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USA VICTOIRE TRUMP:LES REACTIONS DANS LE MONDE DIPLOMATIQUE

Réactions internationales à la victoire de Donald Trump, entre inquiétude, liesse et stupéfaction!

Le président russe, Vladimir Poutine, a adressé un télégramme de félicitations à Donald Trump, 45e président des Etats-Unis, élu le 8 novembre 2016.
| STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La communauté internationale a commencé à réagir à l’annonce de la victoire du candidat républicain Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, mercredi 9 novembre. Stupéfiés par cette nouvelle, certains saluent la victoire, d’autres s’inquiètent des conséquences de ce résultat sur les dossiers internationaux.

STUPEUR EN EUROPE

Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a fait part de son inquiétude notamment pour l’avenir de l’accord de Paris sur le climat et de celui sur le nucléaire iranien« Il va falloir essayer de savoir ce que veut faire ce nouveau président », a dit le ministre des affaires étrangères sur France 2.

 

Le ministre a toutefois assuré que la France« alliée des Etats-Unis », continuerait à travailler avec son partenaire américain « pour un monde de paix ».

 

En Allemagne, pays des grands-parents paternels de Donald Trump et allié historique des Etats-Unis, la première à réagir au sein du gouvernement a été la ministre de la défense, Ursula von der Leyen (CDU), qui a qualifié la victoire de M. Trump de « choc énorme ».

 

« Je pense que Trump sait qu’il ne s’agit pas d’un vote en sa faveur mais plutôt d’un vote contre Washington, contre l’establishment », a-t-elle déclaré.

 

 

En Italie, le président du conseil, Matteo Renzi a réagi d’un sobre « je le félicite. L’amitié italo-américaine est solide ». Mais il s’était très clairement prononcé en faveur de Hillary Clinton depuis des mois. Mardi matin, il a même tweeté :

 

« Espérons que ce soit une femme. » 

 

Le chef des députés Forza Italia (droite, opposition), Renato Brunetta, a déclaré que « ceux qui ont perdu en Amérique sont les mêmes que tous ces pouvoirs établis qui soutiennent Renzi ». Beppe Grillo, le leader du mouvement 5 étoiles, mouvement populiste et eurosceptique, a déclaré sur son blog :

 

« C’est fou. C’est la déflagration de l’époque. C’est un rejet des médias, de la télévision, des grands journaux, des intellectuels, des journalistes. »

De son côté, l’Union européenne « va continuer à travailler » avec les Etats-Unis, « les liens entre les Etats-Unis et l’Europe sont plus profonds que n’importe quel changement politique », écrit dans un tweet la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini.

 

Bruxelles vit un deuxième choc après la victoire du Brexit en juin dernier.

 

LES LEADERS D’EXTRÊME DROITE EUROPÉENS JUBILENT

En Hongrie, le premier ministre, Viktor Orban, figure de proue des droites nationalistes européennes, voit dans la victoire du milliardaire new-yorkais une« grande nouvelle »« La démocratie est toujours en vie », a-t-il écrit dans un message posté sur sa page Facebook.

 

Aux Pays-Bas, le chef du Parti pour la liberté, le populiste Geert Wilders, a tweeté ses félicitations à Donald Trump en saluant une « victoire historique »qu’il a qualifiée de « révolution ». Anticipant les élections à venir en mars 2017 dans son pays, il a promis de « rendre également [leur] pays aux habitants des Pays-Bas. »

En France, la candidate du Front national à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, a félicité le candidat républicain. Nigel Farage, qui a mené la campagne référendaire du Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) a écrit sur son compte Twitter : 

 

« Je transmets le relais à Donald Trump. Toutes mes félicitations. Vous avez livré une campagne courageuse. »

 

Les leaders des partis FPÖ, en Autriche, Aube dorée, en Grèce, et Alternative für Deutschland (AfD), en Allemagne, de même que le parti séparatiste flamand en Belgique ont également salué cette victoire.

FÉLICITATIONS DU PRÉSIDENT RUSSE ET DE LA TURQUIE

Le président russe, Vladimir Poutine, a adressé à Donald Trump un télégramme de félicitations et espère un « dialogue constructif » avec le nouveau président.

 

Le Parlement russe a accueilli la victoire de M. Trump par des applaudissements.

 

Le ministre de la justice turc, Bezik Bozdag, a déclaré que la victoire de Donald Trump ne changerait pas fondamentalement les relations « profondes » entre les deux pays. « J’ai constaté une campagne intense en faveur de Hillary Clinton, de la part d’artistes, de sportifs, de toutes les personnalités publiques. Mais dans une élection, l’important est d’embrasser le peuple. » Le premier ministre, Binali Yildirim, a également félicité le vainqueur et a appelé « le nouveau président américain » à livrer à la Turquie « le plus rapidement possible » le prédicateur Fethullah Gülen, accusé d’avoir ourdi le putsch manqué en juillet et qui vit en exil aux Etats-Unis.

INQUIÉTUDE AU PROCHE-ORIENT, EN IRAN ET EN ASIE

Au Proche-Orient, l’inexpérience en politique étrangère du nouveau président et son penchant pour l’autoritarisme sont lourds d’incertitudes pour la région, où Hillary Clinton aurait incarné une forme de continuité diplomatique. Donald Trump est notamment attendu sur le dossier syrien, après s’être montré très favorable à l’allié russe du régime de Bachar Al-Assad.

 

La présidence palestinienne a appelé le gagnant à œuvrer à l’établissement d’un « Etat palestinien sur les frontières de 1967 », coexistant avec Israël, tout en le mettant en garde contre les risques courus s’il négligeait la question palestinienne. M. Trump a par ailleurs envoyé des signaux incohérents sur le dossier israélien, déclenchant des réactions mêlées dans le pays, au matin du 9 novembre. En effet, son entourage est réputé très pro-israélien, mais il a également reçu le soutien des milieux d’extrême droite antisémites.

 

Le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, a appelé mercredi le président américain élu Donald Trump à « respecter les accords » internationaux conclus par son pays, l’élection du candidat républicain faisant peser des incertitudes sur l’accord de 2015 conclu sur le nucléaire iranien.

 

« Tout président des Etats-Unis doit comprendre les réalités du monde d’aujourd’hui. Le plus important est que le futur président des Etats-Unis respecte les accords, les engagements pris non pas à un niveau bilatéral mais à un niveau multilatéral », a déclaré M. Zarif lors d’un déplacement à Bucarest (Roumanie).

 

En Asie, le Japon et la Corée du Sud s’inquiètent pour leur coopération militaire avec les Etats-Unis. Les deux principaux alliés des Etats-Unis en Asie de l’Est espéraient une victoire d’Hillary Clinton, et la poursuite de la politique de Barack Obama, axée sur le renforcement des liens sécuritaires, face au puissant voisin chinois et à la menace nord-coréenne. Le premier ministre Shinzo Abe a évoqué une« période d’incertitude » et a annoncé vouloir « établir au plus vite une relation de confiance avec la nouvelle administration ». Pendant la campagne, le candidat républicain a fortement remis en question les alliances militaires conclues par Washington.

 

DOUCHE FROIDE AU MEXIQUE, PAYS SOUFFRE-DOULEUR DE DONALD TRUMP

Douze millions de Mexicains vivent aux Etats-Unis, dont plus de la moitié sont clandestins. L’annonce de la victoire du candidat républicain a été vécue comme une douche froide dans le pays.

 

Donald Trump a copieusement insulté les Mexicains pendant sa campagne, accusant le pays de fournir les Etats-Unis en criminels et menaçant de construire un mur de séparation à la frontière. Les Mexicains craignent aussi la remise en cause de l’accord de libre-échange Alena (Etats-Unis - Mexique - Canada) en vigueur depuis 1994, que Donald Trump a annoncé vouloir renégocier.

 

 

@LeMONDE avec AFP

 

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09/11/2016
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