fait quoi, pourquoi et comment. C’est un devoir de mémoire. Ils doivent savoir, en effet pourquoi, alors que le pays n’était pas en guerre comme aujourd’hui, la population vivait déjà dans une misère indescriptible : pourquoi et se sur les richesses du pays, sur les entreprises publiques et sur le patrimoine national. Ils doivent savoir comment ces anciens responsables avaient accaparé l’import et rexport, détenu le monopole du commerce du café, du bois, du diamant, etc.: comment ils pompaient tous les services générateurs des recettes; comment l’appât

du gain, la corruption, la fraude et la concussion avaient suscité de véritables vocations de pilleurs. Le peuple et l’opinion internationale doivent savoir enfin, comment tous les fonds amasses par ces criminels allaient renflouer des comptes bancaires privés en Afrique du Sud, au Canada, en Suisse et dans bien d’autres pays occidentaux: comment ces fonds avaient également été investis dans des sociétés et dans l’immobilier à l’étranger.

KENGO ET SES EXPLOITS

Ayant dirigé le gouvernement de l’ex-Zaďre pendant plus de six ans le Premier ministre Léon Lobitch Kengo Wa Dondo a battu tous les records de longévité à la tęte de l’Exécutif congolais. Sous-tendue par sa politique de rigueur qui tranchait apparemment avec les fastes de l’ancien régime, cette longévité qui a permis de se constituer un réseau important d’adresses à l’extérieur et un groupe de fidèles, pour la plupart des technocrates dont l’expertise tant vantée a malheureusement servi à l’enrichissement illicite de tous les membres du groupe. Enrichissement qui a largement contribué à la ruine du pays.

Il faut du reste noter que sur ce plan de Kengo s’est révélée tellement sélective et suicidaire quelle a provoqué le limogeage de son initiateur en 1986. Ce dernier revient toutefois à la Primature à deux reprises, respectivement de 1988 à 1990 et lors de a transition, de juin 1994 à avril 1997.

En attendant de revenir bien d’autres méfaits commis par Kongo dont notamment la recherche effrénée des commissions qui devaient lui procurer sa politique de rigueur et son programme de privatisation. Les manipulations sur les chiffres dans la passation des marchés et dans la gestion des comptes du Trésor, nous épinglerons deux de ses tout derniers et triste exploits: le bradage du Domaine agricole industriel et présidentiel de la N’sele et la vente à l’Etat d’une villa inachevée à 5 millions de dollars alors que la valeur réelle de celle-ci était de + 200 mille dollars.

UN FABULEUX PATRIMOINE

 

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Situé à quelque 60 Km de Kinshasa le domaine agro-industriel et présidentiel de la N’sele est un vaste site de 5.000 ha qui comme l’indique son nom, abrite des activités agricoles et industrielles le secteur agricole est essentiellement constitué de vastes étendues de terre cultivables. Tandis que la partie industrielle comprend deux fermes avicoles, une ferme porcine, une ferme laitière, un immense couvoir, une usine d’aliments pour bétail, une usine de lait, une ferblanterie, deux conserveries tomate et ananas), un complexe technique etc. A cela s’ajoutent un grand pavillon au marché central de Kinshasa des bureaux du personnel un camp de travailleurs et une station service (carburant).

 

C’est ce fabuleux patrimoine présenté comme délabré et obsolète qui cinq mois avant la chute de l’ancien régime a été bradé par Kengo et ses hommes de main au profit du groupe anglais Lonrho et des associés zaďrois jamais identifies

 

DE QUOI S’AGIT-IL?

A la suite des mesures de zaďrianisation prises en 1973 par Mobutu, les sociétés du groupe Lonrho nationalisées à savoir, cosmetic, plantadem et Vici-Zaďre, représentaient une créance de l’ordre de 1.093.011.646 FB, sait près de 34 millions de dollars us.

Pour récupérer sa créance, Lonrho présenta le projet de création d’une société privée à responsabilité limitée sous la dénomination de “Nouveau Domaine agro-industriel présidentiel de N’sele” (N’DAIPN). La République approuve le projet, qui va aboutir par la signature d’un protocole d’accord, le 31 janvier 1997.

 

Aux termes dudit protocole, l’Etat libère 99% et Lonrho 1% des parts socialos. L’Etat consent, par ailleurs à céder 59% de ses parts en compensation de sa dette envers Lonrho. D’oů 60% des parts devraient désormais revenir à Lonrho et 40 % à l’Etat congolais.

Le 3 février 1997, les deux parties mettent sur pied la SPRL N’DAIPN pour laquelle l’Etat souscrit et libère 990 parts sociales et Lonhro 10 parts. Le męme jour l’Etat congolais cède effectivement 59% de ses parts à Lonrho.

A la libération du pays, Lonrho demande l’aval des nouvelles autorités pour, selon lui, démarrer immédiatement ses activités.

 

LE GRAIN DE SABLE

Dans un premier temps, la requęte de Lonrho a impressionné les nouvelles autorités qui ne cherchaient pas mieux que de trouver des partenaires disposés à les accompagner dans l’oeuvre de reconstruction nationale, qu’elles venaient de lancer.

Seulement voilà : à l’analyse des éléments du contrat et des statuts de la N’DAIPN, il est apparu cinq points qui ont suscite la suspicion. Il s’agit de:

1. L’inexistence des conclusions d’une assemblée générale extraordinaire sous l’autorité de laquelle auraient dű ętre modifiés les statuts en ce qui concerne les dispositions relatives aux parts sociales. Cela conformément à la cession consentie par l’Etat ;

 

2. L’absence de preuve de libération de l’apport par Lonrho;

 

3. L’impossibilité de faire démarrer les activités de la nouvelle société étant donné que męme si le 1% de Lonrho était libéré, il n’aurait nullement suffi du fait que l’apport de l’Etat était essentiellement immobilier;

 

4. Les nombreuses exonérations exigées par Lonrho et lui accordées abusivement par l’Etat à savoir: exonération des droits d’entrée fiscal douanier, et de CCA sur les importations; exonération de la contribution sur la rémunération versée au personnel expatrié; exonération sur la superficie des propriétés foncières; exonération de la contribution cédulaire sur le revenu; exonération du droit proportionnel en cas de transformation de la SPRL en SARL et en cas d’augmentation du capital; exonération de toutes nouvelles taxes et non application de toute augmentation de taxes…

 

5. Lonrho qui prétendait attendre les avis des nouvelles autorités avait, curieusement, fait enregistrer déjà en juillet et aoűt 1997, les apports du gouvernement congolais au nom de la SPRL “N’DAIPN” alors que ces apports étaient une propriété de l’Etat. Ce qui aurait entraîné la privatisation pure et simple des biens de l’Etat.

 

Tous ces points constituent le grain de sable qui a tout bloqué et qui a permis de découvrir le pot aux roses. Car, il a suffi quelques jours d’investigations aux experts pour se rendre compte du plan monte par Kengo et ses hommes, sous le couvert de Lonhro, pour s’approprier le DAIPN.

L’ODIEUSE SUPERCHERIE

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La supercherie a éclaté au grand jour quand le gouvernement s’est retire de la N’DAIPN provoquant de ce fait la dissolution pure et simple de la nouvelle SPRL.

 

Ayant repris en main le DAIPN, les pouvoirs publics n’ont déboursé, par exemple, que près de 100 mule dollars US pour réhabiliter l’usine d’aliments pour bétail, qui fonctionne parfaitement depuis un an. Or, pour la remise en marche de la męme usine, Kengo et ses enfants terribles avaient établi un devis de 2 millions de dollars.

 

Il en est de męme de toutes les autres unités de production du DAIPN, qui avaient été délibérément maintenues en inactivité pendant plus de dix ans et dont le projet financier de remise en état était exagérément surévalué dans le but d’amener l’Etat démuni a les céder à vil prix à des partenaires qui n’étaient en fait qu’eux-męmes apparus sous des pręte-noms.

Découvert de justesse, l’odieux montage a été démantelé et le DAIPN totalement repris en main par l’Etat qui continue à le réhabiliter avec bonheur.

5 MILLIONS DE DOLLARS POUR UNE VILLA QUI VAUT 200 MILLE DOLLARS

Pour ceux qui le connaissent Kengo est un homme prévoyant. Il l’a prouvé à sa manière peu avant de quitter la Primature pour la dernière fois.

En effet, juste avant de partir, l’ancien Premier ministre a vendu à l’Etat, par le canal de la Banque centrale et sans aucune expertise, sa villa de Binza Méteo pour une bagatelle de 5 millions de dollars. Or, selon des exports, cette villa ne vaut męme pas 200 mille dollars.

 

D’après des sources dignes de foi, cette transaction immobilière s’était déroulée avec la complicité d’un haut responsable de la banque centrale de l’époque. Epoque oů, par ailleurs Kengo Wa Dondo avait fait main basse sur la cagnotte de l’effort de guerre souscrit par toutes les forces vives de la Nation. Evalué à plus de 50 millions de dollars, ce fonds devait contribuer à enrayer la rébellion de…Kabila.

 

Comme à ses habitudes, l'ancien premier ministre connait seul la destination de cette importante somme d'argent, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle avait mystérieusement disparu sans laisser des traces.

 

 

 

 

 

@Direct.cd et partenaires

 

AMMAFRICA WORLD




09/12/2015
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(Vidéo)DEVOIR DE MEMOIRE LE 24 NOVEMBRE DANS L'HISTOIRE DU CONGO EX-ZAIRE, MOBUTU PRENAIT LE POUVOIR

24 NOVEMBRE 1965-24 NOVEMBRE 2015

Combien parmi le peuple Congolais (RDC) se souvienne de cette date historique?

Si le peuple sur qui appartient cette histoire ne saisisse pas son passé, il aura toujours à le revivre faute de leçons qui n'ont pas été tirée!

L'analyse que nous dépeint le magazine "Jeune Afrique" nous pousse à réfléchir sur l'histoire politique de cette nation dont son peuple ne s'y focalise, mais s'étonne de revivre à chaque fois le passé! La prise de conscience sur le passé, nous épargne des erreurs sur ce passé!

 

Sondons l'histoire chers Congolais, elle nous instruit sur beaucoup de choses....

 

@Ammafrica

RDC : il y a 50 ans, le 24 novembre 1965, Mobutu prenait le pouvoir

Quelques mois seulement après l'indépendance du pays en 1960, Joseph Mobutu était propulsé commandant en chef de l'armée congolaise. Cinq années et quelques crises politiques plus tard, le colonel s'empare du pouvoir le 24 novembre 1965.

Et le conservera pendant plus de 30 ans.

« Il manquait de discipline chez nos hommes politiques. Pendant cinq ans, nous allons l’instaurer dans tous les domaines : politique, économique, financier », soutient Joseph-Désiré Mobutu devant la presse belge pour justifier son (nouveau) coup d’État du 24 novembre 1965. Six jours plus tôt il accédait aux plus hautes fonctions de la hiérarchie militaire avant de destituer ainsi le chef de l’État, Joseph Kasa-Vubu, et son Premier ministre, Évariste Kimba.

 

Déjà en 1960, à peine 76 jours après l’indépendance du Congo, le 14 septembre 1960, Mobutu s’imposait comme l’homme fort du pays.

Il ne s’agit pas d’un coup d’État militaire, mais plutôt d’une simple révolution pacifique.

« Chers compatriotes, ici c’est le colonel Mobutu Joseph, chef d’état-major de l’armée nationale congolaise, qui vous parle de Léopoldville [aujourd’hui, Kinshasa, NDRL]. L’armée nationale congolaise a décidé de neutraliser le chef de l’État [Joseph Kasa-Vubu, premier président du pays, NDRL] jusqu’à la date du 31 décembre 1960 […]. Il ne s’agit pas d’un coup d’État militaire, mais plutôt d’une simple révolution pacifique. L’armée va aider le pays a résoudre ses différents problèmes qui deviennent de plus en plus aigus », avait-il lancé pour annoncer la « neutralisation » de l’exécutif.

 

Mais Mobutu ne prend pas – officiellement – le pouvoir à ce moment-là. Il place en résidence surveillée le Premier ministre Patrice Émery Lumumba, pourtant son mentor politique (celui-ci avait nommé Mobutu secrétaire d’État à la présidence au sein du premier gouvernement congolais). Ce dernier, après avoir tenté une évasion, sera arrêté, puis transféré le 17 janvier 1961 dans le Katanga où il sera assassiné.

 

Mobutu, seul maître du Zaïre

 

Après la mort de Lumumba, Mobutu réhabilite Kasa-Vubu à la tête du pays mais garde lui le commandement de l’armée qui fait face à une rébellion menée par les fidèles du Premier ministre assassiné… jusqu’à sa prise de pouvoir officielle, le 24 novembre 1965.

C’est le début d’un régime autocratique dirigé d’une main de fer. Éliminant au passage tout potentiel opposant au nouveau pouvoir. À l’instar d’Évariste Kimba, Premier ministre déchu et trois autres politiciens, accusés de comploter contre les nouvelles institutions avant d’être pendus début juin 1966. Le ton est donné.

 

L’année suivante, le « citoyen-président » crée le Mouvement populaire de la révolution (MPR), le parti-État. Il en devient le « père fondateur ». Tous les Congolais sont de fait membres de la formation politique. Un monopartisme qui durera jusqu’en 1990.

Cette année-là, les larmes aux yeux, le chef de l’État et président du MPR annonce qu’il quitte la tête du parti, autorisant en même temps le multipartisme.

 

 

 Vidéo archive du 24 Avril 1990:annonce de la démocratie précoce:

 
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RDC : la nostalgie Mobutu 

 

 

Le 7 septembre 1997, l'ex-président du Zaïre décédait à Rabat, au Maroc, loin des siens. Cette mort en exil était l'épilogue d'une lente agonie. Aujourd'hui, le jugement des Congolais oscille entre indulgence, regret d'un orgueil perdu et souvenir cauchemardesque d'une dictature à bout de souffle.
Quinze années déjà que sa dépouille, rongée par le cancer, s’en est allée reposer au fond d’une sépulture d’exil à Rabat, au Maroc. Quinze années pendant lesquelles son ombre, sa toque, ses lunettes fumées, sa canne sculptée, sa gestuelle et sa voix métallique n’auront cessé de hanter ses concitoyens. Beaucoup de Congolais ont avec celui qui les dirigea de 1965 à 1997 une relation qui s’apparente au syndrome de Stockholm. Il fut leur dictateur, mais ils ont fini, après sa disparition, par tout (ou presque) lui pardonner. De Mobutu, ils ont effacé l’image d’un homme assimilé dans le monde à l’archétype de la mal-gouvernance à l’africaine. Ils ont oublié le chaos sécuritaire des dix dernières années de son règne, la corruption, l’asphyxie économique, l’article 15, la police politique, les disparitions, l’agonie d’un pays saigné à blanc, pour ne retenir qu’une seule chose : la nostalgie d’un orgueil perdu.
 

Et il est vrai qu’au cours des décennies 1970 et 1980, à l’époque de l’« authenticité » et du boom du cuivre, de l’abacost et des pagnes obligatoires, de la rumba triomphante et des exploits des Léopards, les Zaïrois avaient la conviction de vivre dans un grand pays courtisé, différent des autres, dont le chef d’État savait s’imposer par sa seule présence lors des sommets internationaux. À eux que la colonisation avait infantilisés, Mobutu avait su donner une estime de soi, une manière d’être et de vivre, un soin à paraître reconnaissables entre tous. Il avait su cimenter le sentiment national en les faisant rêver sur leur richesse potentielle, lui qui martelait à longueur de discours que le Zaïre était un « scandale géologique ».

 

Indulgence

 

Bien sûr, tout cela n’était qu’un mirage, car l’éléphant aux pieds d’argile, dépecé de l’intérieur par cette catastrophe que fut la zaïrianisation, ne pouvait que s’effondrer, à l’image d’une armée de parade qui ne gagna aucune guerre mais dont le maréchal était si fier, avec ses Mirage et ses C-130 aux ventres aussi rebondis que ceux de ses généraux. De ces temps d’illusion, où il était permis de croire que l’on pouvait gagner sa vie sans travailler en multipliant les « coups » en haut comme en bas de l’échelle sociale, est pourtant née une identité qui a jusqu’ici résisté à la destruction de l’État.

 

De Mobutu à Kabila père, le Zaïre devenu Congo est passé de la captation de l’usufruit au bradage des actifs, sans que cesse la prédation mais sans que s’interrompe non plus le fil d’un rêve de grandeur que seul Mobutu avait donné l’impression de tutoyer. Constamment déçus de ce qu’ils sont, les Congolais vivent dans le rêve de ce qu’ils pourraient être. Griot cathodique, kitsch et mystique, un certain Sakombi Inongo l’avait bien compris, lui qui imagina de faire apparaître l’effigie subliminale du dernier « dinosaure » chaque soir en ouverture du journal télévisé, perché dans les nuages tel Dieu en son paradis. Nul doute que pour panser leur peine, entretenir leur don unique pour la survie et croire en leur revanche sur le destin, les Congolais aiment qu’on les berce d’espoir. C’est pour cela que, en dépit de tout, ils ont fini par regretter Mobutu, le magicien.

 

 

@Jeune Afrique
 

Analyse de Filip Reyntjens Sur le feu Joseph Mobutu

RDC: un héritage économique accablant pour Mobutu

Il y a 50 ans jour pour, le général Mobutu arrivait à la tête de la République démocratique du Congo par un coup d'Etat. Il règnera pendant près de 32 ans, jusqu’en 1997. Que reste-t-il de son bilan économique ?
 
Après sa prise effective de pouvoir en 1965, le général Mobutu demande cinq ans pour remettre le Congo debout. Promesse tenue pour l'unification de l'immense pays de plus de 2,3 millions de km², mais ses engagements de développement n’ont pas dépassé le stade des simples slogans.« Avant son arrivée au pouvoir, le Congo était dans une situation comparable à celle qu’on connaît aujourd’hui. Le Congo de l’époque, entre 1960 et 1965, avait vécu des guerres civiles, des rébellions, des sécessions. Et au moment où Mobutu a pris le pouvoir, il a était accueilli chaleureusement par tout le monde, les Congolais et la communauté internationale, retrace Filip Reyntjens, professeur à l'Institut de politique et de gestion du développement à l'université d'Anvers et spécialiste de la zone des Grands Lacs. Dans un premier temps, entre 1965 et 1975, Mobutu avait d’une certaine manière remis le pays sur les rails. »
 
A la tête d'un pays au sous-sol très riche, le dirigeant a lancé des projets pharaoniques, parfois des éléphants blancs, qui ont permis des détournements à tous les étages. En 1973, il décrète une mesure appelée « zaïrianisation ». « Toutes les entreprises ont été reprises par des nationaux zaïrois et je crois que c’est là qu’il faut situer le début de la disparition en partie de l’Etat congolais, estime Filip Reyntjens. […] Mobutu a carrément détruit l’Etat par des politiques de prédation, de clientélisme, d’utilisation de moyens publics à des fins privées, etc. Et ce qu’on observe encore aujourd’hui et en particulier à l’est du Congo, c’est l’impossibilité pour l’Etat de contrôler son territoire national. »
 
Chantiers inachevés
 
Ouverte en 1974, l'usine sidérurgique de Maluku est une illustration parmi d’autres de ces chantiers inachevés du pouvoir. Elle n'a fonctionné que pendant cinq ans et à 10 % de sa capacité. Après plusieurs tentatives de relance sans succès, elle est en réhabilitation depuis 2012. Autre exemple emblématique, le barrage d'Inga, qui peut fournir de l'électricité à une grande partie du continent, n'est encore exploité aujourd'hui qu'à moins de 10 % de son potentiel. Et les Congolais souffrent toujours de pénurie d'énergie.Sous le régime de Mobutu, l'économie du pays est restée marquée par l'extraction et l'exportation des mines, sans aucune valeur ajoutée. Bref, après des débuts prometteurs, le général a laissé un pays croulant sous le poids de la dette et où des secteurs comme l'agriculture, l'éducation ou la santé étaient dégradés.Mais Mobutu, c'est aussi la mystification d'une authenticité et d'un nationalisme africains triomphants. « S’il a un mérite, alors qu’il a détruit l’Etat, il a dans une large mesure construit la nation zaïroise ou congolaise. Le sentiment d’être congolais ou zaïrois sous Mobutu a été une politique menée avec un certain succès », concède Filip Reyntjens.
 
 
 
 
 
@La RFI
 
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26/11/2015
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REGARD SUR LE PASSE:LE LYNCHAGE DES NOIRS EN AMERIQUE DU NORD

Quand ils lynchaient les noirs, les blancs aussi se croyaient soldats de Dieu

Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public

Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public

 

A l’instar des barbaries de l’Etat islamique, le lynchage et la torture des noirs américains pendant la ségrégation n’étaient pas seulement des actes de racisme mais aussi des actes empreints de signification religieuse, justifiés par le christianisme de l’époque.

 

Si, selon un certain cliché, les Américains ont la mémoire courte, cela n’empêche pas, depuis le samedi 7 février, un bon nombre d’entre nous de débattre au sujet des guerres de religion médiévales et de l’idée que nous puissions en tirer quelques leçons sur la violence qui règne aujourd’hui au Moyen-Orient.

Ce qu'a dit Obama

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, ce débat fait suite aux commentaires du président Obama lors du National Prayer Breakfast annuel, où –après avoir condamné le groupe radical Etat islamique et l’avoir qualifié de «culte de la mort»– il a proposé une réflexion appelant à la rationalisation.

«Avant de monter sur nos grands chevaux et de penser que le phénomène est l’apanage d’un lieu différent du nôtre, souvenons-nous que pendant les croisades et l’Inquisition, les gens ont commis des actes atroces au nom du Christ. Dans notre patrie, l’esclavage et les lois [ségrégationnistes] Jim Crow ont trop souvent été justifiés au nom du Christ (...) Par conséquent, cela n’est pas l’apanage d’un seul groupe ou d’une seule religion. Il existe une tendance en nous, une tendance immorale qui peut pervertir et déformer notre foi.»

Ce point simplissime –«aucune foi n’a le monopole de l’arrogance religieuse»– est devenu un point d’ignition partisan incitant les conservateurs à sermonner le président en l’accusant de «mettre sur le même pied» chrétiens croisés et radicaux islamiques, à l’accuser d’entretenir des croyances anti-chrétiennes et à se demander pourquoi il évoque un conflit vieux de plusieurs siècles, quand bien même on relèverait quelques analogies entre celui-ci et l’époque actuelle.

 

Ce qui nous manque dans l’argument sur les croisades cependant, c’est la mention par Obama de l’esclavage et de Jim Crow. Dans The Atlantic, Ta-Nehisi Coates choisit de souligner les justifications religieuses de l’esclavage américain, et il vaut la peine d’en faire autant pour son successeur d’après la guerre de Sécession. Et puisque nous en sommes à réfléchir en termes de violence religieuse, nous nous devons de nous pencher sur le spectacle le plus brutal du règne de Jim Crow: le lynchage.

 

Pendant pratiquement tout le siècle entre les deux Reconstructions américaines, la plus grande partie du Sud blanc a fermé les yeux et approuvé la violence terroriste exercée contre les noirs. 

 

Un nouveau rapport de l’Equal Justice Initiative, basée en Alabama, signale presque 4.000 lynchages de noirs dans 12 Etats du Sud –en Alabama, en Arkansas, en Floride, en Géorgie, dans le Kentucky, en Louisiane, dans le Mississippi, en Caroline du Nord et du Sud, au Tennessee, au Texas et en Virginie– entre 1877 et 1950, ce qui, note l’organisation, représente «au moins 700 lynchages de plus dans ces Etats que ce qui avait été signalé auparavant».

 

 

 

@Slate.fr

 

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17/11/2015
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Devoir de Memoire:La Répression des militants Nationalistes de l'UPC au Cameroun

Un peuple qui ne tire aucune leçon de son histoire est condamné de revivre les mêmes effets sur les mêmes causes!

Répression des militants de l’UPC au Cameroun : l’Histoire à vif

La France s'est engagée à ouvrir ses archives concernant la répression féroce qui s'est abattue, au tournant de l'indépendance, sur les militants nationalistes de l'UPC. Mais au Cameroun, les plaies n'ont pas encore cicatrisé.

Les chutes de la rivière Métché ne sont pas spectaculaires. Ce sont de grosses cascades, situées à quelques kilomètres de Bafoussam, dans l’ouest du Cameroun. Mais toutes les nuits, selon un témoignage recueilli par les auteurs du livre Kamerun !, « un camion allait [y] déverser des gens ». Les récits terrifiés d’anciens maquisards le confirment, tout comme le journal de marche et des opérations de la gendarmerie du Cameroun, qui signale, le 12 septembre 1959, la disparition d’un officier français. Une disparition dont Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa ont remonté le fil et qui illustre la sanglante répression menée par l’armée française contre les nationalistes camerounais de 1955 à 1960.

 

 

Qu’est-il arrivé cette nuit-là ? « Un prisonnier, se sachant condamné, s’est approché de l’officier de gendarmerie français chargé de l’étrange expédition et l’a soudain emporté avec lui dans le vide, raconte un témoin cité dans Kamerun !. On a cherché pendant des jours le corps du gendarme, sans succès. On a mobilisé les villageois environnants, on les a obligés à plonger pour chercher […]. Ils nous ont dit qu’ils avaient trouvé tellement de crânes, tellement de corps qu’ils ne pouvaient pas reconnaître celui du gendarme. » Le prisonnier, lui, s’appelait Jacob Fossi, mais son nom n’a pu être confirmé que des décennies plus tard. Il avait été condamné à un an de prison pour « maintien de parti dissous ». Ce parti, c’était l’Union des populations du Cameroun (UPC).

 

Une guerre taboue

Cinquante-six ans plus tard, les chutes de la Métché font encore frissonner les touristes qui les visitent. Un escalier a été aménagé pour descendre jusqu’à l’eau. Des villageois y déposent des offrandes destinées aux esprits des maquisards. L’endroit est devenu un lieu de mémoire consensuel, symbole incontesté et incontestable de l’horreur de la répression coloniale. Mi-septembre, c’est aussi ici que des militants « UPCistes » sont venus par dizaines rendre hommage à Ruben Um Nyobé. Le secrétaire général de l’UPC, tué le 13 septembre 1958 en forêt de Boumnyébel, au cœur du pays bassa, fut pourtant longtemps banni des programmes scolaires. Des générations entières d’écoliers n’ont jamais entendu parler de lui et de ses compagnons.

 

J.A.

 

Le régime d’Ahmadou Ahidjo, arrivé au pouvoir à l’indépendance, en 1960, exécrait cette figure révérée de ces nationalistes qui, jusqu’en 1971, lui donnèrent tant de fil à retordre. Toute référence à celui qui incarnait « l’âme immortelle de l’UPC » avait été interdite. Aujourd’hui encore, à Douala ou à Yaoundé, pas un monument, pas une rue ne porte son nom ni celui des autres. La guerre civile, au Cameroun, n’est pas une époque dont on parle aisément. Beaucoup de protagonistes sont encore en vie, on se dispute toujours sur le nombre de victimes, on se rejette la responsabilité des pires atrocités. Les plaies sont encore à vif.

En visite au Cameroun le 3 juillet dernier, François Hollande a évoqué pour la première fois, avec des mots pesés au trébuchet, la répression coloniale :

 

« C’est vrai qu’il y a eu des épisodes tragiques dans l’Histoire. Il y a eu une répression dans la Sanaga-Maritime et en pays bamiléké et je veux que les archives soient ouvertes pour les historiens », a déclaré le président français. L’ouverture des archives suffira-t-elle à faire la lumière sur cette guerre ? On peut en douter. Combien de personnes disparues sans laisser de traces, à l’instar de Jacob Fossi, furent en réalité sommairement exécutées entre 1955 et jusqu’à l’indépendance, en 1960 ? Combien ont perdu la vie entre 1960 et 1971, lors des affrontements opposant la nouvelle armée camerounaise soutenue par des « coopérants militaires » français et la rébellion UPCiste ? Pendant plus de cinquante ans, les autorités françaises et camerounaises ont maintenu une chape de plomb sur cette période trouble.

 

Le combat de l’UPC pour l’indépendance

À l’époque, la colonisation de ce territoire sous tutelle de la Société des nations puis de l’ONU – après avoir été arraché à l’Allemagne en 1916 – n’est pas une sinécure pour la France et le Royaume-Uni. Une élite locale éduquée prend vite conscience de ce statut qui la différencie des autres peuples colonisés. Les gens se passionnent pour les idéologies et se forment notamment au sein du Cercle d’études marxistes, lancé à Yaoundé par le syndicaliste français Gaston Donnat. C’est ici que se moule le leadership syndical qui portera les idées nationalistes, avant de donner naissance en 1948 à l’UPC. Son credo : l’unification avec la partie anglophone du Cameroun et l’indépendance, tout de suite.

 

Le parti devient vite la principale force politique face à l’administration coloniale. Son leader, Ruben Um Nyobé, se rend par trois fois à l’Assemblée générale de l’ONU pour plaider cette cause. À partir de 1955, la situation se tend. En mai, des émeutes éclatent dans les villes pour des raisons qui demeurent mystérieuses – et que les archives coloniales pourraient éclairer. Pour les nationalistes, les troubles ont été provoqués par le haut-commissaire Roland Pré, qui cherchait un prétexte pour en découdre avec les communistes de l’UPC. Les manifestants se heurtent aux forces coloniales. Bilan officiel : 25 morts et 62 policiers blessés.

 

Le 13 juillet 1955, l’UPC et ses organisations annexes sont interdites. « Ruben Um Nyobé craignait de se faire arrêter, alors il déclara : « Je vais prendre le maquis », se souvient Marcel Medjo Akono, qui fut un jeune sympathisant de l’UPC avant d’entamer une carrière dans l’administration post-coloniale. Je lui demandai ce que cela voulait dire, car j’avais entendu parler du maquis corse. Il m’expliqua qu’il allait se cacher. C’était la dernière fois que je le voyais. » Poussée à la clandestinité, l’UPC se disperse.

 

Jusqu’en 1955, quand l’armée coloniale fait venir les troupes de Bouar [actuelle Centrafrique], il n’y a que des manifestations

Ruben Um Nyobé se réfugie dans sa région natale, tandis que Félix Moumié, Abel Kingué et Ernest Ouandié s’enfuient au Cameroun anglophone avant de s’envoler vers Conakry, Accra ou Le Caire. « Ils sont divisés dès le départ, raconte Marcel Medjo Akono, qui fut successivement gouverneur des provinces de l’Ouest et du Littoral. Certains ne voulaient pas de la violence, arguant qu’ils n’avaient pas d’armes. Jusqu’en 1955, quand l’armée coloniale fait venir les troupes de Bouar [actuelle Centrafrique], il n’y a que des manifestations. La rébellion est arrivée par la suite. »

 

En 1956, la guerre n’est pas encore totale. Pierre Messmer, le successeur de Roland Pré, est favorable aux négociations avec l’UPC. Mais entre les autorités coloniales et l’état-major des nationalistes, c’est un dialogue de sourds. Après l’échec d’une ultime médiation entreprise par l’évêque de Douala, Mgr Thomas Mongo, les pourparlers sont définitivement rompus. À partir de ce moment-là, Messmer s’interdit de négocier avec des « terroristes ». Cette décision signe l’arrêt de mort de Ruben Um Nyobé. Il sera traqué, trahi et abattu deux ans plus tard.

 

Entre-temps, l’UPC s’est dotée d’une branche armée et s’est structurée en maquis, en campements regroupant chacun environ 400 combattants à partir desquels elle lance des attaques contre le pouvoir colonial. C’est le début de la sale guerre. Alors qu’au départ ils n’avaient que des gourdins, des lances et des fusils de chasse, les maquisards s’équipent et infligent de lourdes pertes aux militaires. Au cours de la seule année 1957, les combattants de l’UPC commettent 59 attentats en Sanaga-Maritime. Parallèlement, ils mettent en place une administration alternative.

La guerre contre-révolutionnaire, la réponse des autorités coloniales

Les autorités coloniales ne tardent pas à réagir. Les événements de 1955 se produisent un an seulement après la défaite historique de Diên Biên Phu. Pour les militaires, dont la plupart sont des anciens d’Indochine, il n’est pas question d’un autre traumatisme. Ils décident donc d’appliquer les théories de la guerre contre-révolutionnaire visant à dresser la population contre les nationalistes. La propagande assimile l’UPC à de méchants communistes dont l’intention serait, s’ils arrivaient au pouvoir, « de prendre tous vos biens et même vos épouses ». Cette stratégie préconise des mesures radicales telles que vider les villages pour éviter que les rebelles ne s’y cachent, regrouper les civils dans des camps construits aux abords des routes pour acculer l’ennemi dans les forêts, encourager la création de groupes d’autodéfense…

 

« Les populations étaient autorisées à se rendre dans leurs villages les jeudis accompagnées de militaires. Les autres jours, les villages étaient interdits. Les militaires ratissaient les zones », raconte un officier qui a requis l’anonymat. Des récits parlent de bombardements au napalm. Vrai ou faux ? Les archives coloniales pourraient apporter plus de lumière. Quoi qu’il en soit, la répression fit de nombreuses victimes. Mais nul n’en connaît le nombre exact. Même les estimations sont contestées.

 

Alain Jocard/AFP

 

Quel crédit accorder, par exemple, à Max Bardet, pilote d’hélicoptère passé par l’Algérie et Djibouti ? Dans son livre OK Cargo ! (Grasset, 1988), il affirme que des militaires français ont participé à « un vrai génocide » en Afrique centrale. « En deux ans, l’armée française a pris le pays bamiléké du sud jusqu’au nord et l’a complètement ravagé. Ils ont massacré 300 000 ou 400 000 Bamilékés […]. Ils ont pratiquement anéanti la race […]. Les villages avaient été rasés, un peu comme Attila, tu passes, tu ne laisses rien. »

 

Pour les auteurs de Kamerun !, il est possible que cette affirmation non étayée ait été destinée à nuire à Jacques Foccart. En effet, Constantin Melnik, ancien membre des services secrets devenu responsable de collection chez Grasset, était un ennemi du « Monsieur Afrique » du général de Gaulle. Le livre serait donc une fiction présentée comme une réalité dans le seul but de régler des comptes…

 

« Je mets quiconque au défi de prouver qu’il y a eu un génocide », s’insurge le général Pierre Semengué, 80 ans, intégré dans l’armée camerounaise dès 1961. « Pour vaincre une rébellion, poursuit-il, on ne procède pas par un génocide. C’est le retournement de l’opinion qui a été efficace. Ce sont les maquisards qui pillaient, assassinaient, enlevaient de jeunes hommes pour les envoyer combattre, kidnappaient des jeunes filles pour leurs besoins sexuels… Nous, on disait aux gens : « Voyez ce qu’ils vous infligent aujourd’hui. Pensez-vous qu’ils puissent mieux vous diriger demain ? » Ensuite, les renseignements ont fusé. Les ralliements aussi. »

 

La « vérité » de Pierre Semengué

Depuis l’annonce de François Hollande, Pierre Semengué a décidé de dire « sa vérité » aux médias et aux historiens. Pour lui, libre à la France de mettre au jour les archives de cette guerre méconnue. Mais jamais, à partir de l’indépendance, il n’y a eu de « massacre de masse ». D’ailleurs, insiste-t-il, la majorité des attaques de l’UPC était dirigée contre des civils, les « traîtres » et autres « valets des colonisateurs ». Il raconte l’attaque de Ngambé, le 5 janvier 1961, et le traumatisme qu’il éprouva devant le cadavre d’une femme enceinte. Selon son bilan, il y eut ce jour-là une quarantaine de rebelles tués.

 

Le patriotisme du Cameroun profond n’a pas encore pardonné à la France

 

Mais pour Basile Louka, 61 ans, universitaire et actuel secrétaire général de l’UPC (le parti a été relégalisé en 1991), le général omet de préciser que les « rebelles tués » étaient des prisonniers sommairement exécutés. Et d’enchaîner : « Que dire du train de la mort parti le 1er février 1962 de Douala pour Yaoundé avec 57 prisonniers, dont 25 mourront asphyxiés ? Une information judiciaire a été ouverte, mais ses résultats sont encore attendus. »

 

« Le patriotisme du Cameroun profond n’a pas encore pardonné à la France le fait qu’elle ait décidé de faire gérer notre indépendance par des gens qui n’en voulaient pas et n’y étaient pas suffisamment préparés », estime le cinéaste Bassek Ba Kobhio. Dans le contexte actuel, la « vérité » de Pierre Semengué dérange. Les Camerounais sont en quête de figures auxquelles s’identifier. Traiter les « martyrs » de l’UPC de bandits est choquant. Reconnaître, comme cet officier le fit dans un documentaire, que « nous coupions des têtes » pour démentir le mythe de l’invincibilité des maquisards l’est tout autant.

 

La vérité, celle des archives ou celle de l’armée, est-elle seulement souhaitée dans un pays en proie aux tensions ethniques et sociales ? Quant aux nationalistes, sont-ils prêts à reconnaître leur part dans les malheurs endurés par les populations ? Il reste les arrière-pensées liées aux réparations qui font habituellement suite à la reconnaissance d’un crime d’État. On voit déjà la bataille des ayants droit polluer à son tour l’écriture de l’Histoire…

 

 

@Jeuneafrique

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23/10/2015
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Hommage à Marie Antoinette Gbiatibua Yetene alias Mama Sese, première épouse de feu Mobutu

Hommage à Marie Antoinette Mama Sese décédée le 22 Octobre 1977

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PREMIER MARIAGE 

Le Président Maréchal épousa en 1955, Marie-Antoinette Gbiatibua Yetene âgée de 14 ans avec qui il a eu 9 enfants dont un décède très tôt en 1967. Elle décède le 22 octobre 1977 

1. NIWA 

Aîné de la famille, né en 1955, mort en 1994. Fils préféré de Mobutu, semble-t-il, il est le seul de ses enfants à avoir été membre du gouvernement, en qualité de secrétaire d'État aux Affaires étrangères, puis à la Coopération internationale. Il a également été ambassadeur itinérant. 

2. NGOMBO 

L'aînée des filles avait convolé en justes noces avec le fils du maire de Limete (une commune de Kinshasa), un ami de son père. D'abord conseiller à la présidence, le gendre sera ensuite promu secrétaire d'État. Mais l'union ne fut pas heureuse. Après avoir tenté de mettre fin à ses jours du vivant même de son père, Ngombo, mère de deux enfants, vit actuellement en Belgique. 

3. MANDA 

Après des études en Belgique, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, il entre à l'École de formation des officiers de Kananga (Kasaï occidental), d'où il sort avec le grade de sous-lieutenant en 1986. Il entreprend une brève carrière militaire avant de se tourner vers les affaires, puis de créer un parti politique en 1999. Il entretenait des rapports difficiles avec son père. Meurt en 2004. 

4. KONGA 

C'est le moins connu des enfants Mobutu. Lieutenant sorti de l'École de formation des officiers de Kananga, il était très discret et sans réseaux. Il est décédé en 1995. 

5. NGAWALI 

Fille préférée de son père, selon un membre de la famille, cette diplômée en relations internationales d'une université américaine a été sa conseillère diplomatique entre 1990 et 1997. Mariée à un Ivoirien, Serge baya Blé elle a fini par divorcer. Elle vit actuellement dans le 16e arrondissement de Paris et a un bon train de vie. 

6. YONGO 

Divorcée, elle vit en Belgique. 

7. YAKPWA 

Elle s'était mariée avec un Belge qui avait réussi à s'introduire dans le premier cercle des proches du maréchal. Mais le gendre n'hésitera pas à traîner la famille dans la boue après la chute du beau-père. Divorcée, Yakpwa réside en Belgique. 

8. KONGOLO 

Capitaine des Forces armées zaïroises, il traînait une réputation sulfureuse qui lui avait valu le surnom de Saddam Hussein. Resté jusqu'au bout aux côtés de son père pendant les moments difficiles, il meurt en 1998. 

9. NDAGBIA 

La cadette du premier mariage de Mobutu est mariée et vit en Belgique. 

ZEMANGA, le petit-fils de l'ancien président et fils de Nyua Jean-Paul étudiait le droit à l'Université libre de Bruxelles (ULB). 

 

Vidéo-Hommage à Marie-Antoinette Mama Sese

 

Rendre Hommage  aux morts, c'est faire revivre leurs mémoires afin que la génération future s'en souvienne!

 

Paix à son âme!

 

 

 

La Redaction 

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22/10/2015
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Memoire-Archive:Les derniers propos de feu Kongolo Mobutu fils de Maréchal Mobutu

Dernière interview de capitaine Kongolo Mobutu

Interview accordée au fils de feu maréchal Mobutu à la chute du régime Mobutu.Surnommé par la population Zairoise "Saddam Hussein" par son esprit rebelle et turbulent, il était plus coriace et déterminé que le général Mayele.

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Vidéo-Archive:

 

La Redaction

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10/10/2015
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Devoir de Mémoire:L'HERITAGE DE PATRICE LUMUMBA

 

Pendant son exil au cours des années 1980, M. Holden Roberto, président du Front national pour la libération de l’Angola (FNLA) et un de ses collaborateurs me rendirent visite dans mon bureau à l’Université Howard de Washington. Pour contredire les accusations (d’ailleurs bien fondées) portées contre lui et son parti comme étant des collaborateurs de l’impérialisme amé­ricain et démontrer leur dévouement au panafri­canisme, mes deux visiteurs se sont mis debout pour réciter dans son entièreté le célèbre discours du Premier ministre Patrice Emery Lumumba à la cérémonie de l’indépendance congolaise le 30 juin 1960. Ce geste, qui m’avait fort touché, témoignait de l’attachement que le continent africain dans son ensemble, et même parmi les brebis égarées, a pour ce martyr du nationalisme africain et de la lutte de libération des peuples opprimés à travers le monde entier.

 

Rares sont les pays africains où l’on ne trouve pas de rues et même de grandes avenues portant le nom de Lumumba. Nombre d’enfants africains nés après son assassinat portent également le prénom de Lumumba. Il y a lieu de signaler, à cet égard, le cas particulier d’un juriste kényan qui a le même nom que celui du héros national congolais. Il s’agit du professeur Patrick Lumumba, ancien secrétaire exécutif de la Commission kenyane pour la révision de la constitution (2002-2005) et ancien président de la Commission kenyane de lutte contre la corruption (2010-2011), un homme dont la passion pour le changement et l’éloquence évo­quent celles du leader congolais.
 
Ces deux références à l’héritage politique de Patrice Lumumba montrent comment notre continent a ressenti et ressent encore profondément l’ignoble assassinat de ce grand dirigeant africain. Dans son excellent ouvrage intitulé L’assassinat de Lumumba, le sociologue belge Ludo De Witte montre l’importance historique de cet assassinat dans les stratégies occidentales contre les révolutions anti-impérialistes de la deuxième moitié du 20e siècle dans des pays aussi divers que l’Iran de Mohammed Mossadegh, l’Egypte nassérienne, le Cuba castriste, le Congo de Lumumba et le Burkina Faso de Thomas Sankara :
 
« Dans ce contexte, Lumumba représente un grand danger potentiel pour l’Occident. L’assaut réussi de l’édifice colonial a donné de l’oxygène aux nationalistes radicaux et leur a accordé une place importante au sein du gouvernement congolais. L’anti-impérialisme de Lumumba, sa solidarité avec les masses populaires qui se radicalisent, son internationalisme et enfin son dégoût des méthodes administratives et répressives, favorisent le travail de conviction politique : tout cela le prédestine à intégrer au mouvement un maximum de peuples et de régions et d’élever ce mouvement peut-être au-dessus des limites purement bourgeoises. L’histoire a appris que la dynamique des sociétés post-coloniales a amené même des régimes bourgeois-nationalistes modérés, sous le coup de la victoire
anti-coloniale, à exiger le patrimoine national auprès de l’ex-colonisateur. »
 
C’est dans ce contexte de l’antagonisme entre les intérêts de la bourgeoisie internationale et ceux des masses populaires qu’il faut replacer les facteurs ayant contribué à l’assassinat de Lumumba ainsi que ses conséquences politiques pour le Congo et la place du martyr congolais dans le panthéon des défenseurs universels de l’émancipation des peuples. Ce crime atroce fut l’aboutissement de deux complots étroitement liés par les gouvernements américain et belge, qui bénéficièrent de la complicité de certains dirigeants congolais et d’un peloton d’exécution belge com­posé des militaires et policiers affectés au service du gouvernement fantoche du Katanga sécession­niste pour accomplir l’acte.

Patrice Lumumba, l’homme et son itinéraire politique

Qui est Patrice Lumumba, et pourquoi a-t-il été si violemment assassiné par les forces de la contre-révolution à la libération africaine ? Né le 2 juillet 1925 à Onalua, petit village du territoire de Katako-Kombe, district du Sankuru, dans la province du Kasaï, Lumumba fréquenta l’école primaire aussi bien chez les missionnaires catho­liques belges à Tshumbe Sainte-Marie qu’à la célèbre Mission méthodiste (protestante) de Wembo Nyama.
 
Il ne fut pas apprécié, ni chez les représentants de la trinité coloniale (compo­sée de l’Etat, les grandes entreprises et l’Eglise catholique), ni par les missionnaires américains, eux-mêmes fervents croyants en l’idéologie de la suprématie blanche du Sud des Etats-Unis et trop timides pour contester la répression colo­niale. Elève intellectuellement précoce et con­testataire vis-à-vis du paternalisme étourdissant des missionnaires chrétiens, le jeune Lumumba se décida à quitter le Sankuru en 1944 sans avoir obtenu un certificat d’études pour s’épanouir ailleurs. Après quelques mois dans la région de Kindu, il ira poursuivre une carrière de fonc­tionnaire à Kisangani (alors Stanleyville). C’est pendant ce long séjour à Kisangani (1944-1957) que Lumumba développa les traits saillants et exemplaires de son caractère : intégrité morale et intellectuelle, intransigeance sur les points de principes, courage exceptionnel même en face de la mort. Comme l’a témoigné un des membres du peloton d’exécution sur la scène macabre de la nuit de l’assassinat, Lumumba garda son sang-froid et fit montre d’un stoïcisme glacial devant ses bourreaux.
 
C’est à Kisangani que Lumumba se distingua comme président, vice-président, ou secrétaire d’au moins sept organisations d’évolués* congo­lais. Autodidacte, exception faite pour un an de formation professionnelle à l’Ecole postale de Kinshasa (alors Léopoldville), il réussit à acquérir d’immenses connaissances sur le monde con­temporain à travers des lectures individuelles concernant l’histoire et la politique. D’après Thomas Kanza, son collaborateur et biographe, Lumumba « lisait tout ce qui lui tombait sous la main[2]. » Leader incon­tournable, il fut l’interlo­cuteur valable des évolués congolais de Kisangani auprès du gouverneur de province, du ministre belge des colonies Auguste Buisseret (Parti libéral) et du jeune roi Baudouin 1er lors de sa première visite au Congo en 1955. Encore acquis à la thèse hégémonique de la communauté belgo-congo­laise véhiculée par les amicales belgo-congolaises ou les associations d’évolués encadrées par des Belges ouverts à un processus graduel d’intégra­tion raciale, Lumumba fut invité à visiter la Belgique pour la toute première fois en 1956. Craignant sa perspicacité et ses critiques bien fondées du racisme colonial, les autorités colo­niales l’accueillirent à son retour de Bruxelles avec une inculpation de détournement de fonds postaux, suivie d’une condamnation à deux ans de prison par le tribunal de première instance de Kisangani. Le Ministère public ayant jugé cette punition insuffisante, il interjeta appel, mais la Cour d’appel de Kinshasa confirma la peine de deux ans. Cette condamnation a été ramenée aux quatorze mois qu’il avait déjà purgés en détention préventive, suite à un arrêté royal de grâce signé le 27 août 1957.
 
Si Kisangani lui avait apporté l’apprentissage politique dont il eut besoin pour maîtriser les arcanes de l’organisation et de la pratique politi­ques, ses deux contacts avec Kinshasa en rapport avec l’Ecole postale et le procès du détournement des fonds postaux contribuèrent d’une façon décisive à l’éveil de sa conscience politique. En premier lieu, durant sa formation en matière de fonctionnement et de gestion du service des postes en 1948, Lumumba fit une visite éclair à Brazzaville, sur la rive droite du fleuve Congo en face de Kinshasa. Sa promenade lui ayant donné soif, il s’arrête à côté d’un café avec l’espoir de trouver un serveur qui lui apporterait un verre d’eau. A sa surprise, c’est la patronne européenne du café qui le remarque et l’invite à venir s’asseoir dans un café où des blancs sont attablés et lui apporte non pas de l’eau de robinet à laquelle il s’attendait mais de l’eau minérale. Pour le socio­logue français Pierre Clément, pour qui Lumumba servira d’assistant de recherches quatre ans plus tard, ce fut là la première révélation d’un autre monde possible pour Lumumba, habitué qu’il était au système d’apartheid pratiqué au Congo belge[3]. Revigoré par l’exemple de l’assimilation à la française au Congo-Brazzaville où la carte de mérite civique en 1948 et l’« immatriculation » en 1952 ne réussirent pas à garantir à l’élite congo­laise l’égalité d’accès à l’emploi, aux traitements, au logement, aux services sociaux et aux loisirs, l’évolué Lumumba eut le droit de dresser son front longtemps courbé pour rêver d’un pays plus beau que le Congo belge[4].
 
En deuxième lieu, ce rêve de changement radi­cal se renforcera davantage durant ses mois d’incarcération, pendant lesquels Lumumba eut l’occasion de mener une réflexion sérieuse sur l’avenir du Congo et de lire le fameux « Plan de trente ans pour l’émancipation politique de l’Afrique belge » de A. A. J. Van Bilsen, un professeur peu connu de l’Université coloniale d’Anvers, ainsi que les deux réactions congo­laises à ce document : d’une part le Manifeste de la Conscience africaineœuvre d’un groupe d’in­tellectuels catholiques représenté par Joseph Ileo, Joseph Malula (futur cardinal) et Joseph Ngalula ; d’autre part le contre-manifeste de l’Alliance des Bakongo (ABAKO), une association ethnique dirigée par Joseph Kasavubu[5]. A sa sortie de prison, Lumumba s’installa à Kinshasa où, à partir de 1957, il se lança dans la lutte politique. S’associant à Ileo et Ngalula, il réussit, en octobre 1958, à prendre la direction du Mouve­ment national congolais (MNC), une organisa­tion politique que les premiers avaient mise en place, pour la transformer enfin en un véritable parti politique au niveau national.
 
Par un heureux concours de circonstances, l’année 1958 s’est achevée avec l’émergence de Patrice Lumumba comme un des principaux leaders de la lutte pour l’indépendance au Congo belge. Le point de départ fut le passage de plusieurs jours à Kinshasa par deux leaders est-africains en route pour la première Con­férence des peuples africains tenue à Accra (Ghana) du 5 au 13 décembre 1958. Inquiets du fait qu’un grand pays comme le Congo risquait de rater ce grand rendez-vous africain, A. R. Mohamed Babu de Zanzibar et Tom Mboya du Kenya se sont enquis auprès d’un travailleur d’hôtel sur la possibilité d’entrer en contact avec des dirigeants politiques congolais. Le travail­leur en question fut très heureux de les amener à la rencontre de Patrice Lumumba, directeur com­mercial de la Brasserie du Bas-Congo (Bracongo), fabricante de la bière Polarque celui-ci offrait aux clients en guise de publicité tout en profitant de la circonstance pour éveiller les consciences poli­tiquement. Babu et Mboya furent tellement im­pressionnés par Lumumba qu’ils envoyèrent un télégramme à la direction du Mouvement de libération panafricain de l’Afrique de l’Est et centrale (Pan African Freedom Movement for East and Central Africa, PAFMECA) demandant de l’argent pour amener une délégation congo­laise à Accra[6].
 
C’est ainsi que Patrice Lumumba, Gaston Diomi et Joseph Ngalula accompagnèrent Babu et Mboya à Accra, où Lumumba se fit remarquer par les délégués à cette conférence qui réunissait les représentants des huit pays indépendants (Egypte, Ethiopie, Ghana, Guinée, Liberia, Libye, Maroc, Tunisie) et ceux des partis politiques, syndicats et d’autres organisations de la société civile du monde panafricain[7]. Il y rencontra les dirigeants des mouvements de libération natio­nale tels que Félix-Roland Moumié de l’Union des populations du Cameroun (UPC), Frantz Fanon du Front de libération nationale (FLN) d’Algérie et Amilcar Cabral du Parti africain pour l’indépendance de Guinée et du Cap Vert (PAIGC), et il noua des relations fort utiles avec de grands leaders africains tels que Kwame Nkrumah, Gamal Abdel Nasser, Modibo Keita et Ahmed Sékou Touré.
 
De retour à Kinshasa, Lumumba organisa un grand rassemblement populaire le dimanche 28 décembre pour rendre compte à la popula­tion congolaise des résolutions de la Conférence d’Accra et leurs implications pour le mouve­ment d’indépendance au Congo. Suite au refus du premier bourgmestre belge de Kinshasa d’autoriser l’ABAKO à tenir un meeting sem­blable le dimanche suivant, 4 janvier 1959, la population de Kinshasa se souleva en une rébel­lion de trois jours qui sonna le glas de la colo­nisation belge au Congo. « Indépendance immédiate », le slogan des manifestants, devint une demande non négociable de la lutte du peuple congolais pour son indépendance totale. Au lieu des 30 ans proposés par Van Bilsen en 1956, l’indépendance fut obtenue en quatre ans. La mobilisation de la population par les partis politiques radicaux comme l’ABAKO et le MNC-L fut responsable de l’érosion de la légitimité ainsi que de la capacité répressive du système colonial[8]. Lumumba tirera profit de cette nouvelle donne en implantant le MNC-L à travers toutes les provinces du pays, au point que son parti devint le fer de lance du mouvement nationa­liste et de la lutte pour l’indépendance au Congo.

L’assassinat de Lumumba

Depuis plus de 128 ans, les Etats-Unis et la Belgique jouent des rôles clés dans le façonnement du destin du Congo. En avril 1884, sept mois avant l’ouverture du Congrès de Berlin, les Etats-Unis furent le premier pays au monde à reconnaître les revendications du roi Léopold II des Belges sur les territoires du bassin du Congo. Lorsque les atrocités liées à l’exploitation écono­mique brutale du Congo entraînèrent des mil­lions de morts, Washington se joignit à d’autres puissances mondiales pour forcer la Belgique à mettre fin au statut du Congo comme possession personnelle du roi Léopold II et à le prendre à sa charge comme une colonie ordinaire. Pendant la période coloniale (1908-1960), les Etats-Unis ont vu l’enjeu stratégique au Congo du fait de ses ressources naturelles considérables, surtout après l’usage de l’uranium des mines congo­laises pour la fabrication des premières armes atomiques, les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki.
 
Avec le déclenchement de la guerre froide sui­vant la Seconde Guerre mondiale, il était inévitable que Washington et ses alliés occidentaux ne soient pas disposés à laisser aux Africains le contrôle de leurs matières premières stratégiques, par peur que celles-ci ne tombent entre les mains de leurs ennemis du camp soviétique. Par con­séquent, l’engagement de Patrice Lumumba d’acquérir une véritable indépendance et d’obte­nir un contrôle effectif des ressources du Congo afin d’améliorer les conditions de vie de notre peuple avait été perçu comme une menace pour les intérêts occidentaux. Pour lutter contre lui, Washington et Bruxelles utilisèrent tous les outils et ressources à leur disposition, y compris les Nations unies sous le Secrétaire général Dag Hammarskjöld et son adjoint américain Ralph Bunche, les adversaires politiques congolais de Lumumba, et des tueurs à gage[9].
 
Au Congo, l’assassinat de Lumumba est à juste titre considéré comme le péché originel du pays. Survenu moins de sept mois après l’indépendance (le 30 juin 1960), c’était une véri­table pierre d’achoppement pour les idéaux de l’unité nationale, de l’indépendance économique et de la solidarité africaine dont Lumumba avait fait le plaidoyer, ainsi qu’un coup terrible asséné à l’espoir de liberté et de prospérité matérielle de millions des Congolais. L’assassinat a eu lieu à un moment où le pays était divisé en quatre morceaux : l’ouest du pays sous le gouverne­ment central de Kinshasa (Léopoldville) ; le nord-est sous un gouvernement central rival dirigé par les partisans de Lumumba à Kisan­gani (Stanleyville) ; et les provinces minières du Katanga et du Sud-Kasaï sous les régimes séces­sionnistes de Moïse Tshombe et d’Albert Kalonji à Lubumbashi (Elisabethville) et Mbuji-Mayi (Bakwanga) respectivement.
 
Le régime néocolonial de Kinshasa naquit de la révocation de Lumumba par le président Kasavubu le 5 septembre 1960 et du coup d’Etat du 14 septembre par lequel le colonel Joseph-Désiré Mobutu prétendait neutraliser les deux prota­gonistes de la crise institutionnelle. Basée sur un article obscur de la Loi fondamentale, la constitution provisoire léguée au Congo par la Belgique, cette action était contraire à toutes les règles de la vie politique dans un système parlementaire où le premier ministre jouit de la majo­rité au parlement. Ce fut le cas de Lumumba : les deux chambres du Parlement rejetèrent l’action de Kasavubu comme nulle et non avenue. Les tireurs de ficelles occidentaux comprirent alors qu’il fallait une intervention militaire pour écarter Lumumba du pouvoir, et Mobutu avait déjà entrepris sa formation en la matière dès le début de la crise congolaise en juillet. Ancien collaborateur du Premier ministre Lumumba, il était en même temps lié aux forces de la contre-révolution comme indicateur des sûretés belge et américaine.
Lumumba et Mobutu
C’est lui qui devint le véritable maître de Kinshasa, en sa qualité de chef du groupe de Binza. Ainsi désigné du fait que ses membres résidaient et se réunissaient dans le quartier résidentiel luxueux de Binza, cette puissante clique tirait son pouvoir du contrôle, par chacun de ses membres, de liens étroits et d’appuis importants de l’extérieur : l’armée (Mobutu), la sûreté (Victor Nendaka), le ministère des Affaires étrangères (Justin Bomboko), le ministère de l’Intérieur/Police nationale (Damien Kandolo), la banque centrale (Albert Ndele). Ces individus travaillaient en étroi­te collaboration avec le Premier ministre Cyrille Adoula et le Président Kasavubu et aucune décision importante ne pouvait être prise par ces deux derniers sans l’aval du groupe de Binza, la plaque tournante du néocolonialisme au Congo.

Les sécessions du Katanga et du Sud Kasaï

De ces deux sécessions, celle du Sud Kasaï est mal connue, mais elle aussi a joué un rôle important dans l’élimination politique et physique de Patrice Lumumba. La proclamation de la sécession le 8 août 1960 à partir de Lubumbashi montre ses liens étroits avec la sécession katangaise, toutes les deux faisant partie des intérêts de la haute finance internationale et de la contre-révolution, la société diamantifère Forminière jouant au Kasaï le même rôle de bailleur de fonds que celui réservé dans la province du cuivre à l’Union minière du Haut-Katanga (UMHK). Cette petite sécession intervint au moment où le gouvernement Lumumba rece­vait une assistance logistique de la part de l’Union soviétique pour entrer en guerre contre la séces­sion du Katanga, vu le refus du Secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld d’exécuter le mandat du Conseil de sécurité relatif à l’assistance au gouvernement congolais en vue de chasser les troupes belges et les mercenaires blancs et mettre fin à la sécession. Les soldats de l’Armée nationale congolaise (ANC) en route pour le Katanga reçu­rent l’ordre d’en finir avec la petite sécession du Sud Kasaï avant de traverser la frontière qui sépare cette province du Kasaï. Malheureusement, des soldats indisciplinés commirent des massacres atroces d’innocents civils, incluant environ un millier d’hommes, femmes et enfants qui se croyaient hors danger dans l’enceinte de la Cathédrale catholique de Mbuji-Mayi (alors Bakwanga).
 
Dag Hammarskjöld qualifia ces tueries de « génocide » contre les Luba et pointa du doigt le Premier ministre Lumumba comme responsable de ce crime. Nonobstant le fait que les atrocités com­mises au Sud Kasaï ne correspondaient pas à la définition de génocide en droit international, ces crimes odieux n’étaient pas la responsabilité du seul chef du gouvernement, mais de toute la chaîne de commandement comprenant les officiers supérieurs sur le terrain, le chef d’état-major Mobutu, le Pre­mier ministre Lumumba et le président Kasavubu en sa qualité de commandant suprême des forces armées. Ni Hammarskjöld ni Kasavubu n’avaient aucune raison, quant au premier, d’accuser Lumumba de génocide et, quant au second, de le révoquer illégalement, alors que les responsabilités dans cette affaire étaient largement partagées.
 
La capitale du Sud Kasaï sera baptisée la « boucherie », car ce fut le lieu obligé pour l’exé­cution sommaire des lumumbistes dont le régime néocolonial de Kinshasa voulait se débarrasser. L’individu le plus illustre parmi ces victimes est sans aucun doute Jean-Pierre Finant (1922-1961), le premier gouverneur démocratiquement élu de la province orientale, dont Kisangani est la capitale. Métis belgo-congolais et père de la célèbre chant­euse congolaise Abeti Masikini (Betty Finant, 1954-1994), il fut exécuté le 17 février 1961, exactement un mois après l’assassinat de Lumumba, avec onze compagnons, dont Jacques Lumbala (ancien collègue de Mobutu comme ministre délégué au cabinet du premier ministre), Emmanuel Nzuzi et Jacques Fataki. Comme dans le cas de Lumumba, qui fut livré aux sécessionnistes katangais, le groupe de Binza ne voyait aucune contradiction entre collaborer avec les régimes sécessionnistes, qu’il avait le devoir de détruire, et assassiner leurs ennemis communs, les lumumbistes.
 
La sécession du Sud Kasaï s’effondra en gran­de partie à cause des contradictions internes, dues surtout à la lutte pour le pouvoir entre Joseph Ngalula et Albert Kalonji, qui s’était fait proclamé Mulopwe ou empereur des Luba-Kasaï, un peuple qui n’avait jamais connu un chef unique depuis son départ du berceau ancestral katangais au 18ème siècle. Rentré à Kinshasa et devenu ministre de l’éducation du gouverne­ment central, Ngalula complotera avec le groupe de Binza pour destituer Kalonji et mettre fin à la sécession. Celle-ci prit fin en septembre 1962, suite à une révolte armée sous la direction du chef d’état-major de l’armée de Kalonji.
 
Contrairement au Sud Kasaï, où le facteur inter­ne était plus important tant dans la disparition de la sécession que dans sa naissance, en fonction du conflit Lulua-Baluba et de sa mauvaise gestion par les Belges d’abord et Lumumba ensuite, au Katanga c’est le facteur externe qui fut prépondé­rant. Comme Jean Ziegler l’a très bien décrit dans son ouvrage La contre-révolution en Afrique[10], dans sa progression vers le sud du continent, le mou­vement de libération national africain s’est heurté au mur de la contre-révolution par lequel les colons blancs, les entreprises minières et leurs alliés de la droite en Occident étaient déterminés à sauvegarder leurs privilèges. Ainsi, du Katanga au Cap de Bonne Espérance, la contre-offensive blanche consistait dans l’érection d’Etats contrô­lés par les colons blancs, soit directement, comme ce fut le cas en Afrique du Sud, en Namibie et dans la Fédération de Rhodésie et Nyassaland, soit indirectement à travers l’Etat colonial (Angola et Mozambique) ou par un gouvernement fanto­che des nègres payés (Katanga). L’essentiel était que tous ces trois régi­mes réussissent à défendre et promouvoir les intérêts des colons et de gran­des entreprises qui cherchaient à maximiser leur marge bénéficiaire par l’exploitation d’une main-d’œuvre mal rémunérée et docile. Dans le contexte de la guerre froide, la contre-révolution n’eut aucune difficulté à s’insérer dans le discours hé­gémonique des valeurs occidentales, chrétiennes et démocratiques, qui excluaient le communisme, l’athéisme et l’autoritarisme.
 
Il s’ensuit que, bien avant que le colon rhodésien Ian Smith ait signé son compromis interne (« internal settlement ») du 3 mars 1978 avec l’évê­que Abel Muzorewa, le pasteur Ndabaningi Sithole et le chef Jeremiah Chirau au Zimbabwe, un autre accord avait déjà été négocié au Congo entre la Confédération des associations tribales du Katanga (CONAKAT) de Moïse Tshombe et Godefroid Munongo avec l’UMHK et l’Union katangaise, le syndicat des colons blancs, pour que le Katanga se détache du Congo pour devenir un Etat indépendant. Dans ce sens, la CONAKAT n’était que la voix des colons blancs à travers des bouches africaines. Sans l’appui financier de l’UMHK, le soutien militaire et technique de la Belgique, et la gestion des structures administratives et économiques par les colons, le Katanga ne pouvait pas survivre comme une entité politique viable. En outre, la sécession bénéficiera des appuis externes considérables non seulement en Belgique, mais aussi en France, en Grande Breta­gne et aux Etats-Unis. Dans le pays de l’Oncle Sam, la sécession katangaise jouissait d’appuis solides dans les milieux réactionnaires, où des puissants sénateurs comme Barry Goldwater de l’Arizona (un conservateur radical), Thomas Dodd du Connecticut (un démocrate réprimandé par le Sénat en raison de corruption) et Strom Thurmond de Caroline du Sud (un raciste notoire malgré le fait qu’il avait engendré une fille avec une femme noire) étaient membres du lobby katangais.
 
Suite à l’assassinat de Lumumba, le lobby katangais aux Etats-Unis et en Europe perdit son influence auprès des décideurs éclairés comme le président américain John Kennedy et Paul-Henri Spaak, ministre belge des Affaires étrangères. Ceux-ci comprirent que, dans le contexte de la guerre froide, l’intégrité territoriale du Congo était plus utile à l’Occident qu’une province séces­sionniste qui continuerait à soulever des passions en Afrique et dans le Tiers Monde en général et des questions sur la responsabilité occidentale dans la mort de Lumumba. Par ailleurs, ces décideurs ne voyaient plus une grande menace aux intérêts économiques et stratégiques de l’Occident en Afrique centrale, compte tenu de l’élimination physique de Lumumba et de la marginalisation des lumumbistes après Lovanium. C’est dans ce contexte que Kennedy donna le feu vert pour que l’ONU en finisse avec la sécession par la force. Entreprise le 29 décembre 1962, l’intervention onu­sienne contre la sécession katangaise sera couron­née de succès avec la signature de l’accord de capitulation par Tshombe le 17 janvier 1963. Ironi­quement, la restauration de l’unité nationale pour laquelle Lumumba donna sa vie fut réalisée dans l’intérêt des puissances impérialistes et de leurs protégés au sein de l’Etat néocolonial à Kinshasa.
 
Ces efforts réussirent à mettre fin au régime lumumbiste de Kisangani en août 1961, à la sécession du Sud-Kasaï en septembre 1962 et à celle du Katanga en janvier 1963. La fin de ces trois régimes consacra la montée en puissance du général Mobutu et sa clique, le groupe de Binza.

L’héritage de Patrice Lumumba

A peine ce processus d’unification était-il terminé qu’un mouvement social radical prô­nant une « seconde indépendance » surgit pour contester l’Etat néocolonial et ses dirigeants pro-occidentaux. Ce mouvement de masse regrou­pait des paysans, travailleurs, chômeurs urbains, lycéens et étudiants, ainsi que des petits et moyens fonctionnaires, qui trouvèrent un leadership enthousiaste parmi les lieutenants de Patrice Lumumba, dont la plupart s’étaient regroupés pour créer le Conseil national de libération (CNL) en octobre 1963 à Brazzaville.
 
Divisé sur le terrain en deux ailes, le front du Kwilu dirigé par Pierre Mulele et le front de l’Est sous la direction de Christophe Gbenye, Gaston Soumialot et Laurent-Désiré Kabila, les points forts et les faiblesses du mouvement de seconde indépendance peuvent servir de moyen de jauger l’héritage global de Patrice Lumumba pour le Congo et l’Afrique tout entière. L’aspect le plus positif de cet héritage se manifeste dans le dévouement de Pierre Mulele à un change­ment radical aux fins de satisfaire les aspirations profondes du peuple congolais pour la démo­cratie et le progrès social. D’autre part, les lumumbistes du front de l’Est étaient plus intéressés par le pouvoir et les privilèges y afférents que par la recherche du bien-être social. Dans ce dernier cas, il s’agissait en réalité d’un lumumbisme de paroles plutôt que d’actes. En effet, le défi pour tous ceux qui veulent suivre la ligne politique de Patrice Lumumba est de pou­voir passer des paroles aux actes.

Un combat loin d’être terminé…

Selon des informations non confirmées, Walter Kansteiner, ancien sous-secrétaire d’État aux Affaires africaines sous le président George W. Bush entre juin 2001 et novembre 2003, aurait conçu un plan de morcellement du Congo en quatre pays. Le raisonnement derrière une telle balkanisation serait que dans ses dimensions actuelles le pays est trop vaste et ingouvernable. Pour l’extrême droite du Parti républicain et les milieux d’affaires qui dépendent des ressources de l’Afrique tropicale, comme c’est le cas pour la compagnie familiale W. H. Kansteiner, Inc. de Chicago, une telle balkanisation faciliterait l’accès aux ressources ainsi que leur transfert aux marchés extérieurs. Entre-temps, si le Rwanda et l’Ouganda peuvent jouer ce rôle de facilitateur, pourquoi pas ?
 
Pour ces nostalgiques du « fardeau de l’hom­me blanc » et leurs laquais en Afrique, la réalité est que leur projet de recolonisation du Congo bute aujourd’hui contre la détermination du peuple congolais à défendre son unité, son patrimoine national et l’intégrité territoriale de la nation. Le pays de Patrice Lumumba, Pierre Mulele, André Kisase Ngandu et tant d’autres martyrs mobilise ses femmes, hommes et enfants pour dire « non » à la balkanisation et « oui » à un « Congo uni, pays fort ». Tout comme les dirigeants progressistes de la lutte pour l’indépendance ont scandé ce slogan à la veille de l’accession de notre pays à la souverai­neté nationale et internationale, en tant que femmes et hommes intègres et nationalistes sans reproche, les lumumbistes authentiques sont appelés à défendre contre vents et marées les intérêts supérieurs de la nation congolaise.
 
C’est avec grand plaisir que je recommande aux Africains et à toutes les personnes qui défendent les idéaux de la liberté, la justice et la paix de lire les textes réunis dans cet ouvrage. Ils expriment la pensée politique de Patrice Lumumba, sa passion pour l’indépendance et la souveraineté nationales, ainsi que son infati­gable attachement à l’éman­cipation de tous les peuples opprimés en Afrique et à travers le monde entier.
 
 
@Etat d'exception
 
AMMAFRICA WORLD
 

 


26/09/2015
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DOSSIER BURKINA FASO:Assassinat de Thomas Sankara dénoncé par l'un des témoins oculaires des faits!

Voir au delà de chaque assassinat politique en Afrique!

En lisant cette interview qui dénonce comment l'assassinat politique de Thomas Sankara a été effectué, je me demande si réellement les africains comprennent profondément la source de leur malheur?.Lorsque l'opportunisme, le matériel deviennent votre motivation, comment ne pas comprendre que nos "coeurs" doivent être guéris d'abord avant de vouloir changer autour de soi?.

 

La trahison démontre combien nous avons nos priorités ailleurs que défendre la "bonne cause" qui profite à plusieurs que la mauvaise cause qui détruisent des vies et déstabilisent tout autour de nous?.

 

Il y a beaucoup à dire sur ce sujet, l'africain indexe l'autre lorsque la paille qui se trouve aussi en lui, il ne peut l'ôter!

 

Nous avons aussi une sorte "d'impérialisme" qui existe en nous, dans nos coeurs, et cet impérialisme doit être au premier abord combattu sévèrement!

 

Africains, changeons nos coeurs, et reconnaissons la valeur d'une vie qui a droit de vivre encore avec ces talents et potentialités plutôt que vouloir l'anéantir!!!

 

 

Amour-conscience-Réparation

Ammafrica world vision

 

Assassinat de Thomas Sankara :

"C'est la garde personnelle de Compaoré qui a tiré"!

AlounaTraore

Jamais Alouna Traoré, rescapé du coup d’Etat du 15 octobre 1987, n’avait fait un déballage aussi important sur l’assassinat de l’ancien Président, Thomas Sankara. Pour la première fois, il raconte ce qui s’est passé, ce jour-là, dans la salle de réunions du Conseil de l’Entente, ce que Sankara leur a dit avant de sortir les mains en l’air. Comment aussi le leader de la Révolution d’Août et douze de ses compagnons ont été froidement abattus. Alouna Traoré pointe un doigt accusateur sur la garde personnelle de Blaise Compaoré. Et il cite, sans détour, des noms de militaires qui ont tiré. Il raconte également comment lui, seul survivant parmi ceux qui étaient avec Sankara, a fait le mort et échappé, de justesse, aux balles des mitraillettes. Il n’hésite pas non plus à décocher des flèches sur Blaise Compaoré. Et ce n’est pas tout. Interview exclusive.

 

Courrier confidentiel : La révolution populaire du 30 octobre a contraint Blaise Compaoré à quitter le pouvoir après 27 ans de règne. Comment analysez-vous ce tournant décisif de l’histoire du Burkina ?

 

Alouna Traoré : J’ai été agréablement surpris de la tournure des événements. C’était une suite logique des manifestations qui ont précédé le 30 octobre. La force et la peur avaient changé de camp. La voix de l’opposition qu’on disait aphone a été portée au grand jour. Les couleurs ont été véritablement lancées par les femmes dès le 27 octobre. C’étaient les signes précurseurs d’un tsunami au Burkina. Les femmes sont sorties avec des louches et des spatules. Selon la symbolique moaga, cela signifie que la nourriture du régime Compaoré était finie; la sauce de la nourriture était finie ; le tôt, plat principal du régime, était fini. La fin du régime n’était donc pas loin. La marée humaine, estimée à plus d’un million de personnes, dans les rues de Ouagadougou, le 28 octobre, était le signe que la revendication était suffisamment forte. Mais comme le sort était déjà scellé, le pouvoir en place, ivre de ses avoirs et de ses succès faciles, n’a pas compris le message. Le Mogho Naba (chef tutélaire des mossé) est intervenu par parabole ; il a demandé au chef de l’Etat, Blaise Compaoré, d’ajouter de l’eau froide pour que l’eau du bain soit consommable ; c’est-à-dire qu’on puisse se laver avec. Mais il ne l’a pas écouté. Ce qui est arrivé le 30 octobre, le jour du vote de la loi concernant la modification de l’article 37 de la Constitution, est une précipitation argentée. Quand vous êtes féru, vous n’avez plus le sens de la normalité. Les députés, qu’ils le veuillent ou pas, avaient déjà mordu à l’hameçon ; ils étaient séquestrés. Et du coup, les débats, qui devaient débuter à 16h, ont été ramenés à 10h. Cerise sur le gâteau, le président a donné, en si peu de temps, ce qu’on ne lui avait pas demandé. Mais le peuple a été clair : «On veut votre départ, monsieur le président». Ce qui est arrivé est donc dans l’ordre normal des choses ; c’est la révolution bien faite. Et cela, Thomas Sankara l’avait prédit : après lui, il y aura des révolutionnaires. 27 ans après, nous sommes en plein dans la révolution. Ceux que les termes révolutionnaires et progressistes gênaient et continuent de gêner, en ont eu pour leur galon. Nous y sommes et nous y allons ; c’est notre destin.

 

Blaise Compaoré était pourtant qualifié de stratège. Pourquoi, selon vous, ses ruses n’ont pas marché cette fois ?

 

Il avait déjà perdu ses principaux lieutenants : Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré et bien d’autres. Ce sont des signes avant-coureurs. Quand, dans un match de football, vous alignez Eto’o, Drogba et Messi, et qu’ils vous quittent par la suite, le navire chamboule. Il n’y a que les Assimi Kouanda (Secrétaire exécutif national du CDP, NDLR), venus tard dans la politique, qui affirment, de façon laconique, que les démissions du CDP en janvier dernier, étaient un «non-événement». Le Président Compaoré était ivre de sa force. C’est un has been. Il n’a pas compris et ne comprendra jamais que la société dans laquelle il vit a changé et que lui seul n’avait pas changé. En cela, le pouvoir de Blaise Compaoré n’offrait pas de perspectives. C’est toujours les mêmes (sa famille et apparentés) qui mangent et mangent le pouvoir; les autres assistent. Son crime, c’est la mauvaise lecture des situations. Les jeunes qui manifestent ne savent pas que Blaise Compaoré, qui a passé 27 ans au pouvoir, est un stratège politique. Ils analysent le pouvoir à l’aune de leurs difficultés existentielles. Pourvu que leurs problèmes soient réglés !

 

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Voulez-vous dire qu’autour du Président Compaoré, gravitaient de mauvais conseillers ?

 

S’il avait pris conscience de la réalité, on ne serait pas arrivé à la révolution du 30 octobre. Le président a perdu le sens des réalités depuis que ses lieutenants l’ont quitté. Il naviguait à vue. Il a donc fini par être chassé du pouvoir.

 

Blaise Compaoré a accédé au pouvoir, le 15 octobre 1987, par un coup d’Etat. Vous avez été témoin de la mort de Sankara et de douze de ses compagnons. Que s’est-il exactement passé ce jour-là ?

 

Le 15-Octobre est une tristesse, un carrefour macabre dans la lecture des événements qui se sont produits au Burkina. Partout dans le monde, nous avons été insultés, humiliés, vilipendés. L’incompréhension était à la hauteur de ce qui venait de se passer au Burkina, en l’occurrence l’assassinat du Président Thomas Sankara. Le 15 octobre, j’y étais par le concours et le fait de l’histoire. Je suis allé la veille en mission au Bénin, pour rechercher des documents pour la création d’un parti souhaité par Sankara. Nous avons voulu nous inspirer de l’expérience du Bénin. Le Président Sankara avait souligné, à plusieurs reprises, la nécessité de nous organiser davantage pour vaincre tous les obstacles au développement de notre pays. Le lendemain jeudi 15 octobre, nous nous sommes réunis, comme tous les jeudis, dans la petite salle du Conseil de l’Entente. A 16h, comme prévu, le président est arrivé. Il m’a donné la parole. A peine j’ai commencé à parler que nous avons entendu des rafales de mitraillettes, comme une pluie qui tombait brusquement sur une toiture en tôles. Le président s’est levé en sursaut et nous a dit «C’est de moi qu’ils ont besoin». Il a tiré son survêtement vers le bas ; il a levé les bras en l’air, comme dans les films western et est sorti de la salle de réunions. C’est en ce moment-là qu’il a été abattu. Je ne comprends pas le fait qu’une certaine légende tende à dire qu’il a tiré avant d’être abattu. C’est archi-faux. On ne peut pas sortir les mains en l’air et tirer. C’est très triste : ils l’ont tué à bout portant et ensuite, ils ont écrit sur son certificat de décès qu’il était «mort de mort naturelle». Je l’atteste : Thomas est sorti les mains en l’air et a affronté la mort. Il est allé droit face à la mort.

 

Dans le livre de Ludo Martens, «Sankara Compaoré et la Révolution burkinabè», le Capitaine Diendéré, aujourd’hui Général, affirme pourtant que ce jour-là, il était personnellement sur le terrain des opérations. Et que Sankara a été le premier à tirer. Il précise que c’est en ce moment-là que ses hommes ont fait feu et la situation a dégénéré ! A-t-il menti ?

 

Comment dois-je qualifier ce genre de propos ? Le Général Gilbert Diendéré dit, là, des contrevérités. Il fait partie des gens qui sont trop loin de la réalité. Ce jour-là, Sankara n’a pas tiré. C’est plutôt la garde personnelle de Blaise Compaoré qui a tiré sur nous. Je les connais ; on jouait au ballon militaire ensemble. Je vous explique ce que j’ai vu: nous étions en réunion et ils le savaient. Ils nous ont donc surpris. Le président est sorti les mains en l’air; il n’y a pas eu d’échange de tirs. Le seul civil qui avait une arme, c’était Paulin Bamouni. Mais il avait laissé son arme dans son véhicule. Nous sommes venus pour discuter ; nous étions donc à un débat d’idées et non à une séance de tirs militaires. Ce que Gilbert Diendéré dit est inexact. Je le laisse à ses affirmations contraires à la vérité. Personnellement, je reste ouvert à tout ce qui peut contribuer à l’avènement de la vérité historique. Ce qui s’est produit le 15 octobre ne doit plus se produire dans notre histoire. Des hommes de bonne foi, qui ont travaillé pour les intérêts du peuple, ont été froidement abattus comme à une séance de chasse de gibiers ; c’est inhumain. Le 15-Octobre doit servir de leçon à toutes les générations futures. C’est bien eux qui ont assassiné le président. Qu’ils aient la décence de ne pas prendre les autres pour des simples d’esprit. Il faut dire la vérité ; elle nous libère. Je le dis et je le confirme : Sankara n’a pas tiré. Aucun de nous n’a tiré. Même sa garde personnelle n’a pas eu le temps de riposter. Les Mossi disent qu’il n’y a de bon soldat que celui qui n’a pas été surpris. La surprise vient toujours à bout des meilleurs soldats. Soldat surpris signifie que vous êtes pris, sauvez-vous. A Guélémou, en Côte d’Ivoire, Samori Touré fut surpris, donc pris matinalement et conduit au Gabon, selon l’histoire. Comment, surpris, vous pouvez réagir ? Ils nous ont tiré dessus comme des lièvres. Si le Général Diendéré a une autre version des faits, le tribunal de l’Histoire nous départagera.

 

Vous affirmez bien connaître la garde personnelle de Blaise Compaoré. Qui sont exactement ceux qui étaient sur le terrain ?

 

Dans une armée organisée, on connaît les ordres de passage. Si vous prenez les archives du 15 octobre 1987, vous saurez ceux qui étaient sur le terrain et ceux qui étaient de garde. J’ai vérifié et c’est bel et bien la garde personnelle de Blaise Compaoré qui a tiré sur nous. J’ai personnellement vu les éléments qui étaient présents ce jour-là.

 

Citez-nous des noms…

 

Nabié, Yacinthe Kafando, Otis, etc.

Je sais ceux qui ont fait partie de la garde personnelle de Blaise Compaoré en octobre 1987. Ce n’est pas de la magie ; c’est connu. Les archives en parlent. Je suis affirmatif : c’est la garde de Blaise Compaoré qui nous a tiré dessus.

 

Sankara Compaor

Le coup d’Etat a donc été orchestré par Blaise Compaoré ?

 

A qui profite le crime ? Suivez mon regard. Quelques temps après, les numéros deux et trois de la Révolution ont été trucidés : les camarades Jean-Baptiste Lingani et Henri Zongo.

Avec le fil de l’histoire, 27 ans après, l’explication que je peux donner, c’est que le 15-Octobre a été scellé dès le mariage du camarade Blaise Compaoré avec Chantal Compaoré.

 

Que s’est-il passé ce jour-là ?

 

Il y a eu un fait insolite mais digne d’intérêt. Le Président Sankara a déclaré ceci: «Madame Compaoré, vous me prenez tout; je perds tout dans ce mariage et vous gagnez tout dans ce mariage ; je perds un camarade, un ami, un frère. Prenez soin de cet élément». Cette déclaration a créé de l’électricité dans l’air. Personne ne s’attendait à de tels propos. La candeur de la vérité, la sincérité était outrageante. Tout le monde a été atteint dans son intimité. Qu’il vienne dire qu’il perdait tout dans ce mariage et que la dame gagnait tout, le déclic est peut-être parti de là. Chemin faisant, le sexe fort en a fait le reste. Quand on fait une bonne lecture de la situation, c’est ce mariage-là qui a abouti au 15-Octobre.

 

Soyez plus précis. Quel rapport concret peut-on établir entre ce mariage et le coup d’Etat ?

 

Je me permets une réflexion : je n’ai rien contre les nationalités étrangères. Dans le quator révolutionnaire, le célibataire ambulant, c’était Blaise Compaoré. Les autres étaient en situation de mariage. Le maillon faible de la chaîne révolutionnaire perturbante, dérangeante dans la sous-région, c’est bien Blaise Compaoré. Il était la cible toute trouvée par l’impérialisme occidental ou sous-régional pour torpiller la Révolution. Et qui a-t-on envoyé ? La finesse et l’intelligence de l’impérialisme lui permet de trouver une dame. On envoie donc Chantal Compaoré qui arrive à convaincre et à se marier avec un révolutionnaire. Envoûté, ensorcelé, amoureux (les femmes étant d’une magie extraordinaire), elle arrive à posséder son homme. Je pense que tout est passé par Chantal Compaoré. Et on arrive au 15-Octobre. Elle est alors bénéficiaire de tout. Les choses ne sont pas souvent du côté où on pense qu’elles pourraient survenir. Le complot a été de haut niveau. Il a été réfléchi de main de maître. Certes, tout s’y recoupe, mais la bouche qui vous chante chaque fois que vous êtes le chef, que vous méritez d’être chef, que vous avez les qualités d’un chef, finit par faire de vous un chef. 27 ans après, avant l’insurrection populaire du 30 octobre dernier, il n’y avait pas meilleur gardien des intérêts français au Burkina que Blaise Compaoré. Il y a travaillé ; il s’est costumé en cravate ; je n’ai rien contre le costume-cravate, donc n’ayez rien contre le Faso danfani également. Certes, l’habit ne fait pas le moine mais l’habit permet de reconnaître le moine. Dites-moi de quoi vous vous habillez et je serai à même de dire quels sont vos modes de pensées. Sous la Révolution, le Faso danfani avait court pour que nous nous rapprochions davantage des masses populaires et des populations laborieuses. Pendant les 27 ans de règne de Blaise Compaoré, le costume-cravate était à la mode et jusqu’aujourd’hui, et tout le monde s’habille à l’occidentale pour mieux défendre les intérêts français, ou pour être dans un style dit civilisé. Ce sont quand même des civilités à l’occidentale ! Notre habillement africain est ainsi qualifié d’accoutrement et la servitude volontaire y passe ; c’est plutôt en nous habillant à l’occidentale que nous renforçons l’idée selon laquelle nous sommes accoutrés.

 

De façon concrète, comment la France a-t-elle soutenu le coup d’Etat du 15-Octobre ?

 

L’amalgame entre l’impérialisme, le capital financier et le suppôt de l’impérialisme en Afrique occidentale était connu. Sous la Révolution, les Comités de défense de la Révolution (CDR) ont dénoncé le vieux crocodile de Yamoussoukro, Houphouet Boigny, qui, à son tour, s’est moqué de nous en nous disant «Vous, vous n’avez rien et c’est vous qui criez». La France a des intérêts; elle n’a pas d’amis. Cela est inscrit dans la bible de la coopération française. Mais, en même temps que la France a des intérêts, elle méprise tous les peuples colonisés qui ont la prétention d’avoir des intérêts. Dans le même ordre d’idées, le Général de Gaule avait dit du Burkina, la Haute Volta d’alors, que «ce pays-là est un pays d’Hommes». Plusieurs années après, François Mitterrand dit à Thomas Sankara, «Vous dérangez, vous empêchez de dormir». Les mots ne sont pas jetés en l’air. Qui Sankara gênait-il ? Qui empêchait-il de dormir ? Les intérêts français sont menacés en Afrique. Ainsi, si ce qui se passe sous la Révolution au Burkina se répercute dans d’autres pays africains, c’est mauvais pour la France. La formule a donc été trouvée. Et le 15-Octobre s’est fait. Sinon, comment comprendre qu’un national «burkinabé», en l’occurrence Blaise Compaoré, menacé dans son pays pour mal gouvernance, ait l’assistance de l’ancienne colonie française pour son exfiltration, et que la France lui trouve un asile ? Je pense que ce périple vise à le sucer et le débarrasser de tout ce qu’il aura acquis comme biens. Posons-nous des questions : qu’a fait Blaise Compaoré pour mériter d’être exfiltré par la France ? Est-il citoyen burkinabè ou français ? Surtout que la France nous a habitués à venir au secours des Français en situation difficile en Afrique ou ailleurs dans le monde. Souvenant du cas Bokassa de la Centrafrique avec la France de Giscard d’Estaing. Après, on s’en foutra comme un torchon. Sinon, un national burkinabè, digne de ce nom, ne saurait être exfiltré par la puissance coloniale.

 

Certains témoignages font aussi état de la présence de Libériens au Burkina le 15 octobre et les jours qui ont précédé cette date. Qu’en est-il ?

 

Invoquer des mains libériennes ou sous-régionales participe de l’amalgame pour brouiller les pistes. Voyez d’où est partie cette idée de faire germer la Présidence dans la tête de Blaise Compaoré. Mieux, cette même année, en 1987 donc, il a refusé d’être Premier ministre. Le Président Sankara est allé en consultation chez le président gabonais, Omar Bongo, et ce dernier lui a dit que c’était parce que Blaise Compaoré voulait devenir président qu’il avait refusé d’être Premier ministre. Ce que j’ai vu le 15 octobre me permet de dire, sans détour, que c’est la garde personnelle de Blaise Compaoré qui a tiré sur nous.

 

Après les tirs, que s’est-il passé ?

 

C’était l’hécatombe. Personne n’a résisté. J’étais parmi les derniers à sortir de la salle. La cause était déjà entendue. Je me suis fondu à la masse des cadavres. Ceux qui nous ont tiré dessus ont su que je n’étais pas mort. Ils ont dit à ceux qui étaient venus se défaire des cadavres ceci : «Il y a un qui n’est pas mort; il faut lui dire de monter avec les autres». Ce jour-là, je pense que j’ai vidé toute l’eau de mon corps. J’ai uriné à n’en pas finir. Car pour moi, c’était sûr qu’après cet acte, je devais rejoindre mon Seigneur. Ils m’ont ensuite conduit dans une maisonnette. Jusqu’au matin, c’était la valse des gros camions. Des gens sont venus ramasser les corps et essuyer l’endroit où le carnage a eu lieu. Longtemps après, j’ai appris qu’ils ont été enterrés vulgairement au cimetière de Dagnoën.

 

Pensez-vous que la tombe érigée au nom de Sankara au cimetière de Dagnoën est bien la sienne ?

 

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Je ne saurais vous le dire. Je ne parle que de ce dont j’ai connaissance. Je n’étais pas au cimetière pendant les enterrements. N’eût été un média étranger, dans le cadre de ses reportages, qui a souhaité que je me rende au cimetière de Dagnoën, je me réservais le droit de ne pas y aller. Cela pour suivre l’exemple du défunt père de Thomas Sankara. Il a tenu des propos dignes d’intérêt. Il a dit «J’ai deux enfants : Thomas et Blaise. Si l’un est mort, l’autre, Blaise Compaoré en revanche, est là. Je l’attends». Mais depuis le 15 octobre 1987, Blaise Compaoré n’est jamais retourné voir le père de Sankara. En ne le faisant pas, il se culpabilise. Le vieux Sankara n’a pas dit «Qui a tué Thomas ?», il a dit «J’attends mon deuxième fils». Mais ce dernier n’a pas répondu à l’appel jusqu’à ce que le père de son «meilleur ami», son «camarade», son «frère d’arme», meure.

 

Sankara était, dit-on, bien informé. Il savait que quelque chose se tramait. Pourquoi, malgré cela, il n’a pas pris des dispositions adéquates pour sa propre sécurité ?

 

Le 8 octobre 1987, il a fait distribuer une correspondance écrite par Che Guevara avant que ce dernier ne parte à son aventure au Congo et en Amérique latine. Dans la lettre, le Che s’adressait à Fidel Castro en lui disant brièvement ceci: «Je laisse à cette République ma femme et mes enfants. Si ce que nous avons fait ensemble doit porter ses fruits, ma femme et mes enfants en seront bénéficiaires. Aujourd’hui, vous êtes en situation de responsabilité ; vous ne pouvez plus faire ce que moi, le Che, je peux faire. Je participe donc à l’aventure de la révolution mondiale ; c’est ma mission, j’y vais». Nous n’avions pas compris le sens de la publication de cette lettre qui était adressée à Fidèle Castro. Longtemps après, par recoupement, nous avons compris que le Président Sankara s’était fait une idée. En effet, plusieurs fois, les gens ont dit que Blaise Compaoré préparait un coup; mais Sankara, bien qu’étant informé, n’a jamais voulu prendre les devants. Il a dit qu’il ne tirerait jamais sur Blaise Compaoré. A chaque fois, il ajoutait : «Laissez Blaise faire son travail». Sankara était donc bien conscient de ce qui aurait pu advenir. Il a réglé ses comptes par la publication de cette lettre adressée par le Che à Fidèle Castro. Quand on analyse dans le fond, cette lettre était adressée à Blaise Compaoré. Et le message de Sankara était celui-là: «Je ne ferai rien pour te nuire ; vas, continue ! Si c’est la République que tu veux gérer, vas et gère la République». Le Président Sankara a distribué cette lettre le 8 octobre et le 15 octobre, il y a eu le coup d’Etat.

 

Il semble que le soir du 15 octobre, le Président Sankara devait adresser un discours à la nation. Qu’en est-il ?

 

Je n’ai pas connaissance de cela.

Il s’agissait, dit-on, de recadrer la Révolution. Ce recadrage était-il nécessaire ?

 

Le président l’avait déjà fait à Bobo Dioulasso, le 4 août 1987, date anniversaire de la Révolution. Le PF a recentré tous les débats et insisté sur la nécessité de nous réorganiser pour vaincre les ilots de résistance et faire porter haut le flambeau de la Révolution. C’était un discours programme. Jusqu’au 4 août 1988, nous devions nous atteler à l’explication du discours du président, mieux s’organiser pour mieux vaincre. Il y a eu un mea culpa national à propos des erreurs faites par les CDR qui devaient renforcer leur niveau de conscience et de compréhension politique. Nous étions donc dans le tempo. Le discours du 4 août 1987 montrait la voie à suivre pour que la Révolution aille de l’avant. Mais le 15 octobre, il y a eu la «rectification». Cependant, la révolution populaire des 30 et 31 octobre 2014 a purifié la rectification et réhabilité les lettres de noblesse à la Révolution démocratique et populaire (RDP) enclenchée le 4 août 1983.

 

Le président de la Transition, Michel Kafando, a annoncé l’identification de la tombe supposée de Thomas Sankara. Quelle analyse en faites-vous ?

 

Il faut que justice soit faite ! Il faut que la République fasse en sorte que ce pan de notre histoire soit dévoilé. Dans tous les cas, concernant les 27 ans de pouvoir de Blaise Compaoré, ce que les jours d’aujourd’hui nous cachent, ceux de demain nous le révéleront. Le temps des révélations est arrivé. C’est à l’honneur des nouvelles autorités de reprendre ce dossier afin qu’on le passe au peigne fin, qu’on sache raison garder et faire le recueil de ce qui nous est arrivé.

 

Pour cela, il faut que Blaise Compaoré, actuellement au Maroc, soit extradé et jugé…

 

Il ne peut pas gérer cette République comme il l’a fait, rester à l’extérieur aux frais de la princesse française et vouloir se dérober de ce dossier. Il faut qu’il soit là, qu’il sache ce qu’il a fait au peuple. Il faut que tout se passe devant lui ; qu’il assume ! C’est lui, le chef, et un chef ne se dérobe pas de ses responsabilités.

 

Justement, à ce propos, après le coup d’Etat du 15 octobre 1987, il a affirmé qu’il était malade, qu’il avait le palu, qu’il était couché dans son lit quand les armes ont commencé à crépiter. S’agit-il, là aussi, d’une fuite de responsabilité ?

 

Je mets ses propos au compte des affabulations et des élucubrations. C’est de la mythomanie ; cela ne m’engage pas. Je ne crois pas ce prétendu «palu» dont il parle. Il faut qu’il assume ce qu’il a fait. Pourquoi, pendant 27 ans, Thomas Sankara était censuré ? On parle plus de Sankara à l’extérieur du Burkina alors qu’à l’intérieur, c’est le silence radio du côté surtout des autorités. Ce n’est qu’en cette année bénite 2014, que doucement, mais sûrement, les langues, les voix, les soupirs ont commencé à donner du son, de l’écho.

 

 

Puis, il y a eu l’apothéose des 27, 28, 29, 30 et 31 octobre, soutenue de dignité, de fierté, de résolution. L’exemple venu du pays des Hommes intègres est un éclat de diamant qui irradie le continent de son éclat révolutionnaire.

 

 

 

 

Hasta la victoria siempre !

(Toujours la victoire !)

 

Propos recueillis par Hervé D’AFRICK

@Courrierconfidentiel.net

 

AMMAFRICA WORLD


25/09/2015
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Devoir de mémoire:Les exploits d'un esclave noir originaire de l'Afrique Centrale au Japon:Un Samouraï Célèbre!

Certaine haine cache parfois la jalousie masquée de ce que vous êtes en réalité:Une race bénie!

La mémoire de cet homme disparaitra dans la nature pour étouffer ses exploits, mais l'histoire reste archivée dans la mémoire de ceux qui n'oublient rien sur le passé! 

@ammafrica

UN SAMOURAÏ CÉLÈBRE: KURUSAN YASUKE

Ce personnage est arrivé au japon en tant qu’esclave d’un jésuite italien Alessandro Valignano vers 1579. Certaines sources prétendent qu’il était originaire du Mozambique, d’autres du Congo. Dans tous les cas, il devait certainement être né en Afrique centrale ou en Afrique de l’ouest, du fait que la majorité des esclaves venaient de ces régions.

A l’époque voir des gaijins européens était rare, et beaucoup plus lorsque ces gaijins étaient d’origine africaine et cela d’autant plus que sa stature imposante (plus de 1m90) surprenait grandement! Dans les premiers temps, les japonais de cette période qui prétendaient avoir vu des hommes de couleur étaient considérés comme menteurs et certains étaient même exécutés!

De par les tâches qui lui furent assignées, il acquit rapidement des connaissances dans la langue japonaise, les arts mais aussi dans l’art du sabre.

Il fit tellement sensation que la nouvelle de cet étranger à la peau noire attira l’attention d’Oda Nobunaga, l’un des plus grands unificateurs du Japon. Celui-ci, toujours très curieux des choses qui venaient de l’occident, souhaita vivement rencontrer cette force de la nature.

Une anecdote raconte que le Daimyo, ne croyant pas que la couleur noire ébène était la vraie couleur de peau de Kurusan Yasuke, demanda à ce qu’on le nettoie énergiquement pour vérifier!

Illustration d'un livre pour enfant de 1943 racontant l'histoire de Yasuke

                                                                      Illustration d’un livre pour enfant de 1943 racontant l’histoire de Yasuke

De par les qualités de Yasuke, dont il est dit que l’intelligence n’était pas la moindre, ainsi que les histoires de son pays d’origine, le Daimyo le nomma Samouraï (Hamamoto pour être exact), et lui offrit un daisho dont le katana fût remplacé par un odaishi, plus adéquat au vu de la stature de celui-ci.

En 1582, Nobunaga accompagné de sa garde personnelle fût attaqué par l’un de ses propres généraux: Akechi Mitsuhide

Vaincu, le Daimyo se fit seppuku.

Yasuke, souhaitant mettre le fils légitime de Nobunaga sur le trône, se vit emprisonné par Mitsuhide qui avait un fort dédain voir de la haine pour cette « bête » comme il le nommait!

Il décida de le laisser aux mains des jésuites qui souhaitaient laver l’affront fait par cet ancien esclave (il avait repris sa liberté de lui-même).

L’histoire s’arrête ici car après son retour chez les jésuites, il n’y a plus aucune trace de ce qu’il advint de lui. Beaucoup de récits retracent cependant l’aventure de Yasuke dont le Shinchokoki.

Il ne fut cependant pas le premier étranger à prendre le statut de Samouraï. Il avait été précédé par un anglais William Adams (le roman de James Clavell, « Shogun », est inspiré des ses aventures). Mais son histoire, de par son originalité, est restée dans les mémoires jusqu’à aujourd’hui.

 

 

@Fascinant-Japon

AMMAFRICA WORLD


27/08/2015
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MEMOIRE:Ces articles qui nous réfléchissent,ces choses apprises durant l'esclavage et traite négrière qu'on applique encore de nos jours!

Ces articles qui nous réfléchissent et nous remettent en question sur ce qu'on aurait dû savoir:La religion avait intérêt à tout falsifié!

Par cet article ci-dessous, nous réalisons combien les Africains qui sont en quête de leur identité doivent aussi user de l'humilité pour chercher encore à savoir un peu plus sur chaque chose! Dit-on dans le livre de la sagesse (Bible) l'humilité précède la gloire!

Nous aimerons interpeller les  "panafricains" en quête d'identité qui nous est propre et commune que la problématique liée autour de la vraie identité de celui qu'on appelle communément par les "Romains" Jésus Christ* (Yeshoua Ha Mashiah de son vrai nom) ne trouve son sens qu'en étudiant donc l'histoire de son "Eglise" par son parcours  depuis les assassinats des ses saints apôtres dont le dernier appelé "Simon Pierre" était mort à Rome, le même lieu où Basilique de Saint Pierre à Rome est donc construit! Apprenez aussi à comprendre l'histoire de "Protestantisme" que nous qualifions après maintes réflexions et analyses par rapport à la vraie doctrine communiqué à ses saints apôtres de "l'enfant rebelle du catholique Romaine" qui ne devrait que retourner au bercail si il persiste à reprendre les mêmes excréments mangé par "l'endoctrinement" reçu enfantant l'esprit de "religiosité" pour des diverses "dénominations" qui nous ont pullulé partout dans le monde mais jamais respecter l'authenticité du message et ses principes doctrinaux!

Du reste, tout ce que dénonce l'article par rapport à "l'apitoiement de soi", l'une des conséquences de la "traite négrière", nul doute, c'est vraiment là des choses que le continent Africain aurait dû commencer à faire avant de vouloir se bâtir une politique qui leur serait proprement liée à leurs propres réalités plutôt que vouloir se précipiter à copier des modèles qui ne répondant aucunement à leurs propres réalités ni leurs mentalités, dont en premier lieu nous avons:La démocratie sans omettre d'autres modèles idéologiques (libéraux, socialistes, nationalistes ect...). Toutes ces sauces politiques sont conformes à la mentalité Occidentale!

 

A-t-on vraiment voulu "aider" ce continent lorsqu'on parle même "d'aides au développement"? ou juste un moyen de vouloir le tenir sous le "talon" afin de ne pas lui laisser échapper à ses maitres d'hier?. Sur ce, nous vous permettons de lire cet article avec discernement et surtout commentez pour savoir vos propositions pouvant nous amener tous à une solution adéquate!

 

@ammafrica

[SOCIÉTÉ] CES CHOSES APPRISES DURANT L’ESCLAVAGE QUE LES NOIRS FONT ENCORE AUJOURD’HUI

[SOCIÉTÉ]  CES CHOSES APPRISES DURANT L’ESCLAVAGE QUE LES NOIRS FONT ENCORE AUJOURD’HUI 

« La haine de soi ! » Beaucoup d’afro descendants ont malheureusement une perception négative d’eux-mêmes

Une des pratiques la plus révélatrice est le blanchissement de la peau. L’idée que la peau claire facilite l’intégration sociale est fortément ancrée dans les mentalités et vient tout droit de l’esclavage.

En 2015, le fait d’être blanc est un « avantage » qui prend encore et  toujours le dessus sur des années d’études et l’accumulation de diplômes.

Aimee F

Eh bien vous avez raison mes frères et sœurs noirs, si si !! À part quelques contraintes telles que l’intolérance au soleil, un petit cancer de la peau  et surtout la perte du peu d’amour propre qui nous reste, qu’est-ce que cela a de si grave..?!

 

La plupart de nos maisons et nos églises sont encore décorées avec le portrait d’un « Jésus blanc »…C’est une des idéologies qui nous fait le plus de mal !

Alors qu’au jour d’aujourd’hui, le débat sur la couleur de ce cher Jésus est encore d’actualité, ce monde dans lequel nous vivons et régi par la souveraineté blanche,  a réussi à nous faire adorer la même identité que celle que nous avons craint,  il fut un temps et pendant longtemps.

« Comment peut-on combattre la méchanceté et le vice de l’homme blanc…quand notre sauveur spirituel et soutien morale pendant ce calvaire qu’était l’esclavage, était lui-même un homme blanc ? Il s’est même sacrifié pour nous ! »

Aimee G
Qu’on soit bien clair, ce n’est pas un lynchage public contre la religion chrétienne, non . C’est avant tout une réflexion toute simple et somme toute logique…

À l’origine, la religion chrétienne a été « imposée » à nos ancêtres esclaves, et à travers elle, ils ont instauré une suprématie blanche avec des figures emblématiques « blanches », devant lesquels les noirs devait s’agenouiller, se recueillir et implorer le pardon et le bien-être que seul un prêtre « blanc » pouvait leur accorder.

Comment en 2015 toutes personnes noires censées peuvent-elles encore être en adéquation avec cette image virginale de ce Jésus Blanc?

 

La plupart des personnes noires dans le monde sont toujours éduqués par des institutions blanches ou arabes encore maintenant

C’est un bien triste et réel constat. Notre communauté est dotée d’une riche histoire qui n’a pas débuté en 1640 comme on voudrait nous le faire croire. Mais les séquelles psychologiques de la traite négrière ont engendré une perte identitaire. Nos racines, nos croyances et notre culture nous ont été arrachées puis remplacées. Pour éviter toute révolte, il fallait nous faire croire que même esclave, nous n’étions pas moins citoyens de ce pays. Pourquoi voudrions-nous détruire notre foyer?! Durant le processus, ils ont réécrit notre histoire, enlevé toute la gloire de notre passé majestueux qui faisait notre fierté. Les maîtres, arabes ou blanc,s nous ont éduqués selon leurs critères, en plus de leurs religions qui ne nous appartiennent pas plus que la langue arabe qu’apprennent les musulmans noirs à l’école islamique d’ailleurs. Les écoles européennes aujourd’hui encore, délivrent un programme éducatif incomplet sur la période de la colonisation bien que les afros descendants peuplent leur continent.

Aimee K

Serait-ce un hasard si, selon les estimations  de Wikipedia,  nous sommes plus de 5 millions d' »afro-européens » à peupler la France contre 2 millions  en Angleterre mais que contrairement à nous autres en France, cette minorité a accès au vestige de son passé. Même quelque chose d’aussi banal que la diffusion de films afro-americains nous est quasiment interdite…Mais finalement,  pourquoi attendre de la France qu’elle nous soutienne dans notre quête identitaire ?…

 

La plupart des personnes noires portent le nom de famille de leurs ancêtres acquis pendant l’esclavage

C’est un fait un indeéniable ! Pour la plupart d’entre nous, même notre nom de famille ne nous appartient pas car c’était à l’origine, le nom de famille du maître esclavagiste. Nous l’avons adopté et ce dernier a traversé des générations pour se  créer sa propre histoire avant de venir jusqu’à nous, mais au final : ce n’est toujours pas le notre !!

Aimee D

On le ressent d’ailleurs fortement sur les réseaux sociaux, endroit où l’on peut se réinventer et s’exprimer librement mais où on perçoit le fossé entre le nom que l’on porte et le patronyme que l’on s’attribue. C’est d’ailleurs peut-être pour ceci que Facebook a autant de succès…

 

Le régime alimentaire de nombreuses personnes noires se compose toujours d’aliments que nos ancêtres ont été forcé d’avaler pendant l’esclavage

AimeeC

D’après l’article XXII du code noir (1685), l’alimentation de l’esclave noir était constitué principalement de manioc et de morue, facile à conserver par le sel Ces aliments permettaient de palier aux carences nutritionnelles qui accompagnaient le train de vie de l’esclave. Ce qu’il est intéressant de constater, c’est que ces aliments font partie des pièces clefs de la gastronomie africaine/antillaise que l’on apprécie encore énormément aujourd’hui.

Sur ce point, nous pourrions quand même remercier les colons (humour)…

Je ne sais pas pour vous mais personnellement, être noir en France requiert une certaine force mentale.

 

La plupart des personnes noires dans le monde ne parlent que la langue européenne qui appartient au maître des ancêtres esclaves 

Cette chère langue que l’on s’est appropriée et que l’on maîtrise à la perfection, parfois même mieux que ceux à qui elle appartient. Cette langue « prestigieuse » par excellence avec laquelle on s’exprime, n’est pas plus la nôtre que la peau blanche de Julie. C’est d’autant plus navrant que la moitié des afros-européens ne maîtrisent pas leur langue d’origine aussi bien.

 

Mais consolons nous, la langue Française est continuellement en évolution et influencée par les tendances. Elle compte maintenant un florilège de mots et d’expressions d’origine africaine… Même le Tchip, qui reste une onomatopée, africain de surcroît, est rentré dans les mœurs.

 

Les dirigeants noirs semblent souvent gérer leurs pays comme des marionnettes à la disposition de  puissances européennes ou asiatiques

C’est un fait, le continent africain est  rempli de ressources et à lui seul il alimente les autres continents d’où proviennent ces puissances mondiales. Depuis sa découverte, il n’a de cesse de se faire piller sous le regard entendu de ses propres leaders. Le continent africain et ses habitants sont également généralement accueillants envers les étrangers mais à bien y regarder, cela a été notre plus grande erreur dont nous  payons encore les frais actuellement.
Nos ressources exploités sans modération et  ne nous appartiennent plus depuis bien longtemps. Nous devons même payer le prix fort en terme de consommation, les ressources ayant été transformées hors du continent ou par un distributeur occidental ou asiatique. Quant au pouvoir des dirigeants de nos chers Pays, il est pour le moins  inexistant car réduit au silence. Ces soit-disant leaders sont interchangeables comme dans le jeu de la chaise musicale.

Aimee I

La différence entre le avant et après l’esclavage n’est pas saisissante au vu de l’inégalité palpable dûe à la qualité de vie des africains. Bien que nous détenions les ressources qui tiennent debout le reste du monde, l’homme blanc tire toujours et encore les ficelles tel un marionnettiste ayant  instauré les règle du jeu.

 

Les hommes et les femmes noires peuvent souvent être irrespectueux l’un envers l’autre et ne pas utiliser des méthodes à l’amiable pour régler leurs différends

Serait-ce parce qu’ à l’époque de l’esclavage, la virilité de l’homme noir a été réduite à néant que les femmes noires ne respectent pas leur statut de chef de famille ?

En effet, l’homme noir devait se soumettre au maître même lorsque sa force physique lui permettait d’en faire autrement. Le système de l’époque avait privé l’homme noir de toute volonté combative. Accepter son sort et faire de son mieux pour protéger la vie de ses proches même si ceci signifiait courber le dos devant son oppresseur est une image avec laquelle bien trop de femmes noires ont malheureusement eu à faire face.

Ou serait-ce encore parce que cette épreuve ne nous a que trop bien appris, à nous  femmes noires, à ne compter que sur nous même ?

Aimee J

Ne surtout pas oublier qu’à cette époque, les couples esclaves étaient interdits. La femme appartenait au maître de maison et l’homme noir était souvent en cavale, vendu au loin, ou tué au moindre signe de résistance.

Pour empêcher que cela arrive quelque soit les épreuves endurés, la femme noire se devait de cacher ses sentiments et d’être forte pour deux. On le ressent encore de nos jours dans les relations hommes/femmes où les rapports de force priment sur les compromis et où le célibat reste une meilleure alternative face à la « soumission ».

 

Les Noirs investissent leur argent et la majorité de leur ressources dans le développement et l’avancement des autres groupes raciaux et ethniques

La communauté noire est parait-il la seule perçue par les autres communautés comme un distributeur de monnaie. L’argent rentre certes…mais ressort aussitôt lors d’acquisitions superflus qui profite à d’autres communautés, et le plus hallucinant, c’est que les produits concernés ne nous inclut même pas dans leurs études de marché. Nous sommes inexistanst dans leurs spots publicitaires et pourtant…nous sommes ceux qui leur permettons de s’acheter la maison de leurs/nos rêves.

Qu’est-ce qui ne va pas chez nous? Ce comportement a définitivement un lien direct avec la haine de soi !

Des marques comme Tommy Hilfiger, des restaurants tels que KFC et biens d’autres ne veulent pas de nous comme égéries donc arrêtons de renflouer leur déficit et activons-nous pour récolter nos propres bénéfices. C’est le chemin inévitable conduisant à notre liberté !

Aimee B

 

Beaucoup de Noirs dépendent d’autres groupes pour travailler plutôt que de créer des emplois pour la communauté noire

Les noirs sont perçus comme des consommateurs en puissance et non comme des entrepreneurs, hélas, un autre aspect hérité de l’esclavage.

Bien que nous ne soyons pas les seuls à travailler pour un employeur, nous sommes tout de même déjà bien conditionnés à être le subordonné d’autrui en raison de ce  que l’on nous apprends à l’école sur nos ancêtres depuis le plus jeune âge. Nous sommes aussi beaucoup plus pessimistes sur nos chances de réussite en tant qu’auto-entrepreneurs car nous  savons d’ores et déjà qu’avoir du talent ne suffira pas et supposons que l’échec ne pardonnera pas. Avec tout ces facteurs « à risque »,  on se console en profitant uniquement de ce que l’on a…

Aimee L

Néanmoins, de nous jours, on sent que le vent tourne et que les esprits s’éveillent ! Tous ensemble, il est temps de donner un coup de balai aux vielles croyances populaires.

 

la Technique du « Diviser pour régner » que les Blancs utilisent pour séparer les Noirs contribuent encore de nos jours à la violence répétée des noirs les uns envers les autres

Diviser pour mieux Règner, est l’une des plus terribles méthodes utilisées  durant l’esclavage et  qui est devenue le fléau de notre communauté. Nous pouvons observer les séquelles de cette méthode dans les nombreux faits divers qui frappent nos communautés, des méthodes qui perdurent et évoluent avec le temps dans les mentalités. L’envie et la jalousie en sont le facteur dominant…Comment faire fructifier nos biens ensemble en toute confiance dans ce cas échéant?!

Aimee E

Lorsque l’un de nos frères réussit,  notre première réaction devrait être de ressentir de la joie, de la fierté, mais pour cela, malheureusement, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir. Si la vie d’un noir n’a pas de valeur au yeux de ses semblables, pourquoi devrait-elle en avoir pour un étranger ? Nous peinons à le dire mais force est de constater qu’en Amérique, les crimes perpetrés sur les noirs et par les noirs, sont beaucoup plus nombreux que les bavures policières que l’on relate à la chaîne ces derniers temps…Prenez conscience de ce que cela signifie…
Pour sortir de ce système colonial, nous nous devons ré-apprendre à nous respecter en tant qu’être humain mais surtout nous aimer en tant que personne de couleur noire.

 

Beaucoup de personnes noires vivent dans des situations déplorables, dans des conditions  parfois pires que durant l’esclavage

Ce dernier constat est dur à accepter. Après tout ce qu’ont pu endurer nos ancêtres et nos révolutionnaires, nous sommes toujours victime du système à divers degrés. Et ce système définit encore aujourd’hui que l’habitat naturel du Noir de base se résume à un espace clos, insalubre, isolé et rudimentaire.

Aimée A

Malheureusement, nous avons tendance à nous acclimater très rapidement à un nouvel environnement, qu’il soit hostile ou non. Ceci est notre force mais aussi notre faiblesse car tout comme nos oppresseurs passés et présents, nous cautionnons silencieusement cette idéologie qui désigne le noir vivant dans une grande maison avec tout le confort requis comme l’exception et non la règle.

L’esclavage est terminé depuis bien longtemps mais ses codes et mentalités, que l’on nous a inculqués inconsciemment et auxquels nous adhérons dès notre enfance, nous maintiennent la tête sous l’eau, influençant nos choix quotidiens. Et aussi banal que cela puisse paraître,  cela nous détruit à petit feu. La traite négrière, ce génocide toujours non reconnu en tant que tel, continue toujours son évolution parmi nous (conf. Syndrome de Willie Lynch*) et fait tous les jours de plus en plus de victimes.

Ceci étant,  réjouissons nous !!  Le domaine du divertissement, ça c’est bien nous ! À moins que… ceci ne soit aussi qu’une subversion idéologique…

 

SOURCE:A.K pour Negronews

Avec : http://ontheblacklist.net/2015/07/12-things-that-black-people-do-today-that-they-learned-during-slavery/

 

(Analyse)

AMMAFRICA WORLD


21/08/2015
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