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Histoire:Les Origines de la Grèce au IIIè Millénaire avant Jésus christ et civilisation Minoenne

IIIe millénaire avant JC

Les origines de la Grèce

À la Grèce classique de Périclès, Phidias, Eschyle, Platon, Aristote... nous devons les bases de notre culture et de nos institutions politiques.

Le mot « Grec » que nous avons coutume d'employer nous vient des Romains. Il provient peut-être de la première tribu hellénique qui s'installa en Italie : les Graikoi.

Les Grecs, dans leur langue, se nommaient eux-mêmes Achéens. Le terme « Hellènes » quant à lui, ne s'appliquait qu'aux habitants de la zone centrale de Grèce, par opposition aux habitants du Péloponnèse.

L'Histoire de la Grèce débute en des temps très anciens, au Néolithique (entre 6800 et 3200 av. J.-C.).

Une mystérieuse population était alors établie principalement en Thessalie (au sud de la Grèce continentale).

Les historiens n'en connaissent ni les origines ni la famille linguistique mais ils disposent de quelques témoignages intéressants comme de belles statuettes épurées qui inspirent les artistes contemporains.

Avant-garde cycladique

Au Néolithique succède l'âge du Bronze, qui s'étend de 3200 à 1100 av. J.-C. Cette période se présente comme la Haute Antiquité de la Grèce et la mythologie de l'époque classique y puise volontiers son inspiration.

Voici quelques repères pour situer dans le temps les héros et les événements de cette période :

– le roi légendaire Égée aurait vécu aux environs de 2600 av. J.-C.,
– le roi légendaire Minos aurait vécu en Crète vers 2000 av. J.-C., 
– la guerre de Troie, magnifiée par le récit de l'Iliade, s'est déroulée vers 1230 av. J.-C., époque à laquelle auraient aussi vécu Agamemnon, roi de Mycènes, et Ménélas, roi de Sparte.

 

Dans les Cyclades, au milieu de la mer Égée, les habitants développent une culture originale, dite helladique, dont il nous reste de magnifiques témoignages, à savoir de nombreuses statues votives (destinées à être offertes à une divinité en vue de la réalisation d'un voeu).

 

Ces figurines représentent des têtes ou des corps hiératiques, dans un style épuré très moderne. Elles sont taillées dans le marbre d'excellente qualité disponible en abondance sur l'île de Paros. Leur taille varie de quelques centimètres à un mètre cinquante.

Elles nous apparaissent aujourd'hui dans la blancheur du marbre mais étaient à l'origine généralement peintes dans des couleurs crues (comme d'ailleurs la plupart des statues grecques des siècles postérieurs).

Aimables Minoens

Aussi séduisant que soit l'art cycladique, il ne semble pas avoir beaucoup influencé la Grèce classique. C'est dans l'Égypte des pharaons et en Crète, une grande île de la Méditerranée orientale, que celle-ci a puisé ses premiers éléments de culture.

 

Vers 2000 av. J.-C., la Crète était occupée par des hommes d'origine inconnue, appelés Pélasges, dont la monarchie, dite minoenne, porte le nom de son fondateur mythique, le roi Minos.

Leur culture nous est assez bien connue depuis les travaux de l'archéologue britannique Sir Arthur Evans, qui a mis à jour plusieurs acropoles minoennes comme celle de Cnossos.

 

2000 av. J.-C.

Une civilisation aimable s'épanouit en Crète

 
 
 

Dans la première moitié du deuxième millénaire avant Jésus-Christ, la Crète a joui d'une belle civilisation originale, souriante et féconde.

Cette civilisation de l'Âge du bronze, à laquelle les Grecs et nous-mêmes devons beaucoup, nous a été révélée par un grand archéologue britannique, Sir Arthur John Evans.

Ysaline Homant

Découverte de la civilisation minoenne

Le 30 mars 1900, Sir Arthur John Evans découvre une grande quantité de tablettes en argile sur le site de Cnossos, au coeur de la Crète, une île de Méditerranée orientale un peu moins étendue que la Corse. Ces tablettes viennent de la civilisation qui se développa sur l'île jusqu'aux environs de 1200 av. J.-C. (l'époque de Ramsès II et de Moïse).

Au fil de ses fouilles, l'archéologue britannique met à jour les fondations de ce qu'il croit être un palais royal. Non sans culot et imagination, il entreprend de restaurer le site. Sa restauration est aujourd'hui contestée par de nombreux spécialistes qui voient dans l'acropole de Cnossos un site religieux plutôt qu'une résidence royale.

Evans n'en garde pas moins le mérite d'avoir révélé la splendeur et le caractère aimable de la Crète minoenne. Cette civilisation fut pour la Grèce classique l'équivalent de ce que fut l'Antiquité gréco-romaine pour nous. Elle fut appelée minoenne, du nom de Minos, roi mythologique de la Crète qui serait devenu après sa mort juge aux Enfers.

Depuis les travaux d'Evans, on a découvert de très nombreuses acropoles comme celle de Cnossos. Au total environ 90 (Phaistos, Maila...). Dans ces acropoles construites entre 2000 et 1400  av. J.-C., on pense que résidaient les rois-juges qui gouvernaient l'île. La hache à double tranchant était le symbole de leur autorité religieuse et politique

Palais ou... labyrinthe ?

L'acropole de Cnossos, qui s'étend sur 22.000 m2 et compte 1300 pièces, donna naissance plusieurs siècles après sa construction à la légende grecque du Labyrinthe. Minos aurait enfermé en ce lieu le Minotaure né des amours monstrueuses de sa femme Pasiphaé avec un taureau blanc envoyé par le dieu Poséidon.

Les Minoens vénéraient des divinités féminines dont il nous reste de jolies représentations sous la forme de déesses aux serpents et aux seins nus. Ils accordaient une place particulière au taureau dans leur culture (d'où la légende grecque du Minotaure).

Les Minoens pratiquaient peu ou pas du tout l'esclavage comme leurs voisins égyptiens. Il semble aussi qu'à l'image des anciens Égyptiens, ils n'exerçaient pas de discrimination entre les sexes et respectaient la parité homme-femme beaucoup mieux que les Grecs, les Romains, les hommes de la Renaissance, Napoléon et les politiciens de la Ve République;-)

Écritures crétoises

Le Prince aux Lys, fresque du palais de Cnossos (vers 1500 av. J.-C.)Sir Arthur Evans a fixé le cadre de la civilisation minoenne en distinguant trois périodes : Minoen ancien (jusqu'en 2000  av. J.-C.), Minoen moyen (de 2000 à 1600  av. J.-C.) et Minoen récent (1600 à 1400  av. J.-C.).

En mettant la main sur de nombreuses tablettes d'argile, il a aussi révélé l'écriture crétoise. Les tablettes d'argile qu'il a découvertes avaient été accidentellement préservées grâce à leur cuisson lors de l'incendie des palais pendant les nombreux conflits et guerres que connut la Crète.

Sir Arthur Evans n'a pas facilité, il est vrai, la tâche des décrypteurs qui sont venus après lui. Des 3400 fragments de tablettes qu'il a exhumé au début du siècle dans le palais de Cnossos, il n'en a diffusé qu'environ 150 en 1936, à savoir les « beaux » fragments ! Il a entreposé pêle-mêle ceux qu'il jugeait trop petits, ignorant qu'ils détienaient la clé du déchiffrement des écritures.

Les tablettes d'argile révèlent deux écritures successives :

– Les Crétois du Minoen ancien, aussi appelés Pélasges, utilisaient une écriture à base de hiéroglyphes ou d'idéogrammes.

– Au début du Minoen récent, les Crétois utilisent une écriture linéaire syllabique faite d'idéogrammes et baptisée faute de mieux Linéaire A. Elle se rapporte à une langue inconnue de la mer Égée mais n'a pas encore pu être déchiffrée.

– À la fin du Minoen récent, vers 1500  av. J.-C., apparaît une nouvelle écriture, le Linéaire B. Cette écriture atteste des liens des Crétois avec la péninsule grecque. Elle montre qu'après avoir civilisé les Achéens arrivés dans le Péloponnèse et les Cyclades avant 1500  av. J.-C., les Crétois furent finalement dominés par eux et entrèrent dans la mouvance de Mycènes, une cité achéenne du Péloponnèse. Pour cette raison, le Linéaire B est aussi appelé écriture mycénienne.

Le déchiffrage du Linéaire B

L'écriture Linéaire B sort de l'ombre en 1953 seulement grâce aux travaux de l'architecte britannique Michaël Ventris, assisté du philologue John Chadwick.

Ventris, âgé de vingt-huit ans en 1953, est décrypteur au sein de la Royal Air Force quand il s'intéresse au Linéaire B. Il établit patiemment une statistique de l'emploi des quelques 267 signes du linéaire B qu'il range dans une grille semblable à celle qu'il utilise pour son métier. Ainsi, petit à petit, il réussit à décrypter la valeur des signes et ses résultats sont confirmés par les essais sur le terrain.

Le linéaire B apparaît formé d'une centaine de signes phonétiques représentant une syllabe (tout comme les hiéroglyphes égyptiens). On croit y voir la transcription d'une langue grecque archaïque.

Les Achéens débarquent

Il semble que les palais crétois aient été détruits aux environs de 1500 av. J.-C. par un tremblement de terre épouvantable, probablement provoqué par l'éruption du volcan Thêra    (aujourd'hui Santorin), situé à une centaine de kilomètres de la Crète. Ce cataclysme aurait entraîné l'effondrement de la civilisation minoenne.

Arrivent alors les Achéens qui, profitant du désarroi provoqué par ce cataclysme, occupent pacifiquement la Crète. Ils essaiment aussi sur le continent et s'installent autour de Mycènes, Argos, Tirynthe, Pylos (en Messénie)...

Les Achéens construisent de véritables forteresses autour de Mycènes, leur principale cité, mais, peuple guerrier, ils ne savent rester en place et se lancent dans de lointaines expéditions. Ce sera leur perte : ils sont incapables de résister à l'invasion d'un nouveau peuple, les Doriens, vers l'an 1200  av. J.-C. Descendants de Doros et d'Héraclès selon la légende, ils ruinent les cités mycéniennes et incendient les champs.

Les prospères cités du Péloponnèse disparaissent sous les coups des nouveaux envahisseurs. Le monde grec entre alors dans un long Moyen Âge que les historiens qualifient parfois d' Âges sombres (Dark Ages, en anglais).

Une existence souriante

Les Minoens ont été les premiers hommes à décorer leurs résidences de peintures murales qui témoignent d'une vie souriante. La représentation ci-dessus est postérieure à l'époque minoenne. Elle provient du palais de Mycènes, dans le Péloponnèse.

La vie quotidienne du temps des Mycéniens

Les tablettes d'argile en Linéaire B découvertes dans les palais crétois ne parlent que de gestion domaniale car l'écriture mycénienne, suffisante pour tenir une comptabilité était bien trop restreinte pour de la littérature.

C'est ainsi que l'on découvre une bureaucratie tatillonne et pointilleuse. Sur les tablettes sont notées les possessions du clan familial ou Génos. Le nombre de béliers, de brebis, d'agneaux, les prévisions du nombre de bêtes à naître, à abattre, à engraisser, à castrer... tout cela est minutieusement calculé à l'unité près sur un cheptel de plus de cent mille bêtes !

La quantité de laine pouvant être produite, le nombre de fromages à fabriquer avec la quantité de lait prévue, les pertes subies... tout est scrupuleusement consigné.

Les comptables de l'époque étaient capables de répartir une tonne de bronze en fractions d'environ 250 grammes entre plus de 500 forgerons. Ils connaissaient tous ces derniers par leur nom mais aussi les personnes employées dans chaque forge ainsi que leur état civil !

On apprend que les cent mille moutons de Cnossos fournissaient 50 tonnes de laine par an et permettaient de fabriquer 500 pièces de tissu pour en faire draps, vêtements, couvertures. On pense que dans ces acropoles construites entre 2000 et 1400  av. J.-C. résidaient les rois-juges qui gouvernaient l'île.

Le disque de Phaïstos

On peut voir au musée d'Héraklion, capitale actuelle de la Crète, un disque d'argile recouvert d'idéogrammes et découvert au début du XXe siècle dans le palais minoen de Phaïstos.

C'est le plus ancien exemple d'« imprimerie »connu à ce jour : le texte qui figure sur le disque a été en effet gravé à l'aide de tampons portant chacun un symbole. L'ensemble du texte a mobilisé un total de 45 symboles.

 

@Herodote.net

 

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21/01/2015
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